lundi 21 janvier 2019

America (Graph Zeppelin - Juillet 2018)

Couverture alternative exclusive Original Comics

Super-héroïne autrefois invincible, ou du moins invulnérable, Bernie ''America'' Calloway a perdu cet avantage il y a peu de temps, mais refuse toujours de rester au placard et de ne pas intervenir lorsqu'un crime est commis. Pire : plus la situation est dangereuse, plus elle prend son pied. Car rien ne la fait se sentir plus vivante que la sensation de douleur, nouvelle amie dont elle prend grand soin. Costume taillé sur mesure pour ne jamais la laisser en paix, action en pagaille et combats de rue sanglants, elle ne rechigne devant rien pour éprouver ne serait-ce qu'une once de ce que les gens normaux essayent plutôt d'éviter. Mais quand ses frasques finissent par la mettre en danger autant physiquement que moralement, la société qui l'emploi, Herocorp, décide de remanier leur accord et de lui adjoindre un équipier ayant pour mission de veiller à ce qu'elle n'aille pas trop loin. Ca tombe mal, car America a toujours le goût du risque chevillé au corps et même à présent qu'elle est redevenue ''normale'' en terme de sensibilité, elle compte bien mettre ses années d'expérience dans le combat à mains nues et dans les enquêtes criminelles pour garder sa place... et kiffer autant que possible !

Héroïne déjantée aussi forte qu'intelligente, America représente une nouvelle phase dans l'ère des super-héros. Désabusée et incapable de ressentir quoi que ce soit de positif, elle voit dans la douleur physique son seul exutoire et la recherche à tout prix dans chacune de ses interventions. Le masochisme explique bien des choses, mais elle garde néanmoins un sens très clair de la justice et de la validité de ses actes. Est-ce qu'elle va trop loin ? Est-ce que son addiction à la douleur l'a rendu folle au point de risquer sa vie et celle de son partenaire ? C'est au lecteur d'en décider, en quatre courts chapitres qui se lisent très -trop- vite et superbement édités par Graph Zeppelin chez nous dans ce beau format dont on commence à prendre l'habitude. Jason Pearson, Alé Garza, sur un scénario de Jon Hughes, ce comics très indépendant et underground vous fera prendre votre pied du début à la fin, vous fera vous poser de bonnes questions quant à l'intégrité morale d'un héros, et vous frustrera par sa durée minimale. On en redemande, alors si quelqu'un lit ces lignes un jour chez Graph Zeppelin comme chez l'éditeur VO : on en veut encore plus !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 19 janvier 2019

Legenderry - Red Sonja (Graph Zeppelin - Mai 2018)

Couverture alternative exclusive Original Comics

Libérée de sa personnalité précédente, celle que l'on nomme Red Sonja parcourt les mers de Legenderry à la poursuite de l'aventure. Quand elle fait escale dans un port fort agité, c'est pour se retrouver soudain embarquée dans une lutte sans merci avec un bataillon de cadavres animés pourchassant un vieux savant. Le vieil homme est bien vite capturé, malgré l'aide de Sonja, et emmené ailleurs auprès du maître de ces terrifiantes créatures. Mais Sonja peut compter sur l'aide de l'une d'entre elles, ayant préservé son esprit, qui lui révèle alors la terrible histoire du Docteur Frankenstein. Victor Frankenstein, rendu fou par la perte de son irrésistible amour, a juré de dominer le monde de Legenderry en s'adjoignant les services et les savoirs des plus grands scientifiques de l'époque, quitte à les recruter de force grâce à son armée de cadavres réanimés. Celle qui fut autrefois Elisabeth, sa fiancée, a elle aussi connu les affres de cette douloureuse et inhumaine renaissance, et avec la complicité de Red Sonja elle compte bien empêcher Victor d'accomplir ses objectifs avant qu'il ne lâche sur l'ensemble de Legenderry des légions de monstres...

Dans cette histoire très rapide qui se lit et se vit à 100 à l'heure, la Red Sonja de l'univers steampunk de Legenderry fait équipe avec la fiancée de Frankenstein contre le bon docteur lui-même, aux tréfonds de la folie. Ajoutez un zeste de Jules Verne en faisant apparaître le Capitaine Nemo et son flamboyant Nautilus au service du savant fou, saupoudrez le tout avec des éléments tirés de la tristement célèbre île du Docteur Moreau, et vous obtenez ce récit un rien décousu mais qui vous emporte tambours battants au cœur de l'action. Ce n'est pas forcément le meilleur de ce que l'on peut trouver dans la belle saga qu'est Legenderry, j'aurais pour ma part préféré que Red Sonja puisse bénéficier d'une histoire plus épique encore, mais il me semble que cela sera pour une toute prochaine fois alors je vais me montrer patient et vous dire que j'ai apprécié ce petit séjour dans l'univers de l'horreur telle qu'on la concevait au XIXème siècle, quand les grands auteurs tentaient de révolutionner la littérature pour les dizaines d'années à venir.
Un autre point fort de cette histoire, outre ses nombreuses références à des œuvres classiques du genre, c'est bien sûr son dessin, très dynamique et bourré d'action à chaque page, n'en perdant pourtant pas l'occasion d'être cohérent et séduisant à chaque nouvelle case. Rien n'est laissé de façon brouillonne, tout est bien travaillé et harmonieux, que demander de plus ? Une suite si possible, et je sais qu'elle arrive bientôt, alors prenons d'ores et déjà rendez-vous pour encore plus d'aventure ! Merci à Graph Zeppelin pour cette belle édition VF qui nous honore, et merci à Original Comics pour le choix pertinent de la couverture alternative. J'espère que ça va continuer comme ça encore longtemps !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

jeudi 17 janvier 2019

Soul Eater - intégrale tomes 14 et 15 (Kurokawa - Octobre 2018)


Les combats contre l'organisation Arachnophobia se poursuivent et se terminent dans ces tomes reliés !
Alors que Mosquito a récupéré toute sa force et la puissance de ses jeunes années, Kid parvient de son côté à activer le véritable Infusio et à faire appel à ses terrifiants pouvoirs de jeune dieu de la Mort pour combattre son adversaire jusqu'au bout, ou du moins faire diversion le temps que Free ne détruise le scellé de leur tour du château Baba Yaga. Mais pas le temps cependant de savourer la victoire, car à peine est-il redevenu normal que Kid est soudain capturé par un nouvel adversaire, celui répondant au nom d'Eibon, qui vient de terrasser Mosquito comme si de rien n'était. Apparemment, ce nouvel ennemi compte rassembler une collection des entités les plus puissantes au monde, et un jeune dieu de la Mort trouve tout à fait sa place au sein de son livre ensorcelé.
Pendant ce temps, Black Star affronte Mifune et ses mille lames dans un duel de dextérité et d'adresse où chaque coup est mortel ! Les nouvelles techniques apprises grâce aux pouvoirs de Tsubaki suffiront-elles à assurer à Black Star une victoire sur cet adversaire de génie qui refuse de renoncer ? La seule chose dont on soit certain, c'est que de ce duel d'épéistes seul un grand combattant pourra sortir vivant, lancé sur la voie de la perfection.
Maka, Soul et Medusa sont quant à eux arrivés au centre du château et profitent de l'ouverture des scellés afin de pénétrer dans la salle principale, demeure d'Arachné. Mais soudain, alors qu'ils pensaient pouvoir affronter la sorcière, ils découvrent son corps abandonné sans vie au beau milieu de la pièce. Quelqu'un les aurait doublé ? Ils vont vite se rendre compte qu'Arachné est passée au niveau supérieur et qu'elle est désormais devenue la folie incarnée, à l'image du Grand Dévoreur auquel elle s'intéresse plus que tout. Répandant la folie comme une sombre contagion sur ses terres et dans le cœur de chaque personne présente aux environs du château, Arachné semble être en mesure d'arracher la victoire... mais il en faudra bien davantage pour triompher du duo de choc formé par Maka et Soul, bien déterminés à vaincre quoi qu'il en coûte et à faire tomber le rideau sur les sombres projets d'Arachné. Alors qu'ils parviennent de justesse à en détruire l'esprit, le corps de la sorcière est soudain possédé par Medusa, qui renaît ainsi au sommet de sa puissance et qui tente alors de tuer Maka avant que celle-ci ne devienne une véritable menace pour toutes les sorcières. Un meurtre qui sera empêché de justesse là aussi, mais au moment des séparations avant l'effondrement du château les anciens alliés d'hier savent qu'ils sont redevenus ennemis et que rien ne saurait s'interposer entre leurs désirs de revanche...
C'est maintenant l'heure du bilan pour les troupes de Shibusen, et également le moment d'enfin démasquer le traître qui se cache parmi nos héros. Grâce au Dr. Stein et à Mjolnir, le pire est évité mais le traître parvient à s'échapper pour rejoindre le dénommé Eibon avec un nouvel allié...
Plus que jamais, l'avenir s'annonce sombre et incertain pour nos jeunes héros et leurs mentors, mais ils sont malgré tout plus disposés et prêts comme jamais pour les affrontements qui arrivent. Qu'on se le dise, Shibusen n'a pas fini de nous émerveiller et de briller face aux ténèbres, et la nouvelle ère qui arrive sera riche en péripéties !

Voilà pour le contenu massif de ce nouveau double-tome de la réédition de Soul Eater chez Kurokawa. C'est une histoire totalement inédite pour moi car à l'époque je suivais plutôt le déroulement de l'anime, qui partait dans une direction tout à fait différente du manga papier. Je découvre donc une nouvelle voie tracée par l'auteur dès l'origine et je dois dire que j'aime au plus haut point ce que je lis ! J'ai vraiment hâte de savoir ce qu'il adviendra de nos héros, Kid le premier, et d'élucider les derniers grands mystères de la série en votre compagnie si vous la découvrez vous aussi pour la première fois sous cette forme. Un arc majeur vient de se conclure, mais ce n'est que le début d'un nouveau départ pour tous les personnages, avec une vraie montée en puissance de l'intrigue et du dessin ! Vous aussi, soyez au rendez-vous dans les prochaines semaines pour la suite de cette histoire tout simplement géniale !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 16 janvier 2019

All-new Amazing Spider-Man tome 4 - D'entre les morts (Panini Comics - Juillet 2018)


Le retour du Chacal !
Miles Warren est semble-t-il revenu sur le devant de la scène, en compagnie d'une armée de clones d'un nouveau genre... en effet, le Chacal est parvenu à créer une technologie de clonage si avancée qu'elle lui permet de reproduire des organes parfaitement sains, ou même un corps tout entier doté de souvenirs valides. Alors qu'il se constitue sa petite armée à base de super-vilains à qui il offre le retour de l'être aimé comme un gage de rédemption, Spider-Man interrompt une mauvaise confrontation avec le Caïd, qui pour sa part n'adhère par au plan du Chacal. Notre Tisseur préféré ne se doute de rien, mais quelque chose d'énorme est sur le point de se produire et de bouleverser sa vie à jamais... mais pour l'heure, Peter Parker est occupé avec un dilemme moral insoluble : son beau-père est mourant, le seul moyen de le sauver de façon permanente serait de faire appel à une nouvelle technologie de synthétisation d'organes (tiens tiens, serait-ce l’œuvre du Chacal ?) mais malheureusement Peter va apprendre, à nouveau, qu'on ne peut pas toujours sauver tous ceux qu'on aime et qu'il faut faire des choix difficiles. Sauver des dizaines de vies, pour en perdre une très chère... à cet instant, Peter aimerait être n'importe qui sauf lui-même, sauf Spider-Man, rien qu'un instant... et justement, c'est à ce moment que réapparaît Otto Octavius, ou du moins que son esprit se dévoile au sein du programme du Cerveau Vivant et n'essaie de reprendre possession du corps de Peter. Cette version d'Otto est antérieure à sa disparition (voir la fin de la série Superior Spider-Man face au Bouffon Roi) donc il ne peut se souvenir qu'il a lui-même, dans un geste d'une rare noblesse, accepté de disparaître pour laisser la place à Peter Parker et au véritable Spider-Man. Refusant ne serait-ce que de le concevoir, l'esprit d'Otto tente de tuer Peter et Anna-Maria en détruisant le Cerveau Vivant, puis parvient à s'échapper à l'aide d'un octobot portant la dernière sauvegarde de son schéma cérébral. Sa vengeance viendra en temps utiles, car pour l'instant il doit se dissimuler dans les ténèbres à nouveau et étudier de très près la technologie de clonage du Chacal, à laquelle il a pu avoir accès...

Un tome vraiment extra qui sert d'introduction à La conspiration des clones, la future saga à venir prochainement chambouler en profondeur la vie de notre homme-araignée favori. Dan Slott nous concocte un véritable drame dont il a le secret depuis le temps, et rien ne semble pouvoir arrêter la marche des événements. Qui est vraiment ce Chacal que nous découvrons ? Miles Warren de retour lui aussi, ou bien un nouveau venu usurpant son identité et ses connaissances ? Ce ne serait pas la première fois qu'un nouvel individu endosserait l'identité d'un super-vilain disparu, aussi va-t-il falloir se montrer très prudent avec ce personnage et ses plans. Il dit faire partie des gentils, et vouloir apporter le meilleur possible dans la vie de ceux dont il s'entoure... mais peut-on lui faire confiance ? Nous le découvrirons très prochainement, soyez patients...
L'autre grand événement de ce tome, c'est bien sûr le décès tragique et poignant du père de Jonah Jameson. Une mort d'autant plus triste qu'elle aurait pu être évitée si seulement les choses s'étaient mieux arrangées pour Peter, si seulement il n'avait pas ce fichu sens du devoir et de la justice qui l'oblige à prendre d'aussi horribles décisions... et comme si ça ne suffisait pas, la tentative de retour du Docteur Octopus n'arrange pas les choses, loin de la même. Les auteurs installent des menaces à la fois anciennes et nouvelles pour notre Tisseur, avant de sans doute débarrasser le plancher pour céder le pas à une nouvelle équipe créative, non sans un dernier baroud d'honneur qui promet d'être saisissant. J'espère de tout cœur que Panini saura éditer convenablement les épisodes qui vont suivre et leur rendre justice avec un format adapté à leur compréhension et à leur importance dans la vie de Peter. Qu'on se le dise, si Spider-verse est aujourd'hui devenu introuvable en volume relié à un prix honnête, il ne faudra sûrement pas rater l'occasion de la sortie de La conspiration des clones ! Préparez-vous !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 15 janvier 2019

DC Univers Rebirth - Superman (Urban Comics - Juin 2018)


Le Superman de l'ère Classique a repris du service après la mort de celui de la Renaissance DC. Devenant le plus expérimenté des membres de la Ligue de Justice, il s'est attiré autant leurs faveurs que leur méfiance. Mais sa plus grande réussite a été de préserver jusqu'à maintenant le secret de sa vie privée : son épouse, la Loïs Lane originelle, et leur fils, Jonathan Kent. Installés dans ce nouvel univers après la disparition du leur, notre héros et sa petite famille font tout leur possible pour rendre service et vivre leur vie convenablement, mais il fallait bien que le rêve s'achève tôt ou tard...
Quand un ancien ennemi revenu des tréfonds du néant fait sa réapparition et enlève Jon, effaçant même tout ce que notre Superman a pu vivre avec son épouse et son fils, c'est le moment de lutter contre l'ensemble des forces du multivers afin de retrouver la vérité derrière les nombreux rideaux du mensonge. Mais une fois Jon sauvé et leur vie à trois retrouvée, tout n'est pas réglé pour autant car un sérieux doute plane encore dans l'esprit de Superman. Qui aurait pu orchestrer autant de bouleversements à l'échelle de l'univers sans être remarqué ? En cherchant à revivre son histoire du premier jour jusqu'au présent, Superman fait sans vraiment le savoir une découverte capitale qui pourrait bien chambouler à jamais les bases de ce nouvel univers...

Nouvelle avancée dans l'intrigue générale du DC Univers Rebirth, cette fois venant des recherches de Superman pour trouver la vérité et l’intrus dans toute cette histoire. Si l'identité du faux Clark Kent est rapidement percée à jour par les lecteurs les plus attentifs, il faut toutefois reconnaître que l'on ne s'y attendait pas vraiment et que les événements qui suivent, obéissant à une toute autre forme de logique que la nôtre, sont assez décousus tout en conservant un fil rouge fondamental. Je vous laisse le soin et le plaisir de découvrir tout cela vous-mêmes, ce sera bien plus efficace ainsi. Sachez simplement que l'histoire globale du DC Univers Rebirth ne progresse pas de beaucoup par rapport à ce que l'on a pu découvrir précédemment dans Le badge avec l'enquête de Batman et de Flash sur ces étranges phénomènes que personne ne parvient à expliquer. Ici tout est centré autour de Superman, davantage qu'autour de ce nouvel univers, et s'il est vrai que quelques indices importants sont placés ici et là pour les lecteurs les plus curieux, d'autres passeront complètement à côté sans problème et pourront profiter néanmoins du récit sans grand dérangement. Au final ce tome en dit trop ou pas assez, en tous les cas il nous faudra maintenant attendre la suite avec une certaine impatience pour y voir plus clair ! Remerciements spéciaux aux auteurs et dessinateurs de ce tome, qui ont réussi l'exploit de le rendre compréhensible et accessible à tous malgré sa complexité première, tant graphique que scénaristique.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 14 janvier 2019

Les contes interdits - Blanche Neige (ADA Éditions - Janvier 2018)


Émilie est internée dans un institut psychiatrique pour cas assez pointus et désespérés, Fort Orée. Droguée et amnésique, elle ne se rappelle d'aucun élément de son passé, ni des raisons qui l'ont faite interner ici. Elle est d'une grande beauté dit-on, vulnérable également et soumise aux caprices et attouchements du Docteur Charron, le psychiatre en charge de lui faire avouer ses crimes. Car apparemment, Émilie aurait tué plusieurs personnes par le passé, mais elle ne s'en souvient pas. Tout est flou, et même les viols répétés du Docteur Charron ne parviennent pas à la tirer de sa transe, quand bien même un infirmier sensible à sa détresse parviendrait de justesse à lui permettre de s'évader. Commence alors pour Émilie une échappée belle dans une forêt qu'on pourrait dire hantée, où les chemins sont trompeurs et où tout peut se produire, à commencer par la rencontre avec une terrible sorcière noyée cherchant à assouvir son impitoyable désir de vengeance. Là, au cœur des bois, notre infortunée va se retrouver dans un luxueux manoir sorti de nulle part, vide, qui lui servira de refuge contre les éléments et contre la sorcière des bois... mais elle découvrira rapidement que l'endroit renferme lui aussi son lot de lourds et inavouables secrets, des horreurs sans nom qui s'y sont produites et s'y produisent encore à la nuit tombée. Émilie sera prise au piège et forcée de jouer à ce jeu pervers du chat et de la souris, remontant peu à peu le cours des événements et assistant aux meurtres sanglants des tortionnaires habitant le manoir, avant d'être de nouveau la proie de la sorcière et de sa lugubre histoire. Mais tout au long de ce récit, une question se pose : qui est réellement Émilie ? Blanche colombe égarée, ou psychopathe sanguinaire ? Au lecteur de trancher, si tant est qu'il puisse survivre lui aussi à cette plongée dans les eaux tumultueuses de la folie furieuse...

J'ai été attiré dès le départ par ces Contes interdits, cherchant tout d'abord des renseignements en librairie sur leur parution, les auteurs, l'éditeur... ils viennent du Québec, douce province à l'accent chantant, et se proposent de revisiter avec un niveau de langue assez soutenu les contes d'autrefois, les belles histoires de notre patrimoine de l'imaginaire, celles-la mêmes qui ont fait le succès des studios Disney entre autres. Ici, L. P. Sicard nous entraîne dans une relecture moderne et macabre de Blanche Neige, où tout le merveilleux cède la place à l'horreur et à l'effroi pur. La perdition du personnage principal, son errance dans la folie, les tourments dont elle est victime ou bien bourreau... rien n'est jamais vraiment certain dans ce conte cruel et sanguinolent, et même arrive à la toute fin le lecteur devra encore se poser bien des questions pour tenter de donner un sens à cette aventure au bord du gouffre. Comme je le disais plus haut, le niveau de langue est assez soutenu, les mots choisis avec soin et poésie, une certaine habileté venant de l'habitude, et même dirai-je une virtuosité à nous faire naviguer au cœur de la tempête. Si certains passages sont d'un cru cruellement réaliste, ce n'est que pour mieux mettre en valeur la structure du conte dans toute son horreur. Âmes sensibles s'abstenir, jeune public également, car il faut avoir le cœur bien accroché pour rester jusqu'au bout, quand l'unique flamme de raison finit par s'éteindre et nous plonge dans une nuit sans fin...

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 11 janvier 2019

La V.O. du vendredi n°116 : Venom - Separation anxiety (Marvel - Janvier 2017)


Après les événements de Mortelle protection, Eddie Brock a décidé de rester à San Francisco pour protéger les plus démunis, ceux qui vivent en dehors de la société, dans les souterrains abandonnés de la ville. Mais malheureusement d'autres personnes ont envie de s'approprier les lieux, à commencer par la Life Fondation qui a heureusement déjà été mise en échec précédemment. Cette fois cependant, les choses se gâtent quand un nouvel arrivant déclare être poursuivi par des extraterrestres ayant pris possession d'un groupe de mercenaires baptisés Stalkers. Eddie, qui vient tout juste de sortir d'une confrontation musclée avec Mace, un solitaire sur-armé, fait alors équipe bon gré mal gré avec le nouveau détenteur de l'esprit de Ghost Rider, Vengeance, qui enquête lui aussi sur les tueries dans le sillage des mercenaires. A eux deux nos anti-héros vont parvenir à pénétrer le QG des Stalkers et découvrir qu'ils ont pris en otages plusieurs habitants de la ville souterraine protégée par Venom, dans le seul but de l'attirer à découvert afin de le chasser, lui, la proie ultime selon eux. Ajouter Vengeance au tableau de chasse ne semble pas vraiment leur poser de problème, et la traque impitoyable commence alors. Venom et Vengeance sauront-ils se faire suffisamment confiance pour faire équipe et survivre aux Stalkers ? Il va en tout cas falloir pour l'un comme pour l'autre freiner les poussées meurtrières, car des innocents sont en grand danger !
Plus tard, Eddie décide de prendre les choses en main concernant Carnage, qu'il ne peut plus supporter de laisser en vie alors qu'il pourrait le détruire et éviter ainsi un grand mal au reste du monde. Se rendant à New York, Venom fait alors la connaissance du nouveau Spider-Man en place depuis peu, Ben Reilly, alias Scarlet Spider pour la presse. Le clone de Peter ignore que Spider-Man et Venom ont passé un accord tacite quelques temps plus tôt, et le combat qui s'engage risque d'être colossal ! Scarlet Spider parvient néanmoins à arracher la victoire de justesse au terme d'un affrontement retentissant, alors qu'une troisième adversaire vient de se déclarer... au final, Eddie et son symbiote sont séparés et emprisonnés chacun à un bout du pays en vue de pratiquer des expériences sur eux. Si le symbiote n'a de cesse de tenter de s'échapper pour retrouver Eddie et fusionner avec lui de nouveau, l'hôte quant à lui profite de la soudaine clarté de son esprit pour faire le point sur ses péchés et sur les crimes qu'il a pu commettre en tant que Venom, s'interrogeant alors sur la possibilité d'avoir été manipulé malgré lui par son symbiote. Quand surgissent soudain les symbiotes de la Life Fondation pour faire évader Eddie et lui arracher le secret du contrôle des entités aliens, notre mortel protecteur voit ici l'occasion rêvée d'expier ses méfaits et fait tout son possible pour se faire tuer, tandis que son propre symbiote est en route pour le retrouver et ne faire qu'un à nouveau avec lui. Et évidemment, Venom sera bel et bien de retour au terme d'une série de combats mortels et parviendra à s'échapper juste avant l'arrivée des autorités, qui récupèrent quant à elles les symbiotes de la Life Fondation toujours dans l'idée d'expérimenter tout ce qu'ils pourront sur eux. Eddie de son côté décide de faire le point une bonne fois pour toutes avec son autre moitié, quitte à ce qu'une part de méfiance vienne s'installer entre eux...

C'est la première fois que je lis un tome aussi épais en VO et je ne suis pas mécontent de cet achat, fait à l'occasion de la sortie du film Venom de Sony en Octobre dernier. Marvel avait alors réédité plusieurs récits cultes et fondateurs du personnage dans de beaux albums souples de bonne qualité, un vrai plaisir à prix correct. Nous avons donc ici quatre grosses histoires qui se suivent approximativement, et qui nous permettent de comprendre les suites et conséquences de Mortelle protection que j'ai déjà pu vous chroniquer en VF. Dans la mesure du possible j'essaierai de vous présenter ces albums dans un ordre chronologique adapté, basé sur les dates de sortie mais aussi sur les incidences de chaque récit.
Ici les deux qui nous intéressent particulièrement sont celui de la rencontre avec Ben Reilly, Scarlet Spider pour les intimes, et la séparation qui en résulte entre Eddie et le symbiote. Une période assez torturée pour notre personnage principal qui fera alors le bilan de sa vie jusqu'ici et qui commencera à se méfier de la fusion qui autrefois semblait lui apporter le salut. Les dessinateurs sont tous de la même trempe et plus ou moins de la même école, les styles restent cohérents d'une histoire à l'autre et parfois même d'un chapitre à l'autre, et les scénaristes quant à eux font tout leur possible pour nous permettre de suivre l'agitation intérieure de Venom au gré de ses rencontres et de ses combats. C'était donc un bien bel album, que je suis heureux de posséder et qui m'aura tenu occupé pendant un bon bout de temps ! D'autres arrivent, soyez patients, et n'oubliez pas que si le film de Sony s'est avéré décevant sur plusieurs points, les récits sur papier concernant Venom ont toujours été d'une certaine qualité ! Soyez au rendez-vous pour les prochaines semaines afin d'en savoir davantage.

mercredi 9 janvier 2019

Spider-Man tome 3 - Du haut d'un arbre (Panini Comics - Juin 2018)


Le jeune Spider-Man de la Terre-616, Miles Morales, enquête sur la disparition de son père alors que celui-ci venait d'être envoyé en mission pour le S.H.I.E.L.D. à travers les dimensions afin de récupérer de la technologie dérobée vendue sur le marché noir. Mais une fois débarqué dans la dimension de la Terre-65, tout se met à partir en vrille pour Miles, pris à parti par de nouvelles versions des vilains qu'il connaît dans son monde. C'est avec l'aide inattendue de la Spider-Woman de cette Terre qu'il parviendra à s'en sortir sans trop de casse, et ensemble ils décideront de poursuivre l'enquête et la traque du père de Miles, qui ici serait un super-criminel connu sous le nom de Scorpion, trafiquant d'objets inter-dimensionnels pour le compte du S.I.L.K. de la Jessica Drew maléfique de cette réalité. D'un saut dimensionnel à un autre, d'un monde pas si nouveau à un futur proche prometteur, nos deux jeunes héros vont apprendre à faire équipe et à mieux se connaître, tout en conservant quelques réserves l'un envers l'autre. Est-ce que le père de Miles est vraiment devenu un super-criminel, ou bien est-ce une couverture ? Spider-Gwen parviendra-t-elle à récupérer les éléments manquants de sa dimension et à aider Miles à rentrer chez lui au bout du compte ? Ce qui devient de plus en plus évident, c'est que les deux jeunes gens se plaisent plutôt bien ensemble, et un avenir commun pourrait bien devenir une réalité concrète un de ces jours...

Le passage obligé par lequel je ne voulais pas vraiment transiter : la rencontre entre Miles et Gwen, les deux jeunes Spider-héros de Marvel. Au moins comme ça c'est fait, et ça m'a permis de revivre en un peu moins bien le récent film d'animation de Sony mais en comics. Brian M. Bendis et Jason Latour fusionnent leurs univers et leur écriture au moins pour quelques numéros qui finalement se passe assez bien même si le rythme est beaucoup trop rapide pour réellement profiter de l'intrigue et de ses différentes facettes. On appréciera les clins d’œil aux autres réalités et Spider-héros du multivers, et en ce qui me concerne je ne suis pas mécontent que ça ne prenne pas plusieurs tomes pour se résoudre. Vous le savez je ne suis pas vraiment fan de Spider-Gwen et de son univers surtout, mais j'ai du accepter l'idée qu'en tandem avec d'autres personnages issus d'autres univers elle est tout à fait lisible en fin de compte. Si l'excellent film de Sony fonctionne bien dans les salles obscures, nous aurons peut-être droit à d'autres croisements de ce type dans les comics, du moins je l'espère ! Le seul petit reproche que je pourrais faire concerne le changement graphique d'un monde à l'autre, c'est voulu bien sûr afin de les différencier correctement et rapidement mais comme je n'accroche vraiment pas au design de chez Spider-Gwen j'avais hâte de repasser sur la Terre-616. Chacun ses goûts, ce qui ne me plaît pas particulièrement peut être tout à fait potable pour autrui !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 8 janvier 2019

Bikini Atoll 2 - Première partie (Glénat - Juin 2018)


Un mois après les tragiques et horribles événements du premier tome, nous retrouvons Lysette et Alan seuls survivants de leur groupe sur Bikini Atoll. Alors qu'ils commencent à penser que les secours ne viendront peut-être jamais, malgré les signaux et leurs précautions, les voilà tout à coup rejoints par un yacht d'une équipe de tournage : une grosse campagne publicitaire avec mannequins vedettes et plages paradisiaques à perte de vue, de quoi faire envie ! Mais ce que les nouveaux venus ignorent, Lysette va bien vite le leur révéler : le requin mutant est toujours vivant quelque part dans les eaux entourant l'île, et comme si cela ne suffisait pas un groupe armé sur-entraîné vient de débarquer de l'autre côté de l'atoll et parvient à prendre des otages alors que la troupe de tournage s'est séparée pour quelques clichés sauvages. Quelque chose cloche : cette fois la menace est mieux organisée, plus technique et tactique... quelqu'un veut envoyer un message fort au reste du monde, et pour cela il est prêt à toutes les atrocités ! Pour notre petit groupe à peine réunifié, c'est déjà trop tard, l'horreur est venue jusqu'à eux, et tout va recommencer... Lysette parviendra-t-elle à survivre une seconde fois au cauchemar qui l'attend ?

Deuxième série estampillée Bikini Atoll, par les mêmes auteurs que la première, et cette fois-ci annoncée en plusieurs tomes par Glénat, pour notre plus grand plaisir ! Les événements s'enchaînent de façon assez rapide et fluide, et même si à la fin de ce premier tome nous n'avons pas beaucoup avancé dans l'intrigue ni encore vu beaucoup de catastrophes, les choses se mettent en place à leur rythme et on devine bien vite ce dont il s'agit ici : un cri de rage, une envie de vengeance pour tous les crimes commis par les nations aisées contre ce petit coin de paradis ravagé bien trop souvent et trop profondément. Le dessin en noir et blanc est clair, efficace et pas du tout exagéré, il sert à merveille le scénario d'un film d'horreur qui serait certes assez prévisible mais néanmoins intéressant de part son développement et sa portée. Glénat confirme que le label Flesh & Bones peut toujours nous fournir de belles petites pépites du genre, et je n'ai qu'une chose à dire à présent c'est que nous attendons la suite avec ferveur !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 7 janvier 2019

Batman - White Knight (Urban Comics - Octobre 2018)


Batman contre le Joker. C'est une lutte acharnée qui dure depuis des années, sans qu'aucun des deux ne prenne vraiment l'avantage, un équilibre délicat et branlant qui menace à chaque nouvel affrontement de s'effondrer. Ce sera le cas cette fois-ci. Batman ira trop loin, poussé dans ses retranchements et dans sa colère par le Joker, le laissant toutefois en vie. Mais quelque part quelque chose s'est brisé, une donnée essentielle a refait surface. Grâce à un traitement expérimental inconnu, le Joker a disparu pour rendre la place à Jack Napier, sa véritable personnalité ! Pour Jack c'est comme une seconde naissance, et il entend bien faire profiter tout Gotham de son génie et de sa ferveur pour sauver la ville d'elle-même et de son plus grand danger, qui est celui lui Batman. Après avoir monté un petit stratagème de son cru pour s'attirer les faveurs de la population modeste, Jack annonce se présenter comme conseiller municipal et offre gracieusement à la ville de nouveaux services de police ultra-perfectionnés ainsi que des hommes de confiance qui aideront à redorer le blason du GCPD de Gordon, qui n'en revient pas lui-même. Jack Napier, malgré quelques manigances obligatoires, affirme son statu de citoyen et de défenseur de la vraie justice sociale et équitable pour mieux faire prendre conscience aux gens que le danger vient des autorités qui ont trop longtemps couvert les agissements musclés et coûteux de Batman. Napier parvient même à obtenir ce qu'il désirait plus que tout, l'enfermement du Chevalier Noir à Arkham, en exigeant cependant qu'il ne soit pas démasqué par respect pour lui et leurs années de lutte. Mais quand une nouvelle menace vient soudain peser sur la ville et ses habitants, qu'une Harley Quinn désespérée prend le contrôle des super-vilains locaux et provoque un chaos sans précédent, le temps des illusions passe et la réalité s'impose : pour triompher véritablement, Batman et Jack Napier doivent travailler ensemble, main dans la main, et se faire confiance. Mais Jack cache un terrible secret : quelque part tapis au fond de son inconscient, le Joker attend de reprendre le contrôle...

C'est l'histoire d'une lutte sans fin et sans merci, pas celle de Batman et du Joker, mais celle de Jack Napier et du Clown Prince du Crime. L'un ne va pas sans l'autre, l'un est le reflet déformé et vicié de l'autre, mais chacun diffère par ses choix et ses convictions et motivations profondes. Jack Napier est un idéaliste convaincu de pouvoir apporter plus à Gotham que ce que le Joker ne lui a pris durant toutes ces années, y compris en s'en prenant à Batman et en en faisant le cœur de sa bataille pour l'égalité et la justice. Si dans un premier temps le lecteur attentif, tout comme Batman, sera méfiant et cherchera le moindre petit indice permettant de prouver que le Joker est bien là et manipule tout le monde depuis le début, force sera de constater... que Jack Napier est totalement sincère. Personnage tragique, poignant et terriblement juste dans son écriture comme dans ses attitudes et volontés, il est le vrai héros de cette histoire, le Chevalier Blanc dont Gotham n'avait aucune idée de l'existence, quelque part loin sous le masque de la folie. Et, tout comme Batman là encore, le lecteur finit par comprendre que nos deux anciens ennemis doivent collaborer ensemble s'ils veulent vraiment parvenir au plus grand bien pour Gotham, même si ça signifie tirer un trait sur des années de complots, d'attaques vicieuses et de manipulations en tous genres.
Si l'attention est pratiquement tout le temps focalisée sur Jack Napier et sur Batman, c'est cependant des personnages féminins que viendra le vent du changement. En effet, Batgirl incarne la voix de la raison pour Batman comme pour Nightwing et se posera souvent en balance entre les deux, plus facilement consciente des choses essentielles et analytique dans ses réflexions. Mais le vrai personnage fort de cette histoire c'est Harley Quinn, ou plutôt Harleen Quinzel. Car très vite nous nous rendons compte que s'il existe deux personnes distinctes chez le Joker, c'est également et physiquement le cas chez Harley : l'une est fidèle à l'homme qu'elle aime et a toujours appris à respecter et à soutenir, tandis que l'autre ne voit que la passion du chaos et l'excitation de la débauche. Deux versions d'un même personnage, ici incarnées toutes les deux physiquement par deux femmes distinctes et bien différentes l'une de l'autre, une version plus proche de l'originale et une autre plus actuelle et dénuée de retenue. Jack devra faire son choix lui aussi entre ces deux voies qui s'offrent à lui, et comme bien souvent il se montrera capable de faire le bon choix avec l'aide adaptée. Ce n'est pas un mystère ni vraiment un spoiler de le dire ici, c'est pratiquement entièrement grâce au personnage de la vraie Harleen que tout tient debout et que Jack Napier se montre cohérent et efficace. Sean Murphy a rendu justice à bien des gens impliqués dans les différentes phases de création et les apparences de Batman et de son univers. Le fan attentif aura rapidement identifié les éléments du scénario issus des films de Nolan, Tim Burton ET de Joel Schumacher, y compris une bonne partie du tristement célèbre Batman & Robin de 1997. Oui, vous avez bien lu, Murphy parvient ici à réaliser le tour de force de nous faire apprécier ce film maudit et à faire ressortir ses meilleurs aspects et atouts au service d'une histoire plus poignante encore et plus plausible, plus proche de la réalité. A l'image de son Jack Napier qui veut redorer le blason de la police et de la ville qu'il aime, Sean Murphy veut rendre à Batman son lustre d'antant, dans toute sa splendeur, en prenant même en compte le plus ridicule et le moins apprécié.
Batman – White Knight n'est pas seulement un très bon comics et une très bonne histoire indépendante de Batman, c'est aussi l'un des plus beaux hommages que j'ai pu lire à ce personnage et à tout son historique, depuis 1939 jusqu'à nos jours, sans en perdre une miette. En quelques chapitres à peine d'une histoire pleine de sens et de valeurs, l'auteur parvient à nous réapprendre à aimer l'univers de Batman pour tout ce qu'il est, a été et sera encore. C'est l'une de mes lectures coup-de-coeur de l'année 2018, et je suis profondément heureux de voir qu'Urban en a fait une magnifique édition très travaillée avec de nombreux bonus graphiques. Je ne suis pas forcément fan du design général de l’œuvre, mais sa portée en revanche et son scénario me séduisent immédiatement dès les premières pages. J'espère qu'il en sera de même pour vous, car si vous pensiez connaître sur le bout des doigts le Batman vous verrez bien vite qu'il vous reste beaucoup à apprendre et à accepter !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 5 janvier 2019

Batman - Knightfall tome 1 : La chute (Urban Comics - Juillet 2012)


Dans tous les coins sombres, des monstres attendent notre chute pour nous sauter dessus et nous détruire... cette règle, Batman lui-même n'y échappe pas. Venu de la sinistre prison de Santa Prisca, un nouvel et formidable adversaire se présente à Gotham pour venir à bout du Chevalier Noir. Son nom : Bane. Un fléau qui poursuivra le justicier jusqu'au bout afin de le briser tant physiquement que psychologiquement et prouver sa supériorité sur lui. Son plan : infiltrer les réseaux criminels de Gotham et littéralement déchaîner tout ce que la ville compte de malades et de dangereux psychopathes, afin de surcharger Batman et ses alliés et de laisser le Chevalier Noir éreinté, au bord du gouffre, le pousser toujours plus loin dans ses retranchements et dans ses limites avec une sauvage dextérité, une ardeur sans cesse renouvelée et une véritable fascination pour sa chute. Car Batman finira par chuter, pour Bane c'est un fait indéniable. Le temps de la Chauve-Souris est révolu, et Bane sera le grand vainqueur à la fin de l'histoire, laissant derrière lui un héros brisé et presque mourant, totalement épuisé et sans ressources aucune. Mais est-ce bien la fin, ou n'est-ce encore qu'un commencement ? Une nouvelle ère s'ouvre !

Sorti chez Urban durant sa première année d'existence, en 2012, ce gros tome rassemble les premiers épisodes de la saga Knightfall créée par Chuck Dixon et illustrée par les meilleurs talents de DC à l'époque, en 1993. Le principe est simple finalement : opposer Batman à un ennemi qu'il ne peut vaincre, qui le dépassera et qui l'écrasera, le brisera et le laissera pour mort. La lente chute du héros de la nuit est difficile à concevoir et pourtant c'est bien ce qui se passe sous nos yeux page après page, combat après combat, nuit après nuit. Des missions tout simplement épuisantes et des vilains totalement déchaînés, faisant de la ville un véritable Enfer tandis que Bane savoure son triomphe inéluctable et que Batman s'échine à combattre malgré tout un par un tous les malades en liberté, jusqu'à n'avoir plus aucune protection pour lui-même. On retiendra surtout l'association infernale du Joker et de l'Épouvantail, qui savent y faire pour noyer la ville et la municipalité dans un cauchemar qui n'en finit pas. Chaque détail de chaque histoire est travaillé explicitement pour affaiblir encore un peu plus Batman en vue du grand combat qui l'attend à la fin face à Bane en personne, et sa défaite annoncée dès la couverture. Une œuvre impitoyable qui marquera d'une pierre noire la carrière du Chevalier Noir pour un bon moment, car c'est toute une saga qui débute avec cette chute désespérée. Éditée en cinq tomes en tout chez Urban, c'est avec plaisir que je vous les chroniquerai tous au fur et à mesure de mes lectures, car il reste malgré tout encore beaucoup, beaucoup à dire sur Knightfall et ses enjeux et conséquences. Tout comme La Mort de Superman à peine quelques temps plus tôt, ce récit d'ambition veut dynamiter l'univers de son héros et bousculer les bases en place depuis des années, en n'y allant pas par le dos de la cuillère et en proposant une saga fleuve de cinq tomes de belle taille dans lesquels vous trouverez tous les ingrédients d'un excellent feuilleton : des rebondissements, des révélations, du challenge, et bien sûr des personnages centraux amenés à évoluer ou à disparaître, pour le seul plaisir du lecteur. Restez branchés !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

jeudi 3 janvier 2019

X-Men - L'ère X (Panini Comics - Juin 2018)


Les mutants, une espèce distincte du reste de l'humanité et qui risque l'extinction aujourd'hui plus que jamais. La Coalition des Humains, une force oppressante que rien n'arrête, a décidé que les mutants devaient disparaître dans leur totalité. Campagnes de stérilisation, expériences à la limite de l'éthique scientifique, déportations, exécutions... les heures noires sont bel et bien de retour. Pour faire face à cette menace qui porte sur toute une espèce, un seul homme, un mutant, qui croit en son rêve de liberté plus que tout autre : Magneto. Le Maître du Magnétisme a réussi un tour de force incroyable en s'emparant de plusieurs buildings de New York et en les fusionnant en une forteresse imprenable, refuge et havre pour tout mutant qui en a besoin. Depuis, Magneto et ses comparses luttent activement pour survivre et garantir la paix à tous ceux qui franchissent leurs lignes. Mille jours ont passé... et la situation n'a pas bougé d'un iota. En pratiquement trois ans de combats, rien n'a changé et les humains sont toujours là à assiéger la forteresse, tandis que les mêmes valeureux mutants la défendent au prix de leur vie. Chaque jour de moins en moins nombreux, chaque jour de plus en plus acculés au bord de la disparition, mais réussissant néanmoins à s'en sortir de justesse pour vivre un jour de plus... cette situation ne peut plus durer. Malicia, alias Reaper, est chargée de recueillir les dernières pensées des mourants sur le champ de bataille. Quelque chose cloche dans cette réalité injuste, quelque chose qui ne devrait jamais avoir eu lieu... un trou, une sorte de manque dans le tissu même de l'univers. Même Magneto finit par le ressentir, quelqu'un ou quelque chose a profondément modifié la réalité pour créer ce monde atroce dans le but de tenir les mutants confinés. Après trois ans de combats incessants, nul ne sait ce qu'il est advenu du reste du monde au-delà des frontières de la forteresse X. Peut-être que tout ceci n'est qu'une gigantesque mascarade, une illusion cruelle manipulée par un esprit tordu capable du pire... et décidé à y parvenir coûte que coûte. Pour Malicia, Magneto, Logan, Gambit et les autres, l'heure est désormais à la réflexion afin de découvrir qui se cache derrière tout ceci, qui les manipule comme des pions au sein d'une histoire horrible dont nul ne saurait s'échapper. Il faut faire vite, car plus ils se rapprochent du traître, plus ce dernier semble prêt à tout anéantir pour recommencer ensuite, jusqu'à ce qu'il soit pleinement satisfait...

Dans la grande tradition des mondes parallèles que nous connaissons bien chez Marvel depuis L'ère d'Apocalypse en ce qui concerne les mutants particulièrement, L'ère X nous propose un monde dystopique où nos héros sont au bord de la disparition comme jamais auparavant, et où des choix difficiles s'imposent pour chacun. Mike Carey mène la barque autour de son personnage fétiche, Malicia, et orchestre cette aventure singulière des derniers X-Men dans un monde qui les hait plus que jamais et plus que tout, au point d'envoyer des Avengers extrémistes et assassins pour les faire disparaître. Comment est-ce possible, alors que pour le commun des lecteurs les mutants venaient tout simplement de trouver un havre de paix avec l'île artificielle d'Utopia, sous le commandement éclairé de Cyclope, après qu'un nouvel espoir soit apparu pour leur espèce ? Vous le comprendrez très rapidement car les indices sont disséminés ici et là pour que le lecteur puisse suivre l'histoire depuis le moment où tout a basculé. Les dessins sont bons, harmonieux les uns avec les autres, les différents styles des différents dessinateurs se complètent bien et on a parfois du mal à se dire qu'on voit le travail de personnes séparées tant les similitudes sont grandes et travaillées. J'ai été un peu perdu en débutant cette lecture, mais j'ai compris par la suite que c'est exactement le sentiment que cherchent à créer les auteurs et qu'il est donc inutile de lutter contre, vous le verrez assez vite les choses s'enchaînent sans aucun temps mort et tout vous sera expliqué en temps et en heure, il s'agit simplement d'être patient. Niveau chronologie c'est vrai que c'est un rien compliqué de s'y retrouver, sachez simplement que cette histoire se déroule durant le run de Mike Carey sur les X-Men de Malicia et qu'elle se situe avant les événements de Schism. Voilà, vous êtes prêts à partir explorer de nouvelles frontières désormais, faites bien attention de ne pas vous perdre en chemin et restez attentifs et vigilants, les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être...

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 2 janvier 2019

Kasane - La voleuse de visage tome 13 (Ki-Oon - Novembre 2018)


L'heure de régler les comptes approche de plus en plus pour nos personnages principaux, tiraillés par leurs propres démons intérieurs...
Tandis que Kasane a le plus grand mal à s'approprier le rôle principal de la prêtresse Aube dans la pièce de Kingo Habuta, ce dernier tente d'en apprendre davantage sur la légende entourant le rouge à lèvres maudit et la possibilité d'effectuer un échange de visage permanent grâce à un ultime ingrédient. Si Nogiku passe visiblement à côté de l'essentiel du vieux carnet qu'elle et Habuta ont découvert, lui parvient à le déchiffrer et à se faire une idée assez précise du rituel à effectuer et de la composition du rouge tant désiré... mais aura-t-il pour autant le courage d'aller jusqu'au bout de cette démarche ? Nogiku est hantée par la vision de sa mère, qui lui intime de renoncer à sa vengeance, pendant que Kasane décide d'abandonner le théâtre alors qu'elle était sur le point de comprendre le rôle qui était le sien dans cette pièce décidément très torturée, au grand dam de Kingo qui refuse tout bonnement de laisser s'échapper la seule chance de réaliser son rêve et la promesse faite à son ancien amour. C'est par la confrontation entre Nogiku et Kasane face à lui que la vérité éclate soudain avec toute sa cruauté nue et sans fard. Une vérité atroce que Habuta aura le plus grand mal à accepter, mais une fois qu'il y sera parvenu il devra faire face à l'ultime exigence de Kasane : jouer sous ses propres traits, pour la toute première fois, le rôle de la prêtresse maudite Crépuscule...

On y arrive, encore un tome et la série sera terminée ! Que de retournements de situation une fois encore et de révélations horribles sur le passé de nos deux héroïnes maudites, ainsi et surtout que sur la mère de Kasane et sa relation étrange avec le texte de Kingo Habuta. On assiste ici en quelques sortes à la dernière transformation de Kasane, quand elle finit par accepter d'être elle-même pour de bon. Ou bien n'est-ce encore qu'une nouvelle ruse... en tout cas, la révélation sur la véritable nature de l'échange permanent bouleverse durablement tout ce que l'on croyait acquis depuis un moment déjà, et l'attente pour le quatorzième et dernier tome sera vraiment insoutenable tant le récit gagne encore en profondeur et en intensité. Rendez-vous prochainement pour la suite et fin de cette histoire déchirante et terriblement prenante, vous ne lâcherez pas ce tome 13 du début à la fin c'est garanti !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 1 janvier 2019

Spider-Man - Mysterioso (Panini Comics - Septembre 2018)


La vie n'est décidément pas tendre ces derniers temps avec notre pauvre Tisseur... alors que les combats entre les mafieux et les hordes de Mister Negative continuent de ravager les quartiers populaires de New York, il faut en plus faire avec le retour d'anciens ennemis qui semblent tous s'être donné le mot pour faire de la vie de Spider-Man un cauchemar. Le Rhino tout d'abord, enfin une nouvelle version du personnage, doté d'une armure high-tech destructrice et qui désire plus que tout prendre le dessus sur Alexei, le Rhino d'origine, qui de son côté mène une vie bien tranquille et rangée depuis qu'il s'est rendu durant Civil War. Ce sera une épreuve très dure pour Spidey car il sera en partie responsable d'une nouvelle tragédie et qu'il assistera impuissant à la foudroyante marche des événements jusqu'à un acte final poignant qu'on aurait jamais soupçonné. Pas de repos cependant car c'est également le grand retour de Mystério, devenu technicien-conseil pour la maggia et préparant un plan comme lui seul en a le secret pour s'emparer d'une véritable fortune et disparaître aussi rapidement qu'il est réapparu. Spider-Man voit heureusement toujours clair dans son jeu et si Quentin Beck est bel et bien de retour, ses vieilles ruses éventées ne lui laisseront que les yeux pour pleurer face à un adversaire remonté comme jamais ! Enfin, alors que Peter tente de renouer avec le succès et l'honnêteté en défendant Jameson quand celui-ci est soudain pris pour cible par le nouveau Vautour, il est crucifié sur la place publique par Jameson lui-même et jeté en pâture à la presse à scandale de toute la ville ! Alors si, un bref instant, Peter pensait pouvoir trouver la paix rien que quelques heures... mais c'est encore trop demander, il faut encore arrêter les voyous qui se réunissent sous les ordres de Hood, le nouveau caïd de la pègre, et affronter une foule en colère ainsi que les foudres désabusées de sa colocataire. Mais dans tout ce bazar, il se pourrait bien qu'un beau geste soit enfin perçu comme une sorte de récompense ou du moins de retour à l'équilibre...

Autant le dire tout de suite il y a du bon et du vraiment moins bon dans cet album. Pour commencer, oubliez Mystério : si c'est bien lui qui donne son nom au volume, son histoire reste imparfaite et quasiment anecdotique si on la compare à celle du Vautour deuxième du nom, mais surtout à celle du Rhino, qui est selon moi la vraie perle rare à sortir de tout ce bourbier. Cette histoire-là est poignante et puissante au-delà de ce que l'on pourrait imaginer pour un tel personnage, j'en avais entendu parler à l'époque de sa parution et j'espérais bien la lire un jour en VF et quoi de mieux pour cela que la collection Marvel Deluxe de Panini, qui lui rend tout à fait justice ! Le fait qu'un personnage secondaire voir de simple circonstance comme le Rhino devienne aussi touchant, aussi dramatique et tragique, c'est bien simple ce récit vous arrachera une larme ou deux au début comme à la toute fin. Le dessin est vif, perpétuellement dans le feu de l'action, et on se prend à espérer que Peter ne soit pas la seule personne à s'en sortir dans cette vie pourrie qui est celle des gens costumés de son espèce. A ce prix-là, je veux bien lire tout ce que vous voulez sur le retour de Mystério ou bien sur Mister Negative même si je ne supporte pas ce dernier, je veux bien même passer l'éponge sur le scandaleux revirement de caractère de Tante May, alors s'il vous plaît oui oui oui donnez-nous encore des histoires de la qualité de celle du Rhino c'est tout ce qu'on attend et ce qu'on demande !! J'ai cru comprendre que la tragédie se poursuivra dans la nouvelle saga des Clones, Conspiracy, et je suis d'ores et déjà impatient qu'elle paraisse en album relié VF. J'espère que les quelques accroches supplémentaires auxquelles nous avons droit concernant certains personnages seront bien exploitées par la suite et que la ribambelle d'auteurs saura s'en sortir correctement sans se marcher dessus les uns les autres. Panini, j'attends la suite !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article ! Soyez les bienvenus en 2019 sur Radiophogeek !