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mercredi 8 juillet 2020

Grimm Fairy Tales - Art Book tome 2 (Zenescope - Novembre 2014)


Si vous vous souvenez des premiers temps de la V.O. du vendredi sur ce blog, il y a de cela quelques années maintenant, vous n’avez pas pu oublier les titres que je vous présentais chez l’éditeur indépendant Zenescope Entertainment. Eh bien ce sera, un jour prochain, le moment de revenir dans cet univers de contes revisités à la sauce sexy et fantaisie moderne car il y a eu de très intéressants changements depuis la dernière fois, mais pour le moment en guise de mise en bouche voici le second Art Book de la première série Grimm Fairy Tales, qui reprend certaines illustrations et couvertures allant des chapitres 51 à 100. C’est parti !

Tout d’abord, les artistes dont les œuvres sont présentées ici dans ce second recueil sont tous assez similaires en fin de compte, on retrouve globalement le même style si cher à Zenescope : des filles sexy et badass, des références à de célèbres contes et d’autres à des histoires moins connues du grand public Disney. Tout semblait réuni et prêt pour nous faire passer un bon moment. Et pourtant…

Pourtant, en effet. C’est globalement un petit ratage, déjà parce que l’album lui-même est assez fin par rapport à ce à quoi je m’attendais d’après le prix (39,99$), mais aussi et surtout parce que le niveau général est plutôt… moyen. A l’image de l’illustration choisie pour servir de couverture à ce recueil, que je trouve vraiment pas très harmonieuse pour tout vous dire. Quelque chose dans le visage et la disposition des yeux surtout me dérange, je ne suis pas habitué au style de Paolo Pantalena mais j’ai vu des couvertures qu’il a dessiné et qui auraient été de bien meilleur effet, comme celle du chapitre 89 avec Raiponce en vedette. Choix peu judicieux donc que cette Cendrillon bien trop liftée.

Attention, il n’y a pas que du moyen ou du passable, on trouve même de très belles couvertures et illustrations signées par non moins que Stjepan Sejic, Artgerm, Ale Garza, J. Scott Campbell ou encore Talent Caldwell entre autres. Mais ça ne suffit malheureusement pas à rattraper le niveau général qui est décidément trop inégal et tiré vers le bas. On sent bien que ce n’étaient pas les meilleures années de l’éditeur, qui a fait bien mieux depuis comme vous le verrez plus tard. Et ce ne sont clairement pas les petites citations stylisées de chaque chapitre qui viendront égayer le tout malgré les meilleures dispositions du monde.

Je ne vous encourage pas spécialement à vous procurer cet Art Book si vous en avez l’occasion, et j’ignore totalement s’il est meilleur que le premier volet, introuvable à un prix correct de nos jours, mais dans le doute cherchez sur Internet les travaux des artistes que je vous ai cité afin de vous faire une idée plus précise de ce qu’ils peuvent offrir à un univers comme celui de Zenescope, ou plutôt tel qu’il était il y a quelques années de cela. Tapez simplement Grimm Fairy Tales des chapitres 51 à 100 et un nom d’artiste et vous verrez bien si ça vous plaît au point de rechercher les omnibus de la série, au nombre de deux.

Bref, pour moi cet album est une petite déception, atténuée par la présence bienvenue de dessinateurs qui aujourd’hui ont largement su faire leur trou dans le milieu des comics indépendants ou major. Mais comme j’aime bien souffrir et que Zenescope m’a tout de même offert de belles lectures par le passé et à l’avenir, je pense que je vais essayer de me procurer l’un des vrais gros artbooks de l’éditeur concernant les meilleurs travaux des artistes chouchoutés, du moins à ce que l’on en vante, rien que pour voir si leur réputation n’est pas usurpée ou enjolivée. En attendant, préférez donc les comptes et sites/blogs des dessinateurs eux-mêmes pour y trouver votre bonheur, ça sera moins cher et plus profitable je pense et vous permettra de faire votre propre sélection de leurs meilleures œuvres.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 5 avril 2019

La V.O. du vendredi n°123 : Tomb Raider tome 1 - Season of the Witch (Dark Horse - Novembre 2014)


Après avoir échappé de peu aux manigances des Solarii, les adeptes de la reine-déesse solaire Himiko et de sa malédiction, Lara Croft tente d'oublier cette mésaventure en compagnie de ses plus proches contacts, presque des amis pour certains. Quand l'un d'eux lui demande de venir à son secours, elle n'hésite pas un instant mais se retrouve alors embarquée dans une folle traque à travers plusieurs pays, durant laquelle elle découvrira que les Solarii n'en ont pas encore fini avec elle, et qu'il lui faudra bientôt retourner là où elle se refuse toujours à aller : sur l'île maudite de Yamatai... cette fois, il s'agit d'en finir une fois pour toutes avec le culte et d'empêcher la résurrection de Mathias, leur soi-disant prophète, le seul à connaître le moyen de ramener Himiko à la vie également. Lara est face à un choix difficile, mais une fois de plus sans qu'elle le réalise dans un premier temps le sort du monde repose entre ses mains et dépendra de ses décisions dans un avenir très proche.

Action, aventure... Lara Croft. Tomb Raider. J'étais séduit rien que par le titre de la série, la nouvelle fournée de chez Dark Horse en VO, qui se voulait être la digne suite du jeu-vidéo de 2013 revenant sur les origines déjà controversées de la belle aventurière. Malheureusement, l'idée était meilleure en théorie que dans son application, et ce début de série ne vaut clairement pas le détour selon moi. Le seul vrai intérêt que j'y ai trouvé ce sont les couvertures des différents chapitres, qui sont toutes très belles il est vrai et pourraient totalement être issues d'artworks du jeu. Mais niveau dessin intérieur, rien à signaler à part un style très simpliste et ma foi pas très dynamique, ce qui est bien un comble pour une série sur Tomb Raider. Le scénario de Gail Simone est à peine mieux, se contentant du minimum syndical et de reposer trop souvent sur des rappels des événements du jeu-vidéo pour mettre en scène certaines péripéties pas si importantes au final. Je suis bien déçu, je voulais pourtant de toute ma bonne volonté aimer cette série qui m'avait intéressé de prime abord, mais force est de constater qu'il n'y a pas ce qu'il faut où il faut. Je me contenterai de vous orienter vers les gros volumes Tomb Raider Archives qui regroupent l'intégralité de la série des années '90 et 2000, et que je vous chroniquerai un de ces jours soyez-en sûrs. Si vous cherchez de la vraie action, du dynamisme et des intrigues qui font mouche et qui vous rappelleront sans doute tout ce que vous aimez dans les franchises Lara Croft, c'est par-là qu'il faut chercher. Je vais quand même tenter de continuer la nouvelle série en priant pour que les tomes suivants, libérés du poids du jeu, soient un peu meilleurs même ne serait-ce que graphiquement.

mercredi 7 décembre 2016

Moriarty (Anthony Horowitz - Calmann-lévy - Novembre 2014)


L'Angleterre est en émoi depuis la tragique et soudaine disparition de son plus brillant détective, Sherlock Holmes, présumé mort en Suisse dans les chutes du Reichenbach en compagnie de son plus dangereux et mortel ennemi, le Professeur Moriarty, chef d'un immense réseau criminel. Mais si le corps de Holmes demeure introuvable, celui de Moriarty est repêché et offre aux inspecteurs locaux une nouvelle énigme à résoudre : il semblerait que celui que Holmes surnommait le Napoléon du Crime ait été, peu avant sa mort, sur le point de prendre contact avec un autre criminel notoire venu des États-Unis d'Amérique, un certain Clarence Devereux. Pour quelle raison les deux malfrats se seraient-ils entretenus, sinon pour fusionner leurs territoires ? L'inspecteur Athelney Jones de Scotland Yard et le détective Américain Frederick Chase, de l'agence Pinkerton, décident d'enquêter sur cette rencontre mystérieuse qui n'a pu se faire, en se faisant tout d'abord passer pour Moriarty afin de tendre un piège à Devereux. Mais malheureusement cette tactique n'aboutit pas et les laisse avec une terrible énigme à résoudre. Il semblerait en effet que le réseau criminel et très violent de Clarence Devereux essaie par tous les moyens de se supplanter à celui du défunt Professeur Moriarty, faisant de Londres le théâtre de crimes sordides et de sinistres exécutions. Durant leur longue enquête, les deux hommes de loi seront confrontés à bien des questions en apparences insolubles. Leurs suspects sont assassinés, Devereux reste caché et, plus grave encore, certains indices tendent à prouver que Moriarty n'est pas aussi mort qu'on l'espérait, son ombre planant en effet à chaque nouvelle étape de l'enquête. Inspirés par le savoir-faire et les techniques du grand Sherlock Holmes, l'inspecteur Jones et le détective privé Chase vont tout entreprendre pour démasquer le seigneur du crime Américain avant qu'il ne mette ses sombres projets à exécution, tout en tâchant de résoudre l'impossible mystère de la présence oppressante du Professeur Moriarty...

Anthony Horowitz nous offre une seconde histoire venue de l'univers de Sherlock Holmes, depuis la célèbre Maison de Soie, mais cette fois-ci sans le grand détective-conseil ! En effet, cette histoire se situe juste après son apparent décès dans les chutes du Reichenbach en compagnie de son pire ennemi, tandis que Londres pleure cette perte tragique et que le Dr. Watson se détourne peu à peu de ses anciennes aventures. Ici le narrateur est donc le détective Américain Frederick Chase, de la fameuse agence Pinkerton, qui nous relate pas à pas son enquête en compagnie de l'inspecteur Athelney Jones de Scotland Yard comme l'aurait fait Watson avec Holmes. On retrouve les éléments de narration et de déduction logique par analyse et observation à froid qui ont fait le succès du célèbre détective Londonien, repris ici par d'autres personnages inspirés par son exemple. Mais Horowitz n'est pas simplement un bon auteur, c'est également un très talentueux mystificateur et les apparences seront souvent trompeuses au cours du récit, jusqu'à la conclusion qui en surprendra plus d'un ! Une très bonne histoire de Sherlock Holmes sans Sherlock Holmes, très détaillée et prouvant à plusieurs reprises un fantastique travail de recherche de la part de l'auteur dans les aventures originales du personnage de Conan Doyle. Petit bémol toutefois car malgré tout ce travail personnel, Horowitz tombe lui aussi dans le piège très commun d'appeler Moriarty par le prénom James, qui n'a en réalité jamais été le sien mais celui de son frère, comme on peut le lire sur la première page de la nouvelle Le Dernier Problème au cours de laquelle le personnage apparaît pour la première fois au lecteur. Le Professeur Moriarty n'a pas de prénom connu, en réalité, mais il faut être grand connaisseur pour le savoir. Une petite erreur très vite oubliée et pardonnable, d'autant que tout le monde la commet, et qui ne remet absolument pas en question le travail de l'auteur pour écrire cette histoire menée tambours battants du début à la fin.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 8 août 2015

Tellos – Édition intégrale (Delcourt – Novembre 2014)


Ce petit bijou, ce trésor véritable au sein du monde des comics, est édité avec soin et brio par Delcourt pour notre plus grand plaisir !

Dans le monde de Tellos, le temps du changement est arrivé. Les forces du Mal se répandent en chaque pays, dans le cœur de leurs habitants frappés par la terreur... rien ne semble pouvoir endiguer la croissance du fléau, poussée par un nouveau champion des ténèbres avide de pouvoir. Un seul espoir subsiste néanmoins... un jeune garçon, élu de la lumière, qui pourra invoquer le grand défenseur du Bien pour combattre le souverain noir et rétablir l'équilibre au sein de Tellos.
Ce jeune garçon, c'est Jarek. Aventurier au cœur d'or, l'esprit plein de rêves, et accompagné par son fidèle compagnon le redoutable homme-tigre Koj, Jarek entre accidentellement en possession d'une étrange amulette, renfermant un immense pouvoir qui ne demande qu'à être libéré. Était-ce vraiment un accident ? Ou bien le destin est-il en train de jouer un de ses mystérieux tours?Koj et son jeune protégé seront rejoint dans leurs aventures par un duo de voleurs au grand cœur, ainsi que par une redoutable capitaine pirate, et cette petite compagnie devra alors affronter de grands périls et pénétrer au cœur du royaume du Mal pour accomplir la prophétie et sauver le monde de Tellos... ou bien disparaître en essayant.

Tellos c'est avant tout l'oeuvre de deux artistes. Todd Dezago au scénario et Mike Wieringo au dessin. Deux créateurs à l'imagination débordante, qui ont réussi à livrer une série magnifique tant visuellement qu’intellectuellement. Le meilleur dans cette histoire un rien enfantine mais toujours drôle et captivante ? Son final, parfait, émouvant et extrêmement fort. C'est peut-être l'une des plus belles histoires que j'ai pu lire en comics, une histoire qui rappelle un peu L'Histoire sans fin à sa manière. Delcourt nous offre ici une édition soignée et sérieuse, contenant l'intégralité des récits et séries autour du monde de Tellos. Merci beaucoup pour ce beau cadeau !

La postface, signée par Todd Dezago, nous apprend qu'il devait à l'origine y avoir plusieurs suites, plusieurs nouveaux arcs narratifs, un développement de l'univers et de ses personnages. Malheureusement, le dessinateur Mike Wieringo décéda peu après l'écriture de cette postface en 2007, et tous les projets autour de leur monde furent abandonnés ou du moins stoppés. J'ignore totalement ce qu'il en est près de 8 ans plus tard, mais vraisemblablement cet album intégral contient tout ce que nous aurons le privilège et le bonheur de lire et de découvrir, donc une fois encore merci beaucoup à Delcourt de nous faire rêver avec de vraies pépites de ce genre. Une histoire qui a elle-même une histoire, une âme dira-t-on. Et ça fait vraiment du bien !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 8 juillet 2015

L'horreur de Dunwich (H. P. Lovecraft - Gallimard/Folio - Novembre 2014)


Dans le monde des auteurs de romans horrifiques, fantastiques ou angoissants, Lovecraft fait office de fondateur légendaire, de pionnier incontournable. On finit toujours par retomber sur une de ses nouvelles, une de ses œuvres, quelle que soit la direction dans laquelle on explore le genre. Le visionnaire créateur du désormais tristement célèbre Necronomicon, du terrifiant Appel de Cthulhu, des Grands Anciens des Montagnes Hallucinées... je pense qu'il n'est pas réellement besoin de s'attarder plus que de raison sur sa carrière prolifique et maudite, tout le monde a au moins déjà entendu parler d'un de ses récits à défaut d'en avoir lu. Dans la nouvelle L'horreur de Dunwich, le maître entraîne le lecteur dans une spirale infernale d'oppression et d'angoisse de laquelle il lui sera impossible de sortir jusqu'au point final, impuissant témoin des tragédies se déroulant dans ce petit village perdu en pleine campagne et proie de forces infernales dépassant la raison.

Dunwich est un petit village perdu au milieu des collines du nord du Massachusetts, en apparences paisible. En apparences seulement, car ses habitants vous conteraient une toute autre histoire si vous leur posiez les bonnes questions. Certaines nuits, les collines sont parcourues de cris horribles, d'atroces cérémonies sont conduites en secret sur des lieux impies, mêmes les oiseaux semblent guetter une catastrophe à venir. Et au centre de tout ceci, la ferme des Whateley, dont le patriarche est connu de tous comme étant versé dans la magie noire et les rites blasphématoires. La naissance du petit Wilbur aurait du être un événement joyeux, mais seulement voilà, l'enfant porte indiscutablement la marque du mal en son être, et bien vite les pires histoires se mettent à circuler sur lui et sa famille, sur les étranges travaux entrepris dans la ferme depuis sa venue au monde, sur les mystérieuses célébrations aux mêmes périodes de l'année sur l'antique autel païen... Il ne fait bientôt plus aucun doute pour les habitants comme pour les érudits enquêtant sur cette affaire que Dunwich s'apprête à connaître une horreur sans nom, que rien ne pourra stopper.

Cette nouvelle fait écho aux nombreuses autres tournant toujours autour du même ouvrage maudit, le terrible Necronomicon, en ajoutant à ses maléfices une dimension tragique et oppressante comme on en rencontre peu souvent pour une histoire de cette taille. Le lecteur entrera assez facilement dans le récit, se familiarisera très vite avec les personnages de cette petite bourgade, puis assistera avec effroi et consternation aux événements terrifiants survenant les uns après les autres avec l'effroyable régularité des cataclysmes que rien n'arrête. Comme le Dr. Armitage, d'Arkham, et ses deux collègues, vous apprendrez à craindre les mythes d'autrefois, les vestiges pas si oubliés d'un temps très reculé où l'humanité vénérait d'autres dieux, d'autres maîtres, le temps des Anciens, le temps de la Mort et de la Désolation.
Une nouvelle qui se rattache donc à de nombreux pans de la bibliographie de Lovecraft, globalement tout ce qui concerne le livre noir, les Anciens, et même Cthulhu l'espace de quelques instants de fugitive angoisse. Une sorte de compilation du meilleur de Lovecraft, lisible en très peu de temps et avec effet garanti. A lire même si vous ne connaissez presque rien de l'univers de l'auteur d'ailleurs, c'est une excellente introduction/présentation de ce que vous risquez d'y trouver.
Petite mention amicale à Gallimard qui a réédité cette nouvelle dans la collection Folio2€, un bien beau geste ma foi qui est fort apprécié. Vous pouvez également vous procurer le recueil éponyme, bilingue, rempli d'autres horreurs, à vos risques et périls...

J'aimerai pour finir vous laisser avec les quelques mots concluant la quatrième de couverture de ce petit livre : ''Verrouillez les portes, calfeutrez les fenêtres et allumez toutes les lumières avant d'ouvrir ce livre...'' vous voilà prévenus !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 11 avril 2015

X-Men - Schism (Panini Comics - Novembre 2014)


Petite pause dans les actualités cette semaine, l'occasion de faire un retour en arrière de quelques mois pour vous dégotter une sortie de chez Panini, datée de Novembre dernier : l'un des tous premiers albums de la refonte de la collection ''Marvel Deluxe'' sans jaquette, X-Men – Schism. Sans e, oui.
Événement de 2011, cette mini-saga se déroule juste après la trilogie du Messie, comprenez l'apparition de Hope Summers après les terribles conséquences du Jour-M, et les révélations sur le passé des X-Men et les secrets de Charles Xavier.

Depuis le Jour-M, les mutants sur Terre ne sont plus qu'une poignée d'individus, à peine plus de 200. Pour l'immense majorité ils vivent sur la petite île d'Utopia, dans la baie de San Francisco, leur dernier havre de paix. Craints et redoutés encore plus qu'avant, acculés au bord de l'extinction, les mutants se sont tournés vers un chef fort, un leader-né capable de les emmener au-delà de leurs difficultés : Scott Summers, alias Cyclope. Même le Professeur Xavier et Magneto reconnaissent les qualités et la force morale de Cyclope, se rangeant derrière lui et soutenant sa communauté pour réparer les erreurs passées. Mais tout ceci pourrait bien voler en éclat à cause d'une nouvelle divergence radicale. Si Scott ne voit pas d'inconvénients à intégrer de jeunes mutants dans ses équipes de choc et à les faire monter au front lors des combats, ce n'est pas le cas de Wolverine, qui considère que c'est aux adultes expérimentés de défendre les plus jeunes et de tout faire pour préserver leur enfance, afin de ne pas les forcer à devenir des tueurs comme lui, leur laisser la possibilité de vivre une enfance relativement normale et d'être défendus. Si les tensions qui apparaissent restent pour l'instant en arrière-plan, un changement brutal de statu-quo va obliger Cyclope a faire un choix crucial pour défendre Utopia contre une toute nouvelle mouture du Club des Damnés, dont l'objectif est l’annihilation pure et simple du dernier bastion mutant. Scott et Logan vont dès lors s'éloigner l'un de l'autre, chacun ayant un point de vue radicalement différent sur la question et irréconciliables. Lorsque la scission éclate, c'est l'ensemble de la mutanité qui est appelée à choisir son camp et à prendre son destin en main : Cyclope, et une vie sur la défensive, en perpétuelle recherche de menaces à contrer ; ou Wolverine, et le projet d'une nouvelle école où accueillir les jeunes mutants pour leur enseigner à vivre avec leurs pouvoirs et les protéger. Quoi qu'il arrive par la suite, les mutants sont désormais scindés en deux camps distincts qui se toisent et s'observent de loin, attendant le moment où l'un finira par revenir vers l'autre. Moment qui pourrait bien ne jamais arriver, à moins d'une catastrophe sans précédent. Et justement...

Sorte de grosse introduction à une bonne partie de Avengers vs. X-Men, Schism a ceci d'intéressant qu'elle propose une nouvelle vision du monde mutant en pleine division, suppléant à l'historique débat entre Xavier l'idéaliste et Magneto le pragmatique, chacun ayant son héritier symbolique et spirituel avec Wolverine et Cyclope. Un nouvel âge pour les mutants, un âge de nouveaux dangers et de décisions brutales à prendre, où tout reste à définir et à reconstruire. Chacun empruntera des chemins différents mais néanmoins toujours étroitement liés, le tout servi par des dessins très corrects et une atmosphère intimiste pas déplaisante. Globalement une mini-saga de qualité, un genre de transition entre deux ères avant une possible refonte par la suite.
Concernant l'édition de Panini, cette nouvelle collection ''Marvel Deluxe'' repensée sans jaquette et aux couleurs un rien plus ternes, eh bien mis à part que le chapitrage n'est toujours pas de la partie (mais alors vraiment pas, là) ça reste un album luxueux et de qualité, comme ce à quoi nous étions habitués avec cette édition. De plus il s'agit tout de même d'un des premiers parus dans ce nouveau style, il fallait bien tester et essuyer les plâtres avant de trouver la bonne formule, ce qui fut chose faite par la suite. Ça fait un peu bizarre de tenir un album Deluxe sans profiter d'une jaquette, mais on finit par s'y faire à la longue. Et puis ça ne sera pas le cas pour tous !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 17 janvier 2015

Médaka-Box tome 16 (Tonkam - Novembre 2014)


Et voici à nouveau que je vous parle du manga Médaka-Box. Il faut cependant que vous compreniez qu'il s'agit bel et bien d'une série hors-norme à plus d'un titre, et que depuis quelques temps chaque nouveau volume est l'occasion d'explorer davantage le principe de ''méta-histoire''. Et ici, dans ce 16ème tome paru en Novembre dernier, les auteurs nous présentent la première ''fin'' véritable de la série, celle de tout un cycle !

C'est ainsi que le duel que se livrent Médaka et Zenkichi se poursuit toujours, tandis que les collégiennes formées par Médaka pour lui succéder un jour franchissent une nouvelle épreuve : un jeu-vidéo inventé par la présidente en personne, auquel il est apparemment impossible de gagner ! L'occasion au passage de parler un peu des jeux-vidéos et de leur industrie, de leur développement et de certaines stratégies de marketing que l'on rencontre assez souvent aujourd'hui.
Ensuite, c'est l'heure du festival des arts et de la culture du Lycée Hakoniwa, et à ce titre Zenkichi se retrouve délégué à l'organisation des événements. Il fait venir dans l'établissement trois stars de la chanson pour assurer le show, ce qui permet de faire un petit parallèle avec le star-system Japonais et le phénomène de masse que certains artistes représentent. C'est aussi un moyen comme un autre pour Zenkichi de tenter de s'élever un peu plus avant l'affrontement face à son amie d'enfance, qui ne saurait tarder...
Et justement, voici qu'après une petite partie de jeu-de-rôles sur plateau entre amis, le jour tant redouté et tant attendu arrive enfin. Les élections de la nouvelle présidence du Conseil Étudiant, organisées la veille de Noël lors de la Nuit Sainte. La tension est à son comble : les cinq collégiennes issues d'Ajimu, Zenkichi entraîné par cette dernière, et Médaka elle-même. Trois candidatures, trois visions différentes de la ''politique'' qui nous sont données ici, sous couvert d'un certain idéalisme, pour décrire les dérives du système électoral de certaines démocraties contemporaines. Trois visions, trois discours et un seul vainqueur possible au final. Quel que soit le résultat, il s'agira d'un tournant sans précédent dans l'histoire de Médaka-Box, et rien ne sera jamais plus comme avant. D'autant que Médaka réalise soudain la véritable nature du plan d'Ajimu depuis tout ce temps et ce que compte réellement accomplir cette immortelle avec le Projet Flasque. Les ultimes révélations de la série arrivent enfin, dans les tous derniers chapitres de ce cycle, dans un final mémorable et émouvant.

Une sacrée surprise une fois de plus avec ce manga, avec au programme encore plus de méta-histoire (fait d'utiliser le déroulement d'un récit fictif pour retranscrire des thèmes et événements du monde réel et pouvoir en parler librement), encore plus de révélations et d'émotions, et comme je le disais un final mémorable à plus d'un titre, qui ne laissera sans doute aucun lecteur indifférent. Ce pourrait tout à fait être la fameuse FIN ultime dont on nous parlait dans le tome précédent d'ailleurs, mais rassurez-vous il n'en est rien et nous aurons dès ce mois-ci le plaisir de retrouver nos personnages dans une toute nouvelle redistribution, pleine de promesses et d'avenir !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 14 janvier 2015

Shazam (Urban Comics - Novembre 2014)


Personnage peu connu par chez nous mais d'une aura culte aux États-Unis, celui que l'on appelait autrefois Captain Marvel nous arrive dans ses toutes nouvelles origines, relatées en marge des premiers chapitres de la série Justice League des New52 de DC Comics. Urban nous offre ici l'intégralité de ce récit publié en un seul tome, avec découpage, dans la collection habituelle et paru en Novembre dernier. Geoff Johns, grand artisan des New52, est une fois encore au scénario tandis que le dessin est assuré par Gary Frank, alors très inspiré.

Billy Batson est un gamin de 15 ans que l'on peut qualifié de môme à problèmes. Pratiquement élevé depuis toujours au sein d'un orphelinat, il ne fait que passer de familles d'accueil en familles d'accueil depuis des années, au grand dam de sa tutrice qui n'a qu'une hâte, trouver un couple assez bonne poire pour la débarrasser de cet ado encombrant. Billy par ailleurs a exactement le même objectif afin de se débarrasser d'elle, les deux collaborent donc pour séduire et tromper les éventuels futurs parents. Mais ce que Billy n'avait sans doute pas prévu, c'est de se retrouver un beau jour convoqué par magie dans le Rocher d’Éternité, haut-lieu légendaire des forces magiques de ce monde, devenu un véritable mythe depuis l'Antiquité. Là, le dernier survivant d'une illustre confrérie de sorciers scrute l'âme du garçon pour découvrir en lui l'étincelle sacrée, cette bonté d'âme insoupçonnée qui pourrait faire de lui l’Élu, le nouvel avatar de la foudre divine : Shazam. La sagesse de Salomon, la force d'Hercule, la vigueur d'Atlas, la puissance de Zeus, le courage d'Achille et la vitesse de Mercure. Des pouvoirs phénoménaux au service de la justice et de la vérité, des valeurs que Billy n'a jamais vraiment eu le loisir de connaître mais auxquels il croit profondément, même s'il l'ignore encore. Il devra puiser dans ses ressources pour trouver la bonne voie, celle du héros qu'il est à présent appelé à devenir, afin de lutter contre les forces du Mal et le réveil d'un ancien avatar de la foudre divine, Black Adam, corrompu par la haine et la vengeance et qui fut enfermé durant des millénaires dans un tombeau secret. Ramené à la vie par une expédition scientifique mal avisée, Black Adam va mettre le monde à feu et à sang sur son passage, à la recherche du nouvel élu pour lui arracher ce pouvoir colossal et l'utiliser pour régner sur un monde refait entièrement à son image. Bien plus qu'un affrontement entre un héros et un vilain, il s'agit du choc de deux visions diamétralement opposées d'un monde en nuances de gris, pourtant si semblables à la naissance. Quoi qu'il arrive désormais, Billy Batson devra défendre ce monde et les valeurs qu'il incarne, et se faire le protecteur de la magie et des justes ! Difficile à imaginer lorsqu'on a que 15 ans et que l'on rêve surtout de faire fortune et d'une vie facile.

Shazam, sous cette nouvelle itération des New52, est un récit aux allures de conte de Noël enfantin, mettant en avant la bonté et la difficulté de se montrer ''gentil'' dans un monde si corrompu et individualiste. Dur d'être à sa place quand on est un enfant sans aucune ressource ni amour, sans proches pour l'épauler. Shazam, c'est un peu le protecteur de cette enfance malheureuse, celui qui permet de se dire « Voilà, maintenant ça ira mieux. ». Sous couvert d'une histoire super-héroïque porteuse des valeurs traditionnelles du genre, il s'agit en réalité d'une magnifique leçon de vie et d'amour, sous toutes ses formes, la famille, les amis, la confiance. Quel dommage qu'il n'y ait qu'un seul tome à tout cela, car on en redemande très vite une fois la lecture achevée ! Les dessins de Gary Frank parviennent à faire passer des tas d'émotions différentes et à vraiment intégrer le lecteur dans le récit, mené d'une main de maître par un Geoff Johns qui ouvre ses chakras et nous livre une belle petite pépite, qu'on sera fier de compter dans sa bibliothèque. Merci d'ailleurs à Urban une fois encore pour le formidable travail effectué, qui n'a l'air de rien mais représente tout de même un sacré investissement et un pari risqué. Cet album va rejoindre ses frangins des New52 sans dépareiller, et il se pourrait même qu'il s'agisse d'un des meilleurs ''tome 1'' qu'il m'ait été donné de lire depuis le lancement de ce nouvel univers. Rien que ça ! Donc sautez dessus tant qu'il est encore disponible, au pire ce n'est qu'un one-shot donc ça ne vous engage pas à grand chose. Mais faites l'effort de découvrir, de feuilleter même, vous ne serez selon moi pas déçus du voyage.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 30 novembre 2014

Ludwig Fantasy tome 1 (Tonkam - Novembre 2014)


La reine du shojo gothique est de retour avec la nouvelle et seconde partie d'une de ses séries les plus emblématiques et passionnantes, j'ai nommé Ludwig Fantasy, faisant ainsi suite aux quatre tomes parus lors de la décennie précédente de Ludwig Revolution et dont la fin nous laissait sur une immense ouverture. C'est donc avec un tout aussi immense plaisir que l'on peut désormais retrouver, toujours chez Tonkam dans une magnifique édition, les aventures débridées du prince Ludwig parti à la recherche du grand amour au sein du monde des contes de fées, revus et corrigés par l'auteur à l'humour des plus aiguisés !

Après avoir parcouru de fond en combles le continent de Grimm, dont il est originaire, et sans avoir trouvé le grand amour tant recherché, Ludwig décide de prendre la mer et met le cap sur une destination inconnue, toujours accompagné dans son voyage par son fidèle valet Wilhelm un rien victime de son maître et par la sorcière sado-masochiste Dorothéa, toujours déterminée à endurer les supplices les plus vils de la part du prince. Après une série de naufrages plus ou moins accidentels après avoir eu la bonne idée de confier la barre à Ludwig, les trois compagnons font escale sur le continent d'Andersen, où ils se retrouvent d'emblée impliqué dans une enquête au sein d'un royaume au bord de la mer, où le jeune prince se dit visité par une mystérieuse créature marine chaque nuit, et où une servante muette mais non discrète fait tourner son monde en bourrique. Puis il sera temps de faire route vers un petit archipel isolé de tout, pour rencontrer le roi Mikado et tenter de lui obtenir les faveurs et la main de celle que l'on appelle Princesse Kaguya, et dont la beauté est réputée dans tout le pays, pour le plus grand malheur de ses prétendants.

Un excellent nouveau départ pour les aventures perverses et parfaitement égoïstes de Ludwig, et de très bonnes retrouvailles pour les lecteurs de la première heure qui attendaient depuis des années sans trop y croire une suite à Revolution. Kaori Yuki nous fait le plaisir de nous entraîner de nouveau dans sa vision des contes de fées, si particulière et unique en son genre, rafraîchissante et délicieusement irrévérencieuse mais en même temps assez fidèle aux récits originels mine de rien (pour preuve, la documentation fournie par l'auteur et son éditeur afin de faire connaître ces contes aux lecteurs, hors versions Disney). C'est ainsi que l'on revisite avec humour et intérêt La Petite Sirène ou encore Le Conte du Coupeur de Bambous. Oui certes, nous débutons sur le continent d'Andersen mais force est de constater que nous aurons plutôt un fatras d'histoires toutes origines confondues, ce qui n'est pas pour me déplaire non plus ça change du cadre uniquement occidental pour une fois et nous permet, à nous aussi, de découvrir de nouveaux pans de la culture extrême-orientale.
Le dessin est magnifique, comme d'habitude avec Kaori Yuki, le style gothique des décors ainsi que des personnages (vêtements et attitudes) reste fidèle à ce que l'on connaît déjà venant d'elle, un très grand soucis du détail et de la diversité, les personnages sont caractérisés à merveille et donnent l'impression qu'ils nous ont simplement quitté la veille, alors que nous avons du patienter sans y croire pendant plusieurs années pour les revoir. Une lecture facile et très intéressante, amusante et intrigante, en un mot plaisante. Et une très agréable surprise que ces retrouvailles avec Ludwig et ses compagnons, que l'on espérait plus ! Vivement la suite à présent, sautez dessus n'hésitez pas et pour celles et ceux qui prendraient le train en marche, bienvenus et accrochez-vous bien à vos souvenirs de votre enfance bercée par Disney, vous risquez de vous sentir un peu malmenés !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !