jeudi 10 décembre 2020

Ice Pig tome 1 (Delcourt/Tonkam - Mai 2019)


Vespa est un jeune homme de 22 ans qui n’a rien de spécial. Pas de vie sociale, très peu d’amis, une colocation où on ne fait pas vraiment attention à lui, et surtout pas de travail donc pas d’argent. Il galère régulièrement sur de petits boulots sans intérêt, pour se faire juste assez de sous et investir tout ce qu’il gagne dans un jeu-vidéo sur smartphone. Autant dire que sa vie ne compte pas beaucoup au regard de la société.

 

Aussi, quand au détour d’un nouveau travail d’appoint il se rend compte qu’il est en train de participer à un transport d’esclaves, une activité hautement illégale, Vespa fait aussitôt machine arrière et libère les jeunes femmes après avoir tabassé leur geôlier. Un acte noble qui lui vaudra simplement d’être pris à leur place comme esclave à vendre durant une soirée secrète organisée par Farm, une entreprise de l’ombre qui possède de nombreuses activités douteuses dans le pays et peut-être même au-delà.

 

Vespa, pour qui la liberté est le seul véritable bien qu’il possède, n’entend pas passer le reste de sa vie comme esclave des caprices et pulsions sadiques de privilégiés. Mais pas moyen d’échapper à Farm, qui soigne toujours bien les détails. Aussi, quand il est finalement acheté pour une petite fortune par un mystérieux acquéreur, notre jeune homme se résigne peu à peu à cette nouvelle vie. Il ne s’en doute pas un seul instant mais il est sur le point de retrouver le grand air et une vie relativement normale, s’il consent à obéir aux ordres de sa maîtresse, une certaine Ice Pig.

 

Qui est Ice Pig ? Tout simplement la bête noire de Farm, un hackeur de génie qui a déjà démantelé plusieurs de leurs activités illégales en les livrant à la police. Sa tête est même mise à prix pour la modique somme de cent millions de yens ! Mais, loin du cliché qui circule sur son cas, la véritable identité de ce justicier de l’informatique a de quoi surprendre : en effet, il s’agit d’une lycéenne qui se fait appeler Yui et qui mène une existence relativement normale pour une personne de son âge.

 

En réalité, Yui a elle aussi été esclave de Farm pendant des années, avant de tomber sur la bonne personne qui a consenti à la libérer et à l’aider dans son combat. Désormais elle ne désire rien de plus que la chute et la destruction de Farm et de toutes les personnes qui y participent ! Et avec l’aide de Vespa, les choses vont peut-être enfin avancer dans la bonne direction pour elle et son allié de l’ombre. Pendant qu’elle fait sa vie en surface, Yui récolte aussi pas mal d’informations sur ce qui se passe de louche dans les basfonds du Japon, à commencer par les disparitions inexpliquées de sans-abris ou de personnes en marge de la société. Certains sont retrouvés dans d’horribles circonstances par la police, avec parfois jusqu’à des vols d’organes avant le décès. Yui et Vespa vont donc devoir s’attaquer à quelque chose d’immense et de tentaculaire, qui tire sa force des zones ténébreuses hors du contrôle de la loi. Seront-ils de taille ?

 

Enfin, même si pour l’instant tout semble sourire à notre nouveau duo, des complications sont à prévoir. Notamment au Lycée, où Yui vient de se faire une ennemie acharnée en ridiculisant la fille la plus populaire de l’établissement qui maltraitait ses camarades. Cette dernière entend bien se venger et rapidement… alors, quand elle découvre par pur hasard que Yui serait peut-être bien le fameux Ice Pig, les choses se corsent ! Qu’arrivera-t-il à Yui si jamais cette information est révélée ?

 

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Ce manga est bien évidemment un seinen, donc réservé à un public plus mature que la norme des lecteurs habituels. Et pour cause, les sujets traités ici sont vraiment graves, un peu dans la veine de ce que le Roi des Rats peut réaliser comme enquête dans ses vidéos sur YouTube par exemple. Ice Pig est un hackeur qui entend retourner un système corrompu contre lui-même et mettre en lumière ses pires dérives, dont il a été la victime durant de nombreuses années. Une histoire de vengeance donc, mais aussi de recherche d’une certaine forme de justice sociale, dans un monde où le pouvoir et l’argent permettent de s’en sortir et de tout posséder.

 

En ce qui concerne le scénario c’est vraiment plaisant et la lecture se fait assez rapidement au final tant le lecteur se retrouve pris dans l’ensemble et les différentes intrigues qui se déroulent et s’orchestrent sous nos yeux. On a très vite envie d’en savoir davantage sur Yui, sur Vespa aussi cet infortuné de passage qui se retrouve finalement au cœur de l’action, et surtout de savoir dans quelle direction évoluera le récit maintenant que les choses se compliquent sérieusement pour notre héroïne de l’ombre ! Bref, il y a de tout, du suspens, de l’action et aussi un fond d’enquête et de vérité dérangeante.

 

Au niveau du dessin, c’est très bon selon moi ! Je suis totalement séduit par ce style assez réaliste mais en même temps plutôt lisse, qui mélange plusieurs sensibilités et courants artistiques du manga. Yukai Asada nous offre une série surprenante que je n’avais vraiment pas vu venir à l’époque de la sortie du premier tome, et que je suis maintenant ravi de pouvoir lire et de vous la chroniquer ici ! Ice Pig ne compte que cinq tomes en tout, ce n’est donc pas un gros investissement et l’histoire est amenée à évoluer très rapidement, ce qui renforce l’intérêt. Rendez-vous prochainement pour la suite !

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 9 décembre 2020

Black Cat tome 1 - La plus grande des voleuses (Panini Comics - Mars 2020)


Tout le monde à New York connaît au moins de nom si ce n’est de réputation la Chatte Noire, alias Félicia Hardy pour les intimes. Cambrioleuse acharnée, amoureuse des beaux objets de valeurs et aussi crush régulier d’un certain tisseur de toiles… mais Félicia est aussi une grande adepte de l’honneur, en tout cas ce que les voleurs comme elle appellent l’honneur.

 

C’est pourquoi, quand elle est contactée au détour d’une soirée par la chef de la Guilde des Voleurs de New York, elle prend le message très au sérieux malgré ses airs assurés. Odessa Drake exige que la Chatte Noire reverse une partie de ses différents butins à la Guilde, afin de conserver le droit d’exercer sa passion toute particulière dans cette ville. Une situation intolérable pour Félicia, qui fait la sourde oreille et n’entend pas céder aussi facilement aux menaces. Pourtant, elle aurait au moins dû y prêter plus attention…

 

Car à présent, son seul recours est de se retrouver à cambrioler le domicile du Docteur Strange, rien que ça, afin de s’emparer d’un document très ancien qui pourrait la mettre en sécurité pendant un certain temps. Faisant pour cela appel à son équipe de choc, la Chatte Noire va aussi devoir composer avec un sorcier très peu fiable qui a son propre objectif bien en tête en pénétrant chez Strange. Une fois ce vol perpétré, Félicia apprend qu’elle va maintenant devoir s’occuper du nouveau QG des Quatre Fantastiques ! Décidément, pour quelqu’un qui possède le pouvoir de porter malheur à quiconque lui cherche des ennuis, elle se retrouve pour le coup avec une guigne d’enfer !

 

Projetée dans des situations vraiment à la limite du catastrophique, notre Chatte Noire préférée n’en retient pas pour autant ses coups et n’hésite pas à sortir ses griffes pour protéger son petit gang et son employeur, une vieille connaissance à qui elle doit énormément. Alors, même si cela implique de déchaîner des pouvoirs magiques colossaux ou de provoquer l’invasion de notre dimension par une autre, Félicia ne reculera devant rien pour honorer sa dette !

 

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Que penser de ce premier tome des nouvelles aventures de la Chatte Noire ? Je suis mitigé, ce qui ne m’arrange pas du tout. D’un côté j’aime vraiment ce personnage et la savoir aux commandes de ses propres récits désormais me réjouit totalement, mais de l’autre je trouve que c’est, pour l’instant du moins, beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Évidemment, il faut attendre que la série prenne sa vitesse de croisière et que les vrais enjeux soient introduits, ce qui est en partie le cas à la fin de ce premier tome, mais les attentes étaient nombreuses et le résultat peut-être pas franchement à la hauteur.

 

Commençons par les bons points. Album bien travaillé de la part de Panini, fourni avec un petit portfolio (pour ce qui est de la première édition) contenant les meilleures couvertures variantes de ce début de série, par des artistes renommés et reconnus pour leur talent avec les belles femmes de l’imaginaire. Ça fait plaisir, c’est un petit cadeau que je reçois avec reconnaissance de la part de l’éditeur et de l’équipe derrière la parution de ce tome.

 

Ensuite, le scénario est plutôt pas mal dans l’ensemble, fait appel à des intrigues et des éléments des continuités présentes de différentes autres séries majeures de chez Marvel, bref c’est bien intégré au sein de l’actualité de l’éditeur et de ses multiples personnages, il y a une cohérence bien travaillée par le scénariste Jed MacKay. Mais très vite, les rebondissements ne suffisent plus à assurer le show et l’on se tourne alors vers les prouesses des dessinateurs pour combler le fossé.

 

Et en ce qui concerne les dessins justement… peut mieux faire. Je ne m’attendais pas à du grand art pour une série qui finalement n’occupe pas vraiment le premier plan de l’univers Marvel, mais un petit effort pour débaucher des artistes un poil plus talentueux aurait été apprécié je pense. Non pas que Travel Foreman, Mike Dowling et Nao Fuji soient mauvais, mais le style général de ces cinq premiers chapitres me laisse plutôt sur ma faim, voire un peu froid. J’espère juste qu’ils seront plus appliqués dans les chapitres et les tomes suivants, c’est tout ce qu’il manque à mon sens à cette série pour être vraiment digne de son personnage principal.

 

Quant à la dimension féministe ‘’girl power’’ que la série devait avoir auprès des fans, du moins selon les premières estimations à l’époque… c’est pas vraiment le cas au final. Certes Félicia est une femme forte et qui ne se laisse jamais démonter ni prendre de haut, mais on ne sent pas franchement la défense de la cause féministe comme étant une de ses priorités. Avec un personnage de gentlewoman cambrioleuse, pas de place pour les grands idéaux, se remplir les poches étant sa principale préoccupation. On appréciera sa façon de manipuler les hommes à sa guise ainsi que la considération assez surprenante dont elle fait preuve envers ses plus proches collaborateurs, mais c’est tout ce dont elle semble capable pour l’heure.

 

Enfin bref, pour le coup ce n’est pas une déception mais juste un petit blues qui me saisit après cette lecture, j’en attendais trop je pense. Je tâcherai donc d’aborder le second tome, déjà paru à l’heure actuelle, avec moins d’espérances et en gardant à l’esprit le côté très artisanal de la série. On nous annonce déjà que Spider-Man fera une apparition, peut-être que cela suffira à motiver les artistes du titre pour nous fournir quelque chose de plus soigné !

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 8 décembre 2020

Fantastic Four tome 3 - Le héraut de Fatalis (Panini Comics - Mars 2020)


L’action de ce troisième tome se passe immédiatement après le mariage de Ben Grimm et d’Alicia Masters raconté dans le second.

 

Les Quatre Fantastiques font face à une menace qu’ils connaissent bien : Galactus, le dévoreur de mondes, est de retour sur Terre, pris d’une faim insatiable. Mais cette fois, il n’apparaît pas en plein New York, c’est même tout l’inverse puisque le géant cosmique fait son entrée sur le sol souverain de la Latvérie, pays qui vient juste de retrouver son monarque en la personne de Victor Von Fatalis. Oui, le même Fatalis qui jusqu’à il y a peu encore se comportait comme le nouvel Iron Man et tentait de gagner sa rédemption. Comment a-t-il pu retomber dans ses vieux travers si rapidement ?

 

Se posant une fois de plus en sauveur de l’humanité toute entière, Fatalis engage le combat face à un Galactus qui n’est plus vraiment lui-même, obsédé par sa faim et par l’étrange source d’énergie qui alimente les pouvoirs de Victoire, la femme qui a réussi à rendre à Victor son égo et son trône. En remerciement, Fatalis a fait d’elle son nouveau héraut, porteuse de ses couleurs et d’un immense pouvoir… un cadeau pas si innocent tout compte fait, comme va le découvrir assez vite Reed une fois sur place.

 

En effet, Victoire agit comme une véritable balise pour Galactus, qui a donc été attiré sur Terre et en Latvérie à dessein par Fatalis, mais ce coup-ci pas dans le but de s’approprier ses pouvoirs. Cette fois, Fatalis compte capturer le dévoreur de mondes pour en extraire toute son énergie cosmique et en faire une insondable source de puissance pour son pays et, plus tard, la domination de l’humanité à travers le cosmos tout entier !

 

Devant les caméras et les télés de toute la planète, le triomphe de Fatalis ne saurait être plus grand. Ses ennemis de toujours sont piégés entre ses mains, dans des cellules spéciales qui exploitent leurs faiblesses respectives, et Victor s’apprête à les exécuter en direct en utilisant sa nouvelle énergie illimitée. Mais évidemment, il y a un problème, une faille que le souverain de fer n’a pas anticipé… sa nouvelle énergie provoque des surtensions de plus en plus incontrôlables et menace de détruire tout bonnement le pays avant de précipiter la Terre hors de son orbite solaire !

 

Grâce à leur confiance mutuelle et à leur union, les Quatre Fantastiques parviennent à déjouer les pièges de celui qui est redevenu leur ennemi juré et réussissent même à rendre ses pouvoirs et sa conscience à Galactus, qui quitte la planète comme il en avait fait autrefois la promesse. Fatalis est humilié, certains le pensent même brisé pour de bon… mais il a encore de la ressource et malgré tout son peuple continue de croire en lui aveuglément. De plus, la terre de L              atvérie regorge désormais de radiations cosmiques… un pouvoir qui, bien utilisé, pourrait changer bien des choses.

 

Pour l’heure, place à la célébration du mariage, ENFIN ! Et c’est à Yancy Street que se déroulera la petite fête des voisins organisée pour l’occasion par les Fantastiques, toute la famille réunie et découvrant son nouveau quartier comme il se doit. Alors, même si la Guerre des Royaumes menée par Malekith s’invite soudain comme un cheveu sur la soupe, rien n’arrêtera l’esprit des réjouissances et l’union dont font preuve les habitants de ce quartier pas facile ! Et juste après : Franklin et Valéria doivent passer leur permis de conduire. Attention les dégâts !

 

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Alors que penser au fond de ce troisième tome de la série sous la plume de Dan Slott ? Eh bien ce n’est pas si mal, on sent que l’auteur prend bien ses marques maintenant et qu’il aime toujours rendre hommage à sa façon aux premières aventures du quatuor, en en modernisant le propos et en agissant comme miroir de l’époque de Stan Lee et Jack Kirby. Mais alors, est-ce vraiment original ? En un sens pas totalement, mais ça reste agréable et les nombreux lecteurs qui ne connaîtraient pas les récits publiés maintenant dans les intégrales de la collection ‘’Marvel Classic’’ peuvent tout à fait profiter pleinement sans s’embêter à chercher les références partout.

 

Signalons la cohorte de dessinateurs mobilisés pour l’occasion : Aaron Kuder, John Lucas, Stefano Caselli, David Marquez, Reilly Brown, Paco Medina, Kevin Libranda, Paolo Villanelli et Juanan Ramirez. Tous ces styles se complètent très bien et aucun ne ressort particulièrement du lot, en mal je veux dire, donc rien à craindre côté cohérence graphique c’est même plutôt lisse. Seul petit regret au fond pour ce troisième tome, le fait de devoir lire l’event War of Realms en parallèle pour comprendre le petit chapitre introductif casé comme on peut par Panini. Dommage, mais on est habitué maintenant à ces petites incartades. Maintenant, j’attends la suite pour savoir ce que Fatalis projette pour venger cette cruelle humiliation, nul doute en tout cas qu’il a bel et bien regagné sa place de super-vilain, quoi qu’il en dise aujourd’hui.

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 30 novembre 2020

Spider-Man - Big Time tome 2 : Le voyage fantastique (Panini Comics - Mars 2020)



Les Quatre Fantastiques sont en deuil, ils viennent de perdre l’un des leurs, Johnny Storm, alias La Torche Humaine. Spider-Man, pour qui Johnny était un ami et un frère de cœur, accepte la proposition qui lui est faite d’intégrer l’équipe à son tour. Le voilà désormais membre de la Fondation du Futur, une super-équipe menée par la famille Richards et dont le but est de former les grands cerveaux de demain mais aussi de trouver des solutions aux problèmes plus immédiats de notre monde. Autant dire que les défis ne manqueront pas et que l’occasion de faire briller son savoir scientifique sera grandement appréciée !

                                                                            

En parallèle, Spider-Man est toujours membre des Avengers et doit donc remplir certaines obligations là aussi. Quand Hank Pym lui demande d’être le nouveau professeur remplaçant d’un groupe de jeunes surhumains à l’équilibre moral précaire, notre Spidey se voit déjà revenu au temps où il enseignait avec plaisir à des lycéens paumés. Mais c’était sans compter la nature acerbe de son public, ainsi et surtout que l’intervention de Psycho-man qui achève de déstabiliser les jeunes recrues. Il faudra alors toute la force des convictions profondes de l’Homme-Araignée pour vaincre et faire comprendre le droit chemin à ses élèves !

 

Et comme si ça ne suffisait pas, voilà que les Sinister Six se sont reformés autour d’un Docteur Octopus encore plus machiavélique et calculateur que jamais ! Sa grande œuvre est toujours en construction, son plan parfait pour faire éclater à la face du monde tout entier son génie et sa supériorité… mais pour l’heure, il avance une étape à la fois, prenant bien soin de ne laisser aucune trace sur son chemin. Personne ne se doute encore de ce dont il est capable à présent que la vie lui échappe.

 

Pour couronner le tout, Spider-Man doit faire équipe involontairement avec l’Anti-Venom, ou Eddie Brock nouvelle formule, pour enfin démasquer le terrible seigneur du crime Mister Negative ! La révélation de son identité civile ne sera pas sans conséquences pour Peter et ses proches, d’autant que le vilain parvient à s’échapper une fois de plus malgré les forces en présence pour l’arrêter. Et encore, c’est sans compter sur le retour en catimini du Chacal avec un nouveau plan dément pour pourrir la vie du Tisseur. Non, décidément, ce n’est vraiment pas de tout repos d’être Peter Parker…

 

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Voilà ce que l’on peut dire en substance de ce second et normalement dernier tome de la gamme ‘’Marvel Deluxe’’ renouvelée consacré à la période Big Time qui voit Dan Slott récupérer les clés du domaine privé des séries estampillées Spider-Man. Un second tome qui m’a moins accroché que le précédent je dois bien l’avouer, peut-être parce que cette fois l’action est trop dispersée entre les différentes équipes dont fait partie Peter et les multiples facettes de sa vie. Ou peut-être tout simplement que c’est moins bon vers la fin ?

 

On sent surtout que tout n’est que préparation pour les grands événements à venir, le dernier plan du Docteur Octopus par exemple dont j’ai vraiment hâte d’avoir la possibilité de le lire dans ce format. Dans un avenir plus proche toutefois, c’est l’arc Spider-Island qui occupe la plus grande partie des prévisions et des introductions présentes dans ce tome. C’est bien simple, je crois que Panini a réussi à caser tous les préludes nécessaires (ou pas, j’ai lu Spider-Island bien avant de pouvoir lire Big Time et j’estime avoir bien compris et apprécié l’histoire malgré tout). Un tome de transition donc, qui permet aussi à Dan Slott de commencer à poser les bases de ce qu’il exploitera plus tard sur la série Fantastic Four récente !

 

Pour ce qui est des dessins, c’est du tout bon quand on parle de Spider-Man : il y a du classique, référence plus ou moins directe au trait de Jack Kirby, mais aussi du moderne avec la présence remarquée de Humberto Ramos, Stefano Caselli, Giuseppe Camuncoli et Ryan Stegman. Dan Slott lui-même est toujours aidé pour l’écriture par Fred Van Lente et Christos N. Gage, une équipe qui fonctionne plutôt bien depuis ses débuts.

 

Bref, un final en demi-teinte pour cet arc Big Time, pas forcément à la hauteur de la fanfare déclenchée dans le premier tome et servant surtout d’amorce pour la suite et les premiers grands events du Tisseur version Dan Slott. Je ne vous chroniquerai pas Spider-Island quand bien même sa sortie prochaine dans cette collection est déjà annoncée dans l’édito, je vous laisse le soin de faire votre propre recherche. Mais comptez sur moi pour être présent quand Otto Octavius révèlera enfin son chef-d’œuvre !

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 28 novembre 2020

Shahrazad (Alayone Comics - Novembre 2020)


Un navire anachronique fait route au cœur de la Mer du Diable, un territoire maudit où plus d’un y a perdu la vie, et parfois davantage. A bord du Cyclope, un équipage uni et un officier tenace, dont on ne connaît que le nom : Shahrazad. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Quelle est son histoire ?

 

Tout cela, nous ne le saurons pas aujourd’hui. Aujourd’hui est consacré à l’aventure présente, la découverte d’une île mystérieuse au cœur d’une tempête déchaînée, des pertes tragiques et des rencontres sauvages venues d’un autre temps. Shahrazad échoue dans l’arène du terrible dieu Janus, seigneur des commencements et des dénouements, et elle devra défendre chèrement sa vie face au maître des destinées et à ses hordes de combattants.

 

Tandis que ce qu’il reste de son équipage fait route pour la sauver, elle lutte sans merci et prend bien des vies. Et, quelque part dans son esprit aussi insondable que le passé et l’avenir de cette créature qui le fascine, Janus éprouve un sentiment nouveau, inconnu lui aussi : le doute. Comment cette femme ayant traversé bien des époques, survécu à bien des âges, affronté bien des périples, peut-elle lui tenir tête ? Pourquoi son avenir n’est-il pas aussi clair que son lointain passé ? Se pourrait-il que celle qui dit se nommer Shahrazad soit bien plus qu’elle ne le paraisse ?

 

Le dieu dédoublé déteste les surprises, même s’il en a longtemps attendu. Son propre avenir est désormais en jeu, en danger, alors que même les éléments se retournent contre lui et que son pouvoir le trahi. La tourmente le gagne, et dans un ultime sursaut de rage il réalise qui se tient devant lui, qui est véritablement son adversaire… tour à tour esclave, princesse, reine, voyageuse, conteuse, amante, combattante… Shahrazad est un mystère vivant depuis bien trop longtemps. Et Janus ne peut le supporter. Qui aura raison de l’autre, au bout du compte ? Et saurons-nous jamais le fin mot de toute cette histoire qui va se perdre jusqu’à l’aube des temps ? Le récit de la vie de Shahrazad ne fait que commencer.

 

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On va tout de suite parler des points forts de cette histoire, de cet album, parce qu’il y en a des tas ! Déjà c’est une véritable petite pépite de l’univers indépendants des comics US, qu’Alayone Comics est parvenue à nous dénicher et à éditer chez nous pour mon plus grand plaisir je l’admets volontiers ! Les couvertures les plus connues sont de J. Scott Campbell, excusez du peu, et je dois dire que celle que j’ai choisi parmi les quatre disponibles à la vente est particulièrement séduisante, l’artiste ayant fait de gros gros efforts pour gommer ses propres tics et imperfections, nous livrant ainsi une illustration somptueuse dont la beauté est encore rehaussée d’un cran par les couleurs chaudes de Nei Ruffino.

 

A l’intérieur, le lecteur émerveillé découvrira un déluge de cases magnifiques et très détaillées, s’articulant autour d’un récit multiple qui couvre bien trop de terrain pour que l’on puisse se lancer dans un résumé exhaustif. Les auteurs, Tom et Kim Hutchinson, Kari et Aaron Castor et Brett Cate, nous régalent vraiment avec une histoire complexe, tissée sur plusieurs plans et défilant autant au rythme de l’action présente que des souvenirs épars de Shahrazad, un mystère vivant qui ne se dévoilera jamais vraiment. Pour le moment du moins. J’ai apprécié cette écriture toute particulière, et j’en redemande encore !

 

Venons-en à la vraie perle au milieu de cette coquille nacrée : les dessins. Signés Mike Krome, c’est un ravissement à chaque page, chaque case, chaque moment de lecture et de plongée dans ce style unique et si plein de sensualité et de charme tout comme de violence et de rage, et très détaillé. L’artiste livre une véritable performance que bien peu en vérité sauront rattraper ou même égaler, on est à un niveau frôlant la perfection et encore c’est peu de le dire !

 

Le point faible, c’est qu’il s’agit d’une histoire qui n’a ni début officiel ni fin, c’est un récit parmi bien d’autres à venir sur un personnage qui a vécu une très longue existence bien remplie. Cela pourrait décourager les lecteurs les plus frugaux, même si je pense que ça ne fait jamais de mal de se lancer sans filet parfois. Toujours est-il qu’au sein d’une industrie très calibrée, ça peut déstabiliser et je le comprends. De même, concernant plus particulièrement l’édition française d’Alayone, il eut été bon je pense d’augmenter un chouia la taille de la police d’écriture, mais c’est vraiment pour chipoter. Tout le reste est parfait ou peu s’en faut, on a même droit à une galerie complète de couvertures en fin d’album, de quoi s’émerveiller devant les magnifiques réalisations des différents dessinateurs ayant travaillé sur ce projet fou.

 

Si tout va bien, Shahrazad devrait connaître une suite, voire plusieurs je l’espère, et je compte bien qu’Alayone Comics soit au rendez-vous encore une fois avec le même souci de qualité que pour ce premier tome. Aucun regret de m’être lancé dans l’aventure, et je souhaite que ce soit un succès à la hauteur des attentes afin d’encourager ce petit éditeur qui se bouge ! A l’heure actuelle il reste peut-être un tiers des exemplaires imprimés à vendre et trois couvertures disponibles sur les quatre de départ, vous pouvez donc vous aussi rejoindre la partie quand ça vous chante, peut-être en vous faisant un très beau cadeau pour Noël qui sait ! C’est mon coup-de-cœur indépendant du mois de Novembre en tout cas, et je ne peux que vous conseiller de vous jeter dessus tant qu’il en reste, si vous n’avez pas peur de lire quelque chose d’atypique et sortant du lot !

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 27 novembre 2020

La V.O. du vendredi n°161 : Venom tome 2 - The Land Before Crime (Marvel - Novembre 2017)


Eddie Brock est à nouveau réuni avec son symbiote fétiche, et ils forment à nouveau Venom à eux deux. Un Venom avec quelques troubles dépressifs cependant, car si pour le symbiote tout va à merveille, son hôte se pose beaucoup de questions quant à la nature de cette nouvelle union, ne voulant pas reproduire les erreurs du passé.

 

Aussi, quand l’Alien prend le contrôle et blesse un innocent, Eddie décide de réagir au plus vite. Après avoir tabassé le Scorpion bien comme il faut, il s’en va exiger de l’aide auprès de Liz Allan, la patronne des laboratoires Alchemax. Eddie a une autre raison de se trouver dans son bureau en pleine nuit : il enquête également sur la présence de créatures sanguinaires dans les égouts désaffectés en périphérie de la ville, des créatures reptiliennes qui portent la marque d’Alchemax… Liz lui propose alors un deal qu’il ne peut refuser : Venom va devoir retrouver et affronter Stregon, un homme-dinosaure qui s’est enfui des labos secrets de l’entreprise avec assez de sérum et de matériel pour déclencher une petite guerre inter-espèces. Si Eddie parvient à mener cette mission à bien, Liz accepte de mettre ses ressources à sa disposition pour trouver ce qui cloche avec le comportement du symbiote. Un marché simple… qui va vite se compliquer.

 

En effet, Stregon a déjà levé une petite armée d’hybrides humains/dinos qui lui obéissent aveuglément, et il projette d’empoisonner l’eau potable de New York avec son sérum pour poursuivre sa conquête génétique et sa soif de pouvoir. Si ça ne tenait qu’à lui, Venom règlerait vite l’affaire par un petit meurtre, mais il se trouve qu’une fillette appelée Moon Girl et son dinosaure de compagnie, un T-Rex écarlate répondant au doux nom de Devil-Dinosaur, sont de la partie eux aussi ! Et pour ne rien arranger, le fidèle carnivore est passé sous le contrôle mental de Stregon, qui n’allait pas laisser passer une telle aubaine ! Il va donc falloir jouer tout en finesse sur ce coup si notre justicier désire éviter un bain de sang abominable.

 

Une fois cette histoire réglée et Stregon mis hors d’état de nuire, Eddie retourne aux labos Alchemax pour apprendre que c’est son propre corps qui est responsable des crises de violence du symbiote ! La période qu’il a passé comme agent du F.B.I. et où on lui a inoculé diverses substances pour en faire un parfait Anti-Venom a laissé des séquelles… d’infimes traces du produit sont encore présentes, et elles attaquent le symbiote comme de bons petits anticorps. Prévoyante, Liz fournit à Eddie un médicament concocté tout spécialement pour lui, à la condition qu’il accepte de répondre présent quand elle aura besoin de ses services pour d’éventuelles sales besognes. N’ayant pas bien le choix une fois encore, c’est un Venom un brin amer qui reprend le cours de son existence solitaire. Mais ce n’est que le début…

 

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Eh bien pour tout vous avouer j’avais assez peur de ce que pourrait donner une histoire de ce type avec un Venom remis au goût du jour pour l’occasion et un nouveau lectorat… et au final j’ai adoré, c’est tout bonnement extra et ça rappelle les meilleures heures des premières aventures solos du personnage ! Mike Costa fait de l’excellent travail, normal avec un superviseur comme David Michelinie en amont. Car quitte à écrire du Venom, autant le faire avec la bénédiction du boss en personne !

 

Les dessins sont dynamiques, vifs, et étonnement assez peu brouillons dans l’ensemble contrairement à ce que le premier tome nous avait montré. On sent que les défauts majeurs ont été corrigés et que Marvel a voulu offrir un véritable retour aux sources à un personnage qui en avait bien besoin. Sans doute la sortie du film de Sony y était-elle également pour quelque chose à l’époque…

 

Pour la petite anecdote, le titre de ce tome est bien sûr une référence à The Land Before Time, un film d’animation de 1988 produit par Spielberg et Lucas en personnes  et mettant en scène le long voyage d’un petit groupe de jeunes dinosaures pour retrouver leurs parents dans un monde parsemé de dangers. Vous aurez reconnu, si vous êtes de ma génération environ, Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles ÉVIDEMMENT ! Et si vous ne connaissez pas, foncez, c’est une œuvre majeure de mon enfance, bouleversante à plus d’un titre, et que je ne peux que vous recommander. Bon, c’est sûr, rien à voir du coup avec Venom et Marvel. Mais ça fait toujours du bien de savoir d’où viennent les références des auteurs !

 

Et avant de nous quitter, un petit conseil : ne vous fiez pas à la couverture choisie pour ce second tome, Venom n’affrontera aucun autre justicier super-héroïque dans cette aventure de quelques chapitres. Préférez plutôt les couvertures signées Francisco Herrera, dont le style s’est vraiment affiné avec les années et reste l’un des meilleurs pour illustrer les péripéties de notre Mortel Protecteur, avec Clayton Crain bien entendu.