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vendredi 13 septembre 2019

La V.O. du vendredi n°132 : Magneto tome 2 - Reversals (Marvel - Février 2015)


Alors qu'il remonte la piste d'une filière de trafic d'hormones de croissance mutantes, Magneto tombe sur une véritable horreur : des mutants sont capturés et contraints de se battre jusqu'à la mort dans des cages et des arènes contre des dévoreurs de mutants, ces Prédateurs-X impitoyables et affamés. Se laissant prendre afin de mettre un terme à tout cela, Magneto laisse libre cours à sa colère et fait tomber le juste châtiment sur ceux qui profitaient de ces lugubres animations. Mais, épuisé par l'effort, le terroriste mutant devenu assassin vengeur bat en retraite juste à temps avant que les agents du S.H.I.E.L.D. sur ses talons ne remontent jusqu'à lui, tout en laissant sa petite signature personnelle sur les lieux du massacre. Un seul rescapé est à compter dans les rangs des trafiquants, un biochimiste ayant perfectionné le sérum à base d'hormones mutantes et que Magneto entend bien obliger à créer un sérum suffisamment puissant pour lui rendre la pleine mesure de ses pouvoirs d'antan, désormais bien loin de ce qu'ils étaient à leur apogée.
Mais ce plan ne verra pas le jour tout de suite, car une nouvelle affaire se présente en urgence pour l'ancien Maître du Magnétisme, une affaire qui le touche tout particulièrement et personnellement comme aucune autre. Crâne Rouge a investi les ruines de Genosha, l'ancienne île servant de sanctuaire aux mutants du monde entier cherchant refuge sous le règne de Magneto, et en a fait un véritable camp de concentration pour mutants et Inhumains à grande échelle, dans lequel toutes ces imperfections génétiques sont entravées et réduites à l'esclavage tandis que le plus grand nombre meurt dans les fours ou sous les bistouris des sadiques en mal de reconnaissance. Évidemment cette situation intolérable rappelle aussitôt son sombre passé à notre anti-héros, qui se jure dès lors de tuer Crâne Rouge et de libérer son peuple quoi qu'il en coûte. Mais ayant sous-estimé la puissance de son ennemi, Magneto est capturé et torturé jusqu'à ce que des renforts ne parviennent à le retrouver in extremis et à le libérer juste à temps. Pour lui, c'est une expérience véritablement terrifiante à subir car il est plongé au cœur de ses traumatismes et de tout le mal qui a pu grandir en lui durant toute son existence, malgré la résistance de son esprit. Crâne Rouge a même dépêché sur place un ancien commandant du camp Nazi d'Auschwitz que connaît très bien Magnus, venu tout spécialement pour torturer son ancienne victime. Mais sitôt libéré de ses entraves, la décision de Magneto de tuer Crâne Rouge libère également le terrible pouvoir du Onslaught Rouge qui déclenche une véritable Guerre Mondiale de la Haine, contre laquelle même les plus grands héros du monde font pâle figure. Magneto a alors une idée de génie : puisque les héros ne font pas le poids et sont ciblés tout particulièrement par leur ennemi et ses nouvelles Sentinelles, il va falloir réunir plusieurs vilains de gros calibres et imprévisibles sur le terrain pour leur prêter main forte et faire ce qui sera nécessaire ! Les événements d'Axis sont en marche, et le monde entier s'apprête à changer, à commencer par Magneto lui-même qui vient d'apprendre une dure leçon de vie...

Le second tome de la série Marvel Now! sur Magneto s'achève donc sur le début du cross-over Axis, qui était il faut bien le reconnaître maintenant vraiment pas terrible... mais qu'importe, le point de vue central de l'histoire est celui de Magneto alors en proie à la tourmente et aux tortures infernales de son ennemi et de ses anciens cauchemars revenus le hanter. Une plongée très intéressante dans le passé du mutant vengeur, qui fait bien sûr écho au magnifique chef-d’œuvre qu'était Magneto – Le testament et qui nous proposait les véritables origines non voilées du Maître du Magnétisme, son enfance dans les camps Nazi tout particulièrement. Ce tome 2 est donc un peu plus personnel que le premier et a la lourde tâche de lancer Axis et d'en mettre les principaux personnages sur les rails, ce qui n'était pas franchement heureux je dois dire mais apparemment nécessaire pour débloquer d'autres situations par la suite.
Bref, Magneto par Cullen Bunn continue sur sa lancée de qualité, le dessin n'est pas excellent mais suffisamment efficace et parlant pour aller droit au but et faire l'essentiel du travail, et le lecteur n'aura pas trop de mal à suivre le périple de son anti-héros tout en espérant qu'un jour prochain il puisse enfin redevenir celui qu'il était auparavant.

lundi 27 août 2018

Green Lantern tome 4 - Le Premier Lantern (Urban Comics - Février 2015)


L'affrontement final est sur le point de commencer. Volthoom, le Premier Lantern, est libéré de sa prison éternelle et entreprend de collecter tous les pouvoirs du spectre émotionnel afin de renforcer sa puissance et de modifier à jamais la réalité, dans le but de répandre la souffrance dans le cœur de chacun. Nul ne semble en mesure de l'arrêter, même si Guy Gardner parvient à l'entraver temporairement en réunissant les différents Corps autour d'un assaut frontal des plus risqués. Sinestro et Hal Jordan sont piégés dans la zone morte, à l'intérieur de l'anneau noir de Black Hand. Si Sinestro parvient à s'en extirper avec l'aide involontaire de Simon Baz, le nouveau Green Lantern de la Terre, Hal reste piégé et ne voit plus d'autre solution pour s'en sortir que de mourir à son tour, afin de remporter l'anneau noir à son tour. Un pari risqué qui pourrait bien renverser l'équilibre des forces, quand Hal revient soudain à la vie et prend la décision de libérer Nekron de sa geôle...
Pendant ce temps, les Gardiens de l'univers tentent de résister sur Oa mais se retrouvent pour la première fois depuis des millénaires à la merci de leurs sentiments qu'ils avaient renié depuis si longtemps. Impuissants et vaincus, ils n'ont d'autre choix que de laisser Sinestro obtenir vengeance pour la destruction de Korugar, mais même sa hargne et sa douleur ne seront pas suffisantes pour terrasser Volthoom qui se renforce à chaque nouveau combat. Au bord du désespoir, au bord de l'abandon, c'est là que surgit soudain Hal Jordan et sa nouvelle armée, et qui d'un coup décisif parvient à remporter la victoire, mais à quel prix... Sinestro, devenu l'hôte de Parallax, a décimé les Gardiens. Il ne reste que ceux qui avaient été bannis par les autres pour avoir refusé de renier leurs émotions, et qui désormais doivent prendre la relève sur une Oa dévastée et protéger un univers douloureusement affecté.
Enfin, découvrez l'avenir de chacun des principaux personnages de la série dans le grand livre d'Oa, retraçant l'existence de tous les Green Lanterns passés présents et futurs. La grande histoire débutée en 2003 se termine ici... ou bien n'est-ce encore que le commencement ?

Et voilà pour le dernier tome des New52 chez nous de la série Green Lantern. Un final émouvant, avec un ennemi pas forcément très convaincant mais assez sérieux pour unir à nouveau tous les Corps de nos héros face à lui. Hal est évidemment la vedette, et sa relation avec Sinestro explore de nouveaux chemins insoupçonnés qui raviront certainement les fans de la première heure. Les petites visions de l'avenir de chacun sont une belle conclusion pour Geoff Johns, mais avec l'ère DC Rebirth que nous vivons à présent elles sont un peu caduques... qu'à cela ne tienne, ça restera un bon moment et une des meilleures fins que nous avons vu voir jusque là. Les artistes une fois de plus se dépassent à chaque nouvel épisode, le dessin est magistral et puissant, le scénario de même. Je ne peux pas citer tout le monde dans les libellés de l'article alors les voici ici : merci à Geoff Johns, Tony Bedard, Doug Mahnke, Szymon Kudranski, Ardian Syaf, Andres Guinaldo, Ethan Van Sciver, Patrick Gleason, Aaron Kuder, Jerry Ordway, Cully Hamner, Ivan Reis, Dan Jurgens, Phil Jimenez, et tous les encreurs et coloristes qui ont participé à cette grande aventure !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 14 juillet 2017

La V.O. du vendredi n°80 : Grimm Fairy Tales - Arcane Acre tome 1 (Zenescope - Février 2015)


Après les tristes événements de Age of Darkness et la résolution du gigantesque conflit dans Realm War, voici la toute nouvelle série de Zenescope sur l'univers de Grimm Fairy Tales : bienvenus à Arcane Acre !
Il s'agit d'une sorte d'école magique, à l'écart du reste du monde, où les futurs Realm Knights seront formés et apprendront à utiliser leurs grands pouvoirs en latence. Shang comme toujours assumera le rôle de protecteur et de leader, tandis que Sela va enfin pouvoir renouer avec sa fille trop longtemps disparue, Skye, avec l'aide de son ancienne ennemie Belinda. Mais les choses tournent vite à l'imprévu quand l'école est arpentée par un génie facétieux ramené par l'un des élèves, Ali, puis quand vient l'attaque soudaine d'une escouade de nymphes des eaux venues de Neverland pour récupérer la fille de leur reine, Hailey, alors qu'une guerre couve avec les sirènes malfaisantes... et pour couronner le tout, Belinda reçoit la visite inopinée du Ténébreux en personne, prêt à l'accueillir de nouveau dans sa Horde... à moins qu'il ne s'agisse d'un mauvais tour ? Quoi qu'il en soit, ces premiers jours seront des plus mouvementés, et Sela devra plus d'une fois intervenir pour que le calme soit rétabli. Il semble que la déesse Druanna dissimule une vérité cruciale pour l'avenir d'Arcane Acre... un secret qui menace d'être révélé, et dont Sela devra à son tour prendre garde, car l'ensemble des royaumes risque de tomber à nouveau entre les mains de la Horde Noire.

Cette nouvelle série reprend après le 100ème numéro de Grimm Fairy Tales, juste après les événements de Age of Darkness et Realm War. Il s'agit ni plus ni moins que de la suite directe de ces events de l'éditeur, qui renouvelle ici son casting de héros avec de jeunes gens un peu perdus et aux prises avec leurs pouvoirs encore insoupçonnés. Comme le dit si bien l'un de ces personnages, Skye, c'est un étrange mélange entre Harry Potter et les X-Men, mais ça fonctionne plutôt bien et le teaser de fin d'album donne envie de connaître la suite rapidement. Toujours sous l'égide de Pat Shand, l'univers de Zenescope ne cesse de se déployer et de nous entraîner dans de nouvelles aventures, et c'est un vrai plaisir que de retrouver les personnages que l'on a appris à aimer et les voir former une nouvelle génération, pour préserver un avenir encore incertain. Rendez-vous dans une semaine pour le tome suivant !

vendredi 7 avril 2017

La V.O. du vendredi n°66 : Chaos - Highway to Hel (Dynamite - Février 2015)


Quelque part dans les recoins les plus sombres de l'Enfer, la déesse nordique de la Mort s'éveille et lance un appel... un appel au meurtre, un appel de sang versé en son honneur. Hel est de retour, et elle entend bien détrôner tous les seigneurs de l'Enfer pour en devenir la seule maîtresse. Pour cela, il lui faut une armée. Et pour cela, il lui faut un recruteur... nul autre qu'Ernest Fairchild, Evil Ernie, qu'elle parvient à séduire et à détourner de sa croisade contre les pécheurs pour servir ses propres objectifs. Le plan est simple : utiliser l'énergie malfaisante qui anime Ernie pour la répandre sur toute la surface de la planète, provoquant une vague de morts et de suicides sans précédent qui iront gonfler les rangs des hordes de Hel. Mais en chemin, Ernie va se retrouvé pris à partie dans une guerre qui couve entre Purgatori, la terrible déesse-vampire, et une petite bande de monstres adeptes de la rédemption qui cherchent à lui nuire, voir à l'éliminer si cela est possible. Les deux intrigues se croisent lorsque Chastity, l'assassin envoyée par Purgatori pour détruire le groupe de nuisibles menés par Morgan Gallows, rencontre Ernie et décide de faire bande à part pour le conduire jusqu'à la machine qu'il doit alimenter pour Hel, cela afin de se venger de Purgatori qui l'a trop longtemps manipulée. Désormais la cible de tout le monde devient Ernie, qu'il faut arrêter à tout prix avant qu'il ne provoque un véritable génocide. Smiley est également de la partie, écarté par Ernie dont il veut à tout prix se rapprocher pour lui faire entendre raison et le ramener sur le ''droit chemin'' du meurtre. Purgatori elle-même se lance dans la traque, avec une alliance improbable qui voit alors le jour. Mais la déesse-vampire poursuit toujours ses propres objectifs, et il faudra s'en méfier...

Enfin la voilà, la grande entrée de l'univers de Chaos! Comics dans celui de l'éditeur Dynamite. Si le premier tome de Evil Ernie servait à poser les bases, les fondations, l'expansion de cet univers est vraiment abordée à partir de ce petit cross-over qui réunit tous les personnages emblématiques de la firme ressuscitée. Si le dessin n'est pas forcément idéal, parfois même assez simpliste, l'histoire en elle-même est prenante et reprend bien les caractères et motivations de chaque personnage, fidèles à leurs versions passées. Ernie se retrouve à nouveau au centre de l'affaire, et tout le monde gravite plus ou moins autour de lui jusqu'au point final, épique comme il se doit. En bonus de fin d'album vous retrouverez le script du premier épisode ainsi que la galerie des couvertures alternatives, comme de juste. À très bientôt pour le plaisir de vous chroniquer les histoires des différents personnages de Chaos!, qui viendront tous prochainement grossir les rangs de l'éditeur par leurs propres aventures.

vendredi 3 mars 2017

La V.O. du vendredi n°61 : Grimm Fairy Tales presents - Realm War : Age of Darkness tome 1 (Zenescope - Février 2015)


C'est désormais une triste réalité. Les quatre royaumes magiques et mystiques ont fusionné avec le Nexus, la Terre, et l'Âge des Ténèbres commence. La Reine Sombre règne en maîtresse absolue depuis son temple à Las Vegas, et ses fidèles ainsi que ses armées de la Horde massacrent les humains et les Hauts-Nés rebelles à tour de bras. Il semble bien que rien ne puisse arrêter cette folie, pas même les plans ourdis en secret par Venus et la jalousie de Malec, le Ténébreux, de plus en plus écarté du vrai pouvoir. Malgré tout, il reste encore un maigre espoir : des armes spéciales conçues par le gouvernement américain pour venir à bout des créatures de la Horde ainsi que des entités magiques. Encore à l'état de prototypes quand la guerre déferla, ces armes pourraient bien renverser la vapeur et donner au camp du Bien une chance de l'emporter et de mettre fin aux agissements de la Reine Sombre. Sela, Britney et leurs alliés vont donc s'embarquer pour une mission-suicide à la recherche de ces armes, tandis que chaque protagoniste place savamment ses pions pour un bouleversement à venir qui pourrait remettre en question l'équilibre des forces...

Premier des deux tomes de cette mini-série qui fait immédiatement suite aux cinq de Age of Darkness à proprement parler, Realm War s'annonce comme étant le grand temps fort que les lecteurs attendaient durant cette guerre. Chaque camp est désormais en place, les plans s'ourdissent en secret, les manœuvres sont opérées... de l'action, de l'intrigue, des trahisons, des révélations et plus encore vous attendent dans cette série qui promet de chambouler à jamais le Grimm Universe, et où l'on retrouve tous les principaux personnages de l'éditeur. A bientôt pour la suite et fin !

mercredi 25 mars 2015

Bob l'éponge, le film : un héros sort de l'eau ! (Paul Tibbit - Nickelodeon Movies - Février 2015)


Je sais ce que vous pensez en cet instant : ça y est, ils ont pété les plombs chez Radiophogeek, il fallait bien que ça arrive un jour, après avoir présenté des œuvres littéraires pointues et tout et tout, etc. etc.
Mais attendez, attendez ! Avant de venir m'enfiler la blouse blanche, laissez-moi vous parler de cette étrange anomalie qu'est le nouveau film de Bob l'éponge, la célèbre création de Stephen Hillenburg (décompression oblige après les thèmes sérieux des derniers articles littéraires... décompression, plongée, profondeur... non ?). Quelques onze ans après le premier opus, mélangeant prises de vues réelles et animation 2-D, celui de 2015 reprend la même recette en y incorporant des passages en 3-D du plus bel effet que ne renierait pas le département d'animation de Disney. Réalisé par Paul Tibbit et bien évidemment produit par Nickelodeon et United Plankton Pictures, ce film surprend énormément, au-delà de sa promotion un rien mauvaise (l'affiche du film vous spoile bien salement les dernières minutes) et nous fait passer un agréable moment. On ne voit pas l'heure et demie passer, on a d'ailleurs l'impression qu'il dure plus longtemps que cela tellement le rythme est soutenu et intense tout du long et tellement il y a d'informations et de rebondissements à prendre en compte. Vraie petite surprise, vrai petit OVNI culturel, c'est ce film que j'ai choisi cette semaine de vous chroniquer ! C'est parti, tous à l'eau !

Le film démarre sur une scène très inhabituelle en prise de vue réelle : un vaillant pirate fait voile vers la petite île bien connue des fans du dessin-animé, pour se frayer un chemin à travers la jungle luxuriante et s'emparer d'un mystérieux grimoire aux pouvoirs phénoménaux pour qui sait les manier correctement...
Pendant ce temps, à Bikini Bottom, une scène là très habituelle est en train de se jouer. Plankton revient une énième fois à la charge pour s'emparer de la recette secrète des pâtés de crabe si appétissant du Capitaine Krabs, et Bob et Patrick défendent le restaurant de toutes leurs forces contre les assauts du vilain. Mais ce qui jusqu'ici n'était qu'un doux rêve de méchant finit par se produire : Plankton parvient à mettre la main sur la fameuse recette... qui disparaît aussitôt dans une myriade d'étranges lumières. Accusé à tort de l'avoir subtilisé, Plankton est sur le point d'être torturé pour révéler sa cachette quand Bob l'éponge, seul témoin de l'événement, prend sa défense et s'enfuit avec lui pour rétablir la vérité et retrouver la recette secrète. Au plus vite, car la paisible harmonie de la société de Bikini Bottom n'est rendue possible que par l'existence et la consommation des pâtés de crabe par sa population, qui s'en retrouvant soudainement privée devient dès lors ultra-violente. La ville est réduite à un chaos post-apocalyptique où la loi du plus fort s'applique, dans un décors et une atmosphère à la Mad Max ou Ken le survivant. Bob et Plankton devront apprendre à faire équipe pour découvrir la clé du mystère, retrouver la recette et sauver la ville et tous leurs amis, avant que l'irréparable ne se produise. Même si pour cela, ils devront défier les lois du temps et de l'espace, ou encore pénétrer dans le monde de la surface où un terrible complot de pirate pourrait bien être à l'origine de toute cette catastrophe...

D'emblée on a l'impression d'aller voir un film pour gosses, avec un zeste d'humour adulte (comme la série et comme le premier film il y a 11 ans, déjà très second degré), mais en réalité une fois devant on se rend compte qu'il n'en est rien ! Le film est peut-être destiné à un public enfantin, mais il s'adresse surtout aux adultes ayant grandis avec le dessin-animé et la culture des super-héros, des mangas et des films d'action/science-fiction. Nous quoi !
Tout y passe ou presque : le post-apo, le steampunk, le film de guerre, le film d'action, le film de super-héros, le film métaphysique, la science-fiction, le buddy-movie... et encore ce n'est qu'un survol ! Cette histoire nous fait un gros clin d'oeil en direction des films Marvel Studios dont nous sommes régulièrement abreuvés depuis des années, hommage ou parodie chacun choisit mais l'effet est des plus réussis ! La bande-originale est assez discrète mais porte très bien l'action à l'écran, on aura même la joie d'assister à une petite rap-battle pour suivre la mode en cours, et les concepts de voyage temporel, réalité alternative, univers imbriqués, altération de la trame du réel et des lois physiques seront tous abordés et illustrés de belle manière, avec beaucoup d'humour, un humour justement couvrant les champs du burlesque comme du second degré et de l'ironie, voir l'auto-dérision. Je ne vais pas vous en dire plus pour ne pas trop vous spoiler (pas plus que l'affiche en tout cas), simplement si vous avez des enfants ou bien toujours votre âme d'enfant à vous, allez voir ce film tant qu'il est encore projeté dans les salles, vous ressortirez peut-être un peu interloqués mais en ayant passé un bon moment ! Un film pour la génération de maintenant autant que pour celles des années '90-2000 (avec la présence en V.F. de ''stars'' d'Internet comme Cyprien, Squeezie et Natoo, et même de l'acteur Antonio Banderas himself dans le rôle du terrible Steak Barbare), à apprécier sans conséquences mais toujours avec plaisir. Ça aurait pu être mon coup de cœur du mois tellement j'ai aimé !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 21 mars 2015

Les Voies d'Anubis (Tim Powers - Bragelonne - Février 2015)


Réédition le mois dernier d'un des grands classiques du steampunk, par l'un des fondateurs du genre ! Bragelonne nous offre une édition magnifique, aux tranches dorées du plus bel effet, inaugurant ainsi une nouvelle collection fort prometteuse et envoûtante.

1983. Le professeur de lettres Brendan Doyle est au bout de sa carrière, plus rien n'avance et il piétine dans son étude du mystérieux poète britannique William Ashbless, dont la biographie succincte laisse de nombreux pans d'ombres. Désespéré, il en vient à accepter l'offre un rien étrange d'un vieux millionnaire ayant soi-disant percé les secrets du voyage dans le temps. Doyle va cependant découvrir que ce qu'il pense être une simple lubie, présenter à un groupe de riches amateurs littéraires une conférence sur le poète anglais Coleridge, est en réalité le prélude à une épopée que rien ne l'avait préparé à affronter. A travers les Voies d'Anubis, des failles dans le tissu spatio-temporel, le groupe va pouvoir se retrouver dans le Londres de 1810 et assister à un exposé donné par Coleridge en personne ! Mais les choses dérapent bien vite et Doyle se retrouve séparé du groupe avant le voyage de retour en 1983, restant ainsi coincé en 1810 sans possibilité de rentrer dans son époque à moins que quelqu'un du futur ne vienne le chercher, ce qui ne semble pas être une priorité. Brendan Doyle va alors apprendre à devenir un citoyen du début du XIXème siècle, dans lequel il pense pouvoir percer facilement grâce à ses connaissances historiques, faire fortune, changer le court du temps même, en sa faveur bien entendu ! Mais il va bien vite se rendre compte que la réalité est autrement plus rude qu'il ne l'envisageait, et le voilà réduit à intégrer une caste de mendiants professionnels pour subsister tant bien que mal au jour le jour. Pendant ce temps, de sinistres sorciers Égyptiens organisent un sombre complot pour profiter des voyages temporels permis par les Voies d'Anubis afin de briser l’essor de la Grande-Bretagne et de rendre à l’Égypte et ses anciens dieux leur grandeur passée, pour régner sur le monde durant les millénaires suivants. Embarqué involontairement dans ce nœud de manigances et de magie noire, Doyle devra apprendre à échapper aux périls qui l'attendent, dans cette vie et les suivantes, et déjouer le complot de celui que l'on appelle le Maître, tout en échappant à ses serviteurs zélés qui veulent lui mettre la main dessus pour le forcer à leur communiquer les coordonnées de toutes les failles qu'il pourrait connaître. Pourra-t-il jamais revoir son monde de 1983 ? Et surtout, doit-il pour cela risquer de changer l'Histoire, ou bien au contraire veiller à ce que chaque chose devant se produire se produise bel et bien, quitte à risquer sa vie pour cela ?

Ce roman, l'un des piliers du steampunk, explore les thèmes du voyage temporel et de ses nombreuses implications et contradictions, paradoxes, tout en le saupoudrant d'une enquête haletante à travers les époques et le fin voile séparant la réalité du rêve, la logique de la magie, le génie de la folie. Écris en 1983 par Tim Powers et déjà deux fois édité par Bragelonne (Avril 2013 puis Février 2015 pour la présente édition), ce livre se lit assez facilement, bien qu'il faille vraiment prendre son temps pour le savourer et le comprendre correctement. C'est une œuvre relativement accessible pour tout néophyte désireux de se forger une expérience dans ce genre dystopique, 475 pages d'enquête mystique et de paradoxes et boucles temporelles, des personnages très bien écris et mis en scène, qu'il s'agisse des bons comme des méchants, tous attachants à leur manière. Cette lecture s'apparente à une petite gymnastique spirituelle pas bien méchante, attrayante et séduisante à plus d'un titre, qui ne pourra qu'augmenter votre culture littéraire et vous faire explorer de nouveaux horizons, aux frontières du mystère, au cœur de la forteresse de l'impossible et de la magie, aux détours de l'Histoire et du rêve.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 25 février 2015

L'Epouvanteur tome 11 - Le Pacte de Sliter (Joseph Delaney - Bayard Jeunesse - Février 2015)


Ça y est le voilà enfin ! Le onzième tome tant attendu des Chroniques de l'Epouvanteur est enfin disponible, sorti la semaine dernière, et intitulé Le Pacte de Sliter. Un peu comme pour le tome 9, il s'agit d'une histoire prenant place en dehors des aventures de Tom et de ses alliés, mais se déroulant dans le même monde et en parallèle des événements du tome 10 précédemment présenté ici. Joseph Delaney nous entraîne cette fois-ci dans les lointaines terres du Nord, en bordure du cercle polaire, où une quête apparemment anodine risque de devenir un élément crucial de la lutte contre le Malin...

Sliter est un mage Kobalos, un homme-animal régnant seul sur un vaste territoire hivernal, prenant soin autant que faire se peut des humains qui vivent sur ses terres en échange de leur sang et de leur dévotion. Un jour, l'un des fermiers de son domaine vient à mourir, un homme avec lequel Sliter entretenait une relation de méfiance teintée de respect, et qui lui avait arraché la promesse d'épargner sa famille en échange de sa complète servitude. Lorsque le vieil homme, sur son lit de mort, contracte un nouveau pacte avec Sliter, les choses paraissaient on ne peut plus simples : sur ses trois filles, le fermier offrait son aînée en esclavage au mage, en échange de sa promesse d'emmener les deux autres en sécurité dans leur famille, plus loin au Sud. Acceptant la tâche, le Kobalos aurait pourtant du se méfier de cette nouvelle aventure le forçant à quitter ses terres pour escorter de simples humaines, des esclaves qu'il aurait du dévorer quand il en avait l'occasion. Car désormais, protecteur des trois demoiselles, Sliter devra affronter de nombreux périls pour tenir sa promesse et respecter les termes du pacte scellé, quitte à risquer sa propre vie pour cela. Entre les rivalités avec d'autres mages Kobalos, les convoitises, les complots et trahisons, ainsi que sa propre soif de sang, le chemin sera parsemé d’embûches et la route sera des plus longues et difficile. Néanmoins, Sliter pourra compter sur l'aide et le soutien inattendus de l'aînée des trois filles, son esclave, et devra également faire avec un étrange et nouveau sentiment se développant peu à peu en lui, un sentiment qu'il apparente à de la faiblesse mais qui pourrait bien le rendre plus fort encore et lui permettre de surmonter de nombreux dangers. Et puis il y aura aussi des alliances aussi surprenantes que soudaines, comme avec cette étrange femme détenue dans de sombres cachots et ayant tué à elle-seule plusieurs soldats d'élite Kobalos, chose réputée impossible pour une simple mortelle. Qui est-elle ? Et que transporte-t-elle dans cet étrange sac de cuir qu'elle ne quitte jamais ?

Cette histoire se lit à nouveau assez vite et agréablement, tout s'enchaîne de façon très fluide et l'on retrouve avec plaisir les joies de la nouveauté, dans ce territoire inconnu avec ces coutumes et peuplades étranges que le lecteur découvre et assimile avec appétit. Les personnages sont attachants, et il y a de belles surprises pour faire le lien avec les autres tomes et la situation actuelle dans le Comté et de part le monde pour les forces de l'obscur et celles du Bien. Sliter, ce nouveau ''héros'' malgré lui, devra peut-être à l'avenir choisir son camp et participer à de futures batailles ou intrigues, et une chose est sûre l'auteur nous promet que nous n'en avons pas fini avec lui ainsi qu'avec les menaces venant du Nord.
Il y a aussi des clins d’œil amusants et de belles références dans l'écriture de cette histoire : la relation entre Sliter et son esclave Nessa fait clairement penser à ce bon vieux conte de La Belle et la Bête, qu'il s'agisse des échanges et des situations comme de l'esprit. Une relecture amusante et profonde dans le monde de l'Epouvanteur, avec en fond la quête toujours incertaine du moyen de vaincre le Mal une fois pour toutes. Delaney enrichit son livre avec un petit glossaire bienvenue reprenant les différents termes techniques et magiques que l'on découvre avec ce nouveau peuple et ces nouvelles traditions, et Bayard nous offre même à la fin une petite interview de l'auteur dans laquelle on a quelques indices sur la suite des choses et peut-être de futures séries à venir. Une mine d'informations que tout lecteur sera heureux de posséder et de parcourir !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 21 février 2015

Batman tome 5 - L'an zéro, 2ème partie (Urban Comics - Février 2015)


Là je me dois de faire amende honorable, mon petit mea culpa. J'avais longuement hésité à vous faire un article sur le tome 4 de Batman, contenant le premier des trois volets de la saga L'an zéro de Scott Snyder et Greg Capullo. Tout simplement parce que je ne le trouvais vraiment pas terrible, et que cette première partie m'avait plutôt laissé de marbre quant à son utilité et à son intérêt. En clair je n'avais vraiment pas accroché à ce nouveau récit (mais ça ce sont mes goûts bien sûr), aussi je ne me sentais pas du tout d'humeur à vous en proposer un avis. Jeudi dernier je suis donc parti m'acheter le tome 5 avec beaucoup de réticences, m'attendant à souffrir encore un peu plus à l'instar de ma lecture en format kiosque de cette saga. Eh bah mes amis, je peux vous dire que je me suis lourdement trompé !
Ce nouveau tome contient les secondes et troisièmes parties de la saga, jusqu'à sa fin donc, et le moins que l'on puisse dire dès le départ c'est que, clairement, la lire en album plein est carrément mieux qu'en format mensuel chapitre par chapitre. Je crois qu'en fait tout le problème vient de là, à la base : l'histoire est pensée avant tout pour le format d'album qu'elle épousera après sa parution, et non pour s'étaler de façon égale sur ses différents chapitres mois après mois. Ce qui fait qu'on a parfois l'impression, en la suivant en kiosque, que tout est décousu, que les éléments ne se suivent pas, que l'histoire part dans des directions étranges, etc. C'est juste un problème de rythme selon moi, et le tome complet vient me rassurer là-dessus. Aussi, je conseillerai sagement à celles et ceux qui comme moi n'ont pas apprécié la lecture mensuelle, de ne pas hésiter à la reprendre sous ce nouveau format bien plus agréable et adapté. Ceci étant posé, place au résumé !

Le gang du Red Hood a été démantelé avec succès par Batman, et son mystérieux leader est porté disparu dans de tragiques circonstances. Mais, alors que tous auraient pu se réjouir de cette période sereine s'offrant à Gotham après des décennies de corruption et de terreur, voici qu'un nouveau vilain entre en scène et met la ville à genoux : le Sphinx, alias Edward Nygma. Dangereux amateur d'énigmes et autres jeux mortels, Nygma a pris le contrôle de l'ensemble des infrastructures électriques de la cité et l'a plongé dans un black-out total, à la veille d'être frappée par le terrible super-ouragan qui menace la côte Est. Son but avoué : pousser Gotham à évoluer de force et à devenir ''plus intelligente'', ou à mourir. La ville est privée de tout contact avec le monde extérieur, et le Sphinx parvient même à faire revenir la nature à l'état sauvage, piégeant l'ensemble des habitants dans une jungle urbaine impitoyable et entièrement soumise aux jeux pervers du poseur d'énigmes. Toutes les solutions envisagées pour sauver la situation échouent lamentablement, le vilain semble avoir paré à toute éventualité et s'être assuré la victoire à tous les coups. Mais il se pourrait cependant qu'il ait sous-estimé un facteur de taille dans ses calculs : le Batman ! Et cette petite erreur d'appréciation pourrait bien entraîner la chute du nouveau maître de Gotham... à moins que ce nouvel espoir ne soit en réalité qu'une autre de ses tortures infligées à la cité mourante. Une monstrueuse partie d'échecs est en train de se jouer entre les deux plus brillants cerveaux de Gotham City, avec pour enjeu le destin de la ville et de tous ses habitants, condamnés à très brève échéance. L'An Zéro est sur le point de s'achever, et il se pourrait bien que personne n'y survive...

Bien entendu l'intrigue est un peu tronquée et son dénouement éventé dès le départ, puisque se déroulant dans le passé nous sommes déjà au fait de ce que sont devenus la ville et chacun des personnages intervenants dans l'histoire. Cependant ça reste un récit qui devient vraiment intéressant à partir de sa seconde partie ''Sombre Cité'', servant d'articulation et à fixer les enjeux cruciaux de la troisième et dernière partie ''Cité Sauvage''. Une fin qui, pour sans doute la première vraie fois depuis le début de sa carrière, est orchestrée de façon très satisfaisante par Snyder, connu pour généralement ne pas réussir à maintenir l'intensité de ses récits jusqu'à la fin. Là c'est tout l'inverse qui se passe : la première partie m'avait profondément ennuyé et déçu, même sous la forme d'un album, tandis que la seconde a réveillé mon intérêt et que la dernière m'a passionné, me donnant vraiment envie de connaître la toute fin et faisant abstraction de tout ce que le lecteur que je suis peux savoir de ''l'avenir'' du Chevalier Noir. Une histoire très inégale il est vrai, mal rythmée en kiosque, mais qui se rattrape clairement en albums reliés et qui devient bien plus intéressante si on poursuit jusqu'au bout. Ça ne restera sans doute pas un récit emblématique du personnage de Batman, et le conflit d'origines avec Batman – Année Un de Frank Miller reste toujours un peu dur à digérer, cependant rien que pour la beauté de la chose et pour l'amour de la découverte, on peut lui laisser sa chance et s'y plonger sans trop de conséquences. Au pire il sera très facile de renier tout cela après coup, au mieux ça fera passer un bon moment de divertissement qui restera un souvenir intéressant voir passionnant à ressortir. Et puis, il faut reconnaître à Snyder un sérieux soucis du détail car on retrouve de nombreux éléments issus des toutes premières aventures de Batman historiques (années 1940), aujourd'hui plutôt sombrées dans l'oubli et qui retrouvent ici une seconde jeunesse bien méritée, ce qui était après tout l'un des buts principaux des New52 à leur lancement.
Après cette fin nous revenons dans le présent, juste après l'arc du Deuil de la famille dans le tome 3 et les événements de La guerre des Ligues et Forever Evil, le règne du Mal pour la Ligue de Justice et l'ensemble du monde New52 de DC. De nouvelles histoires vont voir le jour, et l'on pourrait bien apprécier d'avoir de quoi se réfugier dans le passé devant les conséquences dramatiques que pourrait avoir l'avenir proche sur nos héros.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 14 février 2015

Dark Avengers - Prélude (Panini Comics - Février 2015)


Dans l'univers Marvel, l'Initiative Thunderbolts est une équipe d'ex-vilains désireux de se racheter ou tout du moins de faire cesser les poursuites contre eux, et qui mènent des missions de ''black ops'' pour régler des situations tendues où les héros habituels ne pourraient décemment pas intervenir. Dirigés surtout par le Baron Zémo, fieffé criminel Nazi s'il en est, les Thunderbolts ont eu à plusieurs reprises l'occasion de participer à de grands bouleversements de l'univers Marvel, lors d'événements majeurs, et Civil War ne fait bien sûr pas exception. Officiellement devenus une force parallèle de maintien de l'ordre, les Thunderbolts passent entre les mains de Norman Osborn (meilleure idée du monde) qui va radicalement changer les choses en profondeur. Dans le fond comme dans la forme, les Thunderbolts sont l'équivalent chez Marvel du fameux Escadron Suicide (Suicide Squad) chez DC, qui rassemble également des super-vilains dans des circonstances très particulières afin d'œuvrer pour la ''justice'' au sens large. Mais tout cela s'apprête à changer...

Norman Osborn est donc à la tête de l'équipe des Thunderbolts. Il en change la composition et rassemble sous son autorité les vilains Venom (Mac Gargan), Opale, Songbird, Penance, l'Homme-Radioactif, Swordsman et Bullseye, le dernier et non le moindre. Qu'ils soient officiellement membres de l'initiative ou non, ces criminels vont devoir apprendre à travailler en équipe pour effectuer des missions bien particulières : la Guerre Civile est terminée, et désormais les Thunderbolts sont chargés de retrouver les surhumains refusant de s'enregistrer selon la loi Stark de recensement, et de procéder à leur arrestation, généralement très musclée. Si les premières sorties sont à la limite du fiasco, Osborn sait s'arranger pour en tirer le meilleur parti et légitimer les actions de ses protégés auprès du grand public, assailli de publicités et de marketing agressif pour promouvoir ces héros d'une autre trempe, d'une nouvelle Amérique plongée dans un climat général de méfiance et de suspicion, voir de paranoïa. Mais si toutes les difficultés ne se résumaient qu'aux combats avec les rebelles ! Au sein même de l'équipe et de leur base, les dissensions sont légions et plusieurs factions luttent plus ou moins activement pour avoir le plus d'influence, dans le dos d'Osborn qui est pour sa part hanté de plus en plus souvent par son passé de super-vilain (le Bouffon Vert) et les accès de démence qui refont surface malgré les multiples médicaments qu'il s'administre pour se contrôler. Il suffirait finalement d'un rien pour que le grand patron ne pète les plombs et ne rechute... et ce petit rien va bien entendu finir par arriver, déclenchant une véritable crise interne dans la base de l'Initiative dont beaucoup risquent fort de ne jamais s'en tirer. Avec de fortes personnalités psychotiques telles que Venom, Swordsman ou encore la diabolique et rusée Opale en action, les choses vont être très compliquées pour les nouveaux Thunderbolts, et ils pourraient bien disparaître très peu de temps après leur activation. A moins que l'avenir ne réserve un nouveau bouleversement dans le monde des héros, une nouvelle équipe de Vengeurs peut-être...

Véritable prélude tant à la série Dark Avengers qu'à l'ère dite du Dark Reign (survenue à l'issue de la saga Secret Invasion qui a vue Norman Osborn devenir aux yeux de tous un nouveau leader héroïque), cet album rassemble tous les épisodes signés Warren Ellis au scénario et Mike Deodato Jr. au dessin, autant dire un casting de rock-stars qui nous livre une incroyable performance, au beau milieu des ombres du monde de Marvel et dans le quotidien de ceux qui comptent certainement parmi ses pires individus. Ceux qui connaissent Warren Ellis par ses autres écritures savent à quel point le scénariste sait être corrosif et violent tout en instillant une certaine aura malsaine à ses récits, ce que nous retrouvons ici de façon assez magistrale. Quant au dessinateur, Deodato fait partie de ces artistes que j'aime énormément et dont le style me paraît figurer au rang des meilleurs de l'industrie (vous pouvez le voir actuellement sur Original Sin, toujours chez Marvel et en cours de parution en kiosque chez nous). Les personnages (traités, caractérisés et dessinés à merveille), les décors (somptueusement dessinés aussi), l'écriture et l'ambiance générale qui ressortent de ce titre vous justifient amplement le prix d'achat de l'album et vous font passer un excellent moment à vous replonger dans les premières heures vraiment sombres de la décennie passée, riche en histoires d'exception. Je vous conseille donc cette sortie du mois à tous les niveaux, et il n'est même pas nécessaire d'avoir lu les deux tomes de Dark Avengers sortis précédemment pour la comprendre et l'aborder correctement ! Ni même d'avoir tout lu autour de Civil War ou encore de connaître les précédents arcs des Thunderbolts pré-Osborn. Si vous avez les grandes lignes en tête et que vous connaissez au moins les deux ou trois personnages vraiment importants et principaux, vous pouvez lire ce Prélude en toute confiance et tenter ensuite de trouver les deux tomes de Dark Avengers faisant suite, tout comme vous pouvez rester sur cette seule lecture sans problème car l'avenir n'est pas immédiatement introduit à la fin et qu'elle se suffit en elle-même. Bref, une bonne histoire sur tous les plans, qui change beaucoup des super-héros et ça fait du bien de temps en temps !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !