vendredi 25 février 2022

La V.O. du vendredi n°200 : Thunderbolts tome 1 omnibus (Marvel - Avril 2021)


Ces événements se déroulent pendant la période Heroes Reborn puis Heroes Return.


New York est dévastée, en ruines. La ville a subi de plein fouet les assauts du terrible Onslaught et de son armée de robots Sentinelles, et les victimes se comptent par milliers. Pire, les plus grands héros de la Terre sont eux aussi portés disparus après l'affrontement final. Les Avengers, les Quatre Fantastiques, et quelques solitaires, ont tout simplement cessé d'exister. La grande cité Américaine est le théâtre de pillages, de scènes de terreur et d'actes odieux de la part de ceux qui veulent profiter de la catastrophe pour s'enrichir ou accroître leur pouvoir.


Dans ce contexte difficile, une nouvelle équipe fait soudain son apparition au grand jour. Frappant comme l'éclair, défendant la Justice, voici les Thunderbolts ! Le groupe de héros inconnus du grand public jusque là fait ses grands débuts en arrêtant une patrouille du Rat Pack, un gang de pilleurs, et en sauvant plusieurs de leurs victimes. Il n'en fallait pas beaucoup plus pour que les citoyens de New York ne se prennent soudain de passion pour ces nouveaux arrivants, et très bientôt tout le monde veut tout savoir à leur sujet.


Les Thunderbolts sont composés de Météorite, Songbird, Mach-1, Techno, Atlas et bien sûr leur charismatique leader, Citizen-V ! Ensemble, ils luttent sur tous les fronts et font face à toutes les invasions, toutes les sortes de crimes, et protègent les habitants de New York parfois au péril de leur vie. La ville est séduite, le reste du monde suit bientôt également, et on offre même aux Thunderbolts de vivre dans les anciens quartiers des Fantastiques, au Four Freedoms Plaza, pour les honorer comme les dignes héritiers des anciens héros disparus si brutalement.


Tout se passe donc à merveille pour eux... et tant mieux, car c'est le plan ! Les Thunderbolts ne sont pas vraiment des héros à part entière, voyez-vous. En réalité, derrière leurs nouveaux costumes et leurs nouvelles identités, se cachent les Maîtres du Mal nouvelle mouture, menés par le Baron Zemo lui-même ! Leur but : gagner la confiance du grand public et des officiels, pour se voir remettre tous les codes de sécurité qu'avaient les Avengers auparavant ainsi que tous leurs dossiers confidentiels. La seconde phase du plan, elle, est encore mystérieuse.


Et si tout se passe aussi bien que prévu, il y a tout de même quelques petites incertitudes. Les autorités refusent pendant un bon moment de donner un tel niveau d'accès à une si jeune équipe, malgré son efficacité manifeste. En plus, il faut maintenant faire attention même en privé à leurs conversations et à ne pas se trahir, car après un assaut contre une base du scientifique fou Arnim Zola les faux héros ont recruté bien malgré eux une nouvelle venue, la jeune et dynamique Jolt, qui les idolâtre et veut tout savoir d'eux.


Et puis il y a cette nouvelle vie, et ses avantages les plus évidents. D'anciens super-vilains détestés de tous et partout, ils sont devenus des héros adulés et respectés ! Certains membres de l'équipe, comme Songbird, Atlas et Mach-1, deviennent même plutôt enthousiastes à l'idée que cette nouvelle considération du public puisse ne pas s'arrêter en si bon chemin, car après tout c'est bien agréable d'être aimé par la foule et de faire de bonnes actions pour le mériter.


Voyant que son grand projet risque de tomber à l'eau, le Baron Zemo décide que le temps des cachotteries n'a plus lieu d'être, et organise dans le dos de son équipe la grande révélation de leurs vraies identités au même moment où reviennent tout juste les Avengers et les Fantastiques depuis une autre réalité. Ne laissant donc plus le choix à son équipe, Zemo les embarque à sa suite dans sa base secrète en orbite et se met au travail pour concrétiser la dernière phase de son plan brillant, ainsi que raffermir son emprise sur ses coéquipiers.


Utilisant tous les renseignements que les Thunderbolts ont pu accumuler durant leur courte carrière héroïque, ainsi que tous les accès de haute sécurité qu'on leur a finalement confié, Zemo fait en sorte de retourner toutes les armées du monde contre les dirigeants des pays de la planète. Une à une, les nations tombent comme des mouches sous l'influence de leur nouveau leader incontesté, et même les héros de toujours jurent allégeance à Zemo ! C'en est trop pour certains membres de l'équipe, qui décident alors de suivre la jeune Jolt dans sa rébellion ouverte contre le Baron, et de tout faire pour saper ses plans de conquête.


Revenus sur Terre après un périple dans l'espace et même dans une autre dimension, ce qui reste des Thunderbolts sont traqués partout sur Terre par les autorités, et on peut le comprendre : tout le monde se sent profondément trahi par la révélation de la vraie nature de ces faux héros, et la haine à leur égard est à la hauteur de l'amour qu'ils avaient su inspirer. Le groupe va vivre de nouvelles aventures, entre combattre face aux Nouveaux Maîtres du Mal et endurer les diverses vengeances du Baron Zemo. Sous l'impulsion de Moonstone, anciennement Météorite, les idoles déchues vont tout tenter pour regagner la faveur du grand public et prouver qu'ils ont sincèrement changé... enfin, certains d'entre eux du moins. Aussi, quand un Avenger aussi renommé que Hawkeye décide de prendre en charge leur destin et leur formation, il faudra faire des compromis, même si cela veut dire sacrifier un membre clé de l'équipe et l'envoyer en prison...


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J'ai positivement ADORÉ cette équipe, cette histoire, cette série, cet omnibus magnifique regroupant tout le run de Kurt Busiek et Mark Bagley, deux génies créatifs qui se sont vraiment bien trouvés à l'époque. Je suis carrément fier d'avoir cet album dans ma collection et de pouvoir vous le présenter aujourd'hui, après des heures et des heures d'intense lecture !


Pour tout vous dire, j'ai commencé à l'envers avec ces personnages. En fait, j'ai d'abord lu leurs aventures du temps de Norman Osborn dans l'album Dark Avengers – Prélude qui se passe plusieurs années après, durant la première Civil War vers 2005 il me semble. Or, les Thunderbolts sont apparus bien plus tôt que cela, en 1997 donc, juste après les événements terribles de Onslaught et la disparition soudaine des plus grands héros de la Terre selon Marvel. Ce qui est présenté ici, dans ce premier omnibus qui appelle forcément une suite (à paraître normalement en Juin prochain toujours en V.O.), ce sont donc les premiers temps d'existence de l'équipe, sa première formation aussi, et cela permet aux lecteurs séduits comme moi à l'époque de les suivre sur près de deux ans et demi de parution !


Kurt Busiek a fait un pari risqué, en tentant de proposer à des fans et lecteurs déçus par la fin de Onslaught une alternative avec une nouvelle équipe super-héroïque à suivre de façon mensuelle. Évidemment, pour que ça fonctionne vraiment, il fallait que le grand secret soit éventé dès le départ, dès la fin du premier chapitre, pour accrocher le lectorat et le fidéliser autour de ces aventures d'un nouveau genre. Et c'est chose faite, avec maestria je dois dire ! Je ne m'attendais pas du tout à autant accrocher à ces personnages et à leur série, mais force m'est d'admettre que je suis très rapidement devenu fan.


J'ai dévoré cet omnibus, admirant les graphismes dynamiques et très représentatifs du meilleur de ce que les années '90 avaient à offrir grâce au travail de Mark Bagley. Si ce nom vous évoque quelque chose encore aujourd'hui, c'est peut-être parce que cette pointure du dessin est aussi à l’œuvre sur la série Ultimate Spider-Man que vous retrouvez depuis quelques mois dans la collection Marvel Omnibus de Panini. Et quand on associe au talent certain de Mark Bagley le génie des intrigues qu'est Kurt Busiek, ça fait forcément des étincelles ! Pas étonnant dès lors que les éditeurs chez Marvel aient validé le projet à peine le synopsis présenté. En même temps, à l'époque en 1997, Marvel risque la banqueroute pure et simple, il faut donc quelque chose, n'importe quoi, qui puisse retenir les lecteurs le plus longtemps possible pour redorer le blason de l'éditeur et refaire sa réputation de numéro un.


En parallèle des séries remises à zéro dans le projet Heroes Reborn, on pouvait donc suivre aussi les Thunderbolts dans l'univers classique et se demander chaque mois quand allait bien pouvoir prendre fin cette histoire de fou. Savoir dès le départ qu'on a affaire à des méchants qui trompent tout le monde, y compris des héros comme Daredevil ou Spider-Man, c'est en quelques sortes... plutôt grisant, je dois bien l'avouer. La sauce prend sans aucun mal, et ça donne une série qui aura su rester au top dans son cadre évolutif, jamais figée, avec d'autres auteurs par la suite et jusqu'au Dark Reign de Norman Osborn, voir au-delà.


Thunderbolts, c'est une recette à succès comme seuls les créatifs de chez Marvel pouvaient en avoir l'idée, du moins si l'on en croit la légende officielle. Il est vrai qu'en face existe aussi une équipe similaire, chez DC avec la maintenant très connue Suicide Squad. Mais personnellement, je préfère de loin les Thunderbolts et leur mentalité. Pour l'essentiel, ce sont d'anciens vilains qui jouent aux héros et découvrent qu'ils aiment ça, en réalité. Il y a un vrai effort, une vraie quête de rédemption qui se joue sous nos yeux, et pas simplement une recherche de remise de peine pour bonne conduite ou services rendus. A mes yeux, ce que Busiek a créé est bien plus sincère, plus juste, et bien mieux amené sur le terrain. En plus, suivre les différentes relations et évolutions des personnages pratiquement au quotidien tout au long de la série aide aussi pas mal à les apprécier davantage, même la tacticienne manipulatrice qu'est Moonstone.


Maintenant je n'ai qu'une hâte, que le second omnibus paraisse enfin pour pouvoir le dévorer aussi sec ! Il contiendra la suite directe du run de Kurt Busiek, avec la reprise de la série par Fabian Nicieza au scénario et essentiellement Patrick Zircher aux dessins. Le tome 2 devait paraître à l'origine le 16 Février 2022, mais a sans doute été repoussé au moins de Juin 2022 pour laisser le public se faire à d'autres héros mis en avant ces derniers temps, comme Moon Knight et She-Hulk via leurs séries dédiées sur Disney+.


Un dernier mot sur l'album lui-même. C'est un bel omnibus d'épaisseur moyenne dans ce que l'on peut trouver chez Marvel et en V.O., 1136 pages et près de 35 épisodes environ, avec deux postfaces signées Kurt Busiek et des croquis préparatoires de Mark Bagley pour les costumes et apparences des personnages principaux. Vous retrouverez également toutes les couvertures en grand format sur une pleine page à chaque fois, ainsi qu'une illustration complète couvrant toute la couverture cartonnée de l'omnibus, de la première à la quatrième. Et bien entendu, une jaquette du plus bel effet reprenant une illustration de Bagley. Vous voyez, Panini, c'est CE soucis du détail que l'on veut pour les omnibus en V.F., pas bien compliqué à reproduire !

mercredi 23 février 2022

The art of Sun Khamunaki tome 1 (ARTOFSUN - 2021)


Bonjour à toutes et à tous, aujourd'hui comme à l'habitude nouvelle dizaine d'articles écoulée et donc nouvel artbook à vous présenter !


Il y a une artiste dont je suis les travaux depuis quelques mois maintenant, et qui vient enfin de sortir son premier recueil d'illustrations : Sun Khamunaki.


Sun est très aimable, ce qui correspond plutôt bien à son origine Canadienne d'après les clichés. Mais au-delà de ça, c'est vraiment une artiste très sympa qui se spécialise dans les illustrations de couvertures et les fan-arts. Si vous la contactez via son site, https://www.sunkhamunaki.com/ , vous vous rendrez vite compte qu'elle a vraiment à cœur de vous servir et de vous orienter le mieux possible au sein de sa collection grandissante.


Vous y trouverez des prints assez peu chers je dois dire pour une qualité optimale pourtant, au format 11x17 pouces régulier. Il y a aussi tout un tas de couvertures réalisées pour des éditeurs de comics indépendants comme Dynamite, mais inutile de lui demander de vous en envoyer une elle est bien souvent liée par contrat et ces images-ci ne sont pas prévues pour finir en prints dans sa galerie. Dommage ! Mais vous pouvez tout de même les admirer tout votre saoul en rêvant comme moi du moment où vous tiendrez l'album relié entre vos mains et pourrez ainsi profiter de ces belles couvertures alternatives.


Pourquoi je vous parle du site de l'artiste au lieu de l'artbook ? Parce que cet artbook, le premier que Sun Khamunaki édite en 2021, contient de très belles images il est vrai, mais que plusieurs sont réservées à un public adulte et mâture. Autant dire, pas tout le monde sur Internet ! Donc, je vous invite à aller faire un tour sur le site de Sun directement si vous voulez vous faire une idée de son style et de jusqu'où celui-ci peut aller.


Sun représente le plus souvent de belles femmes, héroïnes ou vilaines, issues de comics, de films d'horreur ou de jeux-vidéo, de tout ce qui constitue la culture-pop en gros. Ses références vont bien souvent piocher dans les années '80 et '90, un terreau très fertile pour son imagination et son talent qui est rudement bien appliqué. Il me semble qu'elle travaille essentiellement avec des outils numériques, mais je peux me tromper.


En tout cas chacune de ses réalisations est un vrai bijou, toujours très réussie, parfois un brin vulgaire si c'est ce qui vous branche et que vous recherchez, mais jamais décevante. Oh, et Sun a aussi un projet qui a tout juste débuté son financement sur Kickstarter : Ormus. Quand la campagne sera ouverte, n'oubliez pas d'aller y jeter un œil également ça vaut le détour !


Pour celles et ceux qui voudraient savoir quelles sont les illustrations présentes dans l'artbook, sur le site de l'artiste vous les trouverez dans la catégorie ''Prints'' sur la page la plus récente il me semble. Si vous voulez voir les versions alternatives, cliquez sur les visuels et amusez-vous bien ! Concernant le prix, suivant la version que vous souhaitez, comptez 40$ environ pour la basique (celle que je vous présente ici) en sachant que tout ce qui change c'est la couverture et la dédicace. Actuellement toutes les options sont en rupture de stock, donc vraiment faites-vous plaisir en explorant le site en attendant !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 22 février 2022

Amazing Spider-Man tome 4 - Chassés (Panini Comics - Mars 2021)


Cette fois, ça y est, les choses sérieuses commencent vraiment. Après avoir parcouru le monde entier à la recherche de toutes les personnes avides de sang qu'il pouvait rencontrer, Kraven a réuni une petite armée qu'il équipe, grâce au savoir-faire d'Arcade, de technologie meurtrière dernier-cri dans un seul but : se livrer à la plus grande chasse de tous les temps !


L'action aura lieu dans Central Park, scellé par un champ de force similaire à celui qui avait été utilisé durant le Secret Empire d'Hydra quelques temps plus tôt. Les cibles : tous les criminels qui arborent une tenue ou des pouvoirs issus du monde animalier. Kraven veut que ses partenaires soient immergés dans l'esprit du chasseur ultime, l'homme, traquant impitoyablement les bêtes qui se disent humaines. Et dans le lot, bien entendu, il y a votre fidèle serviteur, Spider-Man !


Mais Peter n'est pas le seul pour qui vous risquez de vous inquiéter. Billy, le fils Connors, a lui aussi été enlevé et piégé à Central Park dans le cadre du plan de Kraven, et si la Chatte Noire peut lui tenir compagnie, c'est parce qu'elle aussi a été capturée. En guise de dernier espoir, Félicia contacte Peter et lui indique leurs coordonnées, tandis que de l'autre côté de la ville le Dr. Connors se lance lui aussi sur la piste de son garçon. Le scientifique est hanté jour et nuit par les souvenirs de ce qu'il a jadis fait subir à son premier fils, et il veut à tout prix éviter que cela ne recommence aujourd'hui, que la bête ne fasse son retour et ne reprenne le contrôle de sa vie.


Malheureusement, le Destin ne l'entend pas ainsi. Capturé à son tour car ne pouvant pas combattre, Curt Connors se retrouve en cellule avec Spider-Man, et pour sauver son fils il lui demande alors l'impossible... le Lézard est de retour ! Pendant ce temps, dans Central Park, c'est une véritable tuerie qui s'opère. Les chasseurs d'un côté, les proies de l'autre. Mais qui est véritablement dans quel camp ? Sous l'impulsion d'Arcade et du Vautour, les hommes-bêtes commencent à se regrouper et à s'organiser, et très vite ce sont les chasseurs qui ont du soucis à se faire ! Quant au prédateur ultime lâché dans la nature, il est en chasse lui aussi, pour retrouver son fils...


Quelle que soit la conclusion de cette histoire de fou, Spider-Man en ressortira changé. Changé par ce qu'il aura été obligé de faire, changé aussi par les visions que les drogues de Kraven lui auront procuré, des visions de Mary-Jane en grand danger. Est-ce un aperçu du futur, plus ou moins proche ? Ou juste un délire lié à ses propres angoisses ? Impossible de le savoir pour le moment, mais une chose est sûre : quelqu'un s'emploie bel et bien à faire, lentement mais sûrement, de la vie de Peter un véritable enfer, en jouant sur la peur qu'il éprouve à l'égard de ses proches. Tandis que la chasse de Kraven bat son plein, une autre partie est en cours, débutée il y a bien plus longtemps...


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Et bien voilà, on y est ça n'était pas bien plus compliqué que ça au final ! Nick Spencer réussit enfin à m'intéresser complètement à sa série Amazing Spider-Man, en rendant hommage à l'une des plus belles histoires écrites sur la relation entre le personnage et l'un de ses ennemis jurés, Kraven le Chasseur. Je n'en attendais pas grand chose au départ, mais je dois bien avouer maintenant que je suis totalement conquis par cette lecture, ce quatrième tome, qui a pris son temps mais a réussi là où les trois premiers avaient échoué. Chapeau !


Il n'y a pas que Kraven qui soit mis en avant bien entendu, l'un de mes personnages préférés aussi, le Lézard, est au centre de l'intrigue et de belle manière en plus ! Faisant de nombreuses références au run de Dan Slott, Spencer parvient à reprendre certaines intrigues laissées en suspens depuis un bon moment pour leur trouver une conclusion logique et surtout poignante, qui me fait me demander immanquablement ce qu'il adviendra de la suite dans les prochains tomes !


Il y a plusieurs moments sincèrement touchants, comme avec le pauvre Gibbon, ou la Chatte Noire, ou justement le lien entre les Connors père et fils, qui se retrouve aussi chez Kraven et fils. Je n'en dis pas plus, à vous de découvrir pleinement le plaisir de cette lecture ! Il y a des invités de prestige, des personnages inévitables et incontournables de la saga Spider-Man, et le Lézard pour mon plus grand plaisir y figure en très bonne place. Ça me rappelle que j'ai un nouvel unboxing à vous présenter...


Maintenant que Nick Spencer, avec l'aide de talents comme Humberto Ramos ou Ryan Ottley ou encore Gerardo Sandoval, a réussi à m'intéresser à son histoire, j'ai vraiment envie de savoir dans quelle direction elle va aller. Qu'arrivera-t-il à Peter dans les tomes à venir ? Réponse dans les prochains mois !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 21 février 2022

Les Guerres Secrètes (Panini Comics - Février 2021)


Aussi subitement qu'apparaît une pensée dans un esprit, différents héros et vilains de la Terre et d'Asgard sont téléportés dans d'étranges structures flottantes aux abords d'une galaxie inconnue. Cette galaxie explose aussitôt, et il n'en reste bientôt plus qu'un soleil unique et une nouvelle planète, formée à partir des débris de bien d'autres. Ainsi est née la planète Battleworld, sous l'impulsion d'énergie créatrice cosmique du Beyonder, un être mystérieux par-delà toute notion de puissance connue. Même le terrible Galactus ne peut que se soumettre à ce qui va suivre.


Héros et vilains sont alors transportés sur le Battleworld, chaque équipe dans une base différente à des lieues l'une de l'autre. Les injonctions du Beyonder sont simples : chacun devra combattre, le Bien contre le Mal, héros contre vilains, et le grand vainqueur aura le droit de voir son vœu le plus cher exaucé. Très vite, certaines volontés sortent du lot : le Docteur Fatalis prend naturellement la tête de l'équipe de vilains, tandis que Reed Richards, Captain America et le Professeur Xavier dirigent chaque faction des héros. Si des tensions apparaissent très vite entre humains et mutants, notamment à cause de la présence de Magneto dans l'équipe héroïque, elles finiront par se dissiper alors que fondent sur eux les affres de l'adversité.


Dès lors que chacun comprend bien les enjeux de cette nouvelle aventure démente, la guerre peut commencer ! Les troupes de Fatalis se montreront impitoyables à plusieurs reprises, tandis que les héros tâchent de défendre les innocents qui se trouvent sur leur chemin. Fatalis de son côté ourdit son propre plan : infiltrer la forteresse cosmique de Galactus pour s'emparer de son pouvoir ! Mais très vite, le tyran de Latvérie réalise qu'un pouvoir bien plus grand encore attend qu'il s'en empare, celui du Beyonder lui-même !


Si les affrontements sont déjà épuisants et coûteux en énergie comme en force morale, imaginez dont ce que peuvent faire les quelques héros rassemblés ici quand le terrifiant Dévoreur de Mondes s'active pour assimiler le Battleworld ! Et ce n'est pas tout, au contraire, ce n'est là que le début d'une machination bien plus conséquente, quand un Fatalis ivre de puissance s'en prend directement au Beyonder, par-delà la frontière de notre univers ! Qui survivra à ce déferlement impensable ?


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Cette histoire est conçue en 1984 par Jim Shooter, alors encore relativement jeune, rédacteur en chef chez Marvel et qui a les idées larges, c'est le moins que l'on puisse dire. En fait, Shooter vient tout simplement de créer le tout premier event majeur de l'histoire des comics, avant même la célèbre Crise des Terres Infinies chez DC. Avant cela, rien de semblable n'existait, car il était totalement impensable de réunir autant de personnages, d'autant de séries et d'intrigues différentes, au sein d'une seule et même histoire qui aurait par la suite des répercussions incroyables sur tout le monde une fois chacun rentré chez soi.


C'est par exemple dans Les Guerres Secrètes qu'apparaît pour la toute première fois le costume noir de Spider-Man, qui deviendra par la suite l'angoissant Venom. On y découvre aussi le personnage de Titania, qui deviendra (il me semble que c'est elle) une rivale acharnée de Miss Hulk ensuite. D'ailleurs, vous retrouverez le personnage dans la série She-Hulk de Disney+ prochainement, comme quoi ça sert de lire de vieux scénarios sortis tout droit d'un passé pas si lointain !


Je ne vais pas m'étendre davantage sur ce récit de légende qu'est devenu l’œuvre de Shooter, simplement je tiens à préciser quelques petites choses. Déjà, le scénario est malgré tout ce que l'on peut en penser assez léger et se concentre principalement autour de bastons entre les deux équipes piégées sur Battleworld. Même le plan de Fatalis peut sembler assez simpliste au final. Peut-être que Jim Shooter ne connaissait pas tous les personnages sur le bout des doigts et s'est contenté d'écrire ce qu'il a voulu, partant des bases les plus simples possibles pour ne perdre aucun lecteur potentiel en cours de route.


Il y a aussi des situations ou des propos qui, aujourd'hui, nous apparaissent comme franchement déplacés voir gênants. Pas mal de sous-entendus entre certains personnages attirés les uns par les autres, ou des discours assez autoritaires qui surprennent venant de héros que l'on adule déjà depuis deux décennies, quand ce n'est pas le dessin lui-même qui parfois devient tendancieux. Le dessinateur principal, Mike Zeck, a peut-être apporté lui aussi sa part de fantasmes dans la représentation des personnages principaux, largement encadré tout de même par Shooter.


En tout cas, il n'en reste pas moins que Les Guerres Secrètes constituent un gros morceau de l'histoire de Marvel, et des comics en général ! On a vu cet arc adapté dans la série d'animation Spider-Man de 1994 par exemple, avant-dernière intrigue développée par la série d'ailleurs, mais modifiée et je comprends maintenant pourquoi, en dehors de toute raison marketing. Peut-être que, dans quelques années, nous verrons également l'univers Marvel Studios faire sa propre version de ce récit incroyable ! On peut toujours espérer, en tout cas.


Pour la petite anecdote, ce premier event a vu le jour tout simplement parce que la marque de jouets Mattel voulait un partenariat avec Marvel pour créer une nouvelle gamme de figurines, et la condition était que l'éditeur devait mettre les personnages en scène dans un grand récit d'envergure qui accompagnerait la sortie des jouets. Si ces derniers n'ont pas vraiment bien marché, Les Guerres Secrètes restent un véritable succès et ont donné le ton pour les générations à venir ! Vous pouvez lire cet event sans trop vous prendre la tête car il ne prend pas en considération les années d'intrigues précédentes des séries dont les personnages sont mis en scène ici, et les répercussions sont expliquées par la suite sans trop de problèmes chez chacune, comme de juste et comme on en a l'habitude de nos jours.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 19 février 2022

The Mask - Carnaval (Delirium - Février 2022)


Dernier tome de la première série en intégrale.


Vous pensiez être débarrassés de ce bon vieux Big Head ? Erreur, la terreur verte revient à nouveau jouer ses mauvais tours dans deux ultimes histoires bien saignantes !


Tout d'abord, le Masque maudit tombe entre les mains d'un jeune homme qui s'inquiète beaucoup pour sa petite sœur, portée disparue à la Nouvelle-Orléans, actuellement en plein Mardi Gras. La pauvre est en réalité aux mains d'un baron du crime local, qui verse également dans le vaudou à ses heures, en témoignent certaines de ses productions filmiques plus que douteuses ainsi que son garde du corps aussi coriace que ce cher Walter !


Sitôt débarqué en ville, Big Head entame son traditionnel raffut et mène la vie dure aux truands ainsi qu'aux autorités, comme à son habitude, jusqu'au moment où sa présence médiatisée en ville attire l'attention d'une autre vieille connaissance, le lieutenant Kellaway, qui s'envole aussitôt pour la Nouvelle-Orléans. Bien décidé à mettre fin pour de bon aux agissements macabres de sa cible, Kellaway va pourtant devoir prendre son mal en patience dans une ville où tout le monde est déguisé et où le Masque pourrait surgir de n'importe quelle ruelle.


Le règlement de compte final se passera dans la luxueuse propriété du baron du crime, où Big Head va affronter l'homme de main aux talents vaudous et, peut-être pour la première fois de son étrange carrière, rencontrer plus fort que lui. Évidemment que non ! Le Masque terrasse tous ses adversaires sans grand mal, prouvant que la magie qui l'anime est encore plus puissante et plus noire que celle des adeptes du vaudou. Une fois de plus, Kellaway ne peut qu'arriver trop tard pour empêcher l'artefact de disparaître à nouveau hors de sa portée, vers une destination inconnue, tandis que le grand frère protecteur retrouve enfin sa chère sœur et lui arrache la promesse qu'elle sera plus prudente à l'avenir.


Dans la seconde histoire de ce recueil, toute dernière de la série originale d'ailleurs, cette fois Big Head fait le grand saut et se rend jusqu'à New York, oui les amis ! Mystérieusement apparu une fois de plus entre les mains d'un pauvre loser qui sent sa vie lui échapper et qui aimerait bien se reprendre, le terrible masque vert va commencer une belle série de crimes atroces, des meurtres bien glauques qui pourraient refroidir les plus avisés des flics de cette belle nation.


Heureusement, là encore l'attention médiatique autour de cette affaire et l'étrangeté manifeste des scènes de crime vont attirer l’œil de Kellaway, qui se rend à ses frais jusqu'à la Grande Pomme pour donner quelques leçons concernant Big Head et son humour si particulier à l'élite des forces de police du pays.


Commence alors un atroce jeu du chat et de la souris entre les inspecteurs et le criminel sadique et dérangé qui puise dans les plus profondes pulsions de son hôte pour créer un véritable carnage, librement inspiré du film Se7en selon certaines langues bien pendues. Si dans un premier temps les flics locaux voient d'un mauvais œil l'implication de Kellaway dans leur affaire, qui les dépasse totalement ainsi que leurs collègues scientifiques, ils vont vite devoir reconnaître que l'inspecteur d'Edge City leur apporte sur un plateau une interprétation viable des assassinats perpétrés par Big Head, et peut-être même un moyen de découvrir son mobile et sa véritable identité par-dessus le marché ! Mais il faut faire vite, car la liste des victimes désignées se réduit comme peau de chagrin et le temps vient à manquer.


Pendant ce temps, le pauvre homme au bout du rouleau à qui arrivent toutes ces mésaventures finit par prendre une décision radicale pour mettre fin à tout ce cirque et s'en sortir à sa façon. Quand les policiers de l'unité d'intervention spéciale arrivent enfin à le coincer, il est déjà trop tard. Big Head, c'est bel et bien fini... ou peut-être n'était-ce qu'un prélude de ce qui pourrait arriver entre de bien plus mauvaises mains, si le destin s'en mêle.


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Et bien nous y voilà c'est donc le quatrième et dernier tome de l'édition intégrale de la série d'origine de The Mask, tirée des petits omnibus parus chez Dark Horse il y a des années et devenus introuvables à des prix corrects. Nous avons là une vraie chance que les éditions Delirium se soient intéressées à cette série au point de nous la fournir en intégralité dans ces quatre beaux albums, il faut bien le reconnaître !


Ce tome final contient donc deux histoires, les deux ultimes scénarios autour du Masque et de sa malédiction infernale et bigarrée. Personnellement j'ai préféré la première des deux, peut-être parce qu'elle était plus touchante ou sincère selon mon ressenti, peut-être aussi parce que l'intégration du vaudou dans la déjà si longue carrière du Masque était un élément bien original et, il faut bien l'avouer, plutôt fun.


La seconde histoire en revanche est bien plus sombre, plus glauque, en un sens elle est donc plus dans le thème recherché dès les débuts de la série (souvenez-vous c'était il n'y a pas si longtemps sur la chaîne et le blog). Certes le délire est un peu plus cadré, maîtrisé, moins gratuit et plus réfléchi, mais on reste dans la même satire sociale increvable et au goût si parfaitement dégueulasse que l'on nous a servi dans les premiers temps. La série a su évoluer avec son temps, avec le succès du film aussi bien sûr, dont elle parvient sans grande peine à se détacher pour reprendre du poil de la bête et faire oublier à ses fans, l'espace d'un instant fugace, la touchante innocence d'un Jim Carrey en pleine forme.


The Mask c'est donc fini, mais ne l'enterrez pas trop vite chers lecteurs car il y a eu quelques beaux morceaux après cette première série enfin conclue ! Vous avez sans doute croisé il y a quelques mois de cela chez Urban Comics le fameux Joker vs. Mask qui contenait deux récits inspirés à la fois des comics et des séries animées des univers DC et Dark Horse, c'est déjà pas mal d'avoir la chance de connaître cette belle réédition chez nous !


Que nous réserve la suite ? Aucune idée pour ma part, je pense que l'on peut dire que le grand tour est presque bouclé autour du personnage de Big Head, même si par principe il ne faut jurer de rien le concernant. J'attends la parution toujours annoncée mais jamais confirmée de la seconde intégrale consacrée à la série originale de Vampirella toujours chez Delirium, visitez leur site ils ont plein de choses sympas en projet et je pense que ça leur ferait plaisir de savoir que les fans sont en demande !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 18 février 2022

La V.O. du vendredi n°199 : Red Sonja by Gail Simone tome 3 - The Forgiving of Monsters (Dynamite - Novembre 2015)


La Diablesse à l'Épée est de nouveau lancée dans une quête contre les forces obscures ! Engagée pour protéger un village d'un terrible sorcier vivant dans une grotte non loin et vénérant les vers issus des tréfonds de la Terre, Sonja parvient à vaincre sans grand mal son adversaire, mais avant de mourir celui-ci lui lance une terrible malédiction... jamais plus elle ne pourra pardonner !


Toute à sa victoire, Sonja retourne au village et commence à célébrer la fin de cette petite aventure, quand elle réalise soudain que dans la salle de la taverne se trouve également le tout dernier survivant du groupe de mercenaires qui a, jadis, massacré tout son peuple ! Jurant de le tuer sur le champ, Sonja se retrouve confrontée au pauvre tavernier qui lui renverse de l'alcool sur sa cape. Prise de furie, la guerrière tabasse le tavernier qui tente de lui présenter des excuses, ce qui a pour effet de la faire mettre dehors aussitôt avec la promesse d'être pendue si jamais elle revient dans ce village !


Exténuée, Sonja se livre toute entière à sa rage et entreprend de poursuivre le mercenaire dont elle a fait sa cible, sous la pluie et en pleine nuit. Malgré sa fierté, elle ne peut s'empêcher de repenser aux dernières paroles du sorcier dans la grotte : ''Jamais plus tu ne pardonneras...''

Se rendant compte que la malédiction pourrait bien être réelle, Sonja commence à désespérer de ne plus jamais pouvoir profiter de la compagnie d'autrui et d'être devenue un véritable fléau pour toute malheureuse personne qui aurait l'imprudence de la courroucer. Dans le but d'éviter cette infamie, la guerrière rousse prend une terrible décision : elle se brûle les mains dans son feu de camp, jusqu'à ce que ses os apparaissent et qu'elle ne puisse plus en faire le moindre usage. Ainsi se termine la folle course meurtrière de Sonja la Rousse.


Au village cependant, la situation est devenue catastrophique. Le frère du sorcier, doté d'un pouvoir plus terrible encore, est arrivé sur place pour demander la tête de la personne ayant assassiné le vieil homme. Devant la maigre résistance des villageois, le terrible mage noir leur promet à tous un sort peu enviable s'ils ne se décident pas à lui livrer la Diablesse, tout en invoquant certaines de ses créatures pour les effrayer et faire en sorte de laisser un souvenir cuisant en guise de message.


Sonja, revenue à elle et soignée par l'un de ses récents compagnons d'aventure, se remet difficilement de ses blessures dans une salle de l'auberge, dans le plus grand secret. Revenant à elle, la guerrière parvient à prendre suffisamment sur elle pour se remettre debout et faire face au sorcier de la vermine et à ses minions. Après avoir brisé sa propre malédiction, Sonja achève ce nouvel adversaire comme tous les autres, puis tombe inconsciente, aux portes de la Mort.


Rencontrant la Mort elle-même dans ses songes, Sonja la provoque en duel plutôt que d'accepter son offre de la rejoindre pour toujours... et, chose incroyable, elle parvient à l'emporter sur la déesse de l'au-delà ! Pendant ce temps, toutes les personnes qui ont un jour croisé la route de la grande Sonja la Rousse sont arrivées dans le petit village où elle repose, pour lui rendre un dernier hommage. Par leur force et leur foi, peut-être ont-elles influé sur l'issue du duel divin. En tout cas, Sonja se réveille guérie, ses mains intactes, et dotée d'une nouvelle force et d'un féroce appétit de vivre qu'elle s'emploie aussitôt à combler !


Mais ses aventures ne sont pas encore terminées. Alors qu'elle jouit de sa nouvelle vie dans la plus grande extase, Sonja est dérangée par un convoi de nones qui demandent expressément son aide pour les aider à défendre leur sanctuaire face aux hordes de pillards envoyées par une impératrice jalouse de leur influence. Tout d'abord réticente, Sonja accepte finalement après un face à face avec sa propre conscience de leur prêter main forte.


Bien lui en a pris, puisque ainsi la légendaire Malédiction de l'Hyrkanie va pouvoir rencontrer les autres récits et contes de son peuple, qu'elle n'a jamais pu connaître dans sa jeunesse, et qu'elle va retrouver tous retranscrits dans les livres qui débordent de ce sanctuaire peu commun rassemblant les connaissances du monde connu. Reconnectée avec ses racines et avec un nouveau goût pour la défense des faibles et des opprimés, Sonja reprend la route après avoir menacé comme il se doit l'impératrice dans son propre fief. Et alors qu'elle chevauche vers l'horizon, son histoire commence à être couchée sur le parchemin d'un nouveau livre portant son nom, témoignage de sa présence et de sa vie à travers l'éternité.


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Voilà qui achève le run de Gail Simone sur le personnage de Red Sonja pour Dynamite, accompagnée comme toujours aux dessins par Walter Geovani. Sous la plume de Simone, Sonja est devenue bien plus humaine que jamais auparavant, plus faillible, plus que jamais proche de nous et des personnes qu'elle protège contre tous les dangers, nous la rendant ainsi plus accessible que sa version légendaire si connue.


On retrouve bien sûr tous les traits de caractère qui ont fait de la Diablesse à l'Épée une véritable légende à elle seule à travers les décennies d'histoires à son sujet, et ce troisième et dernier tome constitué de deux histoires distinctes nous donne à réfléchir sur l'importance de la trace qu'on laisse derrière soi dans la grande Histoire, et la façon dont nous souhaitons qu'elle soit racontée.


Le meilleur moment reste selon moi le duel de Sonja face à la Mort personnifiée, incarnée dans son imaginaire sous ses propres traits, ou plutôt ceux de sa légende justement, plus grande que nature, plus sombre, plus violente et vêtue de sa fameuse armure en bikini. Une confrontation entre deux visions d'un même personnage, entre le passé et ce que nous offre le présent sous Gail Simone et sa perception de ce que doit être, selon elle, une véritable guerrière itinérante.


Malgré son imprudence et ses péchés, Sonja apparaît toujours similaire à la figure du Bon Samaritain dans notre culture judéo-chrétienne, cette personne qui en dépit de ses propres intérêts va aider son prochain, récompense ou non à la clé, uniquement par soucis de ce qui est Bien. Qui sait, peut-être que les récits de la Diablesse Rousse ont inspiré, des milliers d'années plus tard, ceux qui ont fondé notre société... ainsi en est-il des histoires et de l'Histoire en général.


C'était donc un run rondement mené et très bien écris et dessiné, disponible maintenant en un seul volume regroupant les dix-huit chapitres de cette nouvelle épopée. Le début a déjà été traduit et publié par Graph Zeppelin chez nous il y a quelques temps, j'ignore cependant si la suite est au programme. Je vous conseillerai de vous tourner vers la V.O., pour ce que ça coûte, car vous y retrouverez tout le charme du langage fleuri de la terrible guerrière intact. Belle façon d'apprendre une langue étrangère à mon avis !

jeudi 17 février 2022

& - And tome 3 (Kana - Juillet 2021)


Kaoru est toujours aussi perdue dans ses sentiments et ses pensées profondes. Elle ignore totalement jusqu'où elle peut aller avec le Docteur Yagai, qui de son côté la traite on ne peut plus mal chaque jour qui passe. En plus, l'attitude de Shiro change elle aussi selon son humeur du moment, il peut passer d'un calme plat à une timidité maladive qui l'empêche de dire ce qu'il pense vraiment à Kaoru.


Toutefois, il y a une nette amélioration quand Shiro finit par proposer, sur l'impulsion de la jeune femme, une promenade à moto à Kaoru. Les deux amis partent donc sur la route toute une journée durant, pour découvrir la Nature sous un nouveau jour et avec une nouvelle perspective. C'est l'occasion pour Kaoru de se rendre compte que, finalement, elle ne déteste pas toujours toucher autrui...


Mais manque de chance, les deux amis tombent malades suite à cette promenade qui se termine par une marche sous la pluie. Alors que Kaoru est au plus mal mais tâche de faire bonne figure dans ses deux emplois qu'elle cumule, le Docteur Yagai se rend bien compte que quelque chose ne va pas et finit par intervenir, arrachant Kaoru aux mains de Shiro qui pourtant la conduisait aux urgences, malgré sa propre fatigue.


Yagai emmène Kaoru chez lui et l'ausculte longuement pour vérifier que son état n'est pas plus grave que ce qu'il laisse penser, puis il laisse la jeune femme se reposer tandis qu'il reprend son service à l'hôpital, encore une fois sans avoir vraiment pu dormir comme il le faudrait. De son côté, Shiro se sent au plus mal au niveau de ses sentiments et de ce qu'il paraît pour Kaoru, il a l'impression d'avoir aggravé les choses et d'être, en fin de compte, totalement inutile pour elle.


Kaoru se réveille donc chez le Docteur Yagai, comprenant qu'il a pris sur son temps pour veiller sur elle avant de devoir partir. Cet effort de sa part la touche vraiment, mais elle se refuse à céder totalement à ce qu'elle ressent, car dès qu'ils sont ensemble Yagai ne fait que l'abreuver d'insultes et de remarques désobligeantes. Presque comme s'il ne savait pas se comporter autrement avec une femme qui l'attire, ou plutôt comme s'il tentait de l'éloigner de lui en se montrant insupportable. Mais qu'a-t-il donc à cacher ?


Au final, Kaoru décide de prendre les choses en mains et fait sa demande à Yagai... qui accepte, sous certaines conditions et sous réserve que la jeune femme les comprenne bien. Shiro, quant à lui, est contacté par une autre fille qui désire se rapprocher de lui via son club d'informatique, et qui partage quelques passions communes avec lui. Peut-être devrait-il saisir l'occasion au vol ? Après tout, Kaoru ne semble même pas le remarquer, et il ne peut être plus maladroit que maintenant.


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Suite de l'histoire de ce triangle amoureux transi, où chacun des personnages cache aux autres ce qu'il ressent vraiment mais où leurs pensées nous sont accessibles et trahissent leur attirance. Kaoru aime Yagai comme elle aime Shiro, mais de deux façons bien différentes cependant, deux intensités variables suivant son humeur et son degré de fatigue et de frustration. La pauvre se fait promener d'un mec à l'autre sans vraiment comprendre ce qui lui arrive, et on a souvent l'impression qu'elle ne maîtrise pas grand chose dans sa vie. Les commentaires de Yagai sont évidemment une façon pour lui de la pousser vers l'excellence, de reprendre sa vie en mains justement, mais ils n'ont pas vraiment le résultat escompté.


On en découvre également un peu plus au sujet du Docteur Yagai et de la mystérieuse tragédie qui le frappe depuis si longtemps, de cette étrange patiente dont il prend souvent des nouvelles et pour qui il est prêt à payer tous les soins... est-ce que ce sera un obstacle pour une relation saine avec Kaoru ? A la fin de ce troisième tome, le docteur et son infirmière semblent partir d'un commun accord sur une nouvelle base dans leur relation, mais est-ce que cela durera suffisamment longtemps ou bien la bulle de bonheur éclatera-t-elle trop vite ?


Cette série est toujours aussi contemplative, prenant bien le temps à chaque nouveau chapitre, presque chaque nouvelle page, de nous présenter les ressentis profonds de chacun des personnages principaux. On en oublierait presque qu'il y a d'autres personnages qui gravitent autour de cette histoire et qui pourraient bien, eux aussi, avoir une certaine importance. Nous atteignons bientôt la moitié de la série, qui est déjà finie au Japon, et il reste beaucoup de points d'interrogation. Tout ce que j'espère, à titre personnel, c'est que la mangaka sait où elle veut aller avec cette histoire et que la seconde moitié de la série ne sera pas aussi hésitante, Kaoru devant prendre certaines décisions sous peu normalement. Il serait temps pour elle, en tout cas !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 16 février 2022

Spawn tome 1 - Résurrection (Delcourt - Mai 2006)


Lieutenant-colonel de l'armée Américaine, Al Simmons est aussi rapidement devenu l'un de ses meilleurs éléments, un tueur efficace que l'on peut envoyer tout autour du monde accomplir des missions secrètes pour le compte d'agences tout aussi secrètes. Jusqu'au jour où il a commencé à remettre en question le système et à douter. Ce qu'il ne faut jamais faire. Pour ça, il a été exécuté sommairement sur le terrain, puis sa dépouille ramenée au pays afin d'être honorée par sa veuve et la nation comme un vrai héros. Une certaine façon de maintenir les apparences.


Cinq ans plus tard, Al Simmons est de retour d'entre les morts. Sous le costume de Spawn, une sorte de démon à la cape rouge, il terrorise les criminels dans les rues sordides de New York, tout en sympathisant avec les sans-abris pour avoir de la compagnie et un endroit où revenir chercher un minimum de confort. Mais quelque chose le tracasse, le travaille, sans arrêt, jour et nuit. Des souvenirs oubliés, d'une époque révolue, reviennent brutalement à la surface et lui permette, au fur et à mesure qu'il les laisse s'imposer à lui, de retrouver la mémoire, au moins en partie.


C'est ainsi qu'Al se souvient d'avoir été tué, trahi même, et dépossédé de son âme ensuite par un démon majeur ayant fait de lui, en échange, son héraut pour le grand assaut qui sera donné un jour futur contre les Cieux et les légions de Dieu. Victime d'un marché de dupes, Al a échangé son âme contre de fantastiques pouvoirs qu'il ne maîtrise pas encore totalement et la possibilité de revoir sa femme Wanda, aujourd'hui remariée et maman d'une adorable petite. Hurlant son dégoût de lui-même au cœur de la nuit, Spawn repart dans les ombres avec une seule certitude : cette nouvelle vie aura un prix. Quand il sera au bout de sa puissance, que tous ses pouvoirs auront été utilisés jusqu'à la dernière goutte, l'Enfer viendra réclamer son dû, l'âme promise, et faire de lui quelque chose d'autre, de totalement inhumain.


En attendant, Spawn doit survivre et s'occuper dans ce bas monde. Économisant ses pouvoirs autant que possible, il affronte des hordes de criminels et de délinquants dans les rues et même des cyborgs mutants qui le traquent parfois. Il faut dire qu'il ne passe pas forcément inaperçu, et que la pègre de New York commence à s'intéresser de plus en plus à son cas. Surtout depuis qu'un petit malin s'ingénie à massacrer des hauts gradés de la mafia en leur arrachant le cœur... tous les indices pointent vers Spawn, mais ce n'est évidemment pas lui le coupable ! Dans les ténèbres, une créature bien pire encore attend son heure de gloire, le moment où elle pourra prouver à sa hiérarchie qu'elle est bien meilleure que le grand Spawn.


Et comme si ça ne suffisait pas, voilà que la C.I.A. commence aussi à faire son enquête sur les événements récents, et les agents se mettent à menacer l'ancienne famille d'Al Simmons, qu'ils soupçonnent d'avoir un lien avec le mystérieux tueur et voleur d'arsenal militaire. Pour l'instant il ignore encore tout cela, mais cette histoire risque de lui déplaire quand elle arrivera enfin à ses oreilles. Pour l'heure, Al a un compte à régler avec une personne dont il vient de se souvenir, un ancien ami et collègue qui pourrait bien être son assassin...


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Ça y est j'ai fini par céder au chant des sirènes moi aussi et j'ai enfin débuté la série Spawn de Todd McFarlane, éditée chez nous par Delcourt depuis 2006 dans de beaux albums bien soignés et étudiés. Création iconique et personnage phare de la toute jeune maison d'édition indépendante Image Comics en 1992, Spawn est aussi un vibrant camouflet à la figure de la société et de l'ancien système que McFarlane et consorts ont eu le courage d'envoyer paître.


Le dessin est tout aussi mythique que son créateur, mais on ne peut pas en dire autant du scénario. McFarlane est un tueur avec les crayons, beaucoup moins quand il s'agit de s'en servir pour écrire. C'est pourquoi il fait régulièrement appel, dès ce premier tome, à des pointures du genre comme Frank Miller ou Alan Moore qui nous offrent alors des récits d'une toute autre profondeur. Neil Gaiman lui-même a tenté l'expérience Spawn, mais avec de fâcheuses conséquences pour lui et ses personnages par la suite. Tout n'est pas non plus tout rose au pays d'Image...


D'ailleurs, les épisodes de Neil Gaiman ne sont tout simplement pas présents dans ce premier tome, qui n'est donc pas vraiment une intégrale parfaite de la série. En fait, suivant les conflits avec les auteurs en cours ou achevés, Image et Delcourt ont choisi de ne republier que les épisodes ne posant aucun problème de droits d'auteurs, ce qui fait par exemple qu'ici nous avons le début de la série jusqu'à l'épisode 8, puis un trou jusqu'au onzième épisode, les 9 et 10 étant soumis à délibération dans des affaires de partage de droits. Delcourt nous assure que ces deux épisodes manquants ne sont pas importants pour suivre l'intrigue générale... mais on voit bien à la lecture qu'il y a tout de même quelque chose en moins. Dommage.


Que penser de ce titre ? Je n'en attendais pas grand chose, conscient justement du fait que Todd McFarlane est davantage un dessinateur et un entrepreneur qu'un auteur à part entière, mais je dois dire que je suis malgré tout assez séduit par ce que je viens de lire. Les références aux autres séries de chez Image à l'époque sont nombreuses, notamment aux Youngblood et à Savage Dragon, mais pas nécessaires à connaître pour pouvoir profiter de l'univers sombre et délicieusement glauque du héraut des Enfers. Premier essai réussi donc pour Spawn dans ma bibliothèque de comics, il était grand temps ! Nous verrons par la suite si la série arrive à se surpasser et à sortir de son cadre, c'est tout ce que j'espère.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

mardi 15 février 2022

DCEASED - Hope at world's end (Urban Comics - Avril 2021)


L'équation d'anti-vie lâchée par Darkseid à travers Internet se répand de plus en plus sur Terre, contaminant près d'un milliard de personnes en très peu de temps. Partout sur la planète, les scènes de carnage et de tueries sanglantes se multiplient, avec comme conséquence première d'augmenter les rangs des non-vivants qui se retournent alors contre les autres.


Au Kahndak, Black Adam prend une terrible décision pour préserver son peuple terrifié de la menace de l'équation. Déconnectant tout le pays et anéantissant une partie de sa population, la partie infectée, le souverain créé ainsi un territoire sauf où chacun peut panser ses plaies. Mais malheureusement, ce ne sera qu'une mesure temporaire, car l'équation finit par trouver un moyen de toucher Black Adam à son tour et d'en faire son héraut destructeur.


A présent que la menace s'amplifie et s'arme de façon on ne peut plus dangereuse, les héros de la Ligue de Justice et leurs alliés décident que le meilleur moyen de protéger les survivants est de les entraîner jusque dans la jungle que Poison Ivy a généré à Gotham City. Là, tout le monde attend un miracle, qui viendra de Lex Luthor après une profonde réflexion. Le plan est de couper totalement l'arrivée des morts via le monde des ombres qu'ils utilisent pour se déplacer en masse, et de neutraliser pour de bon Black Adam.


Pour cela, cependant, il faudra deux sacrifices, deux personnes qui ne reviendront pas de leur mission. Du moins c'est ce que Lex semble penser, mais quelques modifications seront apportées à son plan par les héros, dont Superman, pour permettre au plus grand nombre de s'en sortir, des deux côtés, avec une seule et unique perte à déplorer. Prenant la parole face aux survivants, Superman entend réaffirmer que l'espoir existe toujours, même face à une situation aussi cruelle et violente. Ennemis d'antan, adversaires d'hier, tout le monde devient dès lors un héros potentiel pour aider à sauver tout ceux qui peuvent l'être. Si seulement ils avaient su...


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Tom Taylor revient pour une seconde petite incursion dans son monde apocalyptique où sévit l'équation de l'anti-vie, cette fois-ci du côté des héros. Le précédent récit nous permettait de suivre certains vilains qui organisaient une sorte de résistance, ici c'est donc au tour des membres de la Ligue de Justice et compagnie de montrer ce dont ils sont capables pour préserver les habitants de la Terre.


Bien sûr, si vous avez déjà lu le premier tome de DCEASED, vous savez ce qui se produit à la fin et comment tout ce bel espoir que l'on nous apprend à apprécier ici sera brisé net. Mais ça reste néanmoins un petit exercice agréable dont l'auteur a l'habitude depuis qu'il a fait ses armes sur Injustice notamment. Connaissant très bien le monde de DC et ses personnages, même les moins célèbres, Taylor parvient à nous plonger au cœur de l'action et à faire en sorte que même tous ensemble réunis face à une menace commune, aucun de ces personnages, héros ou vilains, ne se trahit lui-même en profondeur et reste égal à ce que l'on connaît.


Le style graphique est quant à lui assez simpliste on ne va pas se mentir, mais très dynamique et accompagnant à merveille l'action très rythmée de façon intensive chapitre après chapitre. La suite est d'ores et déjà annoncée (et parue, à l'heure où j'écris ces lignes, depuis quelques mois déjà) avec DCEASED 2, que j'ai hâte de lire pour enfin découvrir ce que les survivants vont bien pouvoir faire pour échapper à l'horrible catastrophe qui s'acharne à les poursuivre où qu'ils aillent. Réponse aussi vite que possible !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 14 février 2022

Immortal Hulk tome 6 - L'heure est venue (Panini Comics - Mars 2021)


A présent que les dirigeant originels de la Base Ombre ont été éliminés, Bruce Banner est le seul maître à bord. L'équipe scientifique sur place lui est fidèle, et il peut également compter sur tous les autres mutants Gamma qui marchent avec lui et font partie de son grand projet. Car Banner a un projet : mettre fin au monde humain tel que nous le connaissons.


Derrière cette notion un rien effrayante, se dissimule en réalité un certain idéalisme désespéré. Banner ne peut, comme nous tous, que faire le constat amer que notre monde est condamné à brève échéance si nous poursuivons dans la même direction, exploitant nos ressources sans nous limiter, détruisant la Nature et ne vivant que pour le profit immédiat que l'on en retire, ou plutôt qu'en retirent quelques personnes seulement au sein de la population. Désormais, assure Bruce Banner, cette ère est amenée à être révolue, tout bientôt.


Et pour commencer, quoi de mieux que de s'attaquer à l'un des fleurons de cette surexploitation de la planète : Roxxon ! Les industries Roxxon sont propriétaires d'une inimaginable suite d'entreprises, de filiales, de médias, d'hommes politiques, d'influenceurs... bref, Roxxon est partout et aime le faire savoir. Son PDG, le Minotaure, a récemment trahi la Terre en s'alliant avec les Elfes durant la Guerre des Royaumes. Et pourtant il est toujours en place, exerçant impunément son influence. Mais Hulk arrive, et le monstre vert pourrait être un sacré grain de sable dans la mécanique bien huilée de Roxxon. Il faut donc réagir au plus vite.


Repoussant toujours plus loin les limites acceptables du cynisme économique et industriel, le Minotaure fait carrément venir des monstres titanesques depuis leur île maudite, jusqu'à Phoenix en Arizona, une ville symbolique pour la réputation de l'équipe Gamma. Les combats s'engagent tandis que Hulk redevient sauvage et déchaîné, mis en colère comme rarement par cette situation qu'il ne comprend pas. Ses alliés font de leur mieux pour évacuer les innocents et combattre les autres monstres, avec l'aide providentielle de Gamma Flight la super-équipe mandatée par le Gouvernement pour combattre les phénomènes Hulk à l'origine.


Mais si les monstres géants sont assez vite terrassés par les héros et rebelles, il s'avère rapidement que tout cela n'était qu'un piège médiatique gigantesque à destination de Hulk lui-même, accusé dès lors d'avoir relâché toutes ces horreurs sur la population. L'arrivée d'une nouvelle créature à la fourrure blanche et aux pouvoirs apparemment divins pourrait bien condamner l'initiative de Hulk et Cie avant même qu'ils n'aient réellement commencé... et pendant ce temps, Roxxon ramasse les profits, comme toujours.


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C'est ce que l'on peut dire pour l'essentiel de cet album, le sixième de la série déjà, toujours mené de mains de maîtres par Al Ewing et Joe Bennett dans une ambiance horrifique qui cède la place cette fois-ci à un commentaire social des plus acérés sur le comportement de nos grandes industries et sur la façon dont une petite partie de notre espèce traite la planète sur laquelle nous vivons toutes et tous.


Voir Hulk comme un genre de défenseur de la nature et des petites gens face aux grosses corporations, ce n'est pas vraiment nouveau je pense, le personnage est vraiment fait pour incarner les critiques à l'égard de tout ce qui semble officiel et autoritaire depuis ses débuts dans les années '60. Mais à ma connaissance (qui je l'admets n'est pas bien grande quand il s'agit des aventures passées du Colosse de Jade) c'est bien la première fois que cette vision est poussée aussi loin et surtout aussi précisément ciblée par les auteurs.


Roxxon Industries sert ici de bouc-émissaire idéal, elle qui depuis des années maintenant (pratiquement depuis l'origine de l'univers Marvel en fait) représente tout ce qu'il y a de mauvais dans le monde du capitalisme à outrance et de l'industrialisation galopante. Hulk n'est pas le premier héros à se frotter à eux, les X-Men ont déjà eu plusieurs fois maille à partir avec cette compagnie jusque là sans réel visage, mais cette fois les choses sérieuses commencent vraiment et la présence du Minotaure comme incarnation vivante de tout ce qui ne va pas et de tout ce que l'on nous cache est plutôt réussie au final. On a surtout hâte que les deux adversaires soient opposés face à face de façon frontale et directe, mais ça pourrait très bien ne jamais arriver, qui sait...


En attendant, Hulk va maintenant devoir affronter une créature que je ne connais pas du tout, présente sur la couverture de cet album mais n'apparaissant à l'intérieur qu'à la toute fin. Il faudra donc attendre le septième tome pour en savoir davantage sur ce nouveau venu et ses motivations dans cette histoire. Si vous le connaissez d'histoires passées ou d'anciennes aventures de Hulk peut-être, n'hésitez pas à me le faire savoir ça m'intéresse toujours d'approfondir mes connaissances sur les ennemis de nos héros !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 13 février 2022

Batman Death Metal tome 2 (Urban Comics - Janvier 2021)


Maintenant qu'ils sont libérés des tâches infernales qui étaient les leurs, les membres de la trinité sacrée élaborent un plan désespéré pour renverser le cours des événements et reprendre la main sur le destin du Multivers. Pour commencer, ils vont devoir couper toute l'alimentation de Perpetua, qui se nourrit des Crises qui ont lieu en permanence sur certains mondes choisis avec soin.


Batman, Superman et Wonder Woman se rendent donc sur chacun de ces mondes, pour tenter d'y résoudre les Crises et d'y générer une énergie inverse qui pourrait saper les forces de Perpetua. Mais sur place, chacun va rencontrer des difficultés imprévues et se heurter à une nouvelle destinée, où le Mal l'emporte immanquablement sur les forces de la Justice. Séparés, il leur faudra faire front et convaincre les esprits les plus fermés que le Bien peut avoir le dessus et que le Multivers peut encore être sauvé, avant qu'il ne soit trop tard.


Mais peut-être est-il déjà trop tard, justement. Sur une autre Terre, le Batman Qui Rit est devenu tout autre chose à présent qu'il possède tout le pouvoir du Docteur Manhattan. Poursuivant les Flashs sans relâche pour s'emparer de la puissance de leur Force Véloce et accroître la sienne encore davantage, le Darkest Knight prévoit ensuite d'utiliser tout ce pouvoir virtuellement divin pour aller défier Perpetua elle-même sur son propre terrain, et lui arracher le contrôle du Multivers pour le détruire entièrement et le refondre selon sa conception pervertie de la réalité.


Tandis que tous les héros connus et leurs alliés d'autres mondes se liguent avec toute l'énergie du dernier espoir, acceptant de combattre toujours plus alors que tout semble perdu d'avance, nombreux sont les réfugiés qui se dirigent vers la Terre-0 en quête de réponses et surtout d'un avenir encore incertain pour tout le monde. Toutes les forces de la réalité sont en branle, alors que Perpetua et le Darkest Knight s'affrontent dans un déchaînement cosmique de brutalité et d'énergie. La Création contre la Destruction, voilà l'enjeu de ce duel à échelle multiverselle, où tout peut basculer à tout instant d'un côté comme de l'autre. De deux maux, il faudra choisir le moindre... à moins qu'il n'existe une troisième solution, encore inenvisagée pas nos héros.


Pendant que le Multivers s'effondre de part en part, un nouveau venu entre dans l'histoire et s'empresse de répertorier tous les tenants et aboutissants du récit de l'existence de ce Multivers bien précis. Cet être, encore un cran au-dessus de Perpetua, vient de l'Omnivers et sert des puissances qui vont bien au-delà de l'imagination. Son rôle est simple : consigner les événements en cours et déterminer si oui ou non ce Multivers agonisant doit être achevé... ou bien réparé. La décision qu'il rendra sera peut-être influencée par les agissements de chacun des camps en présence, certains lui faisant même découvrir de nouvelles émotions auxquelles il n'était pas préparé. L'immense balance cosmique a commencé à se mouvoir, mais nul ne sait encore dans quelle direction elle penchera. Le combat doit continuer, pour le meilleur comme pour le pire !


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Déjà le second tome de la grande saga finale de Scott Snyder et Greg Capullo sur le destin de l'univers DC dans son ensemble. L'intrigue se sépare dans plusieurs directions, plusieurs arcs tournant autour des Crises du passé et surtout de personnages-clés pour bien comprendre tout ce qui se passe de chapitre en chapitre. Dans l'idéal je m'en rends bien compte à présent, il aurait fallu lire toutes ces fameuses Crises avant d'attaquer cette histoire-ci, mais les références sont assez claires et toujours bien expliquées et illustrées, de façon à ce que tout lecteur, nouveau comme ancien, puisse rattacher les wagons et ne pas se perdre en cours de route.


Certes l'intrigue est diluée dans la masse des autres événements qui se produisent en simultané, et je ne saurais pas vous dire aujourd'hui s'il vaut mieux lire cette histoire via l'édition des seuls chapitres de Death Metal ou s'il faut privilégier celle-ci avec tous les à-côtés. C'est cette solution que j'ai choisi, on verra bien si ça reste aussi clair et digeste jusqu'à la fin, en tout cas je pense que ça doit être assez déroutant de ne suivre que la série principale sans un édito solide pour accompagner et décrire le reste des intrigues. Chacun sera juge.


Encore une fois c'est bien le Batman Qui Rit qui s'avère être la vraie grande menace ultime que doivent affronter les héros et réfugiés de tous les mondes. Ce personnage apparu dans Batman Metal des mêmes auteurs il y a quelques années à peine tient maintenant le sort de tout le Multivers entre ses griffes, et en l'état actuel de mes connaissances après ce second tome il faudrait un vrai miracle pour que le Bien l'emporte ce coup-ci. Nous sommes sur une telle échelle de puissances qui se combattent les unes les autres dans tous les sens que les Crises du passé paraissent du coup bien vaines à côté. Mais le miracle justement est peut-être déjà en train de s'opérer en coulisses, sans que l'on n'y fasse vraiment attention. Encore deux tomes avant la toute fin !


Au niveau des dessins comme des différents scénarios, tous les styles se mêlent et se complètent plutôt bien selon moi, je pense que la vision d'ensemble de Snyder a été bien comprise par les artistes et que tout le monde sait à peu près dans quelle direction aller, même si on retrouve par endroits quelques incohérences, qui restent relativement rares rassurez-vous. Au besoin si vous recherchez des informations sur les Crises de DC, toutes ces histoires de l'ère Classique sont encore disponibles dans le fond de catalogue chez Urban et assez accessibles, ne tient donc qu'à vous d'y plonger !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !