jeudi 26 septembre 2019

Soul Eater - intégrale tomes 18 et 19 (Kurokawa - Avril 2019)


Nos héros poursuivent leur périple à travers les pages du Livre d'Eibon pour retrouver Kid et le sortir de son état de transe monomaniaque. Alors que les péchés capitaux défilent sur leur passage et livrent leur lot d'épreuves, le groupe est soudain séparé par l'index de l'ouvrage. Tandis que Maka et Soul traversent une période difficile de remise en question de leur duo tout en devant affronter Giricco qui désire plus que tout en finir et venger Arachné, Black Star se retrouve devant Kid lui-même dans le chapitre final. Le jeune Dieu de la Mort est désormais possédé par un mauvais esprit qui lui offre le pouvoir de plonger le monde dans le Néant, seul véritable unité en toute chose, prenant le pas sur son obsession pour la symétrie. Mais grâce à l'énergie et à leur infatigable amitié, Black Star finit bien vite par rendre la raison à Kid, qui sait désormais quel dieu il a envie de devenir pour le monde. Satisfait, le Grand Ancien vivant dans le Livre décide de les relâcher après qu'ils lui aient fait la promesse de tout faire pour arrêter la folie qui s'étend sur toute la planète. Tous nos héros sont désormais réunis et de retour dans le monde réel pour affronter Noah et sa collection d'armes et de créatures diverses et variées, tandis que Justin fait une nouvelle fois faux bond pour se lancer sur la piste de son seul véritable maître, le Grand Dévoreur en personne...

L'instant le plus palpitant de ce double volume est bien sûr le duel entre Black Star et un Kid totalement remanié qu'il faut faire rentrer dans le droit chemin à nouveau. Une situation inversée dans leur relation habituelle, ce qui ne manque pas de créer un certain effet de symétrie par ailleurs...
On termine donc l'arc sur Noah le collectionneur de toute chose, et le lecteur peut sentir que les vraies batailles viendront très bientôt pour les jeunes faucheurs d'âmes. Chacun développe ses forces et ses techniques ainsi que leur indestructible amitié, et désormais ils sont prêts à repartir plus forts que jamais à l'assaut du Grand Dévoreur une fois qu'ils l'auront retrouvé. La série gagne encore un niveau de maturité en plus par rapport à ses débuts, tout comme les personnages centraux qui ne cessent d'évoluer dans le bon sens malgré les épreuves qu'ils traversent et combien de fois ils peuvent chuter, ils ne cesseront jamais de se relever. Toujours une excellente lecture donc, qui joue aussi beaucoup avec les codes littéraires habituels dans le monde du manga au moins dans la partie du Livre d'Eibon, prétexte à mettre en scène beaucoup de situations absurdes qui allègent énormément la tension ambiante. Le dessin est toujours aussi bon lui aussi, énergique et plein de peps, nous entraînant directement au cœur de l'action sans en perdre une seule miette !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 25 septembre 2019

Batman Rebirth tome 7 - Sur la route de l'autel (Urban Comics - Mars 2019)


Batman va épouser Catwoman. La rumeur enfle dans le milieu des super-criminels et autres rebuts de la société, une rumeur qui va même finir par atteindre le Joker, le laissant tout pantelant. Comment ? SON Batman va se marier ? Et avec une simple voleuse en plus ?! Inadmissible ! Le Clown Prince du Crime va donc tout faire pour empêcher ces noces funestes, à commencer par rameuter le plus de vilains possible pour que tous les alliés de Batman soient occupés tandis qu'il prépare son coup final. Ainsi, Red Hood va affronter Anarky qui tente de provoquer une gigantesque manifestation nocturne prête à dégénérer au moindre signe, tandis que Nightwing fera face à Silence venu interrompre l'enterrement de vie de garçon de notre Chauve-Souris, et que Damian devra tenir tête à Ra's al Ghul en personne venu lui signifier sa grande déception et lui laisser une dernier chance de rejoindre le clan des Assassins. Le Sphinx est lui aussi de la partie bien sûr et compte bien faire parler de lui, même si son véritable but est semble-t-il un peu plus intime : Batman étant pris, Nigma se cherche une nouvelle âme-soeur capable de le comprendre... et c'est sur Batgirl que ça tombe, au plus mauvais moment !
Pendant ce temps le Joker assassine froidement plusieurs innocents et facteurs de la ville à la recherche du précieux sésame : une invitation à son nom de la part de son Batou. Évidemment le Joker est en plein délire et cherche ce qui n'existera jamais, et donc son errance va l'amener à affronter son passé en la personne de Harley Quinn venue lui exprimer tout son dégoût, puis son présent en confrontant directement Batman dans une église piégée et en provoquant un face à face sous haute tension, avant de terminer par accepter l'avenir en tentant d'assassiner Catwoman venue à la rescousse du Chevalier Noir. Les futurs époux auront décidément eu une semaine très chargée !

Dans ce septième tome le personnage central qui relie toutes ces affaires entre elles est bien entendu le Joker lui-même, totalement désespéré de ne pas être assez intime avec Batman pour partager ce grand moment avec lui. Sous la plume de Tom King et de Tim Seeley le malade imaginaire prend soudain conscience qu'il va être écarté de la piste d'honneur, et que son âme-soeur à Gotham risque bien de trouver enfin le bonheur sans lui. Une situation parfaitement intolérable donc, à laquelle le Joker va tenter de répondre avec tout ce qui lui reste pour attirer l'attention. Si la plus grande partie de l'album est assez répétitive et donc ennuyeuse au bout d'un moment, les deux derniers chapitres valent largement le coup et l'attente ! Les dialogues entre le Joker et Batman et Catwoman sont extrêmement intéressants, vivants et très bien ciselés, permettant de ressentir très fortement ce fol amour que l'ennemi juré porte à la Chauve-Souris. Au final, c'est surtout une question de jalousie et encore davantage de solitude. Le Joker aime Batman, aussi follement que possible, et refuse de le laisser partir loin de lui, loin du malheur éternel qui les unit selon lui. Est-ce que cette tactique fonctionnera et portera ses fruits ? Rendez-vous dans le tome 8 pour les noces tant attendues et le fin mot de l'histoire !
Concernant les dessins, la qualité varie évidemment d'un artiste à l'autre suivant les chapitres mais on peut vraiment dire que le dernier gros morceau, à savoir les chapitres 48 et 49 sur le Joker et son face à face avec les futurs mariés, vibrent de vie et d'intensité même si le style général est assez sobre, efficace jusqu'au bout sans en faire trop. Bref, j'ai adoré cette fin même si le chemin pour y arriver était plutôt moyen !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


mardi 24 septembre 2019

Récit complet Batman n°11 : Teen Titans - La trahison de Beast Boy (Urban Comics - Février 2019)


Suite des aventures de la nouvelle équipe de Teen Titans, rassemblés manu-militari par le Robin en titre, Damian Wayne. Après quelques difficultés à s'entendre et se comprendre, nos jeunes héros ont finalement réussi à faire équipe et à surmonter leurs griefs pour sauver le monde à leur modeste niveau. Dans ce second numéro consacré à la série sous l'ère DC Rebirth, nous les retrouvons directement après les conséquences de la bataille ayant eu lieu dans la série Super Sons, alors que la tour emblématique du groupe a été détruite et qu'ils sont tous en proie au doute sur la légitimité de leurs actions. Beast Boy décide alors de quitter l'équipe et de reprendre sa vie en solo, loin de l'agitation et surtout loin des dangers qu'il pourrait provoquer pour ses camarades. Approché par une communauté de développeurs informatiques de réalité virtuelle pour ses capacités à comprendre les faiblesses d'autrui, Beast Boy devient le fer de lance d'un nouveau mouvement underground sur lequel enquête justement Robin, qui ne parvient pas à se défaire de l'impression que quelque chose cloche chez ces enfants perdus décidément bien trop idéalistes. Une confrontation devra nécessairement avoir lieu, et la vérité être révélée au grand jour, quitte à provoquer une énorme déception chez les principaux intéressés.

Ne vous inquiétez pas je vous rassure tout de suite, Beast Boy ne trahit absolument pas son équipe de cœur et il ne fait que prendre une pause bienvenue dans sa carrière de super-héros pour mieux se remettre en question. Le titre de la revue est volontairement racoleur mais il ne reflète pas la réalité de l'histoire, davantage centrée sur l'introspection et les doutes qui planent chez chacun de nos héros.
L'autre vedette de ce numéro est Starfire, dont nous découvrons en partie l'étendue des pouvoirs dans un premier chapitre qui lui est entièrement consacré, alors que la belle extraterrestre est elle aussi en proie au doute et à la peur après les récents événements affrontés par les Teen Titans. Deux chapitres bonus viendront compléter cet album, deux histoires datées de la série des années '80 de Marv Wolfman et George Pérez, l'une sur Changelin/Beast Boy et l'autre sur Starfire, alors que chacun laisse libre cours à l'expression de son passé. Une bonne occasion de faire connaissance avec des héros pas souvent bien connus du grand public, et qui nous permet aussi de rire un bon coup quand on se rend compte que les traducteurs d'aujourd'hui ont remanié le texte pour que les références culturelles de l'époque trouvent des correspondances dans la nôtre, quitte à poser le pied sur une mine d'anachronismes.
Bref, Beast Boy et Starfire sont les personnages principaux et vous les retrouverez dès à présent dans les tomes de la série Teen Titans Rebirth qui a déjà commencé à paraître chez Urban tout récemment. Si la série emblématique de 1980 retient en revanche davantage votre attention, sachez qu'Urban a également fait paraître ce run mythique au même moment que l'actuel, dans un gros volume dont on prévoit déjà trois suites. Soyez au rendez-vous !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 23 septembre 2019

Captain Marvel tome 1 - Et nous serons des étoiles (Panini Comics - Février 2019)


Après les récentes évolutions dans sa vie tant privée que super-héroïque, Carol Danvers est en proie à une sorte de doute dont elle n'aime vraiment pas la présence dans son esprit. Avec l'aide de Captain America, elle finit par décider de reprendre à son compte le nom de Captain Marvel, titre venant d'un grand héros défunt qu'elle admirait énormément et dont elle ne s'était jamais résolu à prendre le flambeau. S'en suivront divers combats titanesques, exactement l'envergure qu'il lui fallait pour se défouler et laisser libre cours à ses sentiments contrastés. Robots géants ou dinosaures catapultés à notre époque, aucun ne fera le poids face à Captain Marvel nouvelle mouture ! Mais après un voyage dans le temps des plus risqués et une phase d'introspection elle aussi assez dangereuse, Carol n'est plus sûre de grand chose. Avoir réussi à rencontrer son idole, une aviatrice et pilote légendaire, n'a réussi qu'à la faire douter davantage de ses capacités et de sa légitimité, surtout quand le passé se rappelle à sa mémoire de façon aussi nette et cruelle.
Cependant, malgré le retour d'anciens ennemis ou du moins de personnes s'en inspirant et le harcèlement de Tony Stark pour lui confier de nouvelles responsabilités et missions à son niveau, le pire reste encore à venir : Carol apprend par son médecin que son cerveau est attaqué par une sorte de tumeur, issue des tissus extraterrestres Kree ayant fusionné avec elle lors de son accident, celui qui lui a conféré ses pouvoirs après la mort du premier Captain Marvel. Dès ce moment, il lui est désormais formellement interdit d'utiliser son pouvoir pour voler, car les spécialistes s'accordent à penser que c'est cette zone du cerveau qui est touchée. La masse étrangère ne fait que se développer davantage si Carol utilise ses capacités de vol, mais apparemment elle peut encore bénéficier de sa force et de ses projections d'énergie. Combien de temps tiendra-t-elle à ce rythme, alors que ses adversaires se multiplient et semblent se donner le mot pour l'épuiser et la pousser hors de ses limites ? Cette affection semble avoir pour origine un événement crucial dans le passé de Carol, en lien avec son récent voyage temporel et la rencontre avec Helen Cobb, la grande pilote dont elle s'est toujours inspirée et qui a réussi un temps à lui dérober ses pouvoirs. Elle aussi est décédée suite à une maladie de même nature. Quelque chose ou quelqu'un semble bien décidé à faire de la vie de la nouvelle Captain Marvel un véritable calvaire, et peut-être bien que cette fois-ci l'héroïne et forte tête devra admettre qu'elle a besoin d'aide...

Sous couvert d'une première partie assez légère puis d'une seconde plutôt axée sur la nostalgie, nous permettant entre autre de revivre le moment fatidique où Carol a obtenu ses pouvoirs, ce premier tome de la série démarrée en 2012 par la scénariste Kelly Sue DeConnick nous offre en fait une vraie tragédie moderne comme on en voit assez peu chez les super-héros normalement. Touchée de plein fouet par la maladie et par le doute, la nouvelle Captain Marvel ne comprend pas réellement ce qui lui arrive et la façon dont elle peut y faire face, elle qui est plus habituée aux ennemis bien tangibles et solides pour se défouler dessus. Les auteurs nous offrent donc l'occasion de plonger au cœur des craintes et du passé de cette grande héroïne méconnue, même si bien sûr il n'y a aucun suspens puisque nous savons déjà, via Civil War II ou encore Secret Empire notamment, qu'elle est toujours là et semble s'en être sortie sans trop de mal. Mais tout de même, l'émotion est bien présente et on attend la suite avec une relative impatience, ne serait-ce que pour savoir comment elle va réussir ce tour de force et comment sa vie va changer après cela.
Les dessins sont plutôt bons, énergiques, dynamiques, ils mettent bien en valeur les personnages forts comme Carol et leur côté féminin n'est pas gommé par leurs exploits, au contraire les deux aspects se répondent et échangent sans arrêt, via des dialogues très bien ciselés et conçus pour que le lecteur se sente totalement dans le bain, ainsi bien sûr qu'avec des graphismes plutôt bien travaillés même si un peu inégaux par moments d'un artiste à l'autre. Une cohérence graphique aurait été appréciée mais en 12 numéros beaucoup de choses sont amenées à changer au niveau des équipes créatives, donc ce n'est pas un cas anormal ni un mal car au final cela permet de bien séparer les trois grands axes de cet album, pour mieux s'y repérer.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 14 septembre 2019

Captain Marvel - La vie de Captain Marvel (Panini Comics - Février 2019)


Traversant une mauvaise passe et ayant besoin de faire le point sur sa vie ainsi que sur ses récentes actions au sein des Avengers, Carol Danvers se rend à Harpswell Sound dans le Maine afin de retrouver sa famille et de passer quelques jours loin de l'agitation du monde et de l'espace. Quelques jours qui deviendront plusieurs mois lorsque son grand frère, avec qui elle vient de se disputer au sujet de leur défunt père violent et abusif, a un grave accident de voiture dont il ne sort pas indemne. Durant les mois qui suivent, Carol découvre que son père avait certainement une liaison avec une autre femme que sa mère, en tout cas d'après d'étranges lettres d'amour qu'elle retrouve au fond d'un placard dans la maison familiale. Mais lorsqu'elle décide d'en parler à sa mère pour provoquer une discussion à ce sujet, elle est interrompue par l'arrivée sur Terre d'une créature artificielle issue de la technologie guerrière Kree, une nettoyeuse venue détruire toute menace jugée par l'empire Kree. Contre toute attente, il ne s'agit pas de Carol mais... de sa propre mère, qui s'avère avoir bien d'autres secrets en réserve et ayant enfin besoin d'être révélés au grand jour. Quel est ce mystère qui entoure la relation des parents de Carol depuis sa plus tendre enfance ? Et qui est réellement sa mère ?

Un album et une aventure de Captain Marvel assez intimiste, que j'ai beaucoup apprécié du fait du changement radical de ton dans une industrie majoritairement super-héroïque. Ici bien sûr il y a des combats et des super-pouvoirs, mais surtout un drame familial qui se joue sur fond de recherche et de quête d'identité d'une femme sentant sa vie lui échapper depuis quelques temps et ayant besoin de faire un break. Le tout est très bien mis en image par Carlos Pacheco et les flashbacks signés Marguerite Sauvage ne gâtent rien bien au contraire ! On sent une vraie personnalité émaner de cette histoire, de ces révélations et de ces changements qui attendent notre héroïne. Panini a fort bien fait de sortir cette histoire peu de temps avant la sortie officielle du film Captain Marvel en début d'année car les deux se complètent plutôt bien, même si le film prend une direction évidemment assez différente pour mieux coller à l'univers cinématographique Marvel Studios. Qu'importe, les deux ont été conçus pour être très faciles d'accès et permettre à n'importe quel nouveau lecteur de s'intégrer dans la continuité de Captain Marvel, sans en ressentir la longueur ou la lourdeur parfois. Une vraie bonne idée donc, je prends mon exemple pour illustrer le fait que La vie de Captain Marvel m'a permis de m'intéresser davantage à ce personnage que jusque là je laissais de côté. Une erreur bien vite réparée et vous retrouverez très vite d'autres articles sur d'autres parutions autour de ses aventures, s'il s'avère que la qualité est au rendez-vous !
Ah oui, cet album de la collection ''100% Marvel'' contient également de nombreux bonus fort agréables à consulter, tels que les couvertures alternatives bien sûr mais surtout une introduction au personnage ainsi qu'une belle analyse de certaines planches par les dessinateurs eux-mêmes, ce qui aide à mieux comprendre l'histoire et sa portée.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 13 septembre 2019

La V.O. du vendredi n°132 : Magneto tome 2 - Reversals (Marvel - Février 2015)


Alors qu'il remonte la piste d'une filière de trafic d'hormones de croissance mutantes, Magneto tombe sur une véritable horreur : des mutants sont capturés et contraints de se battre jusqu'à la mort dans des cages et des arènes contre des dévoreurs de mutants, ces Prédateurs-X impitoyables et affamés. Se laissant prendre afin de mettre un terme à tout cela, Magneto laisse libre cours à sa colère et fait tomber le juste châtiment sur ceux qui profitaient de ces lugubres animations. Mais, épuisé par l'effort, le terroriste mutant devenu assassin vengeur bat en retraite juste à temps avant que les agents du S.H.I.E.L.D. sur ses talons ne remontent jusqu'à lui, tout en laissant sa petite signature personnelle sur les lieux du massacre. Un seul rescapé est à compter dans les rangs des trafiquants, un biochimiste ayant perfectionné le sérum à base d'hormones mutantes et que Magneto entend bien obliger à créer un sérum suffisamment puissant pour lui rendre la pleine mesure de ses pouvoirs d'antan, désormais bien loin de ce qu'ils étaient à leur apogée.
Mais ce plan ne verra pas le jour tout de suite, car une nouvelle affaire se présente en urgence pour l'ancien Maître du Magnétisme, une affaire qui le touche tout particulièrement et personnellement comme aucune autre. Crâne Rouge a investi les ruines de Genosha, l'ancienne île servant de sanctuaire aux mutants du monde entier cherchant refuge sous le règne de Magneto, et en a fait un véritable camp de concentration pour mutants et Inhumains à grande échelle, dans lequel toutes ces imperfections génétiques sont entravées et réduites à l'esclavage tandis que le plus grand nombre meurt dans les fours ou sous les bistouris des sadiques en mal de reconnaissance. Évidemment cette situation intolérable rappelle aussitôt son sombre passé à notre anti-héros, qui se jure dès lors de tuer Crâne Rouge et de libérer son peuple quoi qu'il en coûte. Mais ayant sous-estimé la puissance de son ennemi, Magneto est capturé et torturé jusqu'à ce que des renforts ne parviennent à le retrouver in extremis et à le libérer juste à temps. Pour lui, c'est une expérience véritablement terrifiante à subir car il est plongé au cœur de ses traumatismes et de tout le mal qui a pu grandir en lui durant toute son existence, malgré la résistance de son esprit. Crâne Rouge a même dépêché sur place un ancien commandant du camp Nazi d'Auschwitz que connaît très bien Magnus, venu tout spécialement pour torturer son ancienne victime. Mais sitôt libéré de ses entraves, la décision de Magneto de tuer Crâne Rouge libère également le terrible pouvoir du Onslaught Rouge qui déclenche une véritable Guerre Mondiale de la Haine, contre laquelle même les plus grands héros du monde font pâle figure. Magneto a alors une idée de génie : puisque les héros ne font pas le poids et sont ciblés tout particulièrement par leur ennemi et ses nouvelles Sentinelles, il va falloir réunir plusieurs vilains de gros calibres et imprévisibles sur le terrain pour leur prêter main forte et faire ce qui sera nécessaire ! Les événements d'Axis sont en marche, et le monde entier s'apprête à changer, à commencer par Magneto lui-même qui vient d'apprendre une dure leçon de vie...

Le second tome de la série Marvel Now! sur Magneto s'achève donc sur le début du cross-over Axis, qui était il faut bien le reconnaître maintenant vraiment pas terrible... mais qu'importe, le point de vue central de l'histoire est celui de Magneto alors en proie à la tourmente et aux tortures infernales de son ennemi et de ses anciens cauchemars revenus le hanter. Une plongée très intéressante dans le passé du mutant vengeur, qui fait bien sûr écho au magnifique chef-d’œuvre qu'était Magneto – Le testament et qui nous proposait les véritables origines non voilées du Maître du Magnétisme, son enfance dans les camps Nazi tout particulièrement. Ce tome 2 est donc un peu plus personnel que le premier et a la lourde tâche de lancer Axis et d'en mettre les principaux personnages sur les rails, ce qui n'était pas franchement heureux je dois dire mais apparemment nécessaire pour débloquer d'autres situations par la suite.
Bref, Magneto par Cullen Bunn continue sur sa lancée de qualité, le dessin n'est pas excellent mais suffisamment efficace et parlant pour aller droit au but et faire l'essentiel du travail, et le lecteur n'aura pas trop de mal à suivre le périple de son anti-héros tout en espérant qu'un jour prochain il puisse enfin redevenir celui qu'il était auparavant.

jeudi 29 août 2019

A Fantasy lazy life tome 2 (Delcourt/Tonkam - Avril 2019)


Zenshirô est maintenant bien installé dans le royaume fantastique de ses rêves, auprès de la femme qu'il aime et qui l'aime en retour. Mais il lui reste encore beaucoup à apprendre pour se faire à ses nouvelles obligations en tant que prince consort. Ainsi, avec l'aide de la belle et discrète Octavia, il va apprendre et réviser sans faillir l'ensemble des codes qui régissent son nouveau monde, depuis l'étiquette et le protocole jusqu'à l'utilisation de la magie, qui lui pose encore quelques problèmes dans sa conception. Mais le premier grand test pour notre héros sera le bal organisé par la reine son épouse, afin de renouer le lien avec les grandes familles du royaume et de présenter son amant au public. Contre toute attente et alors que plusieurs petits pièges lui sont tendus, Zenshirô parvient à s'en sortir sans aide et même avec une certaine malice, jouant avec les codes de société de son Japon natal et les mariant à merveille avec la mentalité si particulière de son nouveau foyer. Aura, la reine, est totalement sereine à présent qu'elle sait son époux capable de se débrouiller parmi la noblesse, mais elle doit néanmoins surveiller les rencontres qu'on lui propose car certaines ne sont pas totalement désintéressées... mais Zenshirô réaffirme haut et fort qu'il n'a d'yeux que pour la reine et que, du moins pour le moment pense-t-on, il n'est pas intéressé par le fait de prendre concubine. La réception est un franc succès et les ébats nocturnes qui suivent une douce récompense pour notre Japonais si loin de chez lui. Pendant qu'il dort paisiblement, Aura convoque quelques uns de ses conseillers pour établir plus précisément la valeur des artefacts étranges ramenés par son époux de son monde natal, à commencer par ces incroyables billes de verre, totalement inconnue dans tous les royaumes qu'elle connaît, ou du moins par naturellement. Il s'avère vite qu'il y en a pour une véritable fortune ! De quoi susciter la convoitise et la jalousie des autres royaumes si cela venait à se savoir en dehors de la maison royale...

Les intrigues politiques commencent à apparaître petit à petit dans l'histoire, la réception donnée par Aura prenant une bonne place dans ce second tome et nous présentant les différents personnages importants du royaume ainsi que leurs volontés concernant la couronne. Zenshirô s'en tire très bien, certes, mais il est encore loin de se douter de ce qui l'attend par la suite, quand celles qui désirent plus que tout entrer dans ses bonnes grâces passeront à la vitesse supérieure ! Résistera-t-il à la tentation ? Pendant ce temps, les autres pays sont eux aussi présentés au lecteur au fur et à mesure, ainsi que leurs ambitions et types de magie qui ont fait leur fortune. La renommée du trésor de Zenshirô risque bien de passer les frontières et de déclencher quelques crises mineures, mais Aura est prête à gérer n'importe quelle situation pourvu que son époux se tienne toujours à ses côtés ! La reine guerrière apprend alors des choses nouvelles sur elle-même, comme le bien que l'on ressent en étant sincèrement aimée...
Toujours une très bonne petite série adaptée de romans de fantasy (dont vous trouverez un petit bout en fin de volume, qui développe les débuts de sentiments de la belle Fatima pour le prince consort...) et dont les dessins autant que l'écriture sont très agréables à suivre. Rien à redire, les longueurs ressenties dans le premier tome sont ici gommées et c'est bien plus fluide. Le troisième tome sort en Septembre, comptez sur moi pour vous être au rendez-vous et vous le présenter ici !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 28 août 2019

A tribute to Michael Turner (Aspen Comics - Novembre 2008)


Parce que l'heure est aux souvenirs, et à l'occasion du 600ème article de ce blog, je vous propose comme à chaque dizaine un artbook mais celui-ci est un peu particulier, pour un artiste qui ne l'était pas moins.

Je possède ce livre depuis assez longtemps dans ma collection mais je n'avais jamais osé l'ouvrir ou le parcourir jusque là, me disant que le moment n'était pas encore venu ou que je ne connaissais pas assez l'artiste pour apprécier cet hommage à sa juste valeur. Et enfin voilà, le temps est venu et en définitive je ne regrette absolument pas !

Michael Turner est un petit génie des comics qui commence sa carrière comme beaucoup en rêvent : il présente ses dessins et planches à des dessinateurs confirmés qui vont alors le soutenir et le pousser à faire toujours mieux, jusqu'à devenir l'une des têtes de proue de Top Cow (le label de Marc Silvestri chez le tout jeune éditeur Image) en signant la co-création de pas moins que Witchblade et sa grosse vingtaine de premiers numéros. Mais les choses ne s'arrêtent pas là, ce succès n'est qu'un début et Michael Turner devient bien vite dans le cœur des fans de l'époque et encore aujourd'hui une véritable rock-star de l'industrie des comics indépendants. Mettant fin à son partenariat avec Top Cow, il fonde sa propre maison d'édition, Aspen Comics, du nom de son personnage central Aspen Matthews dans sa série Fathom, véritable bébé du dessinateur pour qui il a une affection toute particulière. Suivront bien sûr les autres séries telles que Soulfire, gros succès également, et petit à petit des essais plus intimes comme Ange ou Démon ou bien encore Assistante Exécutrice. Son plus grand regret selon moi c'est de n'avoir jamais pu trouver le temps de porter son magnifique projet pour la série Ekos, qui devait aboutir logiquement à ce que l'on peut commencer à voir dans le film Avatar de James Cameron : des décors somptueux et irréels, des personnages colorés et variés, une ambiance très proche de la Nature et beaucoup de moments contemplatifs servant à la réflexion personnelle de chacun. Malheureusement, ce dernier-né sera vite abandonné étant données les circonstances : Michael Turner souffre en effet depuis 2000 d'un cancer des os pour lequel il a déjà été maintes fois opéré et a subi plusieurs chimiothérapies. Alors que l'on pensait la rémission actée, une rechute sévère en 2008 aura finalement raison de l'artiste-patron-dessinateur-ami que tout le monde aimait, proches comme concurrents.

Dès le mois de Novembre de la même année, les partenaires et amis de Michael Turner se regroupent et font paraître ce livre, un artbook en forme de dernier témoignage et dernier hommage à celui qui leur manque tant. A l'intérieur, vous trouverez beaucoup de magnifiques illustrations tirées des travaux du dessinateur dans sa propre maison d'édition mais aussi des dessins et sketchs repris par d'autres grands noms des comics, dessinateurs comme scénaristes ou coloristes. Ses amis et partenaires de toujours profitent également de ce livre pour livrer quelques extraits de conversations ou d'expériences vécues avec Michael Turner, comme une sorte d'ultime au-revoir à destination autant d'eux-mêmes que des fans.

Aujourd'hui Aspen Comics se porte relativement bien, après plus de 16 ans d'existence, et les séries phares comme Fathom et Soulfire portent le gros de la maison, permettant à d'autres jeunes talents de s'exprimer à leur convenance. Bien sûr c'est malgré tout une petite maison d'édition avec peu de grands noms et de personnel, mais tout le monde y est profondément attaché et soudé, tous avec au cœur et à l'esprit le souvenir éternel de leur mentor parti trop tôt dans sa 37ème année. A cheval entre les états de Californie et d'Hawai'i, entre leurs traditions et états d'esprit qui transparaissent pleinement surtout dans Fathom, mais aussi grâce à de très belles et nobles inspirations Asiatiques (Japon, Chine, contes et légendes ainsi que traditions), Aspen Comics continue de nous offrir cette fraîcheur et cette âme que l'on adore parcourir, bien loin des remous des majors de l'industrie.

En guise d'hommage personnel je tenais donc à vous parler autant de l'artiste que de ses œuvres, mais ceux qui en parlent le mieux sont encore et toujours celles et ceux qui ont vécu des moments précieux avec lui, dans le travail comme dans la vie privée. Le moins que je puisse faire, c'est de vous présenter cet artbook assez fin mais très soigné en vous conseillant de le feuilleter pour voir ce qu'est vraiment la reconnaissance de toute une profession.

Enfin, je ne peux conclure qu'en citant les noms de tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cet artbook hommage, des noms qui peut-être ne vous diront rien pour certains quand d'autres résonneront immanquablement du haut de leurs succès, des noms qui associés pour une cause ont permis de faire vivre encore un peu l'esprit Turner, devenu aujourd'hui l'esprit Aspen.

Marc Andreyko, Eric Basaldua, Joe Benitez, Eddie Berganza, Simone Bianchi, Michael Birkhofer, Brian Buccellato, Buzz, Talent Caldwell, J. Scott Campbell, Sam Campos, C. B. Cebulski, Cringe, Dan DiDio, Jason Eden, David Finch, Eduardo Francisco, Gary Frank, Megan Fox, Dan Fraga, Agnes Garbowska, Alex Garner, Alé Garza, Michael Gaydos, Renae Geerlings, Joel Gomez, Randy Green, Micah Gunnell, Lori Hanson, Vince Hernandez, Francisco Herrera, Don Ho, Richard Isanove, Paul Jenkins, Geoff Johns, J. J. Kirby, Alex Konat, J. T. Krul, Jim Lee, Rob Liefeld, Jeph Loeb, Joe Madureira, Francis Manapul, Dene Mason, Frank Mastromauro, Jim McLauchlin, Brad Meltzer, Chris Moreno, Oliver Nome, Eddie Nunez, Leonardo Olea, Siya Oum, Greg Pak, Simone Peruzzi, Brandon Peterson, Stephen Platt, Joe Quesada, Humberto Ramos, Josh Reed, Mark Roslan, Alex Ross, Marc Silvestri, Jason Rubin, J. D. Smith, Alex Sinclair, Andy Smith, Richard Starkings, John Starr, Peter Steigerwald, Christina Strain, Beth Sotelo, Sana Takeda, Billy Tan, Marcus To, Tim Townsend, Billy Tucci, David Wohl.

Ca fait du monde, amusez-vous si vous le voulez à retrouver vos artistes préférés dans le lot, ils y sont certainement s'ils ont connu Michael Turner. Bien sûr sa famille et ses proches également ont participé à cet hommage. Notez, pour finir, la magnifique couverture choisie pour l'artbook : il s'agit d'un mix de plusieurs personnages/couvertures de Michael Turner, repris par Alex Ross en personne avec son style de peinture si réaliste et plein de reliefs. Il fallait bien ça, je pense, pour que le tout soit mis en valeur du mieux possible !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article ! Merci de soutenir et de continuer à visiter Radiophogeek depuis bientôt 9 ans maintenant, un peu moins pour les articles, et on espère vous revoir très vite maintenant que les vacances sont terminées !

mardi 23 juillet 2019

Wonder Woman Rebirth tome 6 - Attaque contre les Amazones (Urban Comics - Février 2019)


Darkseid est donc de retour corps et âme, grâce à l'énergie accumulée et assimilée des derniers dieux et descendants divins du Panthéon. Malgré tous les efforts de Wonder Woman et de son frère jumeau nouvellement retrouvé et rendu à la raison, l'ancien seigneur d'Apokolips et sa fille Graal disparaissent dans un lieu encore inconnu, situé quelque part au beau milieu de la jungle Amazonienne. Là, le tyran cosmique construit en secret une arme décisive : un portail pour voyager vers la dimension où se trouve l'île de Themyscira et réduire en esclavage toutes les guerrières Amazones qui la peuplent, afin de se constituer une nouvelle armée de Paradémons presque invincibles dans le but de regagner son trône et d'asseoir à nouveau son pouvoir. Face à lui ne se dressent que les hommes de l'A.R.G.U.S., menés par Steve Trevor, et Diana et son frère. La Ligue de Justice ne peut rien et n'est au courant de rien, c'est une affaire ''privée'' qui doit rester dans le cadre des forces humaines dans la mesure du possible. Cependant, Diana a déjà beaucoup de mal à faire confiance à son jumeau, tout comme Steve d'ailleurs, car ils n'oublient pas que ce-dernier a été un traître avant de rejoindre leur camp, et qu'il est encore inexpérimenté sur bien des plans. Mais la découverte d'une armure sacrée lui permettra de mieux maîtriser ses pouvoirs et de se montrer utile au combat, habile soutien d'une guerrière chevronnée qui en a bien besoin. Wonder Woman doit aussi faire avec l'apparition de nouveaux ennemis personnels dans sa vie : plusieurs attaques sur Washington sont déjouées par la belle Amazone, mais elle sent que derrière ces événements se dissimule encore quelqu'un de bien plus malin et intéressé par ses talents. Comme si devoir affronter Darkseid en personne sous peu n'était déjà pas assez stressant en soi ! Voilà que Diana doit en plus combattre contre une ancienne amie devenue ennemie intime, Silver Swan, et tenter l'impossible pour la raisonner avant qu'il ne soit trop tard pour elle. La joute finale contre Darkseid approche, Wonder Woman entend bien relever le défi et ne laisser aucune chance au tyran de s'en sortir... mais lui restera-t-il assez de force et d'amour dans son cœur pour abattre une telle créature maléfique seule ?

Un tome bourré d'action et de retournements de situation, entre le jumeau de Diana et les préparatifs de Graal pour le plan de son démoniaque de père... d'ailleurs Darkseid fait ici ce qu'il sait le mieux faire depuis toujours : attendre avec plus ou moins de patience que tout se mette en place pour son grand moment. Un grand moment que Diana parviendra à lui voler, car évidemment c'est elle la vraie vedette de l'histoire et tout lecteur n'a qu'une envie, la voir botter les fesses du tyran sombre et le mettre hors d'état de nuire pour de bon si possible ! Les dessins sont très bons, énergiques et chargés en émotions également, vivants pourrait-on dire plus simplement. C'est le plus important à mon sens sur une série comme Wonder Woman, incarnation de la pureté de la Vie et de son aspect sacré. Le scénario quant à lui nous replonge dans les meilleurs chapitres de l'époque de Greg Rucka, un bel hommage signé James Robinson et beaucoup d'autres artistes fort talentueux. Une lecture assez dense au final, mais dont la fin se dévore sans retenue ! Dire qu'il ne reste plus qu'un tome pour terminer toute cette fantastique histoire, je l'espère de la façon la plus belle et épique possible pour Diana comme pour ses alliés. Gloire à l'Amazone !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 22 juillet 2019

Hellshock (Alayone Comics - Août 2018)


Jeune interne tout juste affectée à son premier établissement, Christina Marceaux choisit d'officier dans la médecine psychiatrique, fascinée par les remous de cette discipline et persuadée de pouvoir aider son prochain dans les affres de la maladie mentale. Mais elle déchante très vite lorsqu'elle se rend compte que le système est pratiquement en surcharge et que les cas pleuvent littéralement dans les asiles, des grands malades à troubles multiples jusqu'aux simples et pauvres SDF cherchant tout bonnement un abris chaud pour quelques temps, quitte à subir de profonds examens médicaux aux résultats parfois désastreux. Christina s'enfonce bien vite dans une routine qui lui déplaît, dans laquelle elle se sent totalement inutile dans le meilleur des cas, incapable d'aider ces gens et de les orienter vers ce qui pourrait les sauver. Les cas s'enchaînent les uns derrière les autres, avec la même difficulté et la même cruauté de la vie derrière. Jusqu'au jour où, à deux doigts d'abandonner, Christina fait la rencontre de David. Un homme catatonique au passé mystérieux, dont elle parvient peu à peu à se rapprocher et à tirer quelques bribes de paroles cohérentes avant qu'il ne s'enfonce dans sa psychose et son délire muet. Quel est le secret de David, qui semble tellement attiré par les figures célestes et religieuses et qui renie pratiquement toute réalité autour de lui ? Est-il bien fou, comme on dit, ou bien n'appartient-il pas à ce monde ? A la frontière entre folie et raison, entre passion et devoir, Christina va découvrir un monde dont elle ne soupçonnait pas l'existence et va également se retrouver obligée de faire un choix déchirant, qui bouleversera le reste de sa vie. Jusqu'où sera-t-elle prête à aller pour aider un être aussi mal en point ?

Le véritable chef-d’œuvre de Jae Lee est ici mesdames et messieurs, en VF grâce aux efforts et au travail très méritant de Thomas Rivière et de son label Alayone Comics. Si cette histoire a connu des périodes sombres et assez difficiles, une fois enfin terminée par son auteur elle devient une véritable parabole qui nous entraîne dans les tréfonds de l'esprit et du désespoir humains. Les angoisses surgissent d'une page à l'autre, de même qu'une certaine promesse de rédemption ou tout du moins de salut, à condition que l'on s'autorise à poursuivre la lecture jusqu'à la toute fin. Les dessins sont magnifiques, c'est du grand art et les thèmes comme les couleurs et choix de dispositions dans l'espace rappellent beaucoup ce que Jae Lee avait pu fournir sur Les tourments de Double-Face (en VF chez Urban), un récit majeur dans la carrière du criminel qui redistribuait totalement les cartes. Hellshock est une histoire passionnée, tourmentée et multiple, où l'on suit plusieurs aspects d'une même vie et d'un même combat, et où la raison n'est pas toujours là où on l'attend. Je suis vraiment très content d'avoir osé sauter le pas et d'avoir enfin lu ce récit de jeunesse de l'auteur magnifiquement mis en valeur par la préface de Jim Lee et les soins de l'éditeur Alayone Comics pour reproduire la version VO de Dynamite et Image. Si vous avez la chance d'en avoir quelques exemplaires à disposition, de l'édition régulière comme de l'édition deluxe, n'hésitez surtout pas à vous engouffrer dans le terrier du lapin, vous risquez bien d'en ressortir changés. En bonus, vous trouverez un court récit policier en noir et blanc, de ton très grave et sombre, ainsi que les différentes couvertures et une postface signée Nick Barrucci, le président de Dynamite à l'époque. Merci Alayone encore pour ce beau cadeau que vous avez réussi à mettre sur le marché !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


samedi 20 juillet 2019

Danger Girl - Tric-traque à Shanghaï (Graph Zeppelin - Janvier 2019)


Abbey Chase et les sœurs Savage sont sur le terrain, à Shanghaï, pour s'emparer d'une mystérieuse mallette dont Deuce refuse de leur révéler le contenu, se bornant à les mettre en garde sur sa dangerosité. Alors que les filles localisent enfin leur cible, une nouvelle ennemie fait son apparition et complique la tâche d'Abbey, qui ne parvient pas dans un premier temps à récupérer la mallette. Endommagée, celle-ci menace de tout détruire si rien n'est fait pour stopper la réaction en chaîne, et c'est Val qui va s'en charger, menacée par l'impitoyable tueuse Asia. On apprend alors que cette farouche adversaire est en fait une ancienne partenaire de Natalya, la traîtresse, et qu'elle reproche sa mort sur l'île du Hammer Reich à Abbey ! Joignant donc l'utile à l'agréable, Asia entend bien conserver la mallette le plus longtemps possible et surtout supprimer notre héroïne au passage !
Heureusement, notre trio de choc est prêt à toutes les éventualités et Abbey a encore beaucoup de ressource en elle : non sans mal, elle reprend la mallette à Asia et parvient à s'enfuir avec à bord d'un train, direction Hong Kong. Mais la chasse n'est pas terminée, et les ennemis arrivent par dizaines à bord d'hélicoptères d'assaut tandis que les Danger Girls séparées ont le plus grand mal à se retrouver, même avec Deuce personnellement aux commandes de leur appareil. Une véritable catastrophe est sur le point de se déclencher si rien n'est fait et si la mallette ne retourne pas entre de bonnes mains. La traque continue donc, à un rythme affolant, tandis que le sort du monde entier pourrait bien se jouer sur ce trajet...

On la voulait, la voilà enfin, la suite des aventures des Danger Girls d'Andy Hartnell et J. Scott Campbell, dessinée cette fois-ci par le talentueux Harvey Tolibao qui parvient à sublimer nos héroïnes au cœur de l'action comme dans les moments les plus posés. Ça change agréablement du précédent album dont je vous ai parlé, Back in Black, qui laissait une forte impression de travail bâclé il faut bien le dire. Ici ce n'est heureusement plus le cas, Tolibao fait de son mieux aux crayons pour nous éblouir et les pages et cases fourmillent de détails dans tous les sens. Bien entendu ce que l'on veut vraiment voir c'est le trio en action, et là non plus nous ne serons pas déçu et nous en prendrons plein les mirettes ! Le scénario d'Andy Hartnell est presque accessoire à ce niveau, mais il nous mène bien quelque part et nous réserve surtout de grosses surprises pour le tout dernier chapitre et les prochaines aventures d'Abbey Chase, Sydney et Sonya Savage ! Du tout bon donc pour moi, je ne suis pas déçu et Graph Zeppelin comme d'habitude nous offre un travail pratiquement impeccable sur l'édition et la traduction... à part cette petite polémique au sujet de la couverture choisie pour l'album (illustrant un épisode au Japon alors que l'histoire de celui-ci se passe en Chine à Shanghaï donc...) je ne trouve rien à redire, merci encore et à la prochaine pour une nouvelle dose d'action et d'humour ! Petit plus tant que j'y suis : la galerie de fin contient de très belles photos signées Jeff Zoet avec de belles mannequins se prêtant au jeu et incarnant à merveille les trois Danger Girls classiques de la première heure. C'est à voir absolument !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 19 juillet 2019

La V.O. du vendredi n°131 : Magneto tome 1 - Infamous (Marvel - Octobre 2014)


Il était autrefois le pire cauchemar de l'humanité... le mutant ultime, le conquérant, le terroriste. Parfois aussi, le tueur. Mais ce Magneto n'existe plus depuis longtemps. Pendant un temps, il a coopéré avec les X-Men, ainsi qu'avec l'équipe renégate de Cyclope. Mais ce temps-là aussi est passé. Aujourd'hui, il est seul, usé et plus amer que jamais. Mais il a toujours une mission, un but sacré qu'il se fixe et qu'il se force à atteindre, un sens à donner au reste de sa vie. Aujourd'hui, Magneto cherche à libérer l'espèce mutante de tous ceux qui lui font peur, de tous ceux qui lui font mal, qui la terrorisent et l'assassinent dans l'indifférence générale. Ces crimes de haine, racistes, qui rappellent les heures les plus noires de notre Histoire, c'est terminé. A présent, les porteurs de cette haine savent qu'ils ont un ennemi à craindre, qui surgira quand ils s'y attendront le moins pour livrer une justice unique et implacable. Oui, le Magneto des grandes années n'est peut-être plus... mais le nouveau Magneto est peut-être plus redoutable encore, même si affaibli par les années et les épreuves. Il ne s'arrêtera que lorsque sa mission sera terminée... et il est pratiquement certains que ce ne sera jamais le cas, pas tant qu'il restera des raisons de se battre. Le programme Sentinelles, par exemple, qui recrute à présent des sans-abris pour les transformer de force en robots tueurs de mutants sans plus se soucier de leur sort ensuite. Mais aussi des criminels chevronnés comme les Maraudeurs, qui méritent bien plus que d'autres encore de subir un sort pire que la mort. Les Purificateurs sont aussi en bonne place sur le menu, ces extrémistes humains prêts à toutes les bassesses et toutes les horreurs pour tuer ne serait-ce qu'un mutant de plus. Tremblez, vous tous qui avez fait des mutants vos cibles privilégiés... car Magneto vous voit et vous trouvera, où que vous soyez.

Gros coup de cœur pour cette série que je ne lis qu'en VO ! Je ne m'attendais tout simplement pas à ce niveau dans une série secondaire de Marvel, même pas une principale de la gamme X-Men. Cullen Bunn nous offre ici un début en fanfare avec un Magneto totalement réinventé ayant perdu tout sens de la mégalomanie pour faire place à une justice brutale, expéditive et jouissive. Cette violence n'est pas gratuite attention, comme un Punisher mutant Magneto ne vise que ceux qui ont des comptes à rendre envers la communauté des homo-superior. Le texte est très fluide, s'adresse directement à la sensibilité du lecteur, droit dans son esprit, et l'invite à tourner chaque page le plus vite possible pour connaître la fin, s'il doit y en avoir une. Nous verrons vite que ce n'est pas le cas ici et que cette série, complète en quatre tomes à ce jour, réserve encore bien des surprises. Plus habitué aux symbiotes ou surtout à Deadpool, l'auteur nous prouve enfin qu'il est tout à fait capable d'un récit très sérieux et posé, et d'une connaissance pratiquement à toute épreuve d'un des personnages les plus emblématiques de la galerie Marvel. Quant aux dessins, signés par Gabriel Hernandez Walta et Javi Fernandez, c'est assez simple mais ça fait mouche à chaque page, chaque case, avec une efficacité toute éprouvée. Rendez-vous prochainement pour la suite !