dimanche 23 janvier 2022

Aphrodite IX (Éditions Réflexions - Janvier 2022)


Sublime Aphrodite, qui à l'image de la déesse antique, apparaît telle un rêve, belle... à en mourir.


Cette Aphrodite-ci ignore tout de son identité ou même de sa propre existence. Tout ce qu'elle doit savoir, on le lui apprend avant chaque mission, et on le lui reprend ensuite une fois le travail effectué. Ce travail, c'est l'assassinat commandé. Aphrodite n'est pas n'importe quelle jeune femme, c'est une meurtrière, un être doté de la capacité de maîtriser tout type d'armes et d'exécuter toutes les cibles qu'on lui désigne. Mais qui presse vraiment la gâchette ?


Alors qu'elle revient d'une nouvelle mission parfaitement accomplie et qu'elle se réveille dans ce qu'elle suppose être son chez-soi, Aphrodite fait la connaissance de Burch, un homme taciturne qui lui explique ce qu'elle doit faire. Elle souffre apparemment de pertes de mémoire intenses, qui ont lieu immédiatement après chaque contrat rempli avec succès. Elle ignore depuis combien de temps elle fait cela, ni pour qui exactement, mais une chose commence à être à peu près sûre dans son esprit brouillé : ça doit s'arrêter.


Poursuivie dans toute la ville par des hordes de flics cybernétiques, Aphrodite remonte petit-à-petit le fil de sa mémoire défaillante, retrouvant des bribes de son passé et des épreuves qu'on lui a fait subir. Elle en est certaine à présent, elle ne peut avoir confiance en personne tout autour d'elle. Elle ne peut même pas se faire confiance, à vrai dire. Mais sa quête de réponses et de vérité, ça en revanche elle y croit dur comme fer, et elle se battra contre tout obstacle, même si cela implique de faire remonter des souvenirs douloureux ou de découvrir une réalité que l'on préférerait enterrer...


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Série emblématique de l'ère de gloire du studio Top Cow de Marc Silvestri, vers la fin des années '90, Aphrodite IX nous est ici présentée dans l'intégralité de son premier arc, conçu par David Finch sur une idée de Joe Benitez, la crème de la crème à l'époque et encore de nos jours si vous voulez mon avis. Un grand merci aux éditions Réflexions qui nous offrent le plaisir de redécouvrir cette histoire de science-fiction sexy en diable dans un format complet et agréable, rendant la lecture vraiment confortable. Pour une fois je n'ai pas grand chose à redire quant à la qualité de l'album en lui-même, il y a vraiment eu un gros travail pour que cette série soit éditée de la meilleure façon possible. Allez, pour chipoter on va dire qu'un plus grand format aurait été merveilleusement bien accueilli, mais c'est déjà pas mal comme ça à vrai dire, et les textes sont clairement lisibles et bien traduits. Que demander de plus ?


Je suis un grand fan du travail de David Finch sur ce titre, que j'avais découvert pour ma part avec les éditions Semic et leurs fascicules très similaires aux single issues que l'on trouve en V.O.. Ça a très mal vieilli cela dit, et une nouvelle édition était amplement méritée. Cerise sur le gâteau, l'histoire est complète, et les autres histoires arriveront dans quelques mois chez Réflexions avec notamment le talent toujours inimitable de Stjepan Sejic pour la version Rebirth.


Que vous dire d'autre à part que c'est graphiquement à la limite du parfait, c'est d'une beauté à couper le souffle et c'est l'exacte représentation du style Top Cow et de l'école Silvestri. David Finch n'est pas un scénariste très doué, mais aux dessins quasiment personne ne lui arrive à la cheville à l'époque, si l'on oublie les nombreux retards de production dont il était coutumier. Je crois que l'on retrouve même un peu de la désormais célèbre Lady Mechanika en Aphrodite, Joe Benitez devait déjà avoir quelques solides idées sous le coude et on ne manquera pas de noter la coïncidence voulant que le même auteur propose à des années d'écart deux femmes synthétiques à la mémoire trouble qui cherchent désespérément à retrouver les bribes de leur passé.


Accordez toute votre confiance à Aphrodite IX, car si jamais vous n'étiez pas séduits par le scénario qui il est vrai n'a plus grand chose d'original de nos jours, les graphismes ne manqueront certainement pas de vous laisser coi, dans l'attente fébrile de la suite annoncée !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

jeudi 13 janvier 2022

Nosferatu tome 3 (Soleil Manga - Avril 2021)


Laura et ses compagnons d'infortune assistent impuissants au duel épique qui se joue entre Nicolaï, le seigneur des Nosferatus, et l'impressionnant Sage de l'Est, Tamaki. Les deux adversaires refusent l'un comme l'autre de céder du terrain, et l'affrontement s'allonge tandis que les hommes armés font irruption dans le château et purifient les corps de ceux qui sont déjà tombés. Finalement, alors qu'il se remémore sa propre histoire, Nicolaï finit par tomber face aux techniques de Tamaki, qui accepte de le reconnaître comme un vaillant adversaire et de l'exécuter en compagnie de sa dulcinée, Elein, venue pour mourir à ses côtés.


Le château n'est plus rien à présent, et les troupes se tournent vers de nouveaux villages à visiter et à purifier de toute présence des Nosferatus. Tamaki laisse volontairement partir Laura et ses compagnons, afin de les retrouver peut-être plus tard et surtout de reprendre des forces en vue de cet affrontement futur. Quoi qu'il en soit, Laura aura fait forte impression au Sage de l'Est, qui a déjà hâte de la confronter prochainement. Pour l'heure, les chemins se séparent.


Alors qu'ils errent dans la forêt, les souvenirs épars de Laura les ramènent au lieu où elle a repris connaissance au début de cette aventure, et nos héros découvrent qu'un tunnel mène à une série de grottes qui constituent un véritable village intérieur peuplé autrefois de Nosferatus, mais aujourd'hui résidence de seulement trois d'entre eux, en comptant Laura justement. Car la belle aux cheveux rouges apprend de la bouche de Rinne, l'un de ses anciens compagnons qu'elle retrouve sur place, qu'elle et Arnolt ont vécu ici et qu'elle est même coutumière des purifications infligées par son frère et de ses pertes de mémoire.


Tandis que les souvenirs l'assaillent et lui révèlent une partie de son passé, Laura laisse Elisa et Moroi faire plus ample connaissance avec Rinne, qui s'avère être de bonne compagnie et assez curieux concernant la dynamique de leur petit groupe de survivants. Expérimentant seul dans son coin depuis une centaine d'années, Rinne paraît un peu étrange mais il semble avoir bon fond malgré sa nature ténébreuse. Mais alors que Laura se retrouve enfin face à Arnolt, lui aussi revenu dans les grottes, elle n'a pas le temps de le combattre que déjà l'endroit est assailli par des humains rendus fous par le sang des Nosferatus.


Derrière cette attaque soudaine se cache le sombre Ivan, un seigneur en quête de bêtes surnaturelles à massacrer, pour on ne sait quelle raison pour le moment. Accompagné par Serge, un épéiste gaucher des plus doués, Ivan mène une campagne sanglante dans la région et n'hésite pas à sacrifier ses propres hommes dans des incendies ravageurs pour détruire toute trace des Nosferatus qu'il pourchasse. Cependant, grâce notamment à Laura qui retrouve ses esprits, l'assaut tourne court et Ivan est obligé de se lancer lui-même dans la bataille, en compagnie d'une horrible créature formée à partir du sang de nombreux Nosferatus et humains entremêlés...


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Dans ce troisième et apparemment avant-dernier tome de cette courte série de vampires d'un genre peu commun, les révélations pleuvent aussi bien que l'action haletante de tous côtés. Laura et son petit groupe n'ont que peu de répit au final et doivent faire face à de nouveaux dangers alors qu'ils se pensaient en sécurité et commençaient à baisser la garde. Arnolt fait son grand retour également, mais reste nimbé de mystère tant que Laura n'aura pas une vraie occasion de le confronter et de lui arracher la vérité qui lui manque encore pour rassembler toutes les pièces de sa mémoire.


Quant aux personnages secondaires, ils connaissent des rebondissements plutôt épiques, notamment en ce qui concerne le seigneur Nicolaï et sa promise. On n'échappera évidemment pas aux codes des mangas de baston, avec des techniques de fous furieux et des poses dynamiques, où les styles Orientaux et Occidentaux se rencontrent et font des étincelles ! La majorité du tome est cependant consacrée à la découverte de ce village caché de Nosferatus, abandonné ou vidé de sa population originelle, qui recèle encore de nouveaux mystères à éclaircir pour notre héroïne malgré elle.


Le prochain tome, le dernier normalement, devra répondre à tout un tas de questions qui courent depuis le début de la série mais également à celles qui apparaissent ici et se rajoutent à l'ensemble. Est-ce que les auteurs parviendront à conclure leur série de la bonne façon, sans laisser d'intrigues en suspend ? J'espère que oui, mais je n'en suis pas tout à fait convaincu car en effet il y a toujours beaucoup d'actions à faire passer à l'image, et plus il y en a et moins on a le temps de vraiment se poser pour réfléchir. Ce serait dommage que la série se termine de façon beaucoup trop ouverte ou carrément bâclée, mais on ne sait jamais... en tout cas, la vision particulière qu'a Shinjirô des vampires est intéressante et pourrait être davantage développée à l'avenir.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 12 janvier 2022

Michael Turner - Legacy (Aspen Comics - 2018)


Bonjour à toutes et à tous, aujourd'hui nouvelle dizaine d'articles écoulée et donc nouvel artbook à vous présenter, nouvelle centaine d'articles écoulée de même, et donc l'artbook portera sur l'immense artiste qu'était le regretté Michael Turner !


Ce fascicule souple d'une quarantaine de pages est un recueil d'illustrations et de témoignages de fans et d'artistes ayant travaillé avec Michael Turner de son vivant, ou qui vivent aujourd'hui encore son héritage, à l'occasion des quinze ans de la maison d'édition Aspen Comics et des dix ans du décès de son fondateur, des suites d'un cancer, à seulement 37 ans.


Toutes les personnes qui ont apporté une pierre à l'édifice Aspen, tous les collaborateurs de la ''famille'' Turner, sont ici invités à laisser un mot, un témoignage, une anecdote et bien sûr un dessin illustrant leur vision de l'univers Aspen.


Il y a même le témoignage très émouvant d'un fan Français dont la vie a été profondément marquée par l'art de Michael Turner et ses séries les plus emblématiques comme Fathom notamment. C'est vraiment une bonne chose que ce monsieur ait pu laisser sa marque également dans ce petit artbook, et ça montre que malgré les mauvaises langues et les détracteurs, le style Turner fonctionne très bien aussi chez nous, en tout cas auprès des amateurs et des fans.


Peter Steigerwald aura le mot de la fin, la dernière page lui étant consacrée, ainsi qu'à son texte hommage vraiment très réussi et très marquant qui revient principalement sur la journée de l'annonce du décès de Michael Turner, dont il était le plus proche collaborateur justement, son coloriste attitré et son ami. Loin de tourner au pathos, cet hommage nous fait découvrir cette journée fatidique sous un nouvel aspect, en rappelant que de nombreux artistes renommés comme Marc Silvestri et David Finch avaient déjà tenu à l'époque à rendre un vibrant hommage à la mémoire de Michael Turner, au détriment de leurs propres panels à la convention de Chicago ce jour-là.


Pour le meilleur, Michael Turner aura marqué les esprits et les codes des éditeurs indépendants aux États-Unis dans le petit monde des comics. De Witchblade à Soulfire en passant bien sûr par Fathom mais aussi Ekos son ultime projet inachevé, de paroles en souvenirs émus, les grands noms et les proches nous invitent à partager nous aussi l'héritage phénoménal de Michael Turner.


Ceci constitue mon 900ème article sur le blog depuis la reprise en 2014 ! Nous avons fait du chemin en huit ans, et j'espère pouvoir continuer à vous éclairer et à vous faire découvrir de nombreuses autres œuvres littéraires ou graphiques en tous genres dans les mois et années à venir. A partir du 200ème article des V.O. du vendredi, je vous présenterai des comics que j'aime tout particulièrement et dont beaucoup sont liés à Aspen et Michael Turner justement, j'espère que ça vous plaira et que les fans seront au rendez-vous !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 11 janvier 2022

Ekhö monde miroir tome 10 - Un fantôme à Pékin (Soleil - Novembre 2020)


Fourmille et Yuri sont en voyage en Orient, en Chine plus exactement, à la recherche de nouveaux artistes à produire et à présenter sur les scènes de Broadway. Leur choix s'arrête sur la jeune contorsionniste Petit-Serpent-Tombé-du-Nid, qui fait montre d'un talent extraordinaire parmi sa troupe. Il faut dire qu'elle a aussi sacrément tapé dans l’œil de Yuri, qui a bien envie de faire plus ample connaissance, au grand dam de Fourmille...


Petit-Serpent leur révèle qu'elle vient en réalité d'un temple Shaolin reculé, où les moines apprennent tous à maîtriser un art martial impressionnant qui pourrait devenir un numéro vedette si on arrive à les convaincre de se reconvertir. Peu de chances que ça arrive, mais on ne sait jamais ! Nos producteurs de spectacles s'enfoncent donc dans la Chine profonde avec leur guide, jusqu'au temple lui-même où les accueille un singulier personnage : le fantôme d'un sage décédé depuis près de trois siècles !


Ce spectre railleur et farceur va immédiatement prendre Fourmille en haute estime, car il découvre bien vite qu'elle est capable d'abriter son esprit. Prenant alors possession de son corps, le défunt sage entreprend de mener la grande vie maintenant qu'il a retrouvé des sensations physiques, mais surtout de se rendre à Pékin pour régler une vieille affaire trop longtemps mise en attente.


C'est donc un voyage à travers les majestueux paysages qui s'annonce, jusqu'à la mystérieuse Cité Interdite, où tout se dénouera et où le sage révélera sa vraie nature et son but ultime. De nouveaux secrets sur le monde-miroir, terre des Preshauns seront découverts par notre petit groupe, mais pas sûr qu'ils puissent en tirer profit car ils sont poursuivis par les moines Shaolins qui ont la ferme intention de les éliminer pour récupérer leur fantôme et protéger le terrible secret vieux de plusieurs milliers d'années...


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Ce dixième tome de Ekhö nous fait voyager dans une Chine fantastique où, comme la série en a désormais instauré l'habitude, nous redécouvrons des paysages et des contrées connues sous un nouveau jour, dans un monde où l'électricité n'est jamais apparue et où la technologie et la magie se sont liées dans le quotidien des habitants.


Il y aura quelques références pas si innocentes aux débuts de la pandémie mondiale actuelle, à titre humoristique bien entendu, et sans tomber dans la caricature lourdingue. On sent un certain attachement des auteurs à ce beau pays qu'est la Chine ancestrale, une terre de traditions et de mystères spirituels.


La représentation qui en est faite galope au milieu des clichés Occidentaux, certes, mais jamais sans une certaine forme de malice, surtout incarnée par le personnage du fantôme du vieux sage, espiègle s'il en est. Au final la série prend toujours plus d'ampleur et parvient à se développer en renouvelant son monde et son concept sans trop nous dépayser. C'est agréable, comme toujours !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 10 janvier 2022

Joker - Fini de rire (Urban Comics - Août 2020)


Dans Saint d'esprit, le Joker affronte une nouvelle fois Batman durant un duel explosif. Mais ce coup-ci, il semble bien que le sinistre Clown Prince du Crime l'ait emporté ! Batman, brisé et laissé pour mort dans une rivière, c'est tout ce que désirait le Joker, son ultime accomplissement. Commence alors pour lui une nouvelle vie, une vie qu'il se sera choisie, loin de la vague de crimes dont il était jusqu'à maintenant responsable.


Ainsi, après un traitement pour la couleur de sa peau et pour équilibrer quelque peu ses traits, apparaît au grand jour Joseph Kerr, un simple comptable discret, calme et un brin romantique qui n'aspire qu'à une seule chose, une vie tranquille et bien rangée. Joseph rencontre même l'amour en la personne de la tendre Rebecca, lumière de ses jours, à qui il va jusqu'à proposer de l'épouser. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.


Mais le Batman n'est pas vraiment mort. Repêché à des lieues de Gotham et soigné en secret, le Chevalier Noir sait bien que son mortel adversaire risque de refaire surface un beau jour, et il faudra qu'il soit présent et en pleine forme pour l'arrêter une fois de plus avant que des innocents n'en souffrent. Commence alors un véritable drame durant lequel Batman se questionnera de nombreuses fois sur la légitimité de son combat sans fin, tandis que Joseph Kerr, à l'annonce du retour du justicier de la nuit, replonge dans sa psychose elle aussi sans fin. Les deux se valent bien, et pour eux c'est à la vie à la mort, pour toujours.


Dans L'avocat du Diable, le Joker commet un nouveau crime en attaquant les services postaux pour réclamer un timbre à son effigie, ayant eu connaissance d'une série de timbres produits en commémoration des plus grands artistes d'antan. Mais ce coup-ci il est allé bien trop loin. De nombreux timbres empoisonnés sont retrouvés aux quatre coins de la ville, et plusieurs victimes sont déjà mortes les traits figés dans cette abominable parodie de sourire.


Pour la police et le bureau du procureur, il n'y a aucun doute possible, le Joker est coupable. Les services de la ville parviennent à mettre sur pieds un procès retentissant, où le Joker sera jugé coupable et en pleine possession de toutes ses facultés pour répondre de ses crimes. C'est la douche froide, direction le pénitencier de Blackgate et non plus l'asile d'Arkham, droit dans le couloir de la mort précisément.


Alors que toute la ville se réjouit de l'exécution prochaine du Clown, une personne ne dort toujours pas et fait des pieds et des mains pour prouver l'innocence du Joker concernant l'affaire des timbres piégés. Cette personne, c'est Batman. Il refuse de croire que le Joker soit responsable de cette vague de décès, qu'il impute plutôt à d'anciens complices qui auraient envie de charger la mule autant que possible, par revanche ou par plaisir. Retournant tout le milieu criminel de la ville, le Chevalier Noir et son fidèle acolyte Robin n'ont bien vite plus que quelques jours pour faire acquitter le Joker avant qu'il ne passe sur la chaise électrique.


Lâchés par tous ses alliés, Batman s'entête envers et contre tous pour prouver qu'il a raison et que, cette fois-ci, son ennemi juré n'a pas été jugé correctement. Le doute le tenaille alors que de son côté le Joker fait son jeu du cirque médiatique autour de son exécution prochaine, idéal pour son image et pour l'empreinte qu'il laissera dans les mémoires. Si Batman parvient à prouver ce qu'il affirme, une monstrueuse erreur judiciaire sera évitée de justesse, mais un monstre revanchard sera de nouveau lâché sur la ville et ses habitants à la prochaine crise de folie du Joker. Autrement, c'en est fait du Clown Prince du Crime. Qui l'emportera ?


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Ces deux histoires traitent à la fois de la folie du Joker, ou plutôt de ses folies, mais aussi de la relation tordue et réciproque qu'il partage avec Batman depuis leur première confrontation. Le premier récit nous ferait beaucoup penser aujourd'hui à Megamind de Dreamworks, dont le scénario est à peu près le même sans le sanglant et l'oppressant, et au moins en ce qui concerne l'intrigue de départ. Quant à la seconde histoire, elle joue avec le désir de justice absolu qui anime Batman et le nihilisme profond du Joker, pour qui tout n'est qu'un jeu à condition que l'on reconnaisse ses mérites.


Parues en 1994 et en 1996, elles explorent chacune un aspect bien particulier de ce lien étrange mais si fort qui rapproche les deux opposés de Gotham. Dans l'une, le lecteur en vient à se demander si tout compte fait le Joker n'aurait pas droit à sa petite rédemption, et si sa folie n'est pas plutôt déclenchée par Batman lui-même et sa seule présence. Sans le justicier détective, le Clown aurait-il encore une raison d'être ? Et du coup, peut-on dire que c'est la croisade sans fin de Batman qui provoque l'apparition du Joker sur sa route ? Où s'arrête la responsabilité de chacun ?


Dans l'autre récit, c'est cette fois-ci le droit à la Justice dont bénéficie tout citoyen Américain qui est peut-être remis en cause de façon assez polémique par les auteurs. Est-ce qu'un être comme le Joker a droit lui aussi à un procès équitable et vaut-il la peine qu'on s'échine à le défendre alors que tout le condamne ? Pour certains, il y a une différence notable entre être coupable et être responsable. Pour Batman, il est absolument hors de question de laisser le système judiciaire envoyer quelqu'un à la mort sans avoir écarté le plus petit doute possible sur sa culpabilité réelle, alors que tout le reste de la ville et du fameux système se réjouit d'avance de l'événement. On est alors en droit de se poser plusieurs questions, dont celle-ci : si ça n'avait pas été le Joker, Batman aurait-il fait preuve d'autant de zèle pour défendre sa conviction profonde ?


Joker – Fini de rire est donc un album essentiel pour tous les lecteurs qui chercheraient à mieux comprendre ce qui rattache Batman au Joker et inversement, au-delà de leurs origines respectives. Ce sont deux très belles explorations de l'univers tortueux et parfois pas vraiment juste du Chevalier Noir, et j'espère vraiment qu'Urban aura l'occasion à nouveau de nous ressortir de petites pépites comme celles-ci, peut-être avec d'autres personnages. La collection Arkham paraît idéale pour cela, de petites anthologies revenant sur les aventures mémorables de tel ou tel vilain de la galerie de la Chauve-souris. Qui vivra verra !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 8 janvier 2022

X-Men - L'intégrale 1983 (Panini Comics - Mars 2020)


Nos héros sont poursuivis dans l'espace lointain par les terribles aliens Broods, dont ils portent chacun un œuf qui s'apprête à éclore et à les transformer à jamais. Les odieuses créatures ne leur laissent aucun répit, jusqu'au moment où Tornade décide de se sacrifier pour sauver ses compagnons d'infortune. Liant son esprit avec les forces cosmiques, elle attire l'attention d'une majestueuse créature voguant dans l'espace, qui lui révèle alors le secret des Broods et le moyen de les vaincre. Prenant contact avec ses coéquipiers, Ororo s'assure que les parasites infernaux ne feront plus jamais de mal à quiconque, même si cela va à l'encontre de son vœu de protéger toute vie.


De retour sur Terre, les X-Men apprennent que, les ayant considéré comme morts, leur mentor Charles Xavier a une nouvelle fois formé une nouvelle équipe pour les remplacer. C'est donc l'heure de découvrir les Nouveaux Mutants, un groupe d'adolescents pas bien plus âgés que les premiers X-Men à leurs débuts, et que Xavier entraîne et forme pour constituer la relève. Heureusement, ils ne devront pas aller sur le terrain tout de suite, vu que la génération précédente vient de rentrer saine et sauve. Mais il y a encore un problème à résoudre : la reine-mère des Broods a eu le temps d'implanter un dernier œuf dans le corps de l'un de nos héros... le Professeur Xavier en personne ! L'embryon prend alors possession de son corps et de ses pouvoirs, sans toutefois en avoir le contrôle. Finalement défait par Tornade et son groupe ainsi que la conscience de Xavier en lui, l'ennemi vaincu disparaît. Pour sauver leur mentor avant qu'il ne soit trop tard, les X-Men ont recours à une technologie alien pour lui cloner un nouveau corps et y transférer son esprit !


En théorie, cela lui permettrait même de marcher à nouveau, mais son esprit refuse de s'y faire et la douleur psychosomatique qu'il ressent de façon intense l'empêche de maîtriser ses jambes. Avec les bons soins de Lilandra, rien n'est impossible, mais cette dernière doit encore décider si elle veut repartir dans le cosmos pour mener une guerre de rébellion contre sa propre sœur Deathbird, usurpatrice du trône Shi'ar.


C'est à ce moment que de nouveaux ennemis font leur apparition, en plein cœur de New York. Les Morlocks, des mutants jugés imparfaits et disgracieux par eux-mêmes autant que par la société vivant à la surface, ont enlevé Angel pour en faire de force le prince consort de leur chef, Callisto, une redoutable guerrière. Nos valeureux héros volent au secours de leur ami jusque dans les tunnels loin sous la ville, mais sont capturés et mis en échec par les troupes de Callisto. Tornade, jusqu'ici mal à l'aise à cause de cet environnement, prend alors la décision de défier Callisto en duel à l'arme blanche, sans pouvoirs, pour la vaincre et s'emparer de son titre de reine des Morlocks. Une fois Callisto à terre, Tornade instaure de nouvelles règles et les héros se retirent à la surface avec Warren, qui gardera un souvenir cuisant de cette aventure.


Du reste, Tornade n'est pas la seul à faire preuve d'un certain changement dans son comportement autant que dans son sens moral. Malicia, jusque là membre de la Confrérie menée par Mystique, frappe à la porte de l'Institut Xavier afin d'y demander de l'aide pour elle-même, menacée de devenir folle par la perte de contrôle sur son pouvoir d'absorber les souvenirs et mentalités de ses victimes. Contre toute attente et surtout contre l'avis de Tornade et des autres, Xavier décide de lui donner sa chance en l'incluant dans le groupe de ses X-Men, à titre probatoire. Une décision lourde de conséquences, et qui brise la confiance qu'Ororo lui portait encore.


Fragilisée, la meneuse de nuées vivra très mal la prochaine aventure se déroulant au Japon, pour la préparation du mariage de Mariko et Logan ! Le clan Yoshida étant lié à la pègre locale, la cérémonie n'aura pas lieu sans l'inévitable intervention d'assassins chevronnés et du Samouraï d'Argent, grand adversaire de Wolverine qui tente de regagner sa place au sein du clan. Malicia fera ses preuves en se montrant une alliée de confiance pour les X-Men, ce qui fera taire les doutes quant à sa présence. Cependant, confrontée à une telle violence, Ororo en ressort changée et exprime une toute nouvelle facette de sa personnalité, des plus surprenantes et dérangeantes.


Enfin de retour en Amérique, les valeureux mutants vont devoir faire face à l'un de leurs plus dangereux et intimes ennemis, qui depuis des mois ne cesse de les harceler avec d'étranges illusions et événements visant à les affaiblir et à semer le doute entre eux. Quand Scott projette enfin d'oublier Jean et de vivre sa vie, il tombe sur Madelyne Pryor, le parfait sosie de feu sa bien-aimée, et une idylle finit par se nouer entre eux malgré les réticences premières de l'ancien leader de l'équipe. Il s'avère malheureusement que Madelyne est elle aussi un pion dans la machination tordue de cet ennemi qui se cache au grand jour, comme à son habitude, et qui ne renoncera pas avant d'avoir fait vivre aux X-Men leur pire cauchemar.


Leur faisant croire que le Phénix Noir est revenu d'entre les morts pour les terrasser, l'adversaire mystérieux provoque une véritable panique et une pluie de catastrophes sur le groupe, jusqu'au point de non-retour. Tornade finit par avoir le dernier mot grâce aux déductions de Cyclope, et nos héros démasquent alors le Cerveau, cet illusionniste mutant qui avait signé la perte de Jean Grey mais avait également perdu la raison au passage. Inconscient désormais, il est épargné de justesse par une Tornade en furie, qui perd le contrôle de ses émotions et de ses pouvoirs. Son sort final ne sera pas communiqué, mais il est clair qu'il est allé bien trop loin cette fois-ci.


Scott épouse finalement Madelyne, tandis que la pression retombe à l'Institut et que chacun réapprend à vivre ensemble. Ce ne sera certainement pas simple pour tout le monde, il reste des tas de choses à régler, notamment pour Wolverine qui repart au Japon, ou pour Illyana qui semble se souvenir brutalement de ce que lui a infligé le démon Belasco durant la moitié de sa jeune vie passée dans les Limbes. Autant d'affaires et de traumas qu'il faudra régler au plus vite, car la paix ne dure jamais bien longtemps. Déjà les officiels commencent à prendre des décisions sur le sort des mutants de part le monde, et la paranoïa s'installe au sein des gouvernements qui se demandent quand ces êtres exceptionnels deviendront des armes de guerre...


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C'est donc la fin de la grande épopée spatiale des X-Men face aux Broods, même si bien entendu on ne sera pas sans revoir ces affreuses créatures d'ici quelques temps, une haine si féroce se cultivant sur la longueur. Cette année 1983, marquant le vingtième anniversaire de la série, est très mouvementée pour nos héros qui ne sont pas tous logés à la même enseigne face à l'adversité.


Si certains comme Diablo ou Kitty semblent s'accommoder de ces quelques aventures qui ne brouillent pas leur vie privée, d'autres morflent réellement comme Tornade, Cyclope ou encore Wolverine. L'affrontement final face au Cerveau fera du mal à tout le monde, mais à certains plus qu'à d'autres. Pas sûr dès lors que l'équipe soit encore capable de se faire totalement confiance... et c'est d'autant plus intéressant qu'entre en jeu Malicia, une ancienne ennemie devenue par la force des choses nouvelle recrue à qui il faudra apprendre à faire confiance, justement.


Les X-Men ont toujours été les étendards des minorités, des rejetés et des laissés pour compte de la société, dans les comics comme dans la réalité. Chris Claremont décide d'ajouter à cela les Morlocks, véritablement rejetés par tout le monde eux, qui vivent presque dans leur propre ville souterraine tout en enviant ceux de la surface. Le groupe de mutants choisis par Xavier apparaît alors comme des privilégiés, en fin de compte, qui ne comprennent pas vraiment que le sort a pu se montrer plus rude pour d'autres. Tornade en particulier vit très mal cette expérience dans les tunnels, et c'est sans doute l'une des raisons qui auront provoqué sa métamorphose stylistique au Japon quand elle se retrouvera débordée par un trop-plein d'émotions ingérable. Sa fusion cosmique avec un Acanti et la séparation qui s'en est suivie n'a pas aidé non plus il faut bien le dire.


Vous le voyez, les X-Men sont toujours porteurs d'une certaine dimension sociale dans leurs conflits avec le reste du monde et même entre mutants, aux quatre coins de la planète et même dans l'espace intersidéral. Se battant toujours pour les faibles et les démunis, peut-être ont-ils perdu de vue la raison première de leur union par le Professeur X, tout comme le mentor semble lui aussi avoir perdu le contrôle de cette seconde génération qui lui a tant donné. Rien n'est irréparable mais on sent déjà les prémices de crises à venir, qui s'étaleront tout au long du run de Claremont, comme une vraie série à suspens et prévue pour durer.


Enfin on peut saluer en 1983 l'arrivée sur le titre du dessinateur Paul Smith, qui officie la plupart du temps cette année-là et illustre certains des meilleurs chapitres de la série depuis un moment. Il est aidé par Walt Simonson et John Romita Jr., des valeurs sûres déjà à l'époque, et tous les artistes nous offrent du grand spectacle qui fait encore son petit effet aujourd'hui, près de trente ans après. Les années '80 seront loin d'être de tout repos pour les mutants de toutes les générations, comme nous continuerons à le voir année après année au sein de cette belle collection d'intégrales.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 7 janvier 2022

La V.O. du vendredi n°195 : Chastity - Blood + Consequences (Dynamite - Juin 2021)


D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, Chastity Jack n'a jamais eu beaucoup de chance. Transformée en créature mi-humaine mi-vampire, elle possède cependant des capacités largement hors du commun, le meilleur des deux mondes réuni en une seule personne. Depuis, elle traque les vampires où qu'ils soient et les massacre sans pitié. Mais cette chasse ne paie pas vraiment en définitive, et pour vivre décemment elle a donc besoin de se trouver un travail.


En se rendant à une audition pour devenir artiste, Chastity se retrouve piégée avec d'autres jeunes femmes et droguée jusqu'à en perdre connaissance. A son réveil, elle est enchaînée dans la cale d'un cargo en route vers l'inconnu, au milieu de plusieurs autres victimes. Il devient alors évident qu'il s'agit d'un immonde trafic d'êtres humains, même si pour le moment on en ignore la nature exacte. Sitôt libérée de ses fers, Chastity entreprend de sauver ses codétenues et de les protéger jusqu'à leur libération loin de ce navire infernal.


Les gardes armés se succèdent et sont évidemment tous massacrés sur le chemin de la demi-vampire et de son groupe, qui découvrent d'ailleurs qu'elles sont loin d'être les seules prisonnières à bord. Libérant toutes celles qu'elle peut, Chastity mène son équipe jusqu'au moment où elles doivent faire face à une résistance musclée de la part des gardes, lourdement armés cette fois et commandés par une femme mystérieuse qui s'avère assez forte pour résister à Chastity et même la mettre en difficulté au corps à corps !


Prise au piège dans la salle radio, Chastity n'a plus beaucoup de temps et plus beaucoup d'options devant elle. Prenant une lourde décision, elle transforme en créatures de la nuit les autres captives qui l'ont accompagnée, afin de rééquilibrer le jeu et d'avoir plus de force de frappe de son côté. Quand le navire s'échoue contre les quais de l'île qui était sa destination, c'est le signe que le moment est venu de sortir et de reprendre le contrôle des opérations.


Sur l'île cependant, la partie risque d'être bien plus serrée. En effet, après avoir découvert un groupe de cages à taille humaine baignées de sang, nos évadées se retrouvent aux prises avec une meute de loups-garous, les véritables monstres qui peuplent cette terre impie. Valentine, la meneuse, s'avère elle aussi être une lycanthrope, d'une puissance peu commune même parmi son espèce. Chastity aura bien du mal à lui résister, mais soudain alors qu'elle s'apprête à céder elle découvre que le sang de la louve lui donne des forces insoupçonnées, comme une sorte de super-boost. Triomphant maintenant sans mal de son adversaire, la demi-vampire ne parvient malheureusement pas à lui arracher toute la vérité au sujet du trafic auquel elle se livrait, avant que les autres femmes ne viennent l'achever.


Tout semble donc rentré dans l'ordre, la C.I.A. arrive même pour nettoyer les traces et mener une enquête approfondie sur l'île, mais ce n'est plus du ressort de Chastity qui emmène avec elle ses nouvelles recrues et amies d'infortune. Puisqu'elles n'ont plus nulle part où aller, elles formeront toutes ensemble une nouvelle troupe de théâtre donnant dans les arts du cirque burlesque, et se feront engager partout où l'on aura besoin d'elles. Chastity est soulagée pour un temps, et s'assure bien que chacune de ses nouvelles amies a perdu ses pouvoirs éphémères qu'elle leur avait prêté. A Londres, cependant, les membres d'un vaste complot dînent ensemble et discutent de l'échec de Valentine sur l'île. Des représailles sont envisagées, dirigées principalement contre Chastity, tandis que l'affaire sera étouffée par les taupes en place à la C.I.A.. Le Zoo s'en tire donc sans grand mal, et le prochain mouvement risque d'être fatal à nos survivantes, qui ont eu beaucoup de chance...


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Chastity n'est pas vraiment le personnage que je préfère au sein de l'écurie de Chaos! Comics, reprise depuis des années par Dynamite. Mais sa première mini-série était assez sympathique (cf. l'article qui y était dédié dans les V.O. du vendredi sur le blog il y a longtemps), j'ai donc eu envie de découvrir celle-ci et bien m'en a pris puisque c'est une réussite à nouveau !


L'histoire est sanglante mais pas gore non plus, tout est une question de juste mesure et de bon dosage, et ça fonctionne plutôt bien. Malgré les enjeux que l'on nous dévoile à la fin, il s'agit avant tout d'une histoire de survivalisme assez intimiste autour d'un groupe de prisonnières d'un odieux trafic humain, que l'on prend plaisir à voir sympathiser les unes avec les autres et se sauver malgré quelques pertes tragiques inévitables.


Le dessin est plutôt bon lui aussi, les différents artistes de cette mini-série œuvrent ensemble à tous les niveaux pour concevoir un récit équilibré et cohérent qui change un peu il faut bien le dire des anciennes productions de ce label. L'évolution se fait pour le mieux, et on peut espérer que les prochains titres seront aussi sérieusement travaillés, tout en conservant cette irrévérence qui fait tout le sel de Chaos! et que l'on adore retrouver. Une bonne lecture récente donc, et qui peut s'aborder sans avoir aucune notion particulière du passé du personnage principal, il vous suffit simplement d'embarquer et de suivre le fil.

jeudi 6 janvier 2022

Sexy Cosplay Doll tome 5 (Kana - Février 2021)


L'Été est enfin arrivé, et les grandes vacances sont l'occasion rêvée pour sortir et faire de nouvelles emplettes à la recherche d'accessoires et de tenues intéressantes pour le cosplay ! Marine entraîne toujours Gojô avec elle et lui suggère de nouveaux personnages dont elle aimerait tenter un cosplay, et fidèle à lui-même Gojô envisage aussitôt tous les aspects pratiques de la fabrication du costume, allant même jusqu'à se renseigner sur les maquillages et autres artifices nécessaires.


Mais quand Marine emmène Gojô faire les boutiques, par une belle journée, elle lui révèle qu'elle a l'intention de lui acheter des vêtements différents pour qu'il puisse changer son style bien trop sérieux et traditionnel ! Tandis que Gojô essaie plusieurs nouvelles tenues, Marine réalise petit à petit qu'elle est en train de se comporter comme une petite-amie sélectionnant les vêtements de son copain, et cette impression la met en joie ! Bien sûr, Gojô n'y voit que du feu.


Par la suite cependant, le jeune homme aura matière à réfléchir sur le sujet car Marine lui annonce que pour son prochain shooting elle a loué un studio non loin de chez lui, studio qui se révèle être un love hotel... malgré l'évidente confusion, tout se passe pour le mieux et les deux amis passent d'excellents moments ensemble dans cette chambre, à parler de leurs projets cosplay et à préparer les photos à venir. Marine est aux anges, Gojô s'imprègne à fond dans son rôle de photographe et fait même quelques suggestions et surprises à sa modèle qui en est ravie. Tout allait au mieux jusqu'au moment fatidique où, après la dernière photo, les deux adolescents réalisent pleinement où ils se trouvent et ce qu'ils pourraient normalement y faire...


Heureusement le malaise se dissipe rapidement, mais l'idée ne les quittera pas pendant un certain temps encore. Marine est en effet de plus en plus attirée sincèrement par Gojô, et elle aimerait bien trouver un moyen de lui faire partager ses sentiments, sans briser non plus sa confiance et leur belle amitié. C'est après un rush de ses devoirs de vacances qu'elle accepte d'assister avec lui à l'un des derniers festivals de la saison, en tenue traditionnelle bien sûr ! Gojô est littéralement sous le charme, et Marine en est bien consciente, mais ce n'est pas encore le moment de foncer. Les deux amis profitent pleinement de leur belle soirée, en toute innocence et avec complicité.


Les choses se gâtent cependant quand ils passent un après-midi à regarder des films d'horreur sur la télévision de Marine. La jeune femme prend un air très assuré, mais en réalité elle n'en mène pas large alors que Gojô se révèle fasciné par les effets spéciaux et les techniques de maquillages. Seule chez elle pour la nuit, Marine commence à paniquer et elle téléphone à Gojô pour qu'il l'aide à s'endormir calmement. La conversation se passe très bien, et c'est finalement Gojô qui s'endort le premier, à la grande joie de Marine qui en profite pour lui avouer ses sentiments pour la toute première fois, comme belle façon de veiller sur son sommeil.


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Ce cinquième tome est totalement consacré à la relation entre Marine et Gojô, on n'y voit aucun autre personnage de la série, les vacances d'Été sont donc le temps idéal pour opérer un rapprochement entre nos deux protagonistes ! Toujours sans aucune malice ni aucun mauvais goût, Shinichi Fukuda parvient à nous faire vivre ces moments d'intimité et de passion entre les deux adolescents, passant de la belle amitié jusqu'à la naissance et à l'aveu progressif de sentiments plus forts.


Aucun des deux n'est pleinement conscient de plaire à l'autre, mais chacun nourrit en réalité le même attachement sincère et puissant, ainsi que l'envie d'en faire davantage pour l'autre. Gojô s'investit toujours plus dans les shootings de Marine et la préparation de ses tenues de cosplay, il se donne à fond pour elle et surtout pour lui faire plaisir, ce qu'elle apprécie tout particulièrement. La séance de shopping qu'elle lui réserve pour lui trouver de nouveaux vêtements est sa façon bien à elle de commencer, tout doucement, à apposer sa marque sur son futur partenaire.


Le dessin est vraiment adorable et ne fait que se bonifier de tome en tome, c'est un réel plaisir à suivre page après page ! Marine est véritablement attachante et Gojô très touchant de naïveté ou, plus probablement, d'innocence. Observer le rapprochement entre eux est un vrai plaisir également pour le lecteur, avide d'en apprendre davantage. Cette gentille série tranche-de-vie est toujours un bon moment à passer, très instructif en plus sur le monde du cosplay même si dans ce tome-ci la romance naissante prend davantage de place que précédemment. Vivement la suite !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 5 janvier 2022

Mercy tome 3 - La mine, nos souvenirs et la mortalité (Glénat - Février 2021)


Le Diable de Woodsburgh fait enfin son apparition et règle ses comptes avec la chose qui possède le corps de celle qui se fait appeler Lady Hellaine. Alors que la plupart des révélations sont enfin faites, l'affrontement entre les créatures pourrait mettre en danger la ville toute entière ainsi que l'héritage des Swanson. Mais un petit grain de sable se glisse soudain dans la mécanique bien huilée que Goodwill avait mis des années à préparer. Les sentiments sincères de Lady Hellaine envers la petite Rory risquent de mettre en péril toute l'opération, mais agir directement contre la fillette serait suicidaire à ce stade. Peut-être existe-t-il un autre moyen de récupérer l'amour et l'attention de Lady Hellaine, si tant est que ces étranges créatures qui les habitent puissent ressentir de telles émotions...


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Je ne vais pas y aller par quatre chemins, je pense que je suis totalement passé à côté du final de cette bande-dessinée si spéciale. J'ai pleinement savouré le charme gothique de l'histoire, des dessins et les émotions diverses que l'autrice fait passer à travers son œuvre, mais simplement ça ne m'a pas touché autant qu'il l'aurait fallu je pense. Peut-être la fatigue, ou tout simplement que je n'étais pas vraiment le public ciblé par ce récit, qui demeure par ailleurs de qualité il faut bien le dire.


Peut-être aussi que j'en attendais trop, et que ce final ne me satisfait qu'en partie. Toujours est-il que je prendrai sans doute plaisir à relire cette trilogie assez fine dans les années à venir, une fois le tout bien potassé et assimilé, et peut-être qu'alors je comprendrais mieux ce qu'il y avait à comprendre. Je conseille néanmoins Mercy à tous les amateurs de romans gothiques typiques du XIXème siècle, dans un style plus western cependant, avec une légère touche de Lovecraft en bonus.


C'est en revanche une lecture frustrante pour quelqu'un qui voudrait que toutes les ficelles narratives soient démêlées à la fin, et trouver une réponse à toutes les questions soulevées. L'histoire est telle que de nombreux points resteront dans l'ombre, et il faudra alors vous faire votre propre interprétation pour tenter d'y voir un peu plus clair. Du reste, la richesse des thèmes abordés au cours de ces trois petits tomes aura de quoi tenir votre réflexion éveillée un bon moment, à condition d'être ouvert d'esprit bien entendu.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 4 janvier 2022

Batman - Joker War tome 2 (Urban Comics - Février 2021)


Gotham City est une ville qui donne toujours envie de sourire... en tout cas pour les clowns. Il faut dire que pour eux, depuis quelques temps, la vie est belle ! Le Joker s'est emparé de tous les actifs et biens de la famille Wayne, incluant tout ce qui sert d'ordinaire le Batman dans sa croisade contre le crime, et bien entendu Wayne Enterprises y compris. Ayant retourné chaque avantage du Chevalier Noir contre lui, le Clown Prince du Crime n'a plus qu'une idée en tête, réussir son grand final.


La ville est à feu et à sang, nuit et jour. La police est immobilisée de force par la mairie et les pots-de-vin, les clowns au service du Joker pillent et détruisent tout ce qu'ils peuvent sur leur passage, personne ne semble à l'abri. Batman lui-même est au plus mal. Empoisonné par son ennemi avec une toute nouvelle toxine aux effets gonflés à bloc, il est en proie à d'atroces hallucinations et délires, mais parvient de justesse à échapper au piège qu'on lui tendait. Grâce aux bons soins d'Harley Quinn, Batman va peu à peu retrouver la maîtrise de son esprit et de son corps, mais ce sera peut-être déjà trop tard...


Le Joker accélère la mise en place de son chef-d’œuvre : l'usine chimique Ace Chemicals produit en masse la nouvelle toxine, tandis que la sbire numéro un, Punchline, organise les réjouissances. Un nouveau plan tordu qui réserve à tout Gotham un avenir des plus sombres. Mêmes les autres vilains traditionnels se terrent, planqués dans un endroit tenu secret, attendant que l'orage passe pour voir de quoi ils hériteront après la fin de leur monde.


L'heure du grand face à face ultime est enfin arrivée. Le Joker va faire tout son possible pour pousser Batman dans ses derniers retranchements, et encore au-delà, jusqu'au fatidique point de non-retour que la Chauve-souris s'est jurée de ne jamais franchir. Sera-t-il capable de tenir cette promesse cette fois-ci encore, ou bien est-ce la fois de trop, pour de bon ? Une seule chose paraît sûre et certaine à l'heure actuelle : Gotham va changer, quoi qu'il arrive à l'issue de cette dernière nuit de terreur. Batman sera-t-il toujours là, et capable d'encaisser ce changement ? Le Joker aura-t-il le dernier rire au bout du compte ?


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La belle histoire du duo d'ennemis le plus célèbre du monde des comics DC s'apprête à tourner une page majeure. Batman et le Joker, dernière prise ! Ou pas, vous savez comme moi que l'éditeur aurait bien du mal à se passer de l'un ou l'autre de ses personnages emblématiques pour un long moment, encore moins définitivement. Mais qui sait, peut-être que ce coup-ci, ce qu'on nous promet risque bien d'arriver.


En tout cas, c'est le vœu de James Tynion IV en organisant cette énorme crise à Gotham, où plus rien ne sera jamais plus comme avant. Certes il reste la bat-family, toujours plus unie malgré les dangers, et vous vous doutez bien que Batman réussira à s'en tirer, mais pas comme d'habitude cependant. Il va y avoir du changement à venir dans les prochains numéros c'est clair et net, et il faudra faire avec, en tout cas pour la durée du run de l'auteur.


Ce que j'ai le plus aimé, hormis les dessins qui sont comme de juste d'une puissance folle, ce n'est pas tellement le dernier face à face en lui-même, plutôt tous les à-côtés en fait. Tous ces interludes qui concernent un personnage en particulier de l'écurie Batman ou Joker, tous ces moments volés qui en disent tellement long sur les psychologies de chacun. Dans l'ensemble, j'ai trouvé cette fin un brin expéditive, mais en y réfléchissant après coup il ne pouvait en être autrement. Et puis quand je dis fin, pas tout à fait puisqu'il reste un troisième et dernier tome à lire estampillé Joker War, qui réserve sans doute lui aussi quelques belles surprises quant à l'avenir des croisés de Gotham.


Que penser à ce stade ? Je ne sais pas vraiment, en fait, et je vous dirai bien comme d'habitude de vous faire votre propre avis après lecture de ce tome et de cette première conclusion. A mon humble avis, il vaut mieux cela que de se faire spoiler tout le dénouement sans vergogne. Je sais que d'habitude, le retard de lecture aidant, je n'ai aucun mal à dévoiler des enjeux-clés, mais là ça me dérangerait quand même un peu. Pour que la sauce prenne efficacement, il faut vraiment que vous la goûtiez en personne. Je dirai simplement que, si Warner Animation a l'idée un beau jour d'adapter cet arc en film d'animation, voir plusieurs, je ne serais clairement pas contre !


Après réflexion, toute cette histoire sent comme un parfum de revanche de l'école Scott Snyder sur celle de Tom King. Certes James Tynion IV ne s'est jamais caché de son influence clairement Snyder, à la fois dans l'écriture et dans sa conception de Gotham et de ses personnages, mais ce coup-ci il parvient presque à s'en émanciper pour nous livrer enfin sa propre vision des choses, celle d'un fan absolument passionné par ce qu'il écrit, et qui veut avant tout faire partager des moments cultes à son public, et tant pis pour les controverses qui seront soulevées. Être auteur, c'est aussi ça parfois, et il y réussit plutôt bien je trouve.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 3 janvier 2022

Après (Albin Michel - Novembre 2021)


On a tous nos petits secrets, ce dès l'enfance. Celui de Jamie, c'est qu'il peut voir les morts, et même leur parler, depuis aussi loin qu'il s'en souvienne. Les esprits ne peuvent lui mentir. Jamie n'est pas particulièrement effrayé par cette capacité hors du commun, même si certaines morts sont plus violentes que d'autres et laissent toutes sortes de traces, auxquelles un enfant ne devrait jamais se confronter.


Tout bascule véritablement le jour où l'amie policière de sa mère lui demande de l'aide dans une affaire complexe. Un tueur en série spécialiste des engins explosifs s'est suicidé après avoir laissé une note disant qu'une dernière bombe de sa fabrication explosera bientôt, point d'orgue de sa carrière. Jamie n'a pas vraiment le choix, il doit tenter de faire parler l'esprit du tueur pour que l'on puisse localiser la bombe avant qu'il ne soit trop tard.


Mais quelque chose va mal se passer, et Jamie en sortira changé à jamais. Son don, qu'il traitait avec indolence, va se changer en malédiction, une malédiction qui le poursuivra toute sa vie durant. Car ce jour-là, le jeune garçon s'est retrouvé confronté à tout autre chose qu'un simple esprit torturé. Ce jour-là, Jamie a fait face à quelque chose d'autre, d'inexplicable, d'inconnu, et de terrifiant. Cette chose sait que Jamie peut la voir, et va alors entamer un véritable harcèlement du pauvre garçon. Une hantise. Une infestation, si l'on en croit les écrits les plus documentés. Bref, Jamie est dans une sale situation.


Heureusement, un vieil homme qu'il connaît bien, ancien voisin compatissant et éclairé, va lui donner une chance de s'en sortir. Un ancien rituel, connu de quelques personnes seulement, qui s'il est exécuté avec succès pourrait donner la possibilité à Jamie de non seulement se libérer de l'emprise de la chose, mais aussi de la contrôler si besoin était. Reste à savoir si Jamie sera assez fort pour procéder au rituel, et surtout, en cas de victoire, s'il sera également assez fort pour ne pas avoir recours à cette arme à double-tranchant. Car Jamie sait bien, malgré son jeune âge, qu'il risque de se damner, à trop jouer avec le feu. La chose est bien là, et même si on ne la voit plus, elle attend son heure, patiemment. Un jour ou l'autre, Jamie sera bien obligé de la convoquer, et ça répondra fidèlement, avec un certain prix à payer pour le pauvre garçon...


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Stephen King nous régale avec une nouvelle histoire dans le domaine du surnaturel, un style qui a fait sa renommée depuis de nombreuses années et qu'il avait progressivement laissé de côté un temps durant. Qu'on se rassure, c'est bien de retour à présent dans son écriture et ce depuis quelques romans maintenant. Mais le génie de l'écrivain parvient à nous faire passer cet élément surnaturel pour totalement naturel justement, avec une aisance déconcertante que l'on ne peut trouver qu'à l'enfance, un temps innocent que l'auteur connaît bien là aussi.


Avec Après, beaucoup de questions peuvent vous habiter à l'issue de cette lecture. Je me refuse à vous spoiler le déroulement exact des faits et les conclusions de Jamie et de son allié dans cette série d'épreuves, mais sachez que l'on assiste peut-être là au retour tant redouté de quelque chose de bien âgé et de bien ancien dans la bibliographie du Maître de l'Horreur. Déjà avec L'Outsider ou encore la trilogie de Mr. Mercedes, une pensée assez cohérente commençait à se former dans nos esprits tourmentés, une pensée à laquelle on ne pouvait décemment croire. Aujourd'hui, elle devient un peu plus tangible encore, et je dois bien avouer que j'ignore totalement ce que je préfère comme hypothèse : avoir vu juste, ou me tromper et être agréablement surpris.


Pour en revenir au roman en lui-même, c'est un récit à la première personne, Jamie nous racontant de son propre chef une fois jeune adulte cette mésaventure qu'il a vécu étant gosse. De nombreux secrets entourent le garçon, comme l'identité de son père par exemple, ou la nature exacte de son incroyable talent, autant de sous-intrigues que l'on aura plaisir à remonter petit à petit au fil d'une lecture somme toute assez rapide et très aisée. Franchement, tous les niveaux peuvent comprendre ce dont il s'agit et suivre le récit sans problème, le vocabulaire est spécialement à la portée de n'importe qui.


Un petit retour aux sources donc, qui fait vraiment du bien et qui en plus ne nous prend aucunement la tête, se contentant de nous faire passer un très bon moment de lecture et nous suggérant même, qui sait, une future suite dans les années à venir, si le Roi Couronné le veut bien. Moi en tout cas, je suis partant !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 1 janvier 2022

Batman Death Metal tome 1 (Urban Comics - Novembre 2020)


La Terre a choisi sa voie : la Fatalité triomphe ! Le monde tout entier a été rebâti à l'image du Batman Qui Rit, le nouvel agent suprême de la divinité créatrice Perpetua aux intentions nocives. Les vilains d'autrefois sont enfermés dans des cellules aménagées dans les souterrains des Enfers, sur l'ancienne île des Amazones, tandis que les héros sont emprisonnés dans les geôles de la nouvelle Apokolips, qui a remplacé le soleil que nous connaissions. La victoire est totale.


Mais il reste évidemment quelques âmes nobles qui se dressent contre ce nouvel ordre des choses. D'anciens héros devenus fugitifs, traqués par des versions perverties d'eux-mêmes issues du Multivers Noir. La célèbre trinité est rompue : Wonder Woman est devenue la gardienne des Enfers, tandis que Superman est drainé de sa puissance sur Apokolips pour que chacun sache à quel prix la lumière perdure. Il ne reste que Batman, l'original, celui par qui tout a commencé et celui par qui tout pourrait finir. Il se cache, en compagnie de justiciers inhabituels, et prépare son dernier assaut. Il n'a jamais renoncé à la lutte, mais il a besoin d'alliés pour aller jusqu'au bout.


Alors que Wonder Woman se rebelle ouvertement contre le Batman Qui Rit et parvient même à le terrasser avec une nouvelle arme de sa conception, les choses ne sauraient pourtant être pires. Perpetua poursuit sa conquête destructrice du Multivers, réduisant à chaque fois le nombre de Terres parallèles, jusqu'au jour où il ne restera plus que la sienne, siège de son pouvoir. Diana rejoint le camp de Batman, lui apportant de nouveaux associés au passage, mais cela risque bien de ne pas suffire face au danger qui les menace tous. De plus, le Batman Qui Rit n'a pas totalement disparu, et opère en secret sa propre renaissance sous une forme encore plus puissante et encore plus terrible que tout ce que l'on pouvait imaginer. Il semblerait bien que l'espoir ait totalement disparu cette fois...


L'espoir, c'est justement ce que vont rechercher les héros en se rendant sur Apokolips pour libérer Kal-El, afin de reformer la Trinité et de concevoir un plan de la dernière chance pour vaincre une bonne fois pour toutes. Ils auront besoin de toutes les forces positives qui demeurent dans le vaste univers, de chaque étincelle de bonté et d'espérance qu'ils parviendront à raviver. Et même ainsi, c'est loin d'être gagné d'avance, car il leur faudra rien moins que redémarrer le Multivers dans son ensemble pour tenter d'effacer Perpetua et son sinistre vassal. Dans l'ombre, quelqu'un d'autre mène son propre plan désespéré pour tenter de rétablir la situation, quelqu'un que l'on n'attend plus et qui, pourtant, pourrait bien faire la différence en faisant pencher la balance d'un côté ou de l'autre de la fatale équation. La guerre est relancée !


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L'album contient en plus des trois premiers chapitres de la saga Death Metal elle-même des récits complémentaires, des variations sur le thème de Batman et de sa genèse, qui nous permettront de mieux comprendre les motivations et les existences torturées de ces êtres malfaisants par essence. La copieuse assemblée d'auteurs et d'artistes qui œuvrent tous sur ces titres et cette nouvelle saga signée Scott Snyder et Greg Capullo nous fait ainsi voyager d'un bout à l'autre de ce nouveau Multivers perverti, avec toujours comme point d'ancrage et de départ un Bruce Wayne différent ayant cédé à ses craintes les plus noires.


Ce sera à-priori le dernier grand volet de l'immense scénario bâti depuis Batman Metal (et même le run de Snyder sur la série Batman des New52 si on cherche bien), qu'Urban Comics nous propose dans plusieurs formats. Pour ma part, j'ai choisi d'acheter et de lire la version compilée en quatre tomes, contenant non seulement les chapitres de Death Metal mais aussi les à-côtés divertissant qui complètent le tout et rendent l'ensemble cohérent et très soutenu. Sachez cependant qu'il existe aussi une édition avec uniquement les chapitres principaux, chacun ayant droit à son propre album et à une couverture exclusive avec un célèbre groupe de rock/hard-rock/metal différent à chaque fois.


Que nous réserve l'avenir ? Est-ce que les anciens membres de la Ligue de Justice vont réussir à dissiper les ténèbres qui se sont abattues sur leur univers, ou bien finiront-ils dévorés à leur tour par cette force que rien n'arrête ? Si le monde a choisi la Fatalité, la Justice existe toujours quelque part, malgré toutes les guerres menées par Perpetua et les plans tortueux du Batman Qui Rit. Il ne manque qu'une petite pichenette pour redémarrer le tout...


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !