Sublime
Aphrodite, qui à l'image de la déesse antique, apparaît telle un
rêve, belle... à en mourir.
Cette
Aphrodite-ci ignore tout de son identité ou même de sa propre
existence. Tout ce qu'elle doit savoir, on le lui apprend avant
chaque mission, et on le lui reprend ensuite une fois le travail
effectué. Ce travail, c'est l'assassinat commandé. Aphrodite n'est
pas n'importe quelle jeune femme, c'est une meurtrière, un être
doté de la capacité de maîtriser tout type d'armes et d'exécuter
toutes les cibles qu'on lui désigne. Mais qui presse vraiment la
gâchette ?
Alors
qu'elle revient d'une nouvelle mission parfaitement accomplie et
qu'elle se réveille dans ce qu'elle suppose être son chez-soi,
Aphrodite fait la connaissance de Burch, un homme taciturne qui lui
explique ce qu'elle doit faire. Elle souffre apparemment de pertes de
mémoire intenses, qui ont lieu immédiatement après chaque contrat
rempli avec succès. Elle ignore depuis combien de temps elle fait
cela, ni pour qui exactement, mais une chose commence à être à peu
près sûre dans son esprit brouillé : ça doit s'arrêter.
Poursuivie
dans toute la ville par des hordes de flics cybernétiques, Aphrodite
remonte petit-à-petit le fil de sa mémoire défaillante, retrouvant
des bribes de son passé et des épreuves qu'on lui a fait subir.
Elle en est certaine à présent, elle ne peut avoir confiance en
personne tout autour d'elle. Elle ne peut même pas se faire
confiance, à vrai dire. Mais sa quête de réponses et de vérité,
ça en revanche elle y croit dur comme fer, et elle se battra contre
tout obstacle, même si cela implique de faire remonter des souvenirs
douloureux ou de découvrir une réalité que l'on préférerait
enterrer...
---
Série
emblématique de l'ère de gloire du studio Top Cow de Marc
Silvestri, vers la fin des années '90, Aphrodite IX
nous est ici présentée dans l'intégralité de son premier arc,
conçu par David Finch sur une idée de Joe Benitez, la crème de la
crème à l'époque et encore de nos jours si vous voulez mon avis.
Un grand merci aux éditions Réflexions qui nous offrent le plaisir
de redécouvrir cette histoire de science-fiction sexy en diable dans
un format complet et agréable, rendant la lecture vraiment
confortable. Pour une fois je n'ai pas grand chose à redire quant à
la qualité de l'album en lui-même, il y a vraiment eu un gros
travail pour que cette série soit éditée de la meilleure façon
possible. Allez, pour chipoter on va dire qu'un plus grand format
aurait été merveilleusement bien accueilli, mais c'est déjà pas
mal comme ça à vrai dire, et les textes sont clairement lisibles et
bien traduits. Que demander de plus ?
Je
suis un grand fan du travail de David Finch sur ce titre, que j'avais
découvert pour ma part avec les éditions Semic et leurs fascicules
très similaires aux single issues que l'on trouve en V.O.. Ça a
très mal vieilli cela dit, et une nouvelle édition était amplement
méritée. Cerise sur le gâteau, l'histoire est complète, et les
autres histoires arriveront dans quelques mois chez Réflexions avec
notamment le talent toujours inimitable de Stjepan Sejic pour la
version Rebirth.
Que
vous dire d'autre à part que c'est graphiquement à la limite du
parfait, c'est d'une beauté à couper le souffle et c'est l'exacte
représentation du style Top Cow et de l'école Silvestri. David
Finch n'est pas un scénariste très doué, mais aux dessins
quasiment personne ne lui arrive à la cheville à l'époque, si l'on
oublie les nombreux retards de production dont il était coutumier.
Je crois que l'on retrouve même un peu de la désormais célèbre
Lady Mechanika en
Aphrodite, Joe Benitez
devait déjà avoir quelques solides idées sous le coude et on ne
manquera pas de noter la coïncidence voulant que le même auteur
propose à des années d'écart deux femmes synthétiques à la
mémoire trouble qui cherchent désespérément à retrouver les
bribes de leur passé.
Accordez
toute votre confiance à Aphrodite IX,
car si jamais vous n'étiez pas séduits par le scénario qui il est
vrai n'a plus grand chose d'original de nos jours, les graphismes ne
manqueront certainement pas de vous laisser coi, dans l'attente
fébrile de la suite annoncée !
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Laura
et ses compagnons d'infortune assistent impuissants au duel épique
qui se joue entre Nicolaï, le seigneur des Nosferatus, et
l'impressionnant Sage de l'Est, Tamaki. Les deux adversaires refusent
l'un comme l'autre de céder du terrain, et l'affrontement s'allonge
tandis que les hommes armés font irruption dans le château et
purifient les corps de ceux qui sont déjà tombés. Finalement,
alors qu'il se remémore sa propre histoire, Nicolaï finit par
tomber face aux techniques de Tamaki, qui accepte de le reconnaître
comme un vaillant adversaire et de l'exécuter en compagnie de sa
dulcinée, Elein, venue pour mourir à ses côtés.
Le
château n'est plus rien à présent, et les troupes se tournent vers
de nouveaux villages à visiter et à purifier de toute présence des
Nosferatus. Tamaki laisse volontairement partir Laura et ses
compagnons, afin de les retrouver peut-être plus tard et surtout de
reprendre des forces en vue de cet affrontement futur. Quoi qu'il en
soit, Laura aura fait forte impression au Sage de l'Est, qui a déjà
hâte de la confronter prochainement. Pour l'heure, les chemins se
séparent.
Alors
qu'ils errent dans la forêt, les souvenirs épars de Laura les
ramènent au lieu où elle a repris connaissance au début de cette
aventure, et nos héros découvrent qu'un tunnel mène à une série
de grottes qui constituent un véritable village intérieur peuplé
autrefois de Nosferatus, mais aujourd'hui résidence de seulement
trois d'entre eux, en comptant Laura justement. Car la belle aux
cheveux rouges apprend de la bouche de Rinne, l'un de ses anciens
compagnons qu'elle retrouve sur place, qu'elle et Arnolt ont vécu
ici et qu'elle est même coutumière des purifications infligées par
son frère et de ses pertes de mémoire.
Tandis
que les souvenirs l'assaillent et lui révèlent une partie de son
passé, Laura laisse Elisa et Moroi faire plus ample connaissance
avec Rinne, qui s'avère être de bonne compagnie et assez curieux
concernant la dynamique de leur petit groupe de survivants.
Expérimentant seul dans son coin depuis une centaine d'années,
Rinne paraît un peu étrange mais il semble avoir bon fond malgré
sa nature ténébreuse. Mais alors que Laura se retrouve enfin face à
Arnolt, lui aussi revenu dans les grottes, elle n'a pas le temps de
le combattre que déjà l'endroit est assailli par des humains rendus
fous par le sang des Nosferatus.
Derrière
cette attaque soudaine se cache le sombre Ivan, un seigneur en quête
de bêtes surnaturelles à massacrer, pour on ne sait quelle raison
pour le moment. Accompagné par Serge, un épéiste gaucher des plus
doués, Ivan mène une campagne sanglante dans la région et n'hésite
pas à sacrifier ses propres hommes dans des incendies ravageurs pour
détruire toute trace des Nosferatus qu'il pourchasse. Cependant,
grâce notamment à Laura qui retrouve ses esprits, l'assaut tourne
court et Ivan est obligé de se lancer lui-même dans la bataille, en
compagnie d'une horrible créature formée à partir du sang de
nombreux Nosferatus et humains entremêlés...
---
Dans
ce troisième et apparemment avant-dernier tome de cette courte série
de vampires d'un genre peu commun, les révélations pleuvent aussi
bien que l'action haletante de tous côtés. Laura et son petit
groupe n'ont que peu de répit au final et doivent faire face à de
nouveaux dangers alors qu'ils se pensaient en sécurité et
commençaient à baisser la garde. Arnolt fait son grand retour
également, mais reste nimbé de mystère tant que Laura n'aura pas
une vraie occasion de le confronter et de lui arracher la vérité
qui lui manque encore pour rassembler toutes les pièces de sa
mémoire.
Quant
aux personnages secondaires, ils connaissent des rebondissements
plutôt épiques, notamment en ce qui concerne le seigneur Nicolaï
et sa promise. On n'échappera évidemment pas aux codes des mangas
de baston, avec des techniques de fous furieux et des poses
dynamiques, où les styles Orientaux et Occidentaux se rencontrent et
font des étincelles ! La majorité du tome est cependant
consacrée à la découverte de ce village caché de Nosferatus,
abandonné ou vidé de sa population originelle, qui recèle encore
de nouveaux mystères à éclaircir pour notre héroïne malgré
elle.
Le
prochain tome, le dernier normalement, devra répondre à tout un tas
de questions qui courent depuis le début de la série mais également
à celles qui apparaissent ici et se rajoutent à l'ensemble. Est-ce
que les auteurs parviendront à conclure leur série de la bonne
façon, sans laisser d'intrigues en suspend ? J'espère que oui,
mais je n'en suis pas tout à fait convaincu car en effet il y a
toujours beaucoup d'actions à faire passer à l'image, et plus il y
en a et moins on a le temps de vraiment se poser pour réfléchir. Ce
serait dommage que la série se termine de façon beaucoup trop
ouverte ou carrément bâclée, mais on ne sait jamais... en tout
cas, la vision particulière qu'a Shinjirô des vampires est
intéressante et pourrait être davantage développée à l'avenir.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Bonjour
à toutes et à tous, aujourd'hui nouvelle dizaine d'articles écoulée
et donc nouvel artbook à vous présenter, nouvelle centaine
d'articles écoulée de même, et donc l'artbook portera sur
l'immense artiste qu'était le regretté Michael Turner !
Ce
fascicule souple d'une quarantaine de pages est un recueil
d'illustrations et de témoignages de fans et d'artistes ayant
travaillé avec Michael Turner de son vivant, ou qui vivent
aujourd'hui encore son héritage, à l'occasion des quinze ans de la
maison d'édition Aspen Comics et des dix ans du décès de
son fondateur, des suites d'un cancer, à seulement 37 ans.
Toutes
les personnes qui ont apporté une pierre à l'édifice Aspen, tous
les collaborateurs de la ''famille'' Turner, sont ici invités à
laisser un mot, un témoignage, une anecdote et bien sûr un dessin
illustrant leur vision de l'univers Aspen.
Il
y a même le témoignage très émouvant d'un fan Français dont la
vie a été profondément marquée par l'art de Michael Turner et ses
séries les plus emblématiques comme Fathom
notamment. C'est vraiment une bonne chose que ce monsieur ait pu
laisser sa marque également dans ce petit artbook, et ça montre que
malgré les mauvaises langues et les détracteurs, le style Turner
fonctionne très bien aussi chez nous, en tout cas auprès des
amateurs et des fans.
Peter
Steigerwald aura le mot de la fin, la dernière page lui étant
consacrée, ainsi qu'à son texte hommage vraiment très réussi et
très marquant qui revient principalement sur la journée de
l'annonce du décès de Michael Turner, dont il était le plus proche
collaborateur justement, son coloriste attitré et son ami. Loin de
tourner au pathos, cet hommage nous fait découvrir cette journée
fatidique sous un nouvel aspect, en rappelant que de nombreux
artistes renommés comme Marc Silvestri et David Finch avaient déjà
tenu à l'époque à rendre un vibrant hommage à la mémoire de
Michael Turner, au détriment de leurs propres panels à la
convention de Chicago ce jour-là.
Pour
le meilleur, Michael Turner aura marqué les esprits et les codes des
éditeurs indépendants aux États-Unis dans le petit monde des
comics. De Witchblade à
Soulfire en passant
bien sûr par Fathom mais
aussi Ekos son
ultime projet inachevé, de paroles en souvenirs émus, les grands
noms et les proches nous invitent à partager nous aussi l'héritage
phénoménal de Michael Turner.
Ceci
constitue mon 900ème article sur le blog depuis la reprise en 2014 !
Nous avons fait du chemin en huit ans, et j'espère pouvoir continuer
à vous éclairer et à vous faire découvrir de nombreuses autres
œuvres littéraires ou graphiques en tous genres dans les mois et
années à venir. A partir du 200ème article des V.O. du vendredi,
je vous présenterai des comics que j'aime tout particulièrement et
dont beaucoup sont liés à Aspen et Michael Turner justement,
j'espère que ça vous plaira et que les fans seront au rendez-vous !
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Fourmille
et Yuri sont en voyage en Orient, en Chine plus exactement, à la
recherche de nouveaux artistes à produire et à présenter sur les
scènes de Broadway. Leur choix s'arrête sur la jeune
contorsionniste Petit-Serpent-Tombé-du-Nid, qui fait montre d'un
talent extraordinaire parmi sa troupe. Il faut dire qu'elle a aussi
sacrément tapé dans l’œil de Yuri, qui a bien envie de faire
plus ample connaissance, au grand dam de Fourmille...
Petit-Serpent
leur révèle qu'elle vient en réalité d'un temple Shaolin reculé,
où les moines apprennent tous à maîtriser un art martial
impressionnant qui pourrait devenir un numéro vedette si on arrive à
les convaincre de se reconvertir. Peu de chances que ça arrive, mais
on ne sait jamais ! Nos producteurs de spectacles s'enfoncent
donc dans la Chine profonde avec leur guide, jusqu'au temple lui-même
où les accueille un singulier personnage : le fantôme d'un
sage décédé depuis près de trois siècles !
Ce
spectre railleur et farceur va immédiatement prendre Fourmille en
haute estime, car il découvre bien vite qu'elle est capable
d'abriter son esprit. Prenant alors possession de son corps, le
défunt sage entreprend de mener la grande vie maintenant qu'il a
retrouvé des sensations physiques, mais surtout de se rendre à
Pékin pour régler une vieille affaire trop longtemps mise en
attente.
C'est
donc un voyage à travers les majestueux paysages qui s'annonce,
jusqu'à la mystérieuse Cité Interdite, où tout se dénouera et où
le sage révélera sa vraie nature et son but ultime. De nouveaux
secrets sur le monde-miroir, terre des Preshauns seront découverts
par notre petit groupe, mais pas sûr qu'ils puissent en tirer profit
car ils sont poursuivis par les moines Shaolins qui ont la ferme
intention de les éliminer pour récupérer leur fantôme et protéger
le terrible secret vieux de plusieurs milliers d'années...
---
Ce
dixième tome de Ekhö nous
fait voyager dans une Chine fantastique où, comme la série en a
désormais instauré l'habitude, nous redécouvrons des paysages et
des contrées connues sous un nouveau jour, dans un monde où
l'électricité n'est jamais apparue et où la technologie et la
magie se sont liées dans le quotidien des habitants.
Il
y aura quelques références pas si innocentes aux débuts de la
pandémie mondiale actuelle, à titre humoristique bien entendu, et
sans tomber dans la caricature lourdingue. On sent un certain
attachement des auteurs à ce beau pays qu'est la Chine ancestrale,
une terre de traditions et de mystères spirituels.
La
représentation qui en est faite galope au milieu des clichés
Occidentaux, certes, mais jamais sans une certaine forme de malice,
surtout incarnée par le personnage du fantôme du vieux sage,
espiègle s'il en est. Au final la série prend toujours plus
d'ampleur et parvient à se développer en renouvelant son monde et
son concept sans trop nous dépayser. C'est agréable, comme
toujours !
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Dans
Saint d'esprit, le Joker
affronte une nouvelle fois Batman durant un duel explosif. Mais ce
coup-ci, il semble bien que le sinistre Clown Prince du Crime l'ait
emporté ! Batman, brisé et laissé pour mort dans une rivière,
c'est tout ce que désirait le Joker, son ultime accomplissement.
Commence alors pour lui une nouvelle vie, une vie qu'il se sera
choisie, loin de la vague de crimes dont il était jusqu'à
maintenant responsable.
Ainsi,
après un traitement pour la couleur de sa peau et pour équilibrer
quelque peu ses traits, apparaît au grand jour Joseph Kerr, un
simple comptable discret, calme et un brin romantique qui n'aspire
qu'à une seule chose, une vie tranquille et bien rangée. Joseph
rencontre même l'amour en la personne de la tendre Rebecca, lumière
de ses jours, à qui il va jusqu'à proposer de l'épouser. Tout est
pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Mais
le Batman n'est pas vraiment mort. Repêché à des lieues de Gotham
et soigné en secret, le Chevalier Noir sait bien que son mortel
adversaire risque de refaire surface un beau jour, et il faudra qu'il
soit présent et en pleine forme pour l'arrêter une fois de plus
avant que des innocents n'en souffrent. Commence alors un véritable
drame durant lequel Batman se questionnera de nombreuses fois sur la
légitimité de son combat sans fin, tandis que Joseph Kerr, à
l'annonce du retour du justicier de la nuit, replonge dans sa
psychose elle aussi sans fin. Les deux se valent bien, et pour eux
c'est à la vie à la mort, pour toujours.
Dans
L'avocat du Diable, le
Joker commet un nouveau crime en attaquant les services postaux pour
réclamer un timbre à son effigie, ayant eu connaissance d'une série
de timbres produits en commémoration des plus grands artistes
d'antan. Mais ce coup-ci il est allé bien trop loin. De nombreux
timbres empoisonnés sont retrouvés aux quatre coins de la ville, et
plusieurs victimes sont déjà mortes les traits figés dans cette
abominable parodie de sourire.
Pour
la police et le bureau du procureur, il n'y a aucun doute possible,
le Joker est coupable. Les services de la ville parviennent à mettre
sur pieds un procès retentissant, où le Joker sera jugé coupable
et en pleine possession de toutes ses facultés pour répondre de ses
crimes. C'est la douche froide, direction le pénitencier de
Blackgate et non plus l'asile d'Arkham, droit dans le couloir de la
mort précisément.
Alors
que toute la ville se réjouit de l'exécution prochaine du Clown,
une personne ne dort toujours pas et fait des pieds et des mains pour
prouver l'innocence du Joker concernant l'affaire des timbres piégés.
Cette personne, c'est Batman. Il refuse de croire que le Joker soit
responsable de cette vague de décès, qu'il impute plutôt à
d'anciens complices qui auraient envie de charger la mule autant que
possible, par revanche ou par plaisir. Retournant tout le milieu
criminel de la ville, le Chevalier Noir et son fidèle acolyte Robin
n'ont bien vite plus que quelques jours pour faire acquitter le Joker
avant qu'il ne passe sur la chaise électrique.
Lâchés
par tous ses alliés, Batman s'entête envers et contre tous pour
prouver qu'il a raison et que, cette fois-ci, son ennemi juré n'a
pas été jugé correctement. Le doute le tenaille alors que de son
côté le Joker fait son jeu du cirque médiatique autour de son
exécution prochaine, idéal pour son image et pour l'empreinte qu'il
laissera dans les mémoires. Si Batman parvient à prouver ce qu'il
affirme, une monstrueuse erreur judiciaire sera évitée de justesse,
mais un monstre revanchard sera de nouveau lâché sur la ville et
ses habitants à la prochaine crise de folie du Joker. Autrement,
c'en est fait du Clown Prince du Crime. Qui l'emportera ?
---
Ces
deux histoires traitent à la fois de la folie du Joker, ou plutôt
de ses folies, mais aussi de la relation tordue et réciproque qu'il
partage avec Batman depuis leur première confrontation. Le premier
récit nous ferait beaucoup penser aujourd'hui à Megamind
de Dreamworks, dont le scénario
est à peu près le même sans le sanglant et l'oppressant, et au
moins en ce qui concerne l'intrigue de départ. Quant à la seconde
histoire, elle joue avec le désir de justice absolu qui anime Batman
et le nihilisme profond du Joker, pour qui tout n'est qu'un jeu à
condition que l'on reconnaisse ses mérites.
Parues
en 1994 et en 1996, elles explorent chacune un aspect bien
particulier de ce lien étrange mais si fort qui rapproche les deux
opposés de Gotham. Dans l'une, le lecteur en vient à se demander si
tout compte fait le Joker n'aurait pas droit à sa petite rédemption,
et si sa folie n'est pas plutôt déclenchée par Batman lui-même et
sa seule présence. Sans le justicier détective, le Clown aurait-il
encore une raison d'être ? Et du coup, peut-on dire que c'est
la croisade sans fin de Batman qui provoque l'apparition du Joker sur
sa route ? Où s'arrête la responsabilité de chacun ?
Dans
l'autre récit, c'est cette fois-ci le droit à la Justice dont
bénéficie tout citoyen Américain qui est peut-être remis en cause
de façon assez polémique par les auteurs. Est-ce qu'un être comme
le Joker a droit lui aussi à un procès équitable et vaut-il la
peine qu'on s'échine à le défendre alors que tout le condamne ?
Pour certains, il y a une différence notable entre être coupable et
être responsable. Pour Batman, il est absolument hors de question de
laisser le système judiciaire envoyer quelqu'un à la mort sans
avoir écarté le plus petit doute possible sur sa culpabilité
réelle, alors que tout le reste de la ville et du fameux système se
réjouit d'avance de l'événement. On est alors en droit de se poser
plusieurs questions, dont celle-ci : si ça n'avait pas été le
Joker, Batman aurait-il fait preuve d'autant de zèle pour défendre
sa conviction profonde ?
Joker
– Fini de rire est donc un
album essentiel pour tous les lecteurs qui chercheraient à mieux
comprendre ce qui rattache Batman au Joker et inversement, au-delà
de leurs origines respectives. Ce sont deux très belles explorations
de l'univers tortueux et parfois pas vraiment juste du Chevalier
Noir, et j'espère vraiment qu'Urban aura l'occasion à nouveau de
nous ressortir de petites pépites comme celles-ci, peut-être avec
d'autres personnages. La collection Arkham
paraît idéale pour cela, de petites anthologies revenant sur les
aventures mémorables de tel ou tel vilain de la galerie de la
Chauve-souris. Qui vivra verra !
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Nos
héros sont poursuivis dans l'espace lointain par les terribles
aliens Broods, dont ils portent chacun un œuf qui s'apprête à
éclore et à les transformer à jamais. Les odieuses créatures ne
leur laissent aucun répit, jusqu'au moment où Tornade décide de se
sacrifier pour sauver ses compagnons d'infortune. Liant son esprit
avec les forces cosmiques, elle attire l'attention d'une majestueuse
créature voguant dans l'espace, qui lui révèle alors le secret des
Broods et le moyen de les vaincre. Prenant contact avec ses
coéquipiers, Ororo s'assure que les parasites infernaux ne feront
plus jamais de mal à quiconque, même si cela va à l'encontre de
son vœu de protéger toute vie.
De
retour sur Terre, les X-Men apprennent que, les ayant considéré
comme morts, leur mentor Charles Xavier a une nouvelle fois formé
une nouvelle équipe pour les remplacer. C'est donc l'heure de
découvrir les Nouveaux Mutants, un groupe d'adolescents pas bien
plus âgés que les premiers X-Men à leurs débuts, et que Xavier
entraîne et forme pour constituer la relève. Heureusement, ils ne
devront pas aller sur le terrain tout de suite, vu que la génération
précédente vient de rentrer saine et sauve. Mais il y a encore un
problème à résoudre : la reine-mère des Broods a eu le temps
d'implanter un dernier œuf dans le corps de l'un de nos héros... le
Professeur Xavier en personne ! L'embryon prend alors possession
de son corps et de ses pouvoirs, sans toutefois en avoir le contrôle.
Finalement défait par Tornade et son groupe ainsi que la conscience
de Xavier en lui, l'ennemi vaincu disparaît. Pour sauver leur mentor
avant qu'il ne soit trop tard, les X-Men ont recours à une
technologie alien pour lui cloner un nouveau corps et y transférer
son esprit !
En
théorie, cela lui permettrait même de marcher à nouveau, mais son
esprit refuse de s'y faire et la douleur psychosomatique qu'il
ressent de façon intense l'empêche de maîtriser ses jambes. Avec
les bons soins de Lilandra, rien n'est impossible, mais cette
dernière doit encore décider si elle veut repartir dans le cosmos
pour mener une guerre de rébellion contre sa propre sœur Deathbird,
usurpatrice du trône Shi'ar.
C'est
à ce moment que de nouveaux ennemis font leur apparition, en plein
cœur de New York. Les Morlocks, des mutants jugés imparfaits et
disgracieux par eux-mêmes autant que par la société vivant à la
surface, ont enlevé Angel pour en faire de force le prince consort
de leur chef, Callisto, une redoutable guerrière. Nos valeureux
héros volent au secours de leur ami jusque dans les tunnels loin
sous la ville, mais sont capturés et mis en échec par les troupes
de Callisto. Tornade, jusqu'ici mal à l'aise à cause de cet
environnement, prend alors la décision de défier Callisto en duel à
l'arme blanche, sans pouvoirs, pour la vaincre et s'emparer de son
titre de reine des Morlocks. Une fois Callisto à terre, Tornade
instaure de nouvelles règles et les héros se retirent à la surface
avec Warren, qui gardera un souvenir cuisant de cette aventure.
Du
reste, Tornade n'est pas la seul à faire preuve d'un certain
changement dans son comportement autant que dans son sens moral.
Malicia, jusque là membre de la Confrérie menée par Mystique,
frappe à la porte de l'Institut Xavier afin d'y demander de l'aide
pour elle-même, menacée de devenir folle par la perte de contrôle
sur son pouvoir d'absorber les souvenirs et mentalités de ses
victimes. Contre toute attente et surtout contre l'avis de Tornade et
des autres, Xavier décide de lui donner sa chance en l'incluant dans
le groupe de ses X-Men, à titre probatoire. Une décision lourde de
conséquences, et qui brise la confiance qu'Ororo lui portait encore.
Fragilisée,
la meneuse de nuées vivra très mal la prochaine aventure se
déroulant au Japon, pour la préparation du mariage de Mariko et
Logan ! Le clan Yoshida étant lié à la pègre locale, la
cérémonie n'aura pas lieu sans l'inévitable intervention
d'assassins chevronnés et du Samouraï d'Argent, grand adversaire de
Wolverine qui tente de regagner sa place au sein du clan. Malicia
fera ses preuves en se montrant une alliée de confiance pour les
X-Men, ce qui fera taire les doutes quant à sa présence. Cependant,
confrontée à une telle violence, Ororo en ressort changée et
exprime une toute nouvelle facette de sa personnalité, des plus
surprenantes et dérangeantes.
Enfin
de retour en Amérique, les valeureux mutants vont devoir faire face
à l'un de leurs plus dangereux et intimes ennemis, qui depuis des
mois ne cesse de les harceler avec d'étranges illusions et
événements visant à les affaiblir et à semer le doute entre eux.
Quand Scott projette enfin d'oublier Jean et de vivre sa vie, il
tombe sur Madelyne Pryor, le parfait sosie de feu sa bien-aimée, et
une idylle finit par se nouer entre eux malgré les réticences
premières de l'ancien leader de l'équipe. Il s'avère
malheureusement que Madelyne est elle aussi un pion dans la
machination tordue de cet ennemi qui se cache au grand jour, comme à
son habitude, et qui ne renoncera pas avant d'avoir fait vivre aux
X-Men leur pire cauchemar.
Leur
faisant croire que le Phénix Noir est revenu d'entre les morts pour
les terrasser, l'adversaire mystérieux provoque une véritable
panique et une pluie de catastrophes sur le groupe, jusqu'au point de
non-retour. Tornade finit par avoir le dernier mot grâce aux
déductions de Cyclope, et nos héros démasquent alors le Cerveau,
cet illusionniste mutant qui avait signé la perte de Jean Grey mais
avait également perdu la raison au passage. Inconscient désormais,
il est épargné de justesse par une Tornade en furie, qui perd le
contrôle de ses émotions et de ses pouvoirs. Son sort final ne sera
pas communiqué, mais il est clair qu'il est allé bien trop loin
cette fois-ci.
Scott
épouse finalement Madelyne, tandis que la pression retombe à
l'Institut et que chacun réapprend à vivre ensemble. Ce ne sera
certainement pas simple pour tout le monde, il reste des tas de
choses à régler, notamment pour Wolverine qui repart au Japon, ou
pour Illyana qui semble se souvenir brutalement de ce que lui a
infligé le démon Belasco durant la moitié de sa jeune vie passée
dans les Limbes. Autant d'affaires et de traumas qu'il faudra régler
au plus vite, car la paix ne dure jamais bien longtemps. Déjà les
officiels commencent à prendre des décisions sur le sort des
mutants de part le monde, et la paranoïa s'installe au sein des
gouvernements qui se demandent quand ces êtres exceptionnels
deviendront des armes de guerre...
---
C'est
donc la fin de la grande épopée spatiale des X-Men face aux Broods,
même si bien entendu on ne sera pas sans revoir ces affreuses
créatures d'ici quelques temps, une haine si féroce se cultivant
sur la longueur. Cette année 1983, marquant le vingtième
anniversaire de la série, est très mouvementée pour nos héros qui
ne sont pas tous logés à la même enseigne face à l'adversité.
Si
certains comme Diablo ou Kitty semblent s'accommoder de ces quelques
aventures qui ne brouillent pas leur vie privée, d'autres morflent
réellement comme Tornade, Cyclope ou encore Wolverine.
L'affrontement final face au Cerveau fera du mal à tout le monde,
mais à certains plus qu'à d'autres. Pas sûr dès lors que l'équipe
soit encore capable de se faire totalement confiance... et c'est
d'autant plus intéressant qu'entre en jeu Malicia, une ancienne
ennemie devenue par la force des choses nouvelle recrue à qui il
faudra apprendre à faire confiance, justement.
Les
X-Men ont toujours été les étendards des minorités, des rejetés
et des laissés pour compte de la société, dans les comics comme
dans la réalité. Chris Claremont décide d'ajouter à cela les
Morlocks, véritablement rejetés par tout le monde eux, qui vivent
presque dans leur propre ville souterraine tout en enviant ceux de la
surface. Le groupe de mutants choisis par Xavier apparaît alors
comme des privilégiés, en fin de compte, qui ne comprennent pas
vraiment que le sort a pu se montrer plus rude pour d'autres. Tornade
en particulier vit très mal cette expérience dans les tunnels, et
c'est sans doute l'une des raisons qui auront provoqué sa
métamorphose stylistique au Japon quand elle se retrouvera débordée
par un trop-plein d'émotions ingérable. Sa fusion cosmique avec un
Acanti et la séparation qui s'en est suivie n'a pas aidé non plus
il faut bien le dire.
Vous
le voyez, les X-Men sont toujours porteurs d'une certaine dimension
sociale dans leurs conflits avec le reste du monde et même entre
mutants, aux quatre coins de la planète et même dans l'espace
intersidéral. Se battant toujours pour les faibles et les démunis,
peut-être ont-ils perdu de vue la raison première de leur union par
le Professeur X, tout comme le mentor semble lui aussi avoir perdu le
contrôle de cette seconde génération qui lui a tant donné. Rien
n'est irréparable mais on sent déjà les prémices de crises à
venir, qui s'étaleront tout au long du run de Claremont, comme une
vraie série à suspens et prévue pour durer.
Enfin
on peut saluer en 1983 l'arrivée sur le titre du dessinateur Paul
Smith, qui officie la plupart du temps cette année-là et illustre
certains des meilleurs chapitres de la série depuis un moment. Il
est aidé par Walt Simonson et John Romita Jr., des valeurs sûres
déjà à l'époque, et tous les artistes nous offrent du grand
spectacle qui fait encore son petit effet aujourd'hui, près de
trente ans après. Les années '80 seront loin d'être de tout repos
pour les mutants de toutes les générations, comme nous continuerons
à le voir année après année au sein de cette belle collection
d'intégrales.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
D'aussi
loin qu'elle s'en souvienne, Chastity Jack n'a jamais eu beaucoup de
chance. Transformée en créature mi-humaine mi-vampire, elle possède
cependant des capacités largement hors du commun, le meilleur des
deux mondes réuni en une seule personne. Depuis, elle traque les
vampires où qu'ils soient et les massacre sans pitié. Mais cette
chasse ne paie pas vraiment en définitive, et pour vivre décemment
elle a donc besoin de se trouver un travail.
En
se rendant à une audition pour devenir artiste, Chastity se retrouve
piégée avec d'autres jeunes femmes et droguée jusqu'à en perdre
connaissance. A son réveil, elle est enchaînée dans la cale d'un
cargo en route vers l'inconnu, au milieu de plusieurs autres
victimes. Il devient alors évident qu'il s'agit d'un immonde trafic
d'êtres humains, même si pour le moment on en ignore la nature
exacte. Sitôt libérée de ses fers, Chastity entreprend de sauver
ses codétenues et de les protéger jusqu'à leur libération loin de
ce navire infernal.
Les
gardes armés se succèdent et sont évidemment tous massacrés sur
le chemin de la demi-vampire et de son groupe, qui découvrent
d'ailleurs qu'elles sont loin d'être les seules prisonnières à
bord. Libérant toutes celles qu'elle peut, Chastity mène son équipe
jusqu'au moment où elles doivent faire face à une résistance
musclée de la part des gardes, lourdement armés cette fois et
commandés par une femme mystérieuse qui s'avère assez forte pour
résister à Chastity et même la mettre en difficulté au corps à
corps !
Prise
au piège dans la salle radio, Chastity n'a plus beaucoup de temps et
plus beaucoup d'options devant elle. Prenant une lourde décision,
elle transforme en créatures de la nuit les autres captives qui
l'ont accompagnée, afin de rééquilibrer le jeu et d'avoir plus de
force de frappe de son côté. Quand le navire s'échoue contre les
quais de l'île qui était sa destination, c'est le signe que le
moment est venu de sortir et de reprendre le contrôle des
opérations.
Sur
l'île cependant, la partie risque d'être bien plus serrée. En
effet, après avoir découvert un groupe de cages à taille humaine
baignées de sang, nos évadées se retrouvent aux prises avec une
meute de loups-garous, les véritables monstres qui peuplent cette
terre impie. Valentine, la meneuse, s'avère elle aussi être une
lycanthrope, d'une puissance peu commune même parmi son espèce.
Chastity aura bien du mal à lui résister, mais soudain alors
qu'elle s'apprête à céder elle découvre que le sang de la louve
lui donne des forces insoupçonnées, comme une sorte de super-boost.
Triomphant maintenant sans mal de son adversaire, la demi-vampire ne
parvient malheureusement pas à lui arracher toute la vérité au
sujet du trafic auquel elle se livrait, avant que les autres femmes
ne viennent l'achever.
Tout
semble donc rentré dans l'ordre, la C.I.A. arrive même pour
nettoyer les traces et mener une enquête approfondie sur l'île,
mais ce n'est plus du ressort de Chastity qui emmène avec elle ses
nouvelles recrues et amies d'infortune. Puisqu'elles n'ont plus nulle
part où aller, elles formeront toutes ensemble une nouvelle troupe
de théâtre donnant dans les arts du cirque burlesque, et se feront
engager partout où l'on aura besoin d'elles. Chastity est soulagée
pour un temps, et s'assure bien que chacune de ses nouvelles amies a
perdu ses pouvoirs éphémères qu'elle leur avait prêté. A
Londres, cependant, les membres d'un vaste complot dînent ensemble
et discutent de l'échec de Valentine sur l'île. Des représailles
sont envisagées, dirigées principalement contre Chastity, tandis
que l'affaire sera étouffée par les taupes en place à la C.I.A..
Le Zoo s'en tire donc sans grand mal, et le prochain mouvement risque
d'être fatal à nos survivantes, qui ont eu beaucoup de chance...
---
Chastity
n'est pas vraiment le personnage que je préfère au sein de l'écurie
de Chaos! Comics, reprise depuis des années par Dynamite. Mais sa
première mini-série était assez sympathique (cf. l'article qui y
était dédié dans les V.O. du vendredi sur le blog il y a
longtemps), j'ai donc eu envie de découvrir celle-ci et bien m'en a
pris puisque c'est une réussite à nouveau !
L'histoire
est sanglante mais pas gore non plus, tout est une question de juste
mesure et de bon dosage, et ça fonctionne plutôt bien. Malgré les
enjeux que l'on nous dévoile à la fin, il s'agit avant tout d'une
histoire de survivalisme assez intimiste autour d'un groupe de
prisonnières d'un odieux trafic humain, que l'on prend plaisir à
voir sympathiser les unes avec les autres et se sauver malgré
quelques pertes tragiques inévitables.
Le
dessin est plutôt bon lui aussi, les différents artistes de cette
mini-série œuvrent ensemble à tous les niveaux pour concevoir un
récit équilibré et cohérent qui change un peu il faut bien le
dire des anciennes productions de ce label. L'évolution se fait pour
le mieux, et on peut espérer que les prochains titres seront aussi
sérieusement travaillés, tout en conservant cette irrévérence qui
fait tout le sel de Chaos! et que l'on adore retrouver. Une bonne
lecture récente donc, et qui peut s'aborder sans avoir aucune notion
particulière du passé du personnage principal, il vous suffit
simplement d'embarquer et de suivre le fil.
L'Été
est enfin arrivé, et les grandes vacances sont l'occasion rêvée
pour sortir et faire de nouvelles emplettes à la recherche
d'accessoires et de tenues intéressantes pour le cosplay !
Marine entraîne toujours Gojô avec elle et lui suggère de nouveaux
personnages dont elle aimerait tenter un cosplay, et fidèle à
lui-même Gojô envisage aussitôt tous les aspects pratiques de la
fabrication du costume, allant même jusqu'à se renseigner sur les
maquillages et autres artifices nécessaires.
Mais
quand Marine emmène Gojô faire les boutiques, par une belle
journée, elle lui révèle qu'elle a l'intention de lui acheter des
vêtements différents pour qu'il puisse changer son style bien trop
sérieux et traditionnel ! Tandis que Gojô essaie plusieurs
nouvelles tenues, Marine réalise petit à petit qu'elle est en train
de se comporter comme une petite-amie sélectionnant les vêtements
de son copain, et cette impression la met en joie ! Bien sûr,
Gojô n'y voit que du feu.
Par
la suite cependant, le jeune homme aura matière à réfléchir sur
le sujet car Marine lui annonce que pour son prochain shooting elle a
loué un studio non loin de chez lui, studio qui se révèle être un
love hotel... malgré l'évidente confusion, tout se passe pour le
mieux et les deux amis passent d'excellents moments ensemble dans
cette chambre, à parler de leurs projets cosplay et à préparer les
photos à venir. Marine est aux anges, Gojô s'imprègne à fond dans
son rôle de photographe et fait même quelques suggestions et
surprises à sa modèle qui en est ravie. Tout allait au mieux
jusqu'au moment fatidique où, après la dernière photo, les deux
adolescents réalisent pleinement où ils se trouvent et ce qu'ils
pourraient normalement y faire...
Heureusement
le malaise se dissipe rapidement, mais l'idée ne les quittera pas
pendant un certain temps encore. Marine est en effet de plus en plus
attirée sincèrement par Gojô, et elle aimerait bien trouver un
moyen de lui faire partager ses sentiments, sans briser non plus sa
confiance et leur belle amitié. C'est après un rush de ses devoirs
de vacances qu'elle accepte d'assister avec lui à l'un des derniers
festivals de la saison, en tenue traditionnelle bien sûr ! Gojô
est littéralement sous le charme, et Marine en est bien consciente,
mais ce n'est pas encore le moment de foncer. Les deux amis profitent
pleinement de leur belle soirée, en toute innocence et avec
complicité.
Les
choses se gâtent cependant quand ils passent un après-midi à
regarder des films d'horreur sur la télévision de Marine. La jeune
femme prend un air très assuré, mais en réalité elle n'en mène
pas large alors que Gojô se révèle fasciné par les effets
spéciaux et les techniques de maquillages. Seule chez elle pour la
nuit, Marine commence à paniquer et elle téléphone à Gojô pour
qu'il l'aide à s'endormir calmement. La conversation se passe très
bien, et c'est finalement Gojô qui s'endort le premier, à la grande
joie de Marine qui en profite pour lui avouer ses sentiments pour la
toute première fois, comme belle façon de veiller sur son sommeil.
---
Ce
cinquième tome est totalement consacré à la relation entre Marine
et Gojô, on n'y voit aucun autre personnage de la série, les
vacances d'Été sont donc le temps idéal pour opérer un
rapprochement entre nos deux protagonistes ! Toujours sans
aucune malice ni aucun mauvais goût, Shinichi Fukuda parvient à
nous faire vivre ces moments d'intimité et de passion entre les deux
adolescents, passant de la belle amitié jusqu'à la naissance et à
l'aveu progressif de sentiments plus forts.
Aucun
des deux n'est pleinement conscient de plaire à l'autre, mais chacun
nourrit en réalité le même attachement sincère et puissant, ainsi
que l'envie d'en faire davantage pour l'autre. Gojô s'investit
toujours plus dans les shootings de Marine et la préparation de ses
tenues de cosplay, il se donne à fond pour elle et surtout pour lui
faire plaisir, ce qu'elle apprécie tout particulièrement. La séance
de shopping qu'elle lui réserve pour lui trouver de nouveaux
vêtements est sa façon bien à elle de commencer, tout doucement, à
apposer sa marque sur son futur partenaire.
Le
dessin est vraiment adorable et ne fait que se bonifier de tome en
tome, c'est un réel plaisir à suivre page après page ! Marine
est véritablement attachante et Gojô très touchant de naïveté
ou, plus probablement, d'innocence. Observer le rapprochement entre
eux est un vrai plaisir également pour le lecteur, avide d'en
apprendre davantage. Cette gentille série tranche-de-vie est
toujours un bon moment à passer, très instructif en plus sur le
monde du cosplay même si dans ce tome-ci la romance naissante prend
davantage de place que précédemment. Vivement la suite !
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Le
Diable de Woodsburgh fait enfin son apparition et règle ses comptes
avec la chose qui possède le corps de celle qui se fait appeler Lady
Hellaine. Alors que la plupart des révélations sont enfin faites,
l'affrontement entre les créatures pourrait mettre en danger la
ville toute entière ainsi que l'héritage des Swanson. Mais un petit
grain de sable se glisse soudain dans la mécanique bien huilée que
Goodwill avait mis des années à préparer. Les sentiments sincères
de Lady Hellaine envers la petite Rory risquent de mettre en péril
toute l'opération, mais agir directement contre la fillette serait
suicidaire à ce stade. Peut-être existe-t-il un autre moyen de
récupérer l'amour et l'attention de Lady Hellaine, si tant est que
ces étranges créatures qui les habitent puissent ressentir de
telles émotions...
---
Je
ne vais pas y aller par quatre chemins, je pense que je suis
totalement passé à côté du final de cette bande-dessinée si
spéciale. J'ai pleinement savouré le charme gothique de l'histoire,
des dessins et les émotions diverses que l'autrice fait passer à
travers son œuvre, mais simplement ça ne m'a pas touché autant
qu'il l'aurait fallu je pense. Peut-être la fatigue, ou tout
simplement que je n'étais pas vraiment le public ciblé par ce
récit, qui demeure par ailleurs de qualité il faut bien le dire.
Peut-être
aussi que j'en attendais trop, et que ce final ne me satisfait qu'en
partie. Toujours est-il que je prendrai sans doute plaisir à relire
cette trilogie assez fine dans les années à venir, une fois le tout
bien potassé et assimilé, et peut-être qu'alors je comprendrais
mieux ce qu'il y avait à comprendre. Je conseille néanmoins Mercy
à tous les amateurs de romans
gothiques typiques du XIXème siècle, dans un style plus western
cependant, avec une légère touche de Lovecraft en bonus.
C'est
en revanche une lecture frustrante pour quelqu'un qui voudrait que
toutes les ficelles narratives soient démêlées à la fin, et
trouver une réponse à toutes les questions soulevées. L'histoire
est telle que de nombreux points resteront dans l'ombre, et il faudra
alors vous faire votre propre interprétation pour tenter d'y voir un
peu plus clair. Du reste, la richesse des thèmes abordés au cours
de ces trois petits tomes aura de quoi tenir votre réflexion
éveillée un bon moment, à condition d'être ouvert d'esprit bien
entendu.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Gotham
City est une ville qui donne toujours envie de sourire... en tout cas
pour les clowns. Il faut dire que pour eux, depuis quelques temps, la
vie est belle ! Le Joker s'est emparé de tous les actifs et
biens de la famille Wayne, incluant tout ce qui sert d'ordinaire le
Batman dans sa croisade contre le crime, et bien entendu Wayne
Enterprises y compris. Ayant retourné chaque avantage du Chevalier
Noir contre lui, le Clown Prince du Crime n'a plus qu'une idée en
tête, réussir son grand final.
La
ville est à feu et à sang, nuit et jour. La police est immobilisée
de force par la mairie et les pots-de-vin, les clowns au service du
Joker pillent et détruisent tout ce qu'ils peuvent sur leur passage,
personne ne semble à l'abri. Batman lui-même est au plus mal.
Empoisonné par son ennemi avec une toute nouvelle toxine aux effets
gonflés à bloc, il est en proie à d'atroces hallucinations et
délires, mais parvient de justesse à échapper au piège qu'on lui
tendait. Grâce aux bons soins d'Harley Quinn, Batman va peu à peu
retrouver la maîtrise de son esprit et de son corps, mais ce sera
peut-être déjà trop tard...
Le
Joker accélère la mise en place de son chef-d’œuvre :
l'usine chimique Ace Chemicals produit en masse la nouvelle toxine,
tandis que la sbire numéro un, Punchline, organise les
réjouissances. Un nouveau plan tordu qui réserve à tout Gotham un
avenir des plus sombres. Mêmes les autres vilains traditionnels se
terrent, planqués dans un endroit tenu secret, attendant que l'orage
passe pour voir de quoi ils hériteront après la fin de leur monde.
L'heure
du grand face à face ultime est enfin arrivée. Le Joker va faire
tout son possible pour pousser Batman dans ses derniers
retranchements, et encore au-delà, jusqu'au fatidique point de
non-retour que la Chauve-souris s'est jurée de ne jamais franchir.
Sera-t-il capable de tenir cette promesse cette fois-ci encore, ou
bien est-ce la fois de trop, pour de bon ? Une seule chose
paraît sûre et certaine à l'heure actuelle : Gotham va
changer, quoi qu'il arrive à l'issue de cette dernière nuit de
terreur. Batman sera-t-il toujours là, et capable d'encaisser ce
changement ? Le Joker aura-t-il le dernier rire au bout du
compte ?
---
La
belle histoire du duo d'ennemis le plus célèbre du monde des comics
DC s'apprête à tourner une page majeure. Batman et le Joker,
dernière prise ! Ou pas, vous savez comme moi que l'éditeur
aurait bien du mal à se passer de l'un ou l'autre de ses personnages
emblématiques pour un long moment, encore moins définitivement.
Mais qui sait, peut-être que ce coup-ci, ce qu'on nous promet risque
bien d'arriver.
En
tout cas, c'est le vœu de James Tynion IV en organisant cette énorme
crise à Gotham, où plus rien ne sera jamais plus comme avant.
Certes il reste la bat-family, toujours plus unie malgré les
dangers, et vous vous doutez bien que Batman réussira à s'en tirer,
mais pas comme d'habitude cependant. Il va y avoir du changement à
venir dans les prochains numéros c'est clair et net, et il faudra
faire avec, en tout cas pour la durée du run de l'auteur.
Ce
que j'ai le plus aimé, hormis les dessins qui sont comme de juste
d'une puissance folle, ce n'est pas tellement le dernier face à face
en lui-même, plutôt tous les à-côtés en fait. Tous ces
interludes qui concernent un personnage en particulier de l'écurie
Batman ou Joker, tous ces moments volés qui en disent tellement long
sur les psychologies de chacun. Dans l'ensemble, j'ai trouvé cette
fin un brin expéditive, mais en y réfléchissant après coup il ne
pouvait en être autrement. Et puis quand je dis fin, pas tout à
fait puisqu'il reste un troisième et dernier tome à lire estampillé
Joker War, qui réserve sans
doute lui aussi quelques belles surprises quant à l'avenir des
croisés de Gotham.
Que
penser à ce stade ? Je ne sais pas vraiment, en fait, et je
vous dirai bien comme d'habitude de vous faire votre propre avis
après lecture de ce tome et de cette première conclusion. A mon
humble avis, il vaut mieux cela que de se faire spoiler tout le
dénouement sans vergogne. Je sais que d'habitude, le retard de
lecture aidant, je n'ai aucun mal à dévoiler des enjeux-clés, mais
là ça me dérangerait quand même un peu. Pour que la sauce prenne
efficacement, il faut vraiment que vous la goûtiez en personne. Je
dirai simplement que, si Warner Animation a l'idée un beau jour
d'adapter cet arc en film d'animation, voir plusieurs, je ne serais
clairement pas contre !
Après
réflexion, toute cette histoire sent comme un parfum de revanche de
l'école Scott Snyder sur celle de Tom King. Certes James Tynion IV
ne s'est jamais caché de son influence clairement Snyder, à la fois
dans l'écriture et dans sa conception de Gotham et de ses
personnages, mais ce coup-ci il parvient presque à s'en émanciper
pour nous livrer enfin sa propre vision des choses, celle d'un fan
absolument passionné par ce qu'il écrit, et qui veut avant tout
faire partager des moments cultes à son public, et tant pis pour les
controverses qui seront soulevées. Être auteur, c'est aussi ça
parfois, et il y réussit plutôt bien je trouve.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
On
a tous nos petits secrets, ce dès l'enfance. Celui de Jamie, c'est
qu'il peut voir les morts, et même leur parler, depuis aussi loin
qu'il s'en souvienne. Les esprits ne peuvent lui mentir. Jamie n'est
pas particulièrement effrayé par cette capacité hors du commun,
même si certaines morts sont plus violentes que d'autres et laissent
toutes sortes de traces, auxquelles un enfant ne devrait jamais se
confronter.
Tout
bascule véritablement le jour où l'amie policière de sa mère lui
demande de l'aide dans une affaire complexe. Un tueur en série
spécialiste des engins explosifs s'est suicidé après avoir laissé
une note disant qu'une dernière bombe de sa fabrication explosera
bientôt, point d'orgue de sa carrière. Jamie n'a pas vraiment le
choix, il doit tenter de faire parler l'esprit du tueur pour que l'on
puisse localiser la bombe avant qu'il ne soit trop tard.
Mais
quelque chose va mal se passer, et Jamie en sortira changé à
jamais. Son don, qu'il traitait avec indolence, va se changer en
malédiction, une malédiction qui le poursuivra toute sa vie durant.
Car ce jour-là, le jeune garçon s'est retrouvé confronté à tout
autre chose qu'un simple esprit torturé. Ce jour-là, Jamie a fait
face à quelque chose d'autre, d'inexplicable, d'inconnu, et de
terrifiant. Cette chose sait que Jamie peut la voir, et va alors
entamer un véritable harcèlement du pauvre garçon. Une hantise.
Une infestation, si l'on en croit les écrits les plus documentés.
Bref, Jamie est dans une sale situation.
Heureusement,
un vieil homme qu'il connaît bien, ancien voisin compatissant et
éclairé, va lui donner une chance de s'en sortir. Un ancien rituel,
connu de quelques personnes seulement, qui s'il est exécuté avec
succès pourrait donner la possibilité à Jamie de non seulement se
libérer de l'emprise de la chose, mais aussi de la contrôler si
besoin était. Reste à savoir si Jamie sera assez fort pour procéder
au rituel, et surtout, en cas de victoire, s'il sera également assez
fort pour ne pas avoir recours à cette arme à double-tranchant. Car
Jamie sait bien, malgré son jeune âge, qu'il risque de se damner, à
trop jouer avec le feu. La chose est bien là, et même si on ne la
voit plus, elle attend son heure, patiemment. Un jour ou l'autre,
Jamie sera bien obligé de la convoquer, et ça répondra fidèlement,
avec un certain prix à payer pour le pauvre garçon...
---
Stephen
King nous régale avec une nouvelle histoire dans le domaine du
surnaturel, un style qui a fait sa renommée depuis de nombreuses
années et qu'il avait progressivement laissé de côté un temps
durant. Qu'on se rassure, c'est bien de retour à présent dans son
écriture et ce depuis quelques romans maintenant. Mais le génie de
l'écrivain parvient à nous faire passer cet élément surnaturel
pour totalement naturel justement, avec une aisance déconcertante
que l'on ne peut trouver qu'à l'enfance, un temps innocent que
l'auteur connaît bien là aussi.
Avec
Après, beaucoup de questions
peuvent vous habiter à l'issue de cette lecture. Je me refuse à
vous spoiler le déroulement exact des faits et les conclusions de
Jamie et de son allié dans cette série d'épreuves, mais sachez que
l'on assiste peut-être là au retour tant redouté de quelque chose
de bien âgé et de bien ancien dans la bibliographie du Maître de
l'Horreur. Déjà avec L'Outsider
ou encore la trilogie de Mr. Mercedes,
une pensée assez cohérente commençait à se former dans nos
esprits tourmentés, une pensée à laquelle on ne pouvait décemment
croire. Aujourd'hui, elle devient un peu plus tangible encore, et je
dois bien avouer que j'ignore totalement ce que je préfère comme
hypothèse : avoir vu juste, ou me tromper et être agréablement
surpris.
Pour
en revenir au roman en lui-même, c'est un récit à la première
personne, Jamie nous racontant de son propre chef une fois jeune
adulte cette mésaventure qu'il a vécu étant gosse. De nombreux
secrets entourent le garçon, comme l'identité de son père par
exemple, ou la nature exacte de son incroyable talent, autant de
sous-intrigues que l'on aura plaisir à remonter petit à petit au
fil d'une lecture somme toute assez rapide et très aisée.
Franchement, tous les niveaux peuvent comprendre ce dont il s'agit et
suivre le récit sans problème, le vocabulaire est spécialement à
la portée de n'importe qui.
Un
petit retour aux sources donc, qui fait vraiment du bien et qui en
plus ne nous prend aucunement la tête, se contentant de nous faire
passer un très bon moment de lecture et nous suggérant même, qui
sait, une future suite dans les années à venir, si le Roi Couronné
le veut bien. Moi en tout cas, je suis partant !
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
La
Terre a choisi sa voie : la Fatalité triomphe ! Le monde
tout entier a été rebâti à l'image du Batman Qui Rit, le nouvel
agent suprême de la divinité créatrice Perpetua aux intentions
nocives. Les vilains d'autrefois sont enfermés dans des cellules
aménagées dans les souterrains des Enfers, sur l'ancienne île des
Amazones, tandis que les héros sont emprisonnés dans les geôles de
la nouvelle Apokolips, qui a remplacé le soleil que nous
connaissions. La victoire est totale.
Mais
il reste évidemment quelques âmes nobles qui se dressent contre ce
nouvel ordre des choses. D'anciens héros devenus fugitifs, traqués
par des versions perverties d'eux-mêmes issues du Multivers Noir. La
célèbre trinité est rompue : Wonder Woman est devenue la
gardienne des Enfers, tandis que Superman est drainé de sa puissance
sur Apokolips pour que chacun sache à quel prix la lumière perdure.
Il ne reste que Batman, l'original, celui par qui tout a commencé et
celui par qui tout pourrait finir. Il se cache, en compagnie de
justiciers inhabituels, et prépare son dernier assaut. Il n'a jamais
renoncé à la lutte, mais il a besoin d'alliés pour aller jusqu'au
bout.
Alors
que Wonder Woman se rebelle ouvertement contre le Batman Qui Rit et
parvient même à le terrasser avec une nouvelle arme de sa
conception, les choses ne sauraient pourtant être pires. Perpetua
poursuit sa conquête destructrice du Multivers, réduisant à chaque
fois le nombre de Terres parallèles, jusqu'au jour où il ne restera
plus que la sienne, siège de son pouvoir. Diana rejoint le camp de
Batman, lui apportant de nouveaux associés au passage, mais cela
risque bien de ne pas suffire face au danger qui les menace tous. De
plus, le Batman Qui Rit n'a pas totalement disparu, et opère en
secret sa propre renaissance sous une forme encore plus puissante et
encore plus terrible que tout ce que l'on pouvait imaginer. Il
semblerait bien que l'espoir ait totalement disparu cette fois...
L'espoir,
c'est justement ce que vont rechercher les héros en se rendant sur
Apokolips pour libérer Kal-El, afin de reformer la Trinité et de
concevoir un plan de la dernière chance pour vaincre une bonne fois
pour toutes. Ils auront besoin de toutes les forces positives qui
demeurent dans le vaste univers, de chaque étincelle de bonté et
d'espérance qu'ils parviendront à raviver. Et même ainsi, c'est
loin d'être gagné d'avance, car il leur faudra rien moins que
redémarrer le Multivers dans son ensemble pour tenter d'effacer
Perpetua et son sinistre vassal. Dans l'ombre, quelqu'un d'autre mène
son propre plan désespéré pour tenter de rétablir la situation,
quelqu'un que l'on n'attend plus et qui, pourtant, pourrait bien
faire la différence en faisant pencher la balance d'un côté ou de
l'autre de la fatale équation. La guerre est relancée !
---
L'album
contient en plus des trois premiers chapitres de la saga Death
Metal elle-même des récits
complémentaires, des variations sur le thème de Batman et de sa
genèse, qui nous permettront de mieux comprendre les motivations et
les existences torturées de ces êtres malfaisants par essence. La
copieuse assemblée d'auteurs et d'artistes qui œuvrent tous sur ces
titres et cette nouvelle saga signée Scott Snyder et Greg Capullo
nous fait ainsi voyager d'un bout à l'autre de ce nouveau Multivers
perverti, avec toujours comme point d'ancrage et de départ un Bruce
Wayne différent ayant cédé à ses craintes les plus noires.
Ce
sera à-priori le dernier grand volet de l'immense scénario bâti
depuis Batman Metal
(et même le run de Snyder sur la série Batman des
New52 si on cherche bien), qu'Urban Comics nous propose dans
plusieurs formats. Pour ma part, j'ai choisi d'acheter et de lire la
version compilée en quatre tomes, contenant non seulement les
chapitres de Death Metal
mais aussi les à-côtés divertissant qui complètent le tout et
rendent l'ensemble cohérent et très soutenu. Sachez cependant qu'il
existe aussi une édition avec uniquement les chapitres principaux,
chacun ayant droit à son propre album et à une couverture exclusive
avec un célèbre groupe de rock/hard-rock/metal différent à chaque
fois.
Que
nous réserve l'avenir ? Est-ce que les anciens membres de la
Ligue de Justice vont réussir à dissiper les ténèbres qui se sont
abattues sur leur univers, ou bien finiront-ils dévorés à leur
tour par cette force que rien n'arrête ? Si le monde a choisi
la Fatalité, la Justice existe toujours quelque part, malgré toutes
les guerres menées par Perpetua et les plans tortueux du Batman Qui
Rit. Il ne manque qu'une petite pichenette pour redémarrer le
tout...
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !