vendredi 6 décembre 2024

La V.O. du vendredi n°269 : Red Sonja #1 - Mother, chapter one (Dynamite - Septembre 2021)

Variant cover by Sun Khamunaki

Tout commence par un modeste village dans les lointaines steppes enneigées du Nord, en Hyperborée. Quelques pillards sont encore présents sur place pour tenter d'arracher aux flammes quelques infimes richesses. Aucun survivant ne semble avoir réchappé du massacre, et l'incendie se fait plus rageur à chaque instant qui passe. Alors surgit Red Sonja, la guerrière rousse, à la recherche du plus précieux des trésors... une petite fille, seule survivante de ce village. Sitha.


Sonja a en effet été envoyée si loin au Nord par un puissant souverain qui cherche à retrouver cette enfant précisément, enlevée aux siens voilà déjà bien des lunes. Parvenant à la soustraire aux derniers pillards sur place, la guerrière implacable trouve rapidement un abri contre le froid qui fait rage en ces terres désolées. Elle prépare à manger à la petite Sitha, lui donne un lourd et chaud manteau de fourrure, et surtout l'écoute durant des heures entières chaque jour lui raconter la vie dans son village, avec une bonne humeur étonnante compte tenu de tout ce que la petite semble avoir traversé récemment.


Mais une chose entre toutes perturbe Red Sonja : Sitha l'appelle ''Maman'', et ne semble pas vouloir démordre de cette idée. L'intrépide aventurière sait que cela est hautement impossible, mais pourtant à mesure que le temps passe elle commence à s'éprendre d'une certaine forme d'affection pour sa protégée, à qui elle enseigne alors quelques bases de la survie en pleine nature.


Jusqu'au moment où l'armée des pillards les rattrape enfin, et où ces hommes de peu de courage s'y mettent à plusieurs dizaines pour tenter de faire mordre la poussière à la rousse exterminatrice. Sonja lutte corps et âme jusqu'au bout, loin d'avoir déjà tout donné, mais en voyant un brigand tentant de s’enfuir avec Sitha dans son dos, elle est déstabilisée et se retrouve blessée par son adversaire chanceux. Sitha, voyant cela, fait alors soudain preuve d'un pouvoir incommensurable en déclenchant un gigantesque incendie qui ravage la forêt alentours et disperse les brigands. Revenant à elle, la petite fille décide de sauver la guerrière tout comme la guerrière l'a sauvée elle peu de temps auparavant. Commence alors une longue route sur le chemin de la guérison, de la survie... et de nombreuses révélations risquent d'être faites en cours de route.


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Ceci est le premier chapitre de la série Red Sonja débutée en 2021 chez Dynamite, confiée aux mains expertes de Mirka Andolfo et Giuseppe Cafaro pour un récit totalement inédit concernant la rousse guerrière dont l'éditeur fait une nouvelle fois peau neuve. Après tout, à l'instar de Conan le Cimmérien, Red Sonja a vécu de nombreuses aventures qui peuvent être racontées à plusieurs époques et sa légende couvre bien plus qu'une seule vie...


Le point vraiment nouveau ce coup-ci est de lui adjoindre non pas un partenaire d'aventure expert dans le maniement des armes ou d'une quelconque magie, mais simplement une jeune enfant, pur reflet de ce qu'elle-même pouvait être à l'origine de sa propre histoire bien des années plus tôt. Ainsi, c'est une nouvelle facette de Red Sonja que nous découvrons, où l'instinct guerrier cède peu à peu et prudemment le pas à l'instinct maternel, à mesure qu'elle veut protéger et entraîner la jeune Sitha afin de l'endurcir et de lui éviter les pires horreurs que leur vie de nomades peut lui réserver.


Dans quel but Sonja a-t-elle été envoyée récupérer cette enfant si loin au Nord ? Quels sont les plans du souverain qui l'a mandaté pour cette mission de sauvetage désespérée ? Nous le saurons sans doute plus tard, mais pour l'heure je vais m'arrêter là et attendre de pouvoir lire le reste de cette histoire après avoir réuni les albums brochés une fois parus (ce qui est déjà le cas à l'heure actuelle).


En ce qui concerne la couverture, il s'agit de la variante exclusive signée Sun Khamunaki pour le comic-shop The 616 Comics, illustrant une Red Sonja au sommet de sa forme et de sa féminité, semblant tout aussi belle que redoutable. Pour une fois le côté sexy est légèrement en retrait et je trouve cette image belle, tout simplement. Elle existe en deux variations encore, mais c'est pour la version sans les crédits que j'ai fini par craquer.


D'ailleurs, comme à son habitude, Dynamite a passé commande auprès de nombreux artistes pour de nombreuses couvertures variantes afin de célébrer le début de cette nouvelle série en 2021, vous devriez donc pouvoir trouver votre bonheur sans trop de problème chez les boutiques spécialisées et autres revendeurs en ligne.


Une série qui débute de façon très intéressante, qui s'éloigne des clichés de trop nombreuses fois usés et éculés par les auteurs précédents, et qui même graphiquement semble vouloir nous proposer quelque chose d'inédit et de prenant, un récit à la fois initiatique et salvateur qui nous présentera donc une toute nouvelle facette de cette héroïne de papier et d'encre qui a déjà vécu pléthores de situations dramatiques et qui s'en est toujours relevée. Espérons simplement que les artistes sur ce nouveau titre auront les coudées franches et les mains libres pour raconter exactement ce qu'ils veulent, sans être muselés par le poids de la continuité ou des attentes de tous les fans hardcore.

La V.O. du vendredi n°268 : Chaotica #1 - Spellbound (Coffin Comics - Février 2024)


Alors qu'elle déambule dans les rues de Paris, la cité des lumières qui l'a vu grandir et devenir une jeune femme intrépide à la recherche de sa véritable nature, Vivian vient en aide à une femme et son bébé se faisant attaquer par deux lycanthropes. Mais ne contrôlant toujours pas correctement et pleinement sa magie chaotique, Vivian manque de tuer tout le monde sur place, avant que n'intervienne sa mère, la légendaire Lady Death, pour sauver la situation.


Sur les conseils de son illustre génitrice, Vivian se rend dans la ville de Salem, aux États-Unis, tristement célèbre pour ses nombreux et calamiteux procès pour sorcellerie durant de trop longues années. Là, Vivian espère trouver un grimoire renfermant le savoir nécessaire pour lui apprendre à mieux comprendre et contrôler le pouvoir qui bout en elle.


Mais au moment où elle ouvre le fameux grimoire tant attendu et espéré, la jeune sorcière est transportée dans une autre dimension, le reflet sombre de notre monde, où la sorcellerie a pris le dessus sur le reste de l'humanité et où la ville de New Salem se dresse fièrement au beau milieu de l'héritage de trop nombreux conflits entre sorciers et humains. Vivian réalise qu'elle a été invoquée depuis son propre monde par un ordre rebelle de sorcières et sorciers souhaitant renverser l'actuel gouverneure de New Salem, qui viendra d'ailleurs en personne aider cette inconnue à reprendre connaissance dans de meilleures conditions après la courte bataille qui s'en suit.


Et tandis que passent les semaines, Vivian apprend de nombreux secrets sur la magie qui sommeille en elle et qui ne demande qu'à s'éveiller enfin au grand jour, à mesure qu'elle dévore les grimoires et les traités de sorcellerie tout en s'entraînant sans relâche pour maintenir son corps et son esprit au top de leurs capacités. Cependant, dans ce monde décidément trop parfait pour être innocent, Vivian finit par se rendre compte que les humains normaux sont traités comme des esclaves et qu'ils ne possèdent pratiquement plus aucune volonté propre.


Désirant en apprendre davantage sur cette état de fait, Vivian découvre que la gouverneure Asura règne sur une société basée sur l'esclavage des humains après un passage dans des camps de concentration et de rééducation, le tout afin de protéger les détenteurs de pouvoirs magiques de la folie humaine qui les a jadis persécuté. La solution étant évidemment bien pire que le mal d'origine, Vivian tente de se rebeller à son tour mais est facilement défaite et emprisonnée en attendant son exécution pour trahison.


La nuit où elle est enfin conduite au bûcher qui l'attend sur la grand place, Vivian trouve enfin le courage et la force en elle de déchaîner sa magie chaotique et de vaincre Asura et ses sbires sans la moindre difficulté, afin de sauver l'homme en qui elle a appris à avoir confiance et qui tentait de son côté de faire cesser le bûcher avant qu'il ne soit trop tard. Mais à peine la situation est-elle enfin revenue à la normale que Vivian se retrouve de nouveau aspirée à travers un portail d'invocation, qui la conduit tout droit dans un vaisseau spatial en orbite où le commandement lui ordonne de faire venir la mythique Lady Death pour remporter une bataille cosmique aux enjeux apocalyptiques !


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Voici le tout premier chapitre des aventures en solo de Vivian Vaughn, alias Chaotica, la fille de Lady Death en personne ! Maintenant que les jumeaux ont enfin retrouvé leur mère et sont parvenus à la ramener sur Terre avec eux, ils espéraient sans doute passer un peu de temps ensemble pour apprendre à mieux se connaître et profiter de cette famille enfin réunie, mais peine perdue car les voies du Chaos sont impénétrables et celui-ci réserve encore bien des surprises à ses utilisateurs !


C'est ainsi que l'on assiste ici dans ces quelques pages à une aventure prenant place dans un monde inversé par rapport au notre, où la magie règne en maîtresse absolue et où les simples mortels ne valent guère mieux que du bétail. Ça vous rappelle quelque chose ? J'espère bien, car la cause défendue ardemment par Asura ressemble quand même énormément à ce que l'on peut imaginer chez des sorciers de fiction comme Grindelwald ou Lord Voldemort.


Il y a aussi quelques petits hommages, pas si discrets toutefois, aux comics traitant du même genre de sujet depuis des décennies comme les séries X-Men de l'époque de Chris Claremont par exemple, mais rassurez-vous Brian Pulido et ses co-auteurs et artistes savent rendre leur propre univers assez unique en son genre, bien caractérisé et avec juste ce qu'il faut de sexy cette fois-ci, sans trop en faire !


Après tout, Vivian, ou Chaotica si vous préférez maintenant qu'elle mérite enfin ce nom de guerre, incarne plutôt une sorte d'innocence ou du moins de pureté que la plupart des autres personnages de Coffin Comics qu'elle côtoie ont perdu depuis bien longtemps, et en cela je trouve que la fille de Lady Death est même digne d'incarner l'ancien nom de sa mère, Hope, l'Espoir enfin retrouvé... du moins si elle survit suffisamment longtemps ! Car ce que lui réserve l'avenir n'est pas de tout repos une fois encore, et son cœur à elle aussi pourrait bien finir par s'assombrir, comme durant son court séjour à New Salem.


Niveau qualité graphique nous sommes face une fois de plus à ce que l'éditeur indépendant peut nous proposer de meilleur en la matière, la confection de ce single en elle-même est plutôt excellente et on a presque l'impression de tenir un album de luxe entre ses mains durant la lecture, ce qui ne le cachons pas fait toujours extrêmement plaisir ! Espérons donc, puisque l'espoir semble bien être le maître-mot de ce côté-ci de la lignée maudite, que les prochains chapitres solo de Chaotica seront du même tenant et que l'on ne sera pas déçu de sitôt !

jeudi 5 décembre 2024

L'imposture Warren - Le dossier à charge (Marabout - Novembre 2024)


Je ne vais pas pouvoir vous faire un article habituel concernant ce livre, tout simplement parce qu'il mérite autre chose que ce dont j'ai l'habitude. Et vous aussi. Eu égard à la somme importante de travail et d'informations pour la réalisation d'un tel ouvrage, je me dois de lui offrir un traitement différent et plus personnel.


Marie Mad Line et Novalexandre, deux amoureux du paranormal et de la théologie sous ses diverses formes et origines, ont fondé il y a bien des années maintenant leur chaîne YouTube par le nom de laquelle je vais désormais les appeler pour plus de carté : Occulture.


Sur cette chaîne, ils se sont spécialisés dans la vulgarisation des phénomènes, légendes, mythes et témoignages au sujet des nombreux mondes qui nous entourent et dont les spiritualités de chacun sont les fondements. Un sujet toutefois a commencé à revenir régulièrement : les fameux Dossiers Warren, fondateurs de leur côté de la saga horrifique à succès Conjuring au cinéma. En effet, cet autre couple, formé par un démonologue auto-proclamé et une clairvoyante, aura pour sa part enquêté sur de très nombreuses affaires paranormales, luttant si on en croit les films face à de véritables menaces venues d'autres plans de la réalité et exerçant une pression certaine et parfois mortelle sur leurs victimes.


La vérité, cependant, est toute autre. A force de recherches et de travail d'enquête, Occulture est parvenu à la constatation, plutôt navrante pour les fans d'Ed et Lorraine Warren, que leurs dossiers étaient remplis de manipulations, de déformations de la réalité et surtout de fausses preuves attestant leurs interventions et leur permettant avant tout de bénéficier des droits quasi-exclusifs de diffusion sur lesdites affaires, bien souvent au détriment des victimes en première position. Livres, émissions de télévision à scandales, journaux, et maintenant cinéma grand public puis série-live sur les plate-formes de streaming, aucun média n'aura échappé à la main-mise des Warren, le couple comme les descendants et affiliés, durant près d'un bon demi-siècle.


Voyant à quel point ce sujet précis déchaînait les passions au sein des commentaires sur la chaîne et sous les vidéos concernant les dossiers Warren, les quatre mains d'Occulture se sont attelées à un vaste travail de recherche, de fouilles dans les archives, de compilation des sources, parfois de correction d'anciennes recherches effectuées par les Warren ou plus probablement leurs assistants, ce afin de nous fournir à nous, le public aveuglé par l'éclat de ces super-stars d'Hollywood, un semblant de réalité et surtout de vérité afin de juger correctement, ou du moins de façon plus complète, la véritable nature des dossiers Warren et de ces deux enquêteurs du paranormal que rien ni personne n'arrêtait.


Je ne vous ferai pas un résumé classique, car il serait tout simplement impossible de retranscrire correctement toute la valeur des informations portées ici durant ces quatorze chapitres accablants, néanmoins je peux vous assurer de ma profonde admiration pour tout le travail réalisé par Occulture pour ce livre, afin de le rendre compréhensible et de le laisser à la portée de tous les intellects. Je ne peux que vous conseiller très vivement de sauter sur cet ouvrage si vous aimez les faits, si vous aimez les recherches approfondies et surtout si vous recherchez vous-mêmes la vérité, sachant qu'il n'en existe jamais qu'une seule et unique version malheureusement.


Dans ce dossier à charge, vous risquez bien de trouver de quoi faire brutalement retomber les époux Warren de leur piédestal cinématographique. Attention, avertissement que je formule tout de suite : Occulture ne s'occupe nullement de démontrer que les cas sur lesquels les Warren ont enquêté étaient des canulars, que le paranormal n'existe pas et que ceux qui y croient sont des pigeons, etc. Au contraire, et avec la meilleure bonne volonté du monde, les deux auteurs parviennent à nous plonger dans l'horreur du vécu quotidien des victimes au premier degré de ces affaires, jusqu'à l'implication fatale des Warren en cours de route qui fait basculer le tout dans le sensationnalisme et ne sert bien trop souvent qu'à les aider eux-mêmes à gagner en notoriété et en influence, au détriment du bon sens et parfois de la morale. Tout n'est pas blanc ou noir, et les époux Warren aujourd'hui décédés ont flirté durant de très longues années avec ces zones de gris où tout semble permis, ou presque, dans le seul but d'en retirer gloire et renommée.


Je ne tâcherai pas de vous convaincre, seulement quelques minutes de lectures y suffiront, pour paraphraser la pub. J'ai moi-même appris bien des choses en feuilletant ces quatorze chapitres, des choses que j'ai cherché à vérifier ou à documenter moi aussi à ma façon et qui m'ont mortifié, croyez-le bien. Mais par respect pour l'énorme travail représenté par la rédaction de ce livre, je vous laisserai le découvrir et en être les seuls juges au final. Sachez simplement ceci : vous n'en ressortirez pas indemnes, surtout si vous ne connaissiez les Warren qu'au travers des films à sensation de la Warner Bros., New Line, ou encore Netflix récemment.


Fruit d'un acharnement à exposer la vérité et les faits, rien que les faits, L'imposture Warren – Le dossier à charge ne devrait laisser personne indifférent et devrait également ouvrir les yeux de bon nombres de fans inconditionnels qui se laissent trop souvent aveugler et distraire par les paillettes de la célébrité. Vous y trouverez des sources, nombreuses, et il sera vivement conseillé de consulter les vidéos de la chaîne Occulture sur YouTube en parallèle pour vous faire votre propre avis en compilant le tout et en écoutant autant qu'en lisant les témoignages, les preuves et les faits, rien que les faits.


Aucune intention de promotion personnelle derrière cet article, la présentation des auteurs demeurant d'ailleurs assez succincte et s'effaçant presque derrière la forêt représentée par le travail titanesque abattu pour la rédaction et l'édition de cet ouvrage. Occulture ne vise pas à se faire connaître davantage, mais simplement à vous ouvrir les yeux, à ôter vos œillères, et à vous laisser toutes les cartes en mains pour avoir votre propre opinion sur ces affaires et sur les Warren, et non celle que les grands studios veulent que vous vous fassiez. A vous de jouer désormais !


On appréciera tout particulièrement la touche de fraîcheur dans la qualité de l'écriture et du ''dialogue'' avec le lectorat, les petites touches d'humour disséminées ici et là pour tenter d'alléger un peu le sujet déjà bien costaud, et la présence d'une bonne dose de féminisme et de pensées claires et ouvertes loin des clichés du genre, et sapristi que ça fait du bien !


Globalement, vous avez devant vous un livre honnête, ne cherchant pas à vous cacher quoi que ce soit, au risque de déplaire. Vous aurez peut-être du mal à avaler certaines vérités, certains faits, mais aucun médicament efficace n'a vraiment bon goût. Et devant cette impressionnante et tentaculaire imposture, il fallait bien tenter quelque chose pour soigner le public malgré lui. C'est désormais chose faite, et il ne tient qu'à vous de faire ensuite vos propres recherches personnelles pour étayer toute cette lecture, qui par ailleurs passe plutôt bien et rapidement malgré la densité des sujets traités.


On pardonnera très volontiers une qualité d'édition assez faible, le texte présenté de façon très dense justement et aussi quelques fautes et coquilles ci et là, ce qu'aucun auteur ne peut éviter de toute manière même après une vie entière et une carrière bien remplie. Un formidable travail, qu'il convient de saluer d'un grand bravo pour le duo Occulture ! Rétablir la vérité n'est pas chose aisée, ça fait mal le plus souvent, aux autres comme à soi, mais c'est malheureusement nécessaire de nos jours pour que les esprits cessent de s'échauffer pour un rien en étant mal informés et/ou volontairement manipulés. Espérons que le bien qui sortira de la lecture de ce dossier à charge par, je le souhaite, un grand nombre de personnes avisées, saura influer légèrement dans la grande balance des opinions toutes faites et démontrer avec brio que croire n'est pas tout accepter aveuglément.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 3 décembre 2024

Somna (Delcourt - Novembre 2024)

Couverture exclusive Pulp's Comics par Tula Lotay

En des temps reculés, où l'obscurantisme faisait rage et où les croyances absurdes et les préjugés étaient légions, quand la parole de l'homme avait force de loi... en ce temps-là, une femme prie pour le salut de son âme.


Cette femme, c'est Ingrid, mariée au chasseur de sorcières du village. Alors que son mari exécute par le bûcher une pauvre condamnée, Ingrid semble envahie par de mauvais rêves, des cauchemars qui la paralysent et la laissent pantelante, haletante, la possédant toute la nuit durant. Dans ces cauchemars, Ingrid voit un homme tout de noir vêtu, en permanence enveloppé d'ombres, les yeux seuls brillant d'un éclat malsain. Cet homme, ou cet être venu d'ailleurs, veut prendre possession de l'âme d'Ingrid ainsi que de son corps. Et, chaque nuit, les unes après les autres, le démon revient à la charge et pousse la pauvre femme à des extrémités qu'elle ne se connaissait pas.


Alors que Roland, son mari, est absent du village pour quelques temps, les assauts du démon se font plus pressants, plus impitoyables... plus intenses. Ingrid sait que sa meilleure amie Maja, peut-être la seule, est au cœur d'une véritable tragédie conjugale et que le péché est en elle, qui entretient une liaison adultère avec un homme veuf totalement épris de ses charmes mais conscient de fauter. Peut-être que cette culpabilité qu'Ingrid ressent au sujet de cette histoire, de ce secret qu'elle dissimule, la ronge et que cela expliquerait les visions de ses nuits hantées par le démon ?


Mais lorsque Roland rentre enfin de son voyage, il est trop tard pour Ingrid, finalement consumée par le péché de chair sous les yeux de son mari. N'ayant plus d'autre choix, le bailli rejoint l'avis du prêtre du village et décide de condamner sa propre femme pour sorcellerie, l’exhortant toutefois sur le chemin menant aux cachots de se repentir et de prier pour son âme immortelle. Le procès est une mascarade montée de toutes pièces contre Ingrid, qui découvre avec horreur la véritable nature des lois de l'homme. Plus aucun espoir n'est alors permis, et Ingrid sera brûlée sur le bûcher au soleil levant, comme l'exigent les commandements de Dieu.


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Était-ce réellement une histoire de possession ? La pauvre Ingrid était-elle réellement tentée et tourmentée sans relâche par un démon réclamant son âme et son corps ? Ou bien la vérité est-elle tout autre, peut-être plus terrible encore que ces croyances obscures... ce sera à vous, chères lectrices et chers lecteurs, de trancher cette question à l'issue de cette lecture des plus envoûtantes.


Écrite et dessinée à quatre mains par les artistes maintenant bien connues que son Becky Cloonan et Tula Lotay, Somna est une mini-série en quelques chapitres seulement, nous racontant une histoire sordide où les apparences sont plus que trompeuses et où les certitudes les plus solides peuvent voler en éclats ou bien faire condamner la mauvaise personne à un châtiment pire que la mort. Au travers de la hantise nocturne d'Ingrid, c'est toute la question de la condition des femmes et de leur dépendance contrainte aux désirs des hommes qui sera soulevée, et plusieurs interprétations s'offrent à nous après avoir refermé cet album, magnifique au demeurant.


Si vous êtes familiers des cauchemars et autres terreurs nocturnes, vous savez sans doute ce qu'est la paralysie du sommeil, et à quel point il fut difficile de la faire reconnaître et inscrire officiellement dans les manuels de médecine. Ingrid est peut-être tout simplement victime d'une longue crise de ce phénomène psychique, provoquant visions et délires fiévreux, auxquels viennent s'ajouter de trop longues années de frustrations et de rêves déçus, noyés dans un quotidien tout sauf épanouissant...


Mais peut-être, à l'inverse, qu'il s'agit réellement d'une hantise démoniaque et que les vagues de plaisir coupable ressenties par Ingrid sont le témoignage de la luxure provoquée par cette tentative de possession, peut-être que son âme est véritablement en danger et que les croyances occultes en la sorcellerie sont fondées...


Cela, ce sera à vous de le déterminer. Il n'en reste pas moins qu'un ou plusieurs crimes bien réels ont été commis dans le même village, et que quelqu'un peut aussi tenter de dissimuler ses traces et de détourner les soupçons en s'en prenant à une pauvre innocente peut-être un rien trop curieuse, ou se trouvant simplement au mauvais endroit au mauvais moment. A qui faire confiance, quand la réalité et la rêverie se mêlent aussi sournoisement et que l'on en vient à douter de tout, y compris et surtout de soi-même ?


Fantasmes, frustrations, féminisme naissant et notions d'amours contrariés sont au programme de ce titre qui ma foi fera sans aucun doute son petit chemin dans les bibliothèques des amatrices et amateurs du genre. Magnifiquement édité par Delcourt, ce comic-book très particulier saura immanquablement séduire et horrifier tout à la fois, nous replongeant dans les heures les plus sombres de notre Histoire et nous confrontant autant à nos préjugés qu'à nos failles et manquements quotidiens.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 2 décembre 2024

Les Quatre Soeurs March (Pocket - Avril 2024)


Dans une grande maison autrefois aisée mais aujourd'hui bien appauvrie, vivent quatre sœurs que rien ne saurait séparer. Il y a Meg, l'aînée, volontiers sentimentale et moraliste mais toujours de bon conseil ; Jo, intrépide aventurière littéraire qui passe son temps entre une attitude de garçon manqué et un imaginaire débordant, ne délaissant pas pour autant ses tâches quotidiennes ; Beth, véritable amour se souciant de chacun et portant une attention toute particulière à ses poupées et à ses gammes ; et Amy, la petite princesse peut-être un peu trop choyée qui a du mal à retenir ses leçons et qui ne cesse de se rêver grande artiste.


Quatre filles, quatre styles, mais elles sont toutes gentilles. Leur mère est à leurs côtés chaque jour qui passe, fixant les travaux à réaliser au quotidien et veillant sagement sur son petit troupeau sans jamais se montrer ni trop sévère ni inflexible. Leur père est à la guerre, pasteur au front dans les environs de Washington, et ne peut malheureusement que leur envoyer toute son affection par quelques lettres qui leur parviennent difficilement. A charge donc à Mme March d'éduquer ses filles dans le respect des traditions mais également des progrès réalisés par la société de leur époque.


Au fil de cette année de vie, nous les découvrirons émues, fâchées, inspirées, serviables, travailleuses et paresseuses, mortellement inquiètes, rieuses et farceuses ou encore colériques et revêches. Les frasques de leur voisin, le jeune Theodore Laurence, dit Laurie, animeront ce petit club exclusif et permettront parfois de débloquer des situations de tensions ou d'incompréhensions, ou au contraire provoqueront l'ire des demoiselles. Mais jamais elles n'auraient pu rêver meilleur frère de cœur dans leur entourage, et jamais elles n'auront à le regretter.


Quand viendra l'heure du bilan, alors que les fêtes de Noël approchent à grand pas, chacune et chacun aura à cœur de faire un petit examen de son âme et de ses progrès ou regrets, ne conservant ni mauvaise fierté ni secret trop lourd à porter. Quatre petites femmes, se confiant les unes aux autres et entourant d'un amour aussi sincère que partagé leurs deux parents, ainsi que toutes les personnes qu'elles croiseront et qui auront le bonheur de faire partie de leur entourage.


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Louisa May Alcott est une autrice de renom dans la littérature américaine classique de son époque, même si on lui doit également des récits bien plus imagés et saugrenus parfois que celui-ci. Qu'importe, elle sera encore et toujours retenue par l'Histoire comme la créatrice de cette petite famille March que rien n'épargne mais qui se relève toujours, progressant toutes sur le chemin du Pèlerin et affrontant les embûches sans faillir tout en rêvant aux châteaux d'Espagne.


Cette édition-ci, ré-intitulée Les Quatre Sœurs March plutôt que le désormais bien trop classique Les Quatre Filles du Docteur March, nous propose une nouvelle traduction de cette œuvre de vie magistrale, par Natalie Zimmermann, une traduction qui aura tendance à nettement rafraîchir les expressions un rien dépassées du texte original tout en recentrant l'esprit général du roman autour de la notion de sororité, si chère à l'autrice et véritable cœur fort de son histoire.


Little Women en version originale, ce premier tome appelle forcément quelques suites qui ne manqueront pas de venir garnir les étagères des bibliothèques de toutes et tous les passionné.e.s de tranches de vie comme on en a beaucoup plus l'habitude aujourd'hui qu'alors. Véritable portrait d'une génération d'entre-deux à son époque, Louisa May Alcott signe surtout le témoignage vibrant des passions et des enjeux d'une famille modeste largement inspirée de sa propre expérience, et cela ne rend le tout que plus vivant. On rie en même temps que les filles quand elles jouent leurs pièces de théâtre ou récitent les articles de leur journal privé, on pleure quand l'une tombe gravement malade après un élan de générosité sans pareil, et l'on passe globalement une excellente lecture bien qu'à un rythme assez lent je dois le reconnaître en ce qui me concerne.


De très nombreuses adaptations filmiques existent pour cette histoire, mélangeant parfois les événements de plusieurs tomes en un seul gros morceau ou changeant allègrement certains passages pour susciter une émotion plutôt qu'une autre, évoquer un problème sociétal plutôt que célébrer les joies innocentes du quotidien, etc. Dernière en date, Les Filles du Docteur March de Greta Gerwig servait admirablement le discours pré-féministe de cette grande œuvre trop souvent reléguée au rang des histoires pour jeunes filles de bonne famille. J'ai hâte de lire les tomes suivants si jamais Mme Zimmermann se met à les traduire également, dans une édition collector prestigieuse qui fait aussi la part belle à des valeurs plus actuelles tout en respectant le cœur du texte d'origine. Une histoire qu'il faut avoir lue, et que l'on devrait proposer bien plus souvent dans les corpus toutes générations confondues !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 29 novembre 2024

La V.O. du vendredi n°267 : Witchblade tome 2 (Image/Top Cow - Avril 2019)


Intriguée par le retour de son ancien crush d'entre les morts, Alex n'aura toutefois pas le temps de l'interroger davantage sur cet état de fait, puisqu'il disparaît de nouveau. Pendant plusieurs semaines, Alex va donc chasser les démons à sa façon pour satisfaire la volonté du Witchblade, dont elle ne parvient toujours pas à cerner l'objectif.


Mais elle n'est pas la seule à vouloir comprendre un peu mieux cet Artefact. Visée par une inconnue avec un revolver doté de balles bien étranges, Alex ne doit sa survie qu'à la chance ou peu s'en faut. En cherchant à se renseigner sur son agresseuse, l'ancienne journaliste va découvrir qu'il existe toute une conspiration visant à s'emparer du Witchblade pour le compte d'une société pharmaceutique de pointe dont la présidente désire plus que tout posséder le pouvoir de l'Artefact pour elle-même.


Après avoir réussi à capturer la tireuse, Alex et ses compagnons vont tenter de comprendre jusqu'où remonte cette conspiration et de qui ils doivent se méfier, et à plus forte raison à qui ils peuvent faire confiance dans cette affaire. Hélas, à peine le temps pour eux de définir une stratégie que celle-ci est mise en difficulté par la capture d'Alex à son tour !


La porteuse du Witchblade va être détenue dans les laboratoires de son ennemie pendant deux longues semaines, forcée à combattre des démons en boucle et exposée à une sinistre magie du sang qui vise à corrompre son lien avec l'Artefact pour mieux l'en séparer par la suite. Parvenant par miracle à s'évader en compagnie d'une autre détenue, Alex finit par découvrir que toutes les femmes pouvant posséder le Witchblade ont été minutieusement traquées et éliminées par l'organisation, dans l'idée de former une seule d'entre elles à devenir l'hôte parfaite suivant les volontés de la patronne.


Poussée dans ses retranchements, Alex tombe sous l'emprise du Witchblade corrompu et pactise avec un démon de haut rang pour tenter de faire s'évader ses amis des mêmes locaux dont elle a pu s'échapper peu auparavant. Utilisant la magie du sang contre elle-même, Alex parvient néanmoins à gagner assez de temps pour que le nouveau lien avec le Witchblade se renforce et lui permette de faire céder le sortilège avant que le transfert ne soit complet vers l'hôte choisie.


Cependant, il semble que la déflagration d'énergie mystique qui s'en suit les ait toutes et tous projeté dans le futur, en 2025, où New York est devenue une zone hautement militarisée sous extrême surveillance ! Et, en 2019, juste après l'explosion, le démon qui avait pactisé avec Alex essaie maintenant de pactiser de même avec Haley, l'hôte idéale mais rejetée, qui se fait désormais appeler Shadowblade et n'a qu'un seul but en tête : redevenir complète en retrouvant son autre moitié, apparemment toujours entre les mains d'Alex.


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Au bout de ce second tome de la seconde série Witchblade je commence à mieux comprendre pour quelles raisons elle n'a pas bien fonctionné à son époque, toute fin des années 2010. Par rapport à l'originale, il y a assez peu d'action, les personnages ne sont pas vraiment attachants et on a tendance à rapidement en oublier certains dans le décor, et surtout le dessin n'est pas franchement au mieux de ce qu'Image pouvait fournir en ce temps pré-Covid.


Reste néanmoins que le scénario tient la route, même si là aussi ce n'est pas vraiment passionnant, et il faut tout de même passer au moins la moitié de l'album avant de comprendre où tout cela va nous mener, ou si vous préférez avant que l'intrigue générale ne devienne redondante et donc prévisible. Dommage car je commençais à bien aimer cette nouvelle Alex Underwood combattant les démons dans les rues de New York à la nuit tombée, mais il faut croire que c'était encore trop proche de la formule d'origine.


A trop vouloir la changer, cette formule, les auteurs et artistes de cette seconde version ont peut-être perdu ce qui faisait tout le sel de la première série, le côté ultra-sexy en moins cela va sans dire. Il y aura bien quelques références visuelles ici et là mais c'est tout ce que l'on est en droit d'attendre de ce titre, qui désire nous entraîner dans quelque chose de plus psychologique et pernicieux, pas forcément de la meilleure des façons cependant.


Alors est-ce que le troisième et dernier tome va réussir à nous fournir une conclusion digne de ce nom ou bien sera-ce la déception jusqu'au bout ? Réponse dans les prochaines semaines !

samedi 23 novembre 2024

Amazing Spider-Man par David Michelinie et Erik Larsen omnibus (Panini Comics - Juillet 2024)


Quand vous vous appelez Peter Parker, et que votre alter-ego n'est autre que le sympathique Spider-Man, vous vous traînez forcément une certaine malchance et un bagage émotionnel gros comme une maison. Mais, à mesure que vous affrontez les épreuves que la vie s'acharne à placer sur votre chemin, vous en sortez grandi et mieux entouré que jamais. En principe.


Même s'il est marié à la superbe Mary Jane, qui connaît le succès depuis qu'elle joue l'un des rôles principaux dans un soap-opera télévisé, et que cette dernière le soutiendra toujours coûte que coûte dans les moments de doute comme dans les joies les plus infimes, Peter doit tout de même compter avec le retour de pas mal de ses anciennes connaissances dernièrement. Par exemple, Felicia Hardy vient de débarquer à nouveau dans sa vie, au bras de Flash Thompson, qui de son côté ignore totalement que sa nouvelle petite-amie fabuleuse n'est autre que la Chatte Noire, criminelle repentie mais extrêmement amoureuse de l'Homme-Araignée.


Le plan de Felicia est assez simple au fond : Peter lui a brisé le cœur, alors elle va briser celui de l'un de ses meilleurs amis, avant de s'acharner à lui prouver qu'il a fait une grosse erreur en se mariant avec MJ et qu'il aurait mieux fait de la choisir elle ! Sur le papier, aucun problème pour une séductrice et croqueuse d'hommes comme Felicia, d'autant que Flash reste un grand simplet incapable d'imaginer sa fourberie. Ce que la Chatte Noire ne pouvait prévoir, en revanche, c'est que MJ ne céderait aucun pouce de terrain malgré les menaces à son encontre, et que Flash Thompson se révélerait bien plus attrayant qu'attendu lorsqu'on lui laisse l'occasion de démontrer ses talents chevaleresques.


Si seulement il n'y avait que des intrigues amoureuses autour de Peter, il en serait sans doute comblé ! Malheureusement, Spider-Man doit aussi négocier avec le retour, une fois de plus, de l’infatigable Venom dans les environs, et une énième bataille sans merci qui s'annonce entre les deux hommes-araignées que tout oppose. En plus, Mary Jane de son côté est de nouveau la cible du harcèlement de Jonathan Caesar, tout juste sorti de prison et pas du tout soigné de son obsession maladive pour elle. Le magnat immobilier envoie à nouveau ses sbires faire la chasse à toute personne partageant de près ou de loin la vie de son idole, ce qui inclus Spider-Man puisqu'il s'ingénie à sauver la belle rousse à chaque tentative d'enlèvement.


Grâce à un habile stratagème, le Tisseur parvient à retourner ses différents ennemis du moments les uns contre les autres et à faire en sorte qu'ils se neutralisent réciproquement, Eddie Brock repartant en prison sans son précieux symbiote laissé pour mort. Quant à MJ, elle ira en personne dire deux mots à Caesar et mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes entre eux, mais elle ne pouvait pas prévoir l'intervention d'un nouveau joueur dans la partie, lui aussi fan inconditionnel de la belle rousse et peu désireux de la laisser lui échapper...


Cela fait déjà pas mal de problèmes à résoudre, mine de rien, mais il reste encore de la place sur l'agenda très chargé de Spider-Man, alors pourquoi ne pas en profiter ? Depuis quelques temps, le Docteur Octopus prend un malin plaisir à recontacter ses anciennes relations criminelles pour les pousser à revenir à lui et à reformer, tous ensemble, les Sinister Six dans le but avoué de conquérir le monde à l'aide d'une menace de premier plan. Si Electro, Mysterio, le Vautour et le Super-Bouffon répondent bien présents avec grand plaisir, ce n'est pas le cas de l'Homme-Sable qui nécessitera une petite menace supplémentaire pour le faire rentrer dans le rang. Combien de temps ce chantage atroce tiendra-t-il, là est toute la question. En attendant, Baker ne peut que courber l'échine et faire ce que l'on attend de lui, malgré ses réserves.


A peine débarrassé du groupe formé par ses plus terribles adversaires, Spider-Man doit une fois de plus affronter Venom qui vient de se reconstituer et de s'évader de prison pour le duel final ! Seuls, isolés sur une île désertée depuis un accident minier, les deux combattants vont tout donner pour l'emporter, l'un pour survivre, l'autre pour tuer. Au beau milieu de la jungle et alors qu'il subit la traque impitoyable de Venom, Peter a soudain une nouvelle idée de génie et parvient à simuler sa propre mort aux yeux de son ennemi, qui décide alors le sourire aux lèvres de profiter pleinement de sa nouvelle vie de tranquillité.


De retour à New York, c'est cette fois contre le Caméléon et sa nouvelle petite bande de malfrats que Spider-Man devra se frotter, mais sans ses pouvoirs à cause d'une machine conçue par le malfaiteur métamorphe. Aidé de la Chatte Noire sur ce coup, Peter ne s'en sort que de justesse par là aussi un habile retournement de situation, tandis que Felicia perd ses propres capacités surhumaines semble-t-il définitivement ! Les deux alliés de circonstances décident d'en rester là et de garder le secret l'un sur l'autre auprès de leurs proches, Felicia voulant finalement tenter sa chance avec Flash qui n'est pas si mal à ses yeux. La hache de guerre est donc officiellement enterrée entre les deux amants d'antan, et chacun va retrouver la précieuse compagnie de son être cher.


Seulement, Spider-Man commence à devenir une sérieuse épine dans le pied d'un gros joueur : Justin Hammer, multimilliardaire retors et fournisseur d'armes et de costumes high-tech à de nombreux super-vilains. C'en est au point où Hammer décide de faire appel au Rhino puis à Boomerang pour éliminer Spider-Man et ce nouveau justicier se faisant appeler Cardiac qui prennent un malin plaisir à s'attaquer à ses entreprises illégales et fort juteuses. Mais rien ne semble en mesure d'arrêter les héros sur leur lancée, et Hammer finit par abandonner ses projets les concernant, du moins pour le moment, tant que rien ne permet de remonter jusqu'à lui.


Enfin, cinq des membres des Sinister Six ont très mal digéré la trahison du Docteur Octopus précédemment, et s'entendent alors pour le retrouver et lui faire payer le prix de son infamie. Mais ce n'était qu'une nouvelle ruse pour réunir l'équipe autour de son leader naturel, dans le but cette fois-ci de s'emparer d'armes ultra-perfectionnées dans une autre dimension et de revenir à New York pour y semer le chaos et la désolation. Avec ses tentacules en adamantium, plus dangereux que jamais, Otto semble bien proche de la victoire au bout du compte, car même Hulk ne peut rivaliser en face à face. Il faudra l'aide de Ghost Rider, de Deathlok et du Somnambule pour enfin arrêter les méchants et mettre Octavius hors d'état de nuire, peut-être pour de bon cette fois-ci.


Et pour conclure en beauté, c'est désormais à Alistair Smythe d'entrer en scène avec toute une armée d'Anti-Araignées conçus sur mesure pour s'en prendre à la fois à Spider-Man et à Jonah Jameson, les deux personnes responsables de la mort de son père et de son obsession maladive pour ses machines. Guéri de son handicap, Alistair place l'Homme-Araignée face à un grave cas de conscience : soit il tente de l'arrêter directement au prix d'un combat épique, soit il parcourt toute la ville à la recherche des Anti-Araignées envoyés s'en prendre aux proches de Jameson et de Peter. Autant dire que non seulement la nuit va être longue, mais surtout que Spider-Man ne rigole plus, et Smythe en sera quitte pour ses frais !


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Nous sommes ici en présence du second omnibus consacré au long run de David Michelinie sur la série principale Amazing Spider-Man, couvrant cette fois-ci le tout début des années '90, avant le départ fracassant des dessinateurs-rois de Marvel pour fonder Image en directe concurrence. Erik Larsen prend le relais de Todd MacFarlane dans un style graphiquement très proche du précédent, reprenant et même améliorant à sa façon les gimmicks inventés par le futur créateur de Spawn.


Si vous avez lu cet omnibus, vous savez que j'ai passé sous silence durant ce long résumé certains chapitres qui étaient pourtant bien dessinés aussi par Erik Larsen, mais qui figuraient déjà au sommaire du premier volume, inutile donc d'en reparler. Marvel et Panini ont décidé de garder ces épisodes en doublon pour que la continuité se fasse plus simple à suivre d'un dessinateur à l'autre, et de ce fait le seul vrai facteur immuable est la présence de David Michelinie au scénario, et je m'en réjouis totalement.


Je ne vais pas reprendre point par point tout ce que j'avais déjà pu développer dans mon article sur le premier omnibus de ce run d'exception, mais je rappellerai simplement que le travail formidable de Michelinie pour briser les clichés de son époque, notamment concernant la position des femmes dans l'entourage des super-héros, a fait des merveilles et nous a offert des héroïnes du quotidien fortes et imbattables elles aussi à leur façon, soutiens de toujours comme rivales acharnées.


Erik Larsen partira ensuite faire voguer sa propre galère, puis il reviendra chez Marvel quelques années plus tard pour reprendre la série Spider-Man lancée par MacFarlane lui-même en son temps, où il mettra son expérience des récits d'action pure et dure au service de l'éditeur dans un style qui lui est propre. La qualité de l'histoire n'est clairement pas la même, et clairement pas au niveau du scénario développé par Michelinie, mais ça reste un bon défouloir et c'est agréable à l’œil la plupart du temps. On sent que le dessinateur vedette est devenu un conteur à sa façon et qu'il éprouve le besoin de s'exercer pour perfectionner son nouveau talent, quitte à revenir chez Marvel à plusieurs reprises par la suite, toujours sur les aventures de Spider-Man pour quelques numéros par-ci par-là.


Je terminerai, une fois n'est pas coutume, en vous parlant d'une expérience personnelle concernant le contenu de cet omnibus. J'avais dans ma collection depuis un bon bout de temps un vieil exemplaire de la revue française Strange, contenant un épisode que j'avais adoré et que j'ai lu et relu encore et encore tellement j'étais fasciné. Et bien cet épisode se trouve collecté ici dans cet omnibus par Panini, il s'agit de celui où le gentleman-cambrioleur vieillissant Black Fox fait son grand retour à New York pour y dérober un énorme diamant, se mettant à dos non seulement le Tisseur mais surtout le terrible Docteur Fatalis, à qui il a volé sans le savoir une de ses plus précieuses possessions. Je me rappelais du combat incroyable qui s'en suivait entre Spider-Man et Fatalis, et c'est avec un immense bonheur que j'ai pu retrouver tout cela en qualité supérieure et surtout que j'ai pu enfin associer un nom à cette histoire de folie, celui de David Michelinie, illustre inconnu pour moi quand je parcourais mon Strange fiévreusement étant plus jeune et moins expérimenté.


Comme quoi, on tombe parfois sur des petites pépites du passé comme ça en lisant au hasard et en ne se rendant pas forcément compte tout de suite de la valeur des histoires que l'on possède et accumule avec patience et application. Certains détails seront à jamais inexpliqués, quand d'autres trouveront enfin une signification toute particulière et entière bien des années après, au fil des rééditions. Je suis très content et reconnaissant à Panini/Marvel de m'avoir fait revivre ce moment d'émotion, qui me permet de rentabiliser cet omnibus sans problème, du moins sentimentalement parlant !


La suite du programme, si Panini reste conforme aux parutions V.O. de Marvel, ça devrait être le passage de Mark Bagley sur Amazing Spider-Man toujours aux côtés de David Michelinie aux manettes, et ça aussi j'ai très très hâte de le découvrir même si certains récits sont d'ores et déjà devenus légendaires dans d'autres collections (Maximum Carnage, par exemple). Je vous invite à patienter quelques mois le temps que tout cela se fasse, vous me retrouverez sans faillir fidèle au poste et toujours avec grand plaisir !


Au fait, que pensez-vous de la couverture collector de cet omnibus ? Je la trouve personnellement bien plus réussie et impactante que celle choisie pour l'édition régulière, peut-être parce qu'il y a ce charme désuet qui y est attaché, ou bien parce que Panini nous offre à cette occasion un effet vernis sélectif et relief qui en jette pas mal au sein d'une bibliothèque bien garnie !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 22 novembre 2024

La V.O. du vendredi n°266 : Psylocke #1 - Masks (Marvel - Novembre 2024)


Pendant de trop nombreuses années, Kwannon était piégée à l'intérieur de son propre corps, piloté et maîtrisé par une autre qu'elle, sous l'identité de Psylocke, mutante et assassin experte en la matière. Depuis quelques temps, elle a enfin retrouvé toute la maîtrise de son être, et son esprit comme son corps sont maintenant en parfaite adéquation. Mais qui est-elle réellement ? Ses propres partenaires au sein des différentes équipes X-Men peuvent-ils seulement se targuer de la connaître comme il se doit ?


La vérité est que Kwannon sera toujours la plus isolée du groupe, ne pouvant se fier qu'à elle-même et ne rendant de compte qu'à l'intérêt supérieur qu'elle sert de son mieux. Quand, au retour d'une mission de sauvetage en solo, Cyclope décide de la mettre sur la touche plutôt que de l'emmener avec le reste de son groupe direction leur prochaine aventure, c'est la goutte de trop pour l'ex-ninja qui cherche désormais une façon de s'occuper, et surtout d'échapper à ses propres pensées. Pas si facile quand on est télépathe de haut niveau, avec un inconscient regorgeant d'horreurs...


Mais finalement une nouvelle opportunité s'offre à elle quand elle en a le plus besoin : selon ses sources, l'A.I.M. préparerait une grande soirée mondaine pour révéler leur tout nouveau produit de contrebande, dernière évolution en date de la tristement célèbre hormone de croissance mutante. S'infiltrant sans problème dans la soirée, Psylocke découvre que le clou du spectacle n'est pas tant la révélation du produit en lui-même que la mise aux enchères de cinq jeunes mutants enlevés à leurs familles !


Voyant rouge immédiatement, Kwannon fonce dans le tas et extermine ses opposants du moment, ne retenant plus ses coups et cherchant à détruire tout autant qu'à sauver. Enlever des enfants innocents pour la seule raison qu'ils sont mutants la révulse et ne lui rappelle que trop bien son propre passé, qui a tendance à ressurgir dans sa mémoire depuis un moment. Quand elle se réveille de sa transe de combat, Kwannon se tient au-dessus d'un cadavre tout frais... et c'est elle qui tient le sabre ensanglanté !


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C'était probablement l'un des personnages que j'aimais le plus dans les débuts de l'ère Krakoa des X-Men sous Jonathan Hickman, dont vous pouvez d'ailleurs toujours suivre mes chroniques chaque mercredi ou quand j'ai le temps de m'y consacrer. Je suis donc très très content de m'être procuré le premier numéro de la nouvelle série consacrée à Psylocke version Kwannon, qui mérite depuis bien longtemps d'avoir son propre moment de gloire ou du moins sa propre exploration psychologique, une chose que son passage dans les Hellions de Monsieur Sinistre ne pouvait pas forcément permettre au milieu des autres personnages de l'équipe.


Il y a par ailleurs déjà eu une première série sur Psylocke à la toute fin des années 2000 mais nous en parlerons une prochaine fois, et puis il s'agissait toujours de Betsy Braddock il me semble et non Kwannon aux commandes.


Encore une fois j'ai craqué pour une couverture variante signée Artgerm, comme vous le savez à présent je considère cela comme une sorte de gage de qualité ou tout du moins d'intérêt certain.


Je ne suis pas du tout à jour dans mes lectures mutantes chez Marvel, mais je me permets de faire un grand bond en avant et de prendre le train en marche pour quelques séries seulement, comme celle-ci, des séries qui me promettent de grands moments d'action et d'émotion en suivant les aventures en solo de mes personnages favoris. Je tâcherai de rattraper mon retard au fur et à mesure, et ces mêmes chapitres que je vous présente maintenant seront bien disponibles je pense dans les futures revues mutantes de Panini dès 2025, on aura donc l'occasion d'en reparler !


Ce premier chapitre contient également quelques publicités et indices concernant les autres séries de l'univers mutant de Marvel, après la chute et la fin de l'ère Krakoa. Mais ce qui m'intéresse le plus c'est la dédicace en souvenir de John Cassaday, dessinateur brillant lui aussi parti bien trop tôt. Je trouve le fait que ses anciens amis et collègues lui rendent ainsi un dernier hommage public est de bon goût, en tout cas ça permet de rappeler quelles furent ses contributions majeures dans les années 2000 aux séries mettant en scène les X-Men. A l'heure où les équipes mutantes sont plus divisées que jamais, c'est toujours bon de regarder un peu en arrière pour se rendre compte de tout le chemin parcouru.

La V.O. du vendredi n°265 : Batgirl #1 - Mother, part 1 of 6 (DC Comics - Novembre 2024)


« - Tu sais, je n'ai jamais voulu avoir de fille... » « - Tu parles comme si j'avais voulu avoir une mère. »


C'est par ce premier échange assez tendu que s'effectuent les retrouvailles entre Cassandra Cain, la Batgirl en titre, et sa génitrice Lady Shiva, sans doute l'assassin la plus douée au monde. Par le passé, Shiva a tout tenté pour convertir sa fille à son mode de vie, en faire une arme suprême aiguisée et mortelle à souhait, mais Cassandra a préféré choisir d'être une héroïne aux côtés de Batman, le Chevalier Noir de Gotham City, et de ses autres apprentis. Évidemment, cette décision a créé quelques tensions dans la famille...


Mais ce soir, Shiva n'est pas là pour se battre. Pas avec sa fille en tout cas. Elle lui demande de l'aide, chose très inhabituelle pour qui la connaît, car d'après ses dires une dangereuse secte d'assassins a fait de sa lignée une cible prioritaire dans le cadre d'un grand contrat qui dépasse tous les enjeux précédents. Cassandra est elle aussi visée bien entendu, et seule l'union de la mère et de la fille pourrait avoir des chances contre ceux qui se nomment les Déterrés, apparemment d'anciens guerriers de jadis revenus à la vie dans le but de tuer toujours davantage.


Même si elle ne lui fait pas confiance le moins du monde, Batgirl est bien obligée de croire le récit de Shiva quand les fameux Déterrés leur tombent droit dessus au terme de leur rencontre glaciale. Alors qu'elles parviennent à s'échapper, après un combat acharné où elles réapprennent à se fier à l'autre en situation réelle, le temple de Lady Shiva est détruit dans une explosion et tous ses adeptes semblent massacrés jusqu'au dernier.


C'est dans les ruines du temple, en plein cœur de Gotham, que Batgirl et Lady Shiva vont devoir livrer leur plus grand combat à ce jour en tant que mère et fille, ou plutôt en tant que combattantes chevronnées ayant la rage en elles et brûlant de s'en servir pour rendre justice et coup pour coup à leurs assaillants. Une justice toute personnelle en ce qui concerne Shiva, mais l'heure n'est pas encore à la réflexion pour l'apprentie détective, il lui faut déjà survivre à cette longue nuit qui s'annonce !


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Je ne connaissais pas vraiment Cassandra Cain comme personnage dans la vaste galerie de la bat-famille, mais j'ai appris petit à petit à la reconnaître lors de ses apparitions ou quand les scénaristes trouvent le moyen de l'utiliser dans leurs récits, ce qui jusque-là n'arrivait pas si souvent admettons-le. C'est donc avec plaisir que je me lance dans cette nouvelle série qui lui est entièrement consacrée, dans le cadre du DC ALL IN qui vient de s'engager chez cet éditeur historique à plus d'un titre.


Le renouveau souhaité fera-t-il mouche ? Pour l'instant, et à l'aune de ce seul premier chapitre d'une seule des séries annoncées dans le catalogue, je suis plutôt satisfait et curieux de connaître la suite. La couverture variante signée Artgerm est pour beaucoup dans mon choix de m'engager sur cette nouvelle série, car personnellement je dois avouer que je trouve toujours la présence de cet artiste sur un projet assez vivifiante et de bon augure quant à la qualité du titre. Nous verrons bien ce qu'il en sera dans les prochains chapitres !


Cette série Batgirl version Cassandra Cain promet en tout cas son lot d'action à chaque page tournée, et également pas mal d'introspection pour la jeune détective combattante qui va devoir miser sur une confiance toute relative à l'égard de sa mère pour qui elle n'a que mépris et même colère pas tout à fait enfouie. Et cette dernière le lui rend bien ! Dans le petit monde de Batman, les tensions familiales sont nombreuses et souvent le sel de scénarios bien ficelés dont on peut profiter sur la longueur. Ici on nous annonce pour le moment un premier arc en six chapitres, et comme ça démarre très fort je me demande ce que les artistes sur ce titre nous réservent pour que le souffle épique ne retombe pas de sitôt !


Juste une petite observation personnelle sur le design des nouveaux ennemis du jour : les Déterrés ressemblent quand même furieusement à mes yeux aux ninjas de la Main chez Marvel... le seul vrai changement c'est la couleur de leur tenue, passant du rouge au bleu. Est-ce que les artistes de Batgirl sont allés piocher dans la même source que ceux de Daredevil par exemple ? Je ne suis pas un spécialiste du Japon médiéval mais la similitude de ces deux sectes me perturbe un peu, peut-être aurait-il mieux valu les différencier davantage pour éviter ce genre de réflexion.

jeudi 7 novembre 2024

#DRCL - Midnight Children tome 3 (Ki-Oon - Octobre 2024)


Les loups du zoo se sont échappés en pleine nuit, attirés par un étrange individu vêtu de noir et disparaissant dans les ténèbres au moment de son forfait. Toute la ville de Whitby est hantée du sinistre hurlement des bêtes dont la bride est lâchée, transportant leur nouveau maître jusqu'à sa proie !


Dans la chapelle de l'académie, le professeur Van Helsing et les quatre élèves qu'il a rassemblé autour de lui tentent le tout pour le tout afin de sauver Luke/Lucy, qui semble comme possédé(e). Alors que Mina parvient finalement à arracher le droit d'être la première personne à donner son sang pour la pauvre victime, malgré l'ego blessé des garçons, le Comte fait soudain son apparition à la tête de sa meute, foulant du pied les précieuses protections mises en place par Van Helsing pour tenter de le contenir, sans le moindre effet apparent.


Psychologiquement brisé par cet échec avéré de ses méthodes ancestrales, Van Helsing n'est plus d'aucune aide et les adolescents se démènent alors de leur mieux pour faire reculer les loups ainsi que le Comte, en entonnant spontanément un cantique qui les protégera du Mal. Cela semble contre toute attente fonctionner, le Prince Immortel disparaissant peu à peu avec ses bêtes. Lorsque le jour se lève, le calme est revenu...


Mais la hantise n'est pas terminée pour autant. Van Helsing, portant Luke dans ses bras, tente de sortir de la chapelle mais est soudain frappé par le regard de l'ennemi qui simulait la lumière du soleil au beau milieu des ténèbres nocturnes. Tout simplement désintégrés dans un épais brouillard de sang, les deux corps ne seront jamais retrouvés. Tout juste subsiste-t-il le bras droit du professeur Hollandais, dans la main duquel repose un crucifix d'argent, sa seule défense véritable.


Le cercueil de Luke est enterré vide et tous les élèves de l'académie sont invités à se recueillir au-dessus de sa tombe. Fait étrange, les loups échappés du zoo ont d'eux-mêmes regagné leur cage et se tiennent tranquilles. Tout semble rentré dans l'ordre, alors que tout le monde reprend ses occupations du quotidien en oubliant presque totalement l'incident. Mais pas les quatre survivants, qui se jurent sur la tombe de leur ami défunt de ne plus jamais faire confiance aux adultes et de rester unis quoi qu'il puisse arriver.


Quelques temps plus tard, la panique gagne à nouveau la petite ville de Whitby. Des enfants disparaissent de leur chambres en pleine nuit, emmenés d'après de rares témoins par une femme vêtue de noir, sans laisser la moindre trace de son passage. Rassemblés dans la chambre de Mina à l'académie, les quatre membres du Camelia Club pratiquent une séance de spiritisme pour tenter d'entrer en contact avec l'esprit de Luke, via une planque de Ouija, mais c'est l'âme tourmentée de Van Helsing qui leur répond ! Luke ne serait pas mort... ni tout à fait vivant non plus. Coincé pour l'éternité dans un entre-deux fait de damnation et d'horreurs indicibles, il peut toutefois encore être sauvé et conduit dans l'au-delà à condition de parvenir à le rejoindre dans sa tanière.


Aussitôt, les trois garçons laissent Mina en plan dans sa chambre pour partir à la recherche de la tombe de Luke en pleine nuit, afin d'en exhumer le cercueil et de vérifier si leur ami s'y trouve ou non. Désemparée par ce manque de confiance et ce nouvel abandon, Mina ne se rend pas compte qu'elle invite près d'elle un nouvel esprit, qui ne demande qu'à s'entretenir un peu avec elle...


De leur côté, Arthur, Jo et Quincey semblent parvenir à la conclusion que le cercueil de Luke est bel et bien toujours vide, jusqu'à ce que la lumière de leur lanterne n'éclaire de petits crânes dépouillés logés dans cette dernière demeure... des crânes d'enfants. Soudain, Lucy leur apparaît alors que la Lune se voile de lourds nuages, et les capture tous les trois afin de les dévorer !


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Les événements relatés et illustrés dans ce troisième tome de la série horrifique de Shin'ichi Sakamoto sont ceux de la mort de Lucy dans l’œuvre originale, qui était déjà assez terrifiante sur le papier et à travers les correspondances des principaux personnages de l'histoire, et qui a été magnifiée à mon sens par le film de Francis Ford Coppola. Mais cette mort tragique est aussitôt suivie d'une sorte de résurrection impie, et le combat qui s'annonce risque bien d'être déchirant à plus d'un titre !


Une fois de plus le thème du féminisme est abordé et plutôt bien traité quoique avec un brin de fatalisme par le mangaka, à travers son incarnation de Mina qui cherche toujours à obtenir la reconnaissance de ses pairs pour son courage et son implication mais ne récolte que douces paroles de protections et vaines promesses. J'espère qu'elle sera la clé du sauvetage des trois garçons face à Lucy car cela les remettrait pour de bon à leur place, et elle gagnerait ainsi la confiance du groupe alors que jusqu'ici toutes ses tentatives n'ont fait que la mettre à l'écart de ceux qui pensaient avoir la connaissance et la bravoure de leur côté.


Point fort aussi et gros changement par rapport au roman et à ses multiples adaptations, Van Helsing meurt très directement au contact du Comte, son ennemi fatal, après avoir vu toutes ses croyances brisées les unes après les autres devant lui. Il n'aura pu que s'en remettre à Dieu dans un ultime geste de défense, mais n'a apparemment toujours pas l'esprit tranquille après son trépas sanglant. Le reste de l'histoire est donc bien entre les mains des adolescents du Camelia Club, et je gage qu'il leur faudra surmonter encore quelques épreuves inédites avant de pleinement prendre conscience de ce à quoi ils ont affaire. Ce qui promet plusieurs autres tomes à cette série qui aurait pu être très courte sans cela ! Et apparemment, dans cette nouvelle version du mythe, tout le monde peut mourir à n'importe quel moment !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !