jeudi 4 septembre 2025

Chobits tome 8 (Pika Édition - Juillet 2021)


Dernier tome de la série.


Le moment tant redouté par les deux PC du gouvernement lancés aux trousses de Chii est arrivé : le programme latent de la jeune androïde s'est déclenché et elle est en passe de générer une situation catastrophique à l'échelle mondiale si rien n'est fait pour la stopper !


En effet, créant un gigantesque court-circuit dans la ville et chez tous les PC environnants, Chii est maintenant dans un état second et accède aux souvenirs et à la personnalité de sa sœur Freya, ainsi qu'à ses propres sentiments désormais limpides pour elle. Chii aime Hideki, c'est ''la personne rien que pour elle'' qu'elle recherche tant et dont lui parlaient les histoires écrites par Mlle Hibiya en secret. Le tout est maintenant de savoir si Hideki ressent bien la même chose pour Chii...


Et cette question est très difficile, car elle implique énormément de contraintes et de réflexions d'ordre tant émotionnel que philosophique. Un être humain peut-il vraiment aimer un PC ? Et les PC, quant à eux, sont-ils vraiment capables d'émotions sincères et non issues d'un programme ? Quelles que soient les réponses à ces questions, pour le moment il n'y en a qu'une seule qui obsède Chii et qu'elle attend de tout son cœur renaissant : Hideki l'aime-t-il en retour ? Est-elle ''la personne rien que pour lui'' ?


Quand les PC du gouvernement s'apprêtent à intervenir pour faire cesser la nouvelle programmation de Chii, Mlle Hibiya se manifeste et leur demande de laisser Hideki résoudre cette situation en répondant à la question de Chii, dont les sentiments ne peuvent pas être feints vue leur intensité. La pression s'accumule sur les épaules du jeune homme, désormais seul face à ses propres émotions et réflexions qui n'aboutissent toujours pas à la même conclusion logique. Mais est-ce que la logique a vraiment une importance dans cette histoire ?


Hideki finit par décider que non, et révèle alors qu'il aime sincèrement Chii en retour de l'amour de la jeune androïde, ce qui désamorce aussitôt la catastrophe qui était sur le point d'engloutir toute la ville sous les eaux. Mais il doit cependant comprendre quelque chose de crucial, que l'esprit de Freya lui apprend alors à travers le corps de sa sœur : Chii ne pourra jamais aimer physiquement quelqu'un, se donner corps et âme dans une union complète et parfaite... sinon, en vertu de son programme spécifique et de sa constitution unique, elle redémarrerait aussitôt à zéro et perdrait tous ses souvenirs et sa personnalité.


Confronté à l'impossibilité de satisfaire son désir avec Chii tout en ayant avoué qu'il l'aime vraiment du fond du cœur, Hideki n'en fait pas marche arrière pour autant et décide qu'il accepte cette condition, pourvu que Chii reste toujours elle-même et que leur amour soit réciproque et sincère. Freya disparaît alors et laisse définitivement le contrôle à Chii, pour qui une toute nouvelle vie commence en compagnie de l'être aimé. Et à mesure que le quotidien reprend ses droits, le jeune couple savoure sa proximité sans plus aucune gêne ni tabou, enfin libérés d'un poids qui les écrasait tous les deux sans qu'ils en aient conscience. Le vœu de Mlle Hibiya, de son défunt mari ainsi que de Freya et Elda est ainsi accompli, et tout rendre dans l'ordre de la meilleure des façons.


--- 

 

Bon en gros ça finit bien, peut-être même un peu trop bien si vous voulez mon avis. Connaissant les CLAMP à travers quelques autres séries plus dramatiques de leur catalogue, je pensais devoir m'attendre à de grosses larmes à la fin de Chobits... et pourtant il n'en est rien, c'est un immense sourire que j'affiche en découvrant que les sentiments ont triomphé de la froide logique et que dans cet univers au moins les choses se terminent bien !


En y réfléchissant, toute la série aura été parsemée d'exemples d'amours, de toutes sortes : fraternel, marital, à sens unique, toxique... et c'est entouré de tous ces exemples que le jeune Hideki peut enfin faire sa propre déclaration et admettre ses propres sentiments pour Chii, débarrassé de toute mauvaise influence sociétale.


Même l'amour parental est mis en lumière, au travers de la relation qu'entretient Mlle Hibiya avec ses deux ''filles'' androïdes conçues par son mari par amour pour elle. Il en ressort que partout où l'on regarde, cette série regorge de belles histoires et ses personnages principaux sont littéralement cernés par toutes sortes d'amours qui leur confirment que leur propre histoire est possible après tout !


C'est un ton inhabituellement optimiste qui conclue cette magnifique œuvre des CLAMP de l'aube des années 2000, mais ce n'est pas désagréable ou niais pour autant, il y a une réelle profondeur dans l'histoire et le déroulé des événements, des révélations qui sont faites en chemin et des prises de conscience des différents personnages, humains comme PC. Peut-être vaut-il mieux vivre pleinement son amour, quel qu'il puisse être, tant que c'est avec la bonne personne, plutôt que de le taire ou le brimer.


Évidemment cela soulève de nombreuses questions et pistes de réflexions, et les CLAMP en sont conscientes puisqu'elles abordent elles-mêmes l'air de rien à travers Mlle Hibiya les fameuses ''trois lois de la robotique'' qu'il ne faut surtout pas enfreindre. Tout fan de science-fiction reconnaîtra immanquablement la référence à l'œuvre, fondatrice du genre, de Monsieur Asimov. Une leçon à peine esquissée mais qui en dit énormément sur l'application des artistes dans ce manga qui ne paie vraiment pas de mine et m'aura offert une très belle conclusion une fois de plus.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 3 septembre 2025

Destiny of X tome 4 (Panini Comics - Février 2023)


Giant Size X-Men – Thunderbird : John Proudstar est de retour parmi les vivants, lui le tout premier X-Man à avoir perdu la vie durant une mission ordonnée par le Professeur Xavier voilà maintenant bien des années. En quête d'un nouveau sens à donner à son existence, et peu convaincu par l'idéal représenté par Krakoa, John prend la route du territoire Apache dont il est issu pour retrouver les siens et ré-apprendre ses origines. Mais dans la réserve, les Natifs sont harcelés et enlevés pour les contraindre à livrer les mutants parmi les leurs à une organisation nommée Initiative Héritage, dirigée par une vieille connaissance des frères Proudstar. Refusant tout net de se séparer des leurs, les Natifs Apaches sont séquestrés et seront même bientôt torturés, mais John décide d'intervenir immédiatement et dévaste à lui tout seul le centre de détention, se confrontant directement aux commanditaires de cette opération. Libérant les siens et épargnant une vie au passage, même mauvaise, John retrouve enfin la voie de ses ancêtres et décide de la partager avec son petit frère. Désormais, Thunderbird est bel et bien de retour et il s'apprête à réparer certains torts sur son passage !


X-Men #11 : L'équipe est sur le pied de guerre et décide de frapper fort contre ses nouveaux ennemis déclarés. Tout d'abord, les membres féminins des X-Men se rendent jusqu'au Gameworld, cette station spatiale hors-la-loi abritant un casino titanesque où se décide le sort de plusieurs mondes dans des jeux de hasard cruels et barbares. L'infiltration réussie et la sécurité passée avec succès, les X-Women déclenchent l'assaut en comptant sur les vastes pouvoirs de Jean pour faire la différence... mais leur hôte, Cordiceps Jones, n'en a pas fini avec la Terre et entre lui-même en jeu !

En parallèle, Cyclope et Sinch explorent les égouts de New York à la recherche du repaire du Dr. Stasis, membre du collectif ORCHIS et particulièrement enclin à nuire aux mutants ces derniers temps. Tandis que Sinch règle la question de la disparition de certaines preuves incriminantes, Scott confronte directement Stasis et découvre avec stupéfaction qu'il s'agit en réalité d'un potentiel clone de Monsieur Sinistre !


X-Force #28 : Wolverine et les membres de X-Force sont en alerte : cela fait quelques jours que certains mutants de Krakoa sont portés disparus, Forge le premier, et on a justement retrouvé son corps dont la tête a été amputée du cerveau... apparemment dévoré. Mettant en garde Quentin et lui demandant de veiller depuis sa position privilégiée, Logan et Domino se lancent à la poursuite du responsable de ce massacre, qui n'est autre qu'une unité de sauvegarde Cérébro qui a disjoncté depuis les nombreux voyages dans le passé de Wolverine grâce à l'union psychique de Jean Grey et du Professeur Xavier pour sauver ce-dernier. Parvenant rapidement jusqu'à son repaire, Logan et Domino sont immédiatement attaqués et se défendent comme ils peuvent face à cette créature mécanique capable d'absorber et de reproduire les pouvoirs des mutants dévorés. S'échappant de peu, Cérébrax traque maintenant les mutants capables de lui permettre de s'en prendre à tout Krakoa d'un seul coup !


Marauders #3 : L'équipage de Kate Pryde est toujours aux prises avec les forces armées des Shi'ars, dirigées par les membres de l'ordre obscur de la Lignée Pourpre, qui interfèrent directement avec l'autorité de la jeune Majestrix Xandra. Toutefois, la souveraine parvient à se faire obéir quand les Maraudeurs sont finalement amenés devant elle et qu'il s'avère que Cassandra Nova a déjà fait le nécessaire pour court-circuiter la Lignée face à elle. Déterminée à réparer cette erreur diplomatique et à aider les Maraudeurs à découvrir la vérité au sujet de cet étrange message envoyé depuis le lointain passé à propos des tous premiers mutants, Xandra les conduit jusqu'à la prison pan-dimensionnelle du Krag, où l'équipe est de nouveau attaquée par les fidèles de la Lignée Pourpre et la Majestrix mise en danger mortel !


Knights of X #2 : Depuis sa prise de pouvoir dans l'Outremonde, Merlin s'emploie à éliminer méthodiquement les Sorcelets sur son passage grâce à ses forces armées alliant magie et machinerie de pointe. Les Sorcelets, ce sont bien sûr tous les porteurs du Gêne X actif, donc des mutants, comme Mordred le fils du Roi Arthur. Betsy parvient à ouvrir un canal de communication avec le Conseil Secret de Krakoa pour savoir s'ils peuvent lui envoyer des renforts, et aussi partager avec eux l'objectif de sa nouvelle mission : retrouver le Siège Périlleux, ce portail magique capable d'octroyer une nouvelle vie à ceux qui le franchissent. C'est en quelques sortes le Saint Graal mutant, et la clé pour défaire Merlin et rétablir Saturnyne sur le trône omniversel. Mais avant cela il faut sauver les habitants de Fourbefoire, nouvelle cible des forces armées de Merlin et d'Arthur, dont le meneur a déjà été fait prisonnier et est menacé d'exécution sommaire. Betsy et ses chevaliers découvrent que Merlin utilise une substance bien précise pour bloquer les pouvoirs mutants, et ils décident de remonter jusqu'à la source pour l'en priver. Sur place, les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu mais les héros parviennent à s'en sortir, toutefois maintenant il leur faut demander de l'aide à d'autres nations libres de l'Outremonde, dont le sombre royaume vampire de Sevalith...


Wolverine #21 : Toujours aux prises avec Deadpool sur un véritable champ de bataille, Wolverine tente tant bien que mal de s'en extraire avec la mallette si convoitée, mais le mercenaire bavard lui fait perdre un temps précieux en déclenchant moult péripéties et surtout une téléportation sabotée qui les expédie tous les deux droit dans une cage en adamantium au moment même où Logan allait enfin se confronter à Danger, l'androïde autrefois en charge de la Salle des Dangers des X-Men et devenue indépendante et ayant apparemment elle aussi beaucoup à redouter de la fameuse mallette, assez pour envoyer des copies robotiques des X-Men la récupérer et provoquer toute cette pagaille. Impuissants dans leur cage, Wolverine et Deadpool se voient privés de la mallette que Maverick et la Fouine ouvrent sous leurs yeux... pour découvrir ce qui semble être une copie de Danger elle-même à assembler. De quoi générer des profits faramineux...


--- 

 

Je ne sais pas trop si c'est moi ou bien la qualité générale des séries que je vous présente ci-dessus, mais à cette lecture j'ai eu plusieurs fois l'impression d'être lassé de ces histoires qui se répètent ou du moins reposent en grande partie sur des éléments déjà exploités par le passé par d'autres auteurs. J'espère que cette impression ne sera que passagère, et n'en doutez pas je suis toujours intéressé par ces revues bimensuelles de Panini mais ça commence à faire long sans véritable changement majeur... enfin presque.


Car oui on peut signaler que Xandra a été mortellement blessée, du moins à ce qu'il semblerait, ce qui constitue déjà un bouleversement sans précédent au niveau de l'alliance historique entre les mutants de la Terre et l'empire Shi'ar. Ensuite, ORCHIS exploite jusqu'aux populations minoritaires du territoire Américain pour satisfaire sa soif de connaissances sur les mutants, et il apparaît même assez clairement que l'un des membres-clés de l'organisation n'est autre qu'une version de Sinistre ! Comme quoi, le monde est petit...


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 2 septembre 2025

Batman Arkham - Mister Freeze (Urban Comics - Octobre 2021)


S'il y a bien un vilain de la sinistre galerie du Batman qui fasse tâche, c'est sans doute Mister Freeze...


Bien que ce ne soit pas sa faute de prime abord, le personnage est apparu en plein durant les années folles de la carrière du Chevalier Noir de Gotham, à grand renfort d'humour absurde et de jeux-de-mots qui ne l'étaient pas moins, dans un contexte où la censure faisait encore rage et où les auteurs devaient rivaliser d'imagination pour pondre quelque chose qui soit accepté par les autorités tout en délivrant un message au travers de leurs écrits.


Mister Zéro, puisque tel était son pseudonyme à l'origine, est un génie scientifique du type braqueur en série, avec une très forte obsession pour le froid, son gimmick étant de littéralement congeler tout ce qui lui passe par la tête grâce à son cryo-pistolet. Suite à un accident de laboratoire, Victor Fries développe une intolérance suprême aux températures au-dessus de 0°C et doit donc vivre confiné dans un scaphandre spécialement adapté pour le protéger et maintenir sa propre température corporelle.


On ne va pas se mentir, le choix des teintes vert et violet pour son premier costume historique était assez douteux, le faisant davantage ressembler à un bouffon adepte des pirouettes scénaristiques à base de changements de températures. Mais assez vite quelques auteurs ont su déceler chez ce personnage un véritable potentiel pour autre chose que de la pure comédie, et dans les décennies qui ont suivi, libérés de la censure et du Comic-Code, les scénaristes vont enfin pouvoir exploiter toute la noirceur et la tragédie qui entourent désormais Victor Fries.


Scientifique toujours, mais doté cette fois-ci d'une femme, Nora, atteinte d'un rarissime trouble cardiaque incurable et que son mari décide de cryogéniser pour pouvoir la sauver plus tard une fois la médecine plus avancée. Suivant les versions et les auteurs, c'est à partir de ce point-ci que les choses basculent. Tantôt par la faute d'un patron trop avide, tantôt suite à une intervention du Batman, ou encore après un rappel à l'ordre par Bruce Wayne en personne, Victor finit aspergé par sa propre solution expérimentale et son corps mute alors, lui interdisant à tout jamais de profiter de la chaleur du soleil un jour d'Été.


Reprochant à Batman et plus généralement à Gotham City toute entière son infortune, et la séparation forcée d'avec sa femme adorée, Fries prend le nom de Mister Freeze et se consacre entièrement à la ruine de ses ennemis jurés, qu'ils soient magnats de la finance ou hommes politiques en mal de pouvoir. Lui-même en manque criant de reconnaissance, Freeze apparaît chaque fois plus enfoncé encore dans son délire monomaniaque autour du froid et de la préservation parfaite qu'il représente à ses yeux.


Cela va sans dire, l'interprétation d'Arnold Schwarzenegger dans le très mauvais Batman & Robin de 1997 au cinéma va couler la carrière de Mister Freeze dans les comics, en plus de faire pas mal d'autres dégâts fâcheux. Mais le connaisseur pourra toutefois se consoler en identifiant çà et là dans le long-métrage quelques clins d'œil aux origines graphiques et gaguesques du personnage, à défaut de vraiment l'apprécier. Et on notera aussi que l'histoire de Nora Fries est conservée malgré tout, ce qui rend un tout petit peu de panache à ce film. Un tout petit peu seulement.


Par la suite, des séries comme Gotham Knights que j'affectionne particulièrement durant les années 2000 vont s'atteler à la lourde tâche de ramener de l'ordre dans la réputation de Mister Freeze, et du drama évidemment à la pelle. Si le résultat reste anecdotique à côté des grosses pointures comme le Joker, Black Mask ou à l'époque aussi Silence, il est certains récits à mettre tout particulièrement en avant pour la profondeur de ton et des thématiques abordées, notamment durant les faces à faces entre Freeze et Batman directement sur le terrain de leur incompréhension réciproque.


Les New52 à partir de 2011 vont nous offrir une toute nouvelle version des origines du vilain, où cette fois Nora n'est plus réellement SA femme mais plutôt UNE femme cryogénisée bien des années auparavant et à qui Victor a voué une thèse entière lors de son doctorat. Refusant de lâcher prise et de quitter ce fantasme de vie à sens unique, Fries provoque une fois de plus l'accident fatal qui le fera muter et le changera en monstre et en criminel.


Les années Rebirth reviendront un peu là-dessus une fois de plus et rendront quelques éléments du passé, mais retenez globalement que Victor Fries est avant tout un être brisé souffrant d'une psychose très particulière et qui nécessite à la fois des soins constants et une surveillance de chaque instant. Tour à tour tueur à gages, braqueur, terroriste, super-vilain diabolique ou dépressif morbide, Mister Freeze a beaucoup plus à nous apprendre sur notre propre rapport à la Mort que ce que l'on peut s'imaginer de prime abord.


Enfin, je voudrais glisser un petit mot pour la version animée de Bruce Timm et Paul Dini dans les années '90, juste magnifique de mélancolie dans le film Batman – Subzéro par exemple ou encore dans la série Batman Beyond où un Terry McGinnis impuissant assiste au suicide définitif de Freeze juste après qu'il ait retrouvé son humanité. De quoi, là aussi, nous faire longuement réfléchir...


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 1 septembre 2025

Sinstress #0 (Swiney & Terris - Juin 2025)


Nous sommes en l'an 2043. Ce qui reste de l'humanité vit dans une cité entourée d'un mur infranchissable, retenant à l'extérieur les reliquats peu glorieux de notre espèce après une pluie de météorites presque fatale.


Dans cet environnement préservé mais fragile, Skye Searle, journaliste au sein d'un grand groupe de médias omniprésent, cherche à découvrir la vérité qui se cache derrière les mots rassurants des autorités et la haute silhouette du mur protecteur. Convaincue qu'on ne nous dit pas tout et qu'elle est la seule capable de révéler les supercheries, elle semble s'être déjà embarquée dans plus d'une galère, au point que sa carrière est désormais presque lettre morte.


Mais il lui reste encore un dernier coup à jouer, une dernière grande enquête sur le front, dans la zone tampon entre la cité et le dehors, là où se rassemblent et se bousculent les sombres secrets. Repérée durant son infiltration malgré toutes ses précautions et son matériel high-tech, Skye est jetée en pâture aux viles créatures qui peuplent le reste du monde au-delà du mur, alors que la panique gagne la ville tandis qu'une alarme résonne partout.


Skye sait bien qu'elle vient d'être condamnée à finir en martyre de sa cause, que sa mémoire sera traitée comme celle d'une criminelle de haut rang et qu'elle ne peut attendre aucun soutien de l'intérieur. Comme si cela ne suffisait pas, les abominations mutantes s'agglutinent peu à peu autour d'elle... mais au lieu de la dévorer, elles lui parlent !


Apparemment, Skye avait au moins raison sur un point : la vérité n'est pas tout à fait celle que l'on sert aux citoyens dans les journaux-télé, et il y a encore beaucoup à apprendre sur les monstres de l'extérieur. A ceci près... que ceux-ci ont déjà leur plan bien à eux, et que Skye y jouera un rôle majeur. Qu'elle le veuille ou non.


--- 

 

C'est la nouvelle aventure éditoriale de Thomas Rivière, créateur de Radio Comics (anciennement Comicsplace) et passionné de bandes-dessinées de tous horizons. Venue tout droit d'Angleterre si j'ai bien suivi, cette nouvelle collaboration avec un éditeur étranger/label indépendant se propose de nous offrir un tout nouvel univers de séries ambitieuses mais à coûts raisonnables !


Je ne sais pas si c'est l'abus de sirop contre la toux qui parle, mais j'ai plutôt bien aimé ce numéro ''0'' de cette première série, Sinstress, même si l'on peut relever quelques défauts majeurs. Pour commencer, certaines pages et certaines cases sont vraiment très sombres, il est assez difficile de cerner correctement l'action, et ce n'est pas aidé par un découpage passant parfois à côté de l'essentiel pour privilégier un rendu plus cinématographique.


Cela dit, Thomas Rivière a vraiment mis les petits plats dans les grands pour que le public Français puisse déguster une expérience rendue la plus agréable possible : papier de top qualité, encre idem, traduction moderne et -j'imagine- fidèle au texte original autant que possible tout en adaptant certaines expressions à notre propre culture ; bref que du bon niveau matériel. On n'a pas vraiment l'habitude de tant de soins apportés au format single issue, surtout quand on collectionne de la V.O. et qu'on doit faire avec un papier dégueulasse dont même les Japonais ne voudraient pas.


Le tout servi par le financement participatif, grande force du moment désormais bien installée dans le milieu des comics underground, avec une première campagne Ulule ayant largement dépassé son objectif de base. De quoi nous ravir pour la suite du programme, quand le véritable premier chapitre de Sinstress sera proposé incessamment sous peu au public et que d'autres séries pourront pointer le bout de leur nez si le succès est toujours au rendez-vous.


Il est maintenant à espérer que les quelques défauts que j'ai relevé ici seront corrigés dans les chapitres suivants, le ''2'' étant actuellement en finition par les auteurs, et que les autres séries du tout jeune catalogue de l'éditeur britannique Impressia feront sensation elles aussi parmi les quelques centaines de lecteurs privilégiés sur notre territoire. Encore une fois un grand merci à Thomas Rivière de lancer ces initiatives bienvenues au sein de notre marché local !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 31 août 2025

X-Men - L'intégrale 1988 tome 1 (Panini Comics - Novembre 2023)


Les X-Men affrontent les membres de la Freedom Force de Mystique pour leur droit à rester libres, et surtout de défendre le reste du monde contre les dangers incroyables qui menacent ! En l'état, les forces sont assez égales, mais les héros sont fortement diminués par l'inquiétude quant à l'aire de pouvoir de Forge, dans son building d'Eagle Plazza au Texas. Cet endroit où l'ancien chaman est censé accomplir un rituel d'importance pour sauver l'ensemble de la réalité est en effet réduit en ruines, mais ses nombreux pièges défensifs sont toujours actifs et même Wolverine ne peut espérer les approcher et en réchapper.


Quand les sinistres plans de l'Adversaire, cette entité millénaire du chaos qui cherche à prendre le contrôle de la réalité et de l'omnivers, sont enfin dévoilés, Forge et Tornade sont hélas bien trop loin pour apporter leur aide aux autres membres de l'équipe. Isolés dans un monde étranger, vierge de toute humanité, les deux amants ont le choix entre y fonder une vie nouvelle ou bien tout tenter pour rejoindre leur Terre et combattre l'Adversaire quitte à en périr.


Pour cela, Forge dispose d'assez de ressources et de connaissances pour se constituer une nouvelle aire de pouvoir dans ce nouveau monde, et une fois chose faite il s'attelle à sa tâche la plus ardue : rendre ses pouvoirs à Ororo, qui les a perdu voilà déjà bien trop longtemps. En réalité, ses immenses pouvoirs mutants sur le climat n'ont pas disparu, ils sont toujours là bien ancrés quelque part en elle, mais elle n'en a plus le contrôle. Forge espère que la toute nouvelle arme qu'il est en train de créer saura inverser le processus et remettre les choses en ordre, car il faudra bien toute la puissance de la redoutable Tornade des X-Men pour espérer triompher de l'Adversaire !


Pendant ce temps, les héros et les membres de la Freedom Force comprennent qu'ils ont été piégés par plus malin qu'eux, et plus pervers surtout, et décident donc de faire une trêve dans leur combat au moins le temps de parvenir à rétablir la situation. En effet, Dallas est sous le coup d'un véritable dérèglement temporel, les époques passées et futures se succèdent et se mélangent dans le chaos le plus total, la population est terrorisée et aucune solution durable ne semble pouvoir advenir, à part combattre encore et encore pour sauver le plus d'innocents possible.


Sur le terrain, les médias tentent également le tout pour le tout en filmant les actions héroïques des X-Men pour documenter ce jour et transmettre au reste du monde une note d'intention, à savoir que les mutants sont loin d'être les monstres que l'on redoute et que certains sont même prêts à sacrifier leur vie et plus encore pour sauver les humains. Quand enfin Tornade et Forge regagnent la Terre, restaurés dans leurs pouvoirs et leurs esprits, ils rejoignent aussitôt le cœur des combats et parviennent contre toute attente à atteindre le sommet d'Eagle Plazza, où le rituel de bannissement de l'Adversaire peut désormais commencer !


Seulement, cet être terrifiant n'en a pas fini avec ce monde et refuse de lâcher prise sur ce qu'il convoite depuis si longtemps à travers les âges. Il faudra rien moins que le sacrifice unifié de tous les héros mutants pour enfin réussir à renvoyer cette abominable entité dans le néant primal. Un sacrifice dont les caméras sur place ont été témoins, et qu'elles ont relayé sur toute la planète. Désormais, personne ne pourra plus accuser les X-Men de n'être que des monstres haïssant l'humanité, puisque tout le monde a pu assister à leur trépas pour sauver le monde dans son ensemble.


Enfin... c'est ce qu'il semble, du moins. Car en réalité, les X-Men sont toujours vivants, dans la poche de réalité de Roma, la souveraine de l'omnivers, qui leur accorde pour leur aide contre l'Adversaire une toute nouvelle vie et une toute nouvelle chance de continuer à faire le bien. Ils peuvent bien entendu décider qu'ils en ont assez fait et profiter d'une éternité paisible dans un au-delà qui n'appartiendra qu'à eux, mais d'un commun accord ils préfèrent de loin retourner sur Terre et poursuivre le combat pour le rêve du Professeur Xavier.


Roma les envoie donc en Australie, sur les terres lointaines des aborigènes ancestraux, où les X-Men devront se mêler à la population locale tout en préservant leur anonymat puisque le reste du monde les croit morts. Plus facile à dire qu'à faire cependant, car sur place une terrible bande de tueurs harcèle les braves gens : ces voleurs et bandits sans foi ni lois sont à moitié mécaniques, sortes de cyborgs de l'extrême, et pillent et tuent autant qu'il leur plaît sans que rien ni personne ne se dresse sur leur chemin. Jusqu'à l'arrivée des puissants X-Men, qui leur mettent une dérouillée dans leur propre village-refuge au cœur du désert, avant de s'approprier les lieux et d'en faire leur nouveau QG. Leurs nouvelles aventures ne font alors que commencer !


--- 

 

Le reste de cet album est consacré aux quatre chapitres de la mini-série Magik datée de quelques années auparavant mais publiée seulement dans cette intégrale par Panini pour une raison qui m'échappe encore. Cette histoire est celle d'Illyana Raspoutine, la petite sœur de Colossus, qui a été enlevée par le terrible seigneur démoniaque des Limbes lorsqu'elle avait six ans et qui a passé les sept années suivantes prisonnière de cette dimension infernale, à apprendre de noirs sortilèges et à cultiver ses pouvoirs et son savoir, assistant même à la mort brutale de tous ceux qu'elle aimait, avant d'enfin pouvoir se rebeller contre Belasco et le mettre en échec une première fois.


Cette histoire aurait sans doute été plus à sa place dans une intégrale des New Mutants mais qu'importe, vous connaissez maintenant je crois mon affection toute particulière pour Magie et sa tragédie de vie, je suis donc assez heureux malgré tout de pouvoir découvrir cette saga de ses origines même si ce n'est pas du tout chronologiquement viable.


Concernant la première grosse partie de l'album en revanche, nous sommes bien en 1988, année du tout premier grand cross-over mutant, une tradition qui désormais se répétera chaque année jusqu'à nos jours. Ici il s'agit du récit Fall of the Mutants, relatant donc l'âpre conflit final contre l'Adversaire et le sacrifice de nos héros sous les yeux du monde entier. Une chute qui sera évidemment aussitôt suivie d'une renaissance et d'un petit retour aux sources, quand les X-Men étaient encore une équipe relativement inconnue et qui œuvrait dans l'ombre pour protéger aussi bien les mutants que les humains.


Si ce cross-over est particulièrement important dans l'histoire éditoriale des X-Men, il l'est aussi pour les artistes qui y ont travaillé, dont un certain et tout jeune Marc Silvestri qui nous régale déjà à l'époque avec son style assez reconnaissable et qui ne demande qu'à être peaufiné d'années en années. Nous retrouverons également avec grand plaisir Rick Leonardi, John et Sal Buscema ainsi que Ron Frenz, pour mettre en image de la meilleure des façons le scénario de l'indétrônable Chris Claremont, enfin en grande forme après quelques années de vaches maigres niveau qualité de ses histoires.


Alors verdict au final pour ce cross-over que Panini nous annonçait depuis quelques intégrales déjà et qui se résoudra en trois chapitres à peine ? Bah c'était très bon. Sérieusement, tout est fait pour nous faire plaisir, nous tirer quelques larmes et aussi nous promettre un tout nouvel avenir pour la série, et nous n'en sommes encore qu'à la première moitié de l'année 1988, il reste encore d'autres récits à découvrir pour solidifier ces nouvelles bases !


Les années blanches de transition sont maintenant derrière nous, Claremont a sans doute obtenu ce qu'il voulait et va devoir bosser comme un fou pour nous fournir une grande réunion mutante chaque année à présent, le public est aux anges, les dessinateurs sont de qualité et de futurs grands noms commencent à émerger du lot... que demander de plus, si ce n'est de continuer sur cette lancée ?


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 29 août 2025

La V.O. du vendredi n°328 : Doom Academy #3 (Marvel - Avril 2025)

Variant cover by Ron Lim

Zoé est toujours coincée dans le monde intérieur du livre de contes traditionnels de Latvérie, tandis que ses amis et étudiants de l'Académie Fatalis tentent tout leur possible pour retrouver sa trace et identifier le bon sortilège qui sera capable de la ramener parmi eux.


Pour cela, il va néanmoins falloir convaincre la colocataire de Zoé, Marta, de leur prêter main forte pour un rituel bien particulier. Le problème est que Marta appartient à une communauté qui se méfie de tout ce qui peut être magique de près comme de loin... mais devant l'urgence de la situation, ne sachant pas quels monstres sont enfermés dans le recueil avec leur amie, les autres étudiants parviennent à mettre Marta sur les bons rails et le sortilège peut enfin être lancé.


De son côté, Zoé échappe de peu à une sorcière mangeuse d'enfants dans le conte dans lequel elle est enfermée avec Greta, l'ancienne étudiante de l'Académie Fatalis qui avait disparu mystérieusement et qui a fait sa routine de piéger divers monstres et autres créatures de cauchemar dans les pages du livre d'histoires. Après une petite confrontation quand la vraie nature de Zoé est dévoilée par accident, Greta accepte finalement de lui faire confiance et de l'inviter à partager son quotidien, mais c'est à cet instant précis que le sort permettant de ramener Zoé dans la réalité fait son office.


Aussitôt de retour parmi les siens, Zoé n'a qu'une idée en tête : repartir au plus vite dans le livre pour en ramener Greta également, ne supportant pas que sa nouvelle amie soit coincée à tout jamais dans le recueil sans le moindre espoir de s'en échapper ni la moindre compagnie qui en vaille la peine ! Mais Zoé devra certainement expliquer cela à ses camarades qui risquent de ne pas l'entendre de cette oreille...


--- 

 

Nous en sommes maintenant au troisième chapitre de cette petite série toute innocente et vivotant dans son coin sans embêter personne, avec un scénario très simpliste certes mais qui peut s'adresser à tout le monde pourvu que l'on ait conservé quelque part en soi une parcelle de son âme d'enfant.


Évidemment Doom Academy n'existerait pas sans l'event principal One World Under Doom à côté pour la justifier et la soutenir, mais elle n'empiète pas sur sa grande sœur et réciproquement d'ailleurs, ce qui est toujours agréable finalement quand on y pense. N'en avez-vous pas assez des cross-overs et events majeurs où tout part en vrille d'une série à une autre parce que les raccords sont assez peu travaillés ?


Ici nous n'avons pas ce problème, les aventures des nouveaux étudiants de l'Académie Fatalis peuvent même carrément se lire sans avoir la moindre connaissance des événements principaux dans le reste du monde, un peu comme la situation de la Latvérie sous son dôme de magie pure, isolée et protégée, vivant sa petite vie dans son coin.


Troisième chapitre sur les cinq annoncés, ce qui veut donc dire que nous en sommes à la moitié de la série, déjà... je peine à me représenter le chemin parcouru depuis la toute première page il y a deux numéros de cela, et j'imagine mal également ce qui pourra être raconté dans les deux prochains. J'espère surtout comme souvent que le final sera à la hauteur des attentes et qu'il vaudra vraiment la peine d'avoir collecté les différents chapitres les uns après les autres ! Réponse prochainement.

La V.O. du vendredi n°327 : Amazing Spider-Man #1 (Marvel - Avril 2025)

Variant cover by Nimit Malavia

Alors qu'il enchaîne les entretiens d'embauche sans rencontrer le moindre succès, malgré ses éminentes qualités personnelles, Peter Parker commence sérieusement à craindre pour sa vie professionnelle en jachères constantes.


Mais alors qu'il vient tout juste, et contre toute attente, de décrocher un entretien potentiellement crucial et ce au dernier moment, voilà qu'il doit de nouveau s'absenter en urgence car la mission de l'incroyable Spider-Man ne s'arrête jamais vraiment !


En effet, le Rhino vient de faire sa réapparition et dévaste tout sur son passage au cours d'une course folle à travers les avenues de New York. Spidey tente en vain de le stopper et de le raisonner, mais on dirait que le vilain est pris d'une rage folle et qu'il semble imperméable à toute tentative de dialogue, détruisant simplement tout ce qui se trouve devant lui lors de sa charge. Même un camion balancé en pleine tête ne suffit pas à le calmer...


Mais soudain, catastrophe : Aleksei s'effondre au sol, inconscient, en train de faire une crise cardiaque sous les yeux médusés de Spider-Man qui tente alors tout son possible pour le ranimer et relancer son cœur au plus vite tandis que les secours arrivent difficilement sur place.


Dans l'ombre, un nouveau complot semble se tramer parmi les super-vilains les plus connus de l'Homme-Araignée, et le retour aux affaires de Roderick Kingsley alias le véritable Super-Bouffon a de quoi donner des sueurs froides quand on découvre qu'il trafique une nouvelle sorte de drogue assez répandue dans le milieu criminel. Les chances que l'on remonte jusqu'à lui sont minces, mais Kingsley préfère comme toujours se préparer à tout et surtout au pire, en envoyant un de ses agents mettre Spider-Man sur une fausse piste. Ou l'éliminer, au choix.


Pendant ce temps, Norman Osborn fait son come-back lui aussi dans le monde des affaires en reprenant publiquement la présidence de son entreprise Oscorp après une tentative ratée d'assassinat sur sa personne par une ancienne victime collatérale du Bouffon Vert. Norman, désormais purgé de sa folie meurtrière grâce à Peter, souhaite de tout son être se racheter et déclare qu'Oscorp servira une seule et même idée : rattraper tout le mal qu'il a pu faire par le passé. La voix du Bouffon semble s'être tue, mais pour combien de temps ?


--- 

 

Ça démarre très très fort dans ce nouveau premier chapitre du run de Joe Kelly sur la série Amazing Spider-Man nouvelle mouture, avec des dessins magnifiques de Pepe Larraz en grande forme lui aussi !


Comme tout relaunch réussi, il s'agit de partir des fondamentaux du personnage et de son univers pour rapidement extrapoler et lui offrir de nouveaux horizons et de nouvelles aventures inédites à sa hauteur, et ce coup-ci on dirait bien que c'est sur la bonne lancée.



 

Je m'arrête cependant à ce numéro-ci en V.O., ne souhaitant pas me gâcher la lecture d'un album complet quand ces nouvelles histoires finiront par paraître chez nous grâce à Panini dans une collection sans aucun doute adaptée pour l'occasion. Le mordant est bien là quoi qu'on en dise, et l'envie d'en découvrir davantage sur cette nouvelle affaire qui touche de près les super-vilains du Tisseur elle aussi est bien présente. Il suffira de patienter un peu... c'est dur mais jouable ! Et en tout cas, croyez-moi, ce début vaut vraiment le coût !

La V.O. du vendredi n°326 : One World Under Doom #3 - The Devil We Know (Marvel - Avril 2025)

Variant cover by Gabriele Dell'Otto

Après les échecs successifs des différents groupes de super-héros pour révéler le vrai visage du Docteur Fatalis depuis la prise de pouvoir mondiale de ce-dernier, les Avengers de Carol Danvers commencent sérieusement à manquer d'options. Si bien qu'ils finissent par demander de l'aide... aux Maîtres du Mal ! La nouvelle formation comprend Arcade, Mysterio, le Docteur Octopus, M.O.D.O.K., la Sorcière Rouge, Madelyne Pryor et le Baron Mordo, et à eux tous ils devraient normalement pouvoir faire la différence.


Le plan est relativement simple : puisque la provocation et l'humiliation ne sont pas parvenues à faire craquer Fatalis devant les caméras du monde entier, autant y aller franco et frapper fort d'un seul coup ! Peut-être que, poussé dans ses retranchements, le nouvel empereur planétaire révélera enfin le visage que tous lui connaissent... ou pensent lui connaître, du moins.


Tandis que les Avengers et leurs nouveaux alliés tentent une incursion forcée à la frontière de la Latvérie, toujours verrouillée par un dôme de pure magie infranchissable, afin d'attirer l'attention de Fatalis sur cette zone précise, les sorciers et magiciens de l'équipe unifiée vont tenter d'entrer en contact avec les esprits des grands dirigeants mondiaux afin de déterminer quel sortilège Fatalis a bien pu utiliser pour les convaincre tous d'adopter sa nouvelle politique sans rechigner.


Lorsque le combat commence, tout semble se passer comme prévu : l'intervention des Maîtres du Mal déstabilise Fatalis juste ce qu'il faut pour le mettre à terre, mais rien ne suffit malheureusement à l'achever, tout juste est-il maintenant contrarié. Cependant, il ne contre-attaque pas avec toute sa puissance comme on aurait pu s'y attendre, ce qui en soi est déjà un signe inquiétant pour le plan de nos héros.


Enfin, l'information tombe dans les esprits de tout le monde via le lien mental magique établi par la Sorcière Rouge : après inspection profonde des esprits dirigeants de la Terre toute entière via les plus importants d'entre eux, il s'avère qu'aucune magie, aucune duplicité, aucune machine n'a été utilisée contre eux pour les faire plier. En réalité, et bien que cela soit encore plus dur à croire pour les Avengers, ils se sont tous ralliés à Fatalis d'eux-mêmes et en pleine possession de leur libre-arbitre, simplement parce qu'il a su les convaincre et utiliser ses vastes ressources pour accorder à chacun ce qui lui manquait afin d'établir une paix mondiale durable. Juste de la politique et de la diplomatie, rien d'autre.


Sonnés, les héros s'attendent à devoir des comptes à leur ennemi de toujours mais celui-ci leur demande plutôt de l'accompagner jusqu'à la prison du Raft, au large de New York, où plusieurs détenus parmi les plus dangereux préparent une évasion massive en ce moment-même. Fatalis laisse toute la gloire de ce nouveau combat aux héros d'ores et déjà considérés comme déchus par la population qu'ils protégeaient jadis, tandis qu'il renforce encore davantage son aura de sauveur providentiel auprès des médias.


Mais pendant ce temps, certains devoirs incombant d'ordinaire au Sorcier Suprême ne sont pas remplis, et une entité nocive entre toutes a fini par en prendre pleinement conscience et s'apprête désormais à attaquer la Terre et toute la réalité du même coup !


--- 

 

Dans ce troisième numéro de cet event Marvel, c'est encore un échec cuisant pour les héros face à l'apparente immaculée innocence du nouveau Sorcier Suprême Fatalis. Après les Quatre Fantastiques renvoyés dans les cordes devant l'O.N.U., ce sont maintenant les Avengers qui font les frais de leurs propres craintes paranoïaques concernant l'ancien super-vilain qui n'offre que la paix et la stabilité à ce monde qui se méfie tant de lui.


Qu'en penser, nous lecteurs de comics, que l'on soit nouveau venu ou fan expérimenté ? Je n'ose le formuler, mais il se pourrait bien qu'en définitive Fatalis soit véritablement sincère dans sa démarche, et que l'obtention du titre et des pouvoirs du Sorcier Suprême de la Terre a suffi à lui donner les moyens d'enfin réaliser sa grande vision globale pour la planète, sans la moindre violence envers les civils.


Oui je précise pour les civils, et même les héros un peu, mais il ne faut pas oublier que ce règne s'est ouvert par le massacre des troupes de l'HYDRA du Baron Zémo et l'aveu du meurtre de Crâne Rouge. Pas forcément ceux que l'on regrettera le plus je suis bien d'accord, mais le sang versé a tout de même servi à sceller l'union mondiale de Fatalis. Qui sait quels autres secrets il a pu dissimuler dans l'ombre durant les six mois où il était reclus en Latvérie pour préparer son ascension ?


Pas le temps de s'attarder sur cette idée toutefois, car un nouvel adversaire fait son entrée à la toute fin de ce chapitre et devrait poser de sérieux problèmes à un Fatalis qui semble avoir négligé quelques obligations en tant que Sorcier Suprême au profit de son grand projet, un inévitable retour de bâton que l'on peut d'autant plus craindre que même Stephen Strange ne parvenait que difficilement à gérer cette entité en son temps !

La V.O. du vendredi n°325 : Supergirl tome 2 - Breaking the chain (DC Comics - Août 2016)


Après s'être essayée à intégrer différentes équipes de super-héros sur Terre, la jeune cousine de Superman est forcée de constater que personne ne veut d'elle où que ce soit, ou du moins que les bonnes volontés autour d'elle ne sont pas légions, et ce malgré les meilleures recommandations venant de Batman en personne.


C'est au cour d'une mission-test d'infiltration au sein d'un gang de pirates méta-humains que les choses vont soudain se corser pour Kara, obligée de jouer un double-rôle qui la met constamment en danger d'être identifiée et éliminée. Elle fera alors la rencontre, au moment le plus critique et alors qu'elle venait de reprendre le contrôle de la situation, d'un nouveau venu tout comme elle sur Terre, un certain Power Boy.


Ce nouveau héros fascine aussitôt Kara, au moins autant qu'il est lui-même fasciné par la Kryptonienne, et rapidement et contre tous les principes de précautions ils vont commencer à organiser leurs rondes et leurs patrouilles à deux, se lançant quelques défis au passage mais surtout se rapprochant dangereusement l'un de l'autre, deux étrangers sur une planète qui ne les accepte pas tout à fait.


Mais Power Boy n'est pas aussi innocent et sincère qu'il en a l'air ou qu'il veut bien le faire croire. En réalité, il n'est pas fasciné par Kara : il est littéralement obsédé par elle en permanence, voulant tout connaître et tout contrôler autour d'elle. Quand Kara finit par se rendre compte de la supercherie, il est déjà trop tard elle s'est bien trop dévoilée à son partenaire et il utilise tous les leviers à sa disposition pour lui faire mal et la ramener dans son giron. Heureusement, la cousine de Superman n'est pas du genre à se laisser faire sans réagir, et Power Boy en sera quitte pour un magistral coup de genou cosmique dans les parties et un solide avertissement, qui ne présage rien de bon pour la suite s'il venait à croiser à nouveau le chemin de Supergirl.


Hélas, Kara est bien plus perturbée par cette affaire de cœur qu'elle ne le devrait, en grande partie parce qu'elle commence à avoir des réminiscences de son passé sur Krypton et plus particulièrement des dernières consignes laissées à son attention par son père, Zor-El, avant de l'envoyer sur Terre rejoindre son cousin : elle devait non pas le protéger... mais tuer Kal-El, à n'importe quel prix !


Comment survivre à une enfance brimée et une adolescence incomplète quand le seul but qu'on lui ait fixé soit de détruire la seule famille qui lui reste dans tout l'univers connu ? Kara ne peut s'y résoudre, mais les souvenirs se font de plus en plus pressants, et ses propres pouvoirs commencent également à lui jouer des tours et à devenir incontrôlables, comme réagissant à une sorte de conditionnement.


Refusant catégoriquement de faire du mal à Kal-El, Kara se lance à corps perdu dans une quête de sens à donner à sa vie, plus encore qu'auparavant, mais elle ne fait que retomber encore et encore sur les mêmes derniers vestiges de sa mémoire avant son départ de Krypton : une civilisation au bord de la ruine, gangrenée par un mal mystérieux qui se serait propagé, selon son propre père, à cause des expérimentations de son oncle Jor-El sur la Zone Fantôme. En creusant un peu plus profond, Kara se rend soudain compte qu'elle se souvient aussi d'éléments contradictoires dans ce récit, et que les paroles de son père sont peut-être moins fiables qu'elle ne les pensait.


Mais quand la Terre est soudain attaquée par une vague d'esprits en colère cherchant à tout détruire et à posséder les mortels comme les méta-humains, Kara y voit la conséquence de la présence de son cousin Kal-El sur sa planète d'adoption. Comme en réponse à cette seule présence, les spectres maudits arrachés par Jor-El de la Zone Fantôme ont suivi sa piste et sont parvenus à atteindre son refuge, contaminant toute la population sans que rien ne puisse endiguer le fléau. En plus, suite à un nouveau rappel à l'ordre sur Power Boy, le soleil est désormais devenu rouge ce qui signifie que les pouvoirs des Kryptoniens sont bloqués !


Et pendant cette situation de crise majeure, comme si ça ne suffisait pas, Kara va devoir affronter une version alternative d'elle-même, ou plus précisément de Supergirl, pour avoir le droit de porter cette identité fièrement et de revendiquer sa propre existence dans le grand continuum. Il s'agit en réalité d'une manœuvre du Monitor en personne, qui a décelé au retour de Kara dans la trame de la réalité de possibles grands bouleversements à venir pour l'univers tout entier, et désirait la tester pour savoir jusqu'où elle serait prête à aller en cas de danger ultime. Satisfait de la jeune femme et de la conclusion de ses tests, le Monitor met fin à l'expérience et intronise officiellement aux yeux du cosmos cette Kara Zor-El comme étant la seule et unique Supergirl !


Seulement le rôle de Supergirl est loin d'être de tout repos, il faudra aider les humains à l'accepter tout en gérant les multiples crises qui se présentent sur sa route, comme la guerre entre les USA et les Amazones par exemple, ou encore prêter main forte à Superman pour répondre activement au courrier de Noël qu'on lui adresse du monde entier chaque année. Prouvant à chaque étape qu'elle est maîtresse d'elle-même, de son image comme de ses choix, Kara finit par être petit à petit acceptée pour ce qu'elle est et apporte au monde plus que pour ce que l'on attend d'elle en la comparant sans cesse à l'image de son cousin. Elle décide alors, avec le consentement des premiers intéressés, de tenter sa chance pour rejoindre les Teen Titans et intégrer enfin une formation de héros en devenir qui voudra d'elle !


--- 

 

La trame principale de ce second tome compilant les épisodes de la série Supergirl des années 2000, quatrième en titre d'ailleurs il me semble, est écrite par Joe Kelly, un scénariste qu'il n'est plus besoin de présenter tant il s'est rendu indispensable et omniprésent chez les grands éditeurs de comics depuis des décennies.


Quand Joe Kelly récupère le destin de Kara Zor-El, on sent qu'il ne sait pas encore trop quoi en faire ni à quels autres personnages la confronter. C'est vrai, après tout, on a là une copie plus-que-parfaite de Superman qui de par sa nature adolescente et la virulence de ses émotions comme de ses pouvoirs ne peut s'intégrer nulle part durablement sans générer des tensions, en elle comme autour d'elle.


Comme souvent chez Kelly, on assistera alors plutôt à une profonde remise en question des fondamentaux du personnage dont il a la charge, passant tantôt d'une envie de tout envoyer bouler et de faire sa propre vie comme elle l'entend jusqu'à une phase plus tragique où les responsabilités s'imposent de nouveau et ne peuvent malheureusement pas être évitées plus longtemps. Le même mécanisme a été utilisé pour l'arc récent des 8 Morts de Spider-Man chez Marvel par le même auteur, avec un peu plus de maîtrise forcément les années aidant.


Heureusement ce n'est pas tout ce que vous trouverez dans cet album-ci, Joe Kelly finit par céder sa place à Tony Bedard pour les trois derniers chapitres qui traitent tous d'une certaine façon de la manière dont Kara parviendra à se faire enfin accepter et valoriser pour ce qu'elle est et non pour ce qu'elle représenterait idéalement. C'est ainsi, à mon sens, que la chaîne proverbiale est enfin brisée pour de bon et qu'un excellent personnage peut enfin rejoindre un lectorat demandeur et reconnaissant de partager ses nouvelles aventures !


Vous l'avez aussi senti dans mon résumé, à travers le personnage de Power Boy, nous avons déjà pour cette seconde moitié des années 2000 un traitement assez clair de ce qu'est une personnalité de pervers narcissique toxique envers les femmes, jeunes de préférence, et Kara était sans aucun doute la meilleure des héroïnes à lui opposer pour le faire tomber de son piédestal et briser une emprise qui n'avait que trop duré. Comme quoi les thématiques féministes sont bien présentes même dans des comics Supergirl que l'on a longtemps qualifié de lectures pour bimbos écervelées ou mecs en manque. De là jusqu'au récent film Barbie, il n'y a que quelques pas à franchir...


La version des années 2000 de Kara s'oppose ainsi très frontalement à celle de l'Âge d'Argent qui revient ici la tourmenter et la rabaisser constamment avant que le Monitor n'y mette un terme, mais même sans lui la nouvelle Kara avait largement remporté la bataille morale pour son droit d'exister hors des sentiers battus et des clichés masculinistes d'une industrie encore trop peu diversifiée dans ses contenus à l'époque.


Après, tout n'est pas non plus d'un niveau excellent dans cette série et dans ce tome tout particulièrement, et je dirai que ce qui m'a le moins intéressé vient des chapitres liés à l'event Infinite Crisis où Kara doit encore trouver sa place sans trop déranger. Le travail graphique formidable de Ian Churchill, Alé Garza, Renato Guedes et Joe Benitez suffit cependant amplement à combler l'écart de qualité des différentes étapes du scénario, que de grands noms ou de grands talents associés à une icône de la pop-culture qui monte toujours plus haut !

 

vendredi 15 août 2025

La V.O. du vendredi n°324 : Magik #4 - Reunion (Marvel - Avril 2025)


En Équateur, un nouveau sceau retenant le démon Liminal prisonnier de sa dimension ténébreuse est sur le point d'être brisé par l'une de ses lieutenants, ayant capturé plusieurs membres d'une expédition scientifique dans la Forêt des Nuages, dont plusieurs sont des mutants. Or le sang mutant semble toujours bien plus efficace quand il s'agit de vaincre les barrières magiques entravant le démon majeur... le temps est donc compté !


Avec l'aide de Dani, qui vient de la rejoindre et qui s'inquiète énormément pour elle à présent que Yana a passé un pacte avec Liminal, Magie fait tout son possible pour contrebalancer les effets néfastes de cet accord sur ses pouvoirs, mais elle est malheureusement contrainte de reconnaître que ses forces diminuent à mesure que celles de Darkchild, quelque part en elle, grandissent.


Illyana est cependant en grave crise de confiance vis à vis de son amie comme d'elle-même, et au fond de son esprit elle sait qu'elle ne parviendra pas à résister encore très longtemps à l'influence de sa version maléfique tapie dans les ténèbres et attendant son heure. Entraînées au fin fond de la forêt, les deux mutantes finissent par tomber sur le sceau magique en train d'être défait par la démone à la solde de Liminal, et les combats se font plus intenses et épuisants sur le terrain.


Pour éviter le massacre des scientifiques retenus en otages, Magie libère sa puissance et utilise le pouvoir de Darkchild pour augmenter ses sortilèges et parvenir à ramener le sceau à la normale après le départ de l'ennemie, mais cela aura forcément de graves répercussions sur sa santé mentale et son intégrité morale. Darkchild est chaque jour plus proche de prendre le dessus sur Illyana, et cette perspective la terrifie véritablement.


Bien consciente de cette situation et de sa propre impuissance quant à aider son amie de toujours, Dani finit par demander en privé à Cal Isaacs de garder un œil sur Illyana en toutes circonstances, tout en le prévenant de faire attention car la paranoïa qui s'installe dans l'esprit de Magie risque de la rendre méfiante même envers ses propres amis. Un conseil avisé... dommage qu'il soit d'ores et déjà inutile, car Yana a entendu toute la conversation et se sent trahie comme jamais !


--- 

 

La série Magik débutée en Janvier de cette année nous apporte toujours son lot d'action et de retournements de situations, mais surtout du drama en pagaille à mesure que l'esprit d'Illyana sombre de plus en plus et que son pendant maléfique prend les commandes.


Le pacte passé avec Liminal la condamne de toute façon à un avenir des plus sombres, et maintenant le manque flagrant de confiance de Dani envers ses capacités à enrayer le Mal en elle achève de lui briser le cœur, et peut-être aussi son esprit au passage.


Je ne suis pas forcément fan du dessin de Germán Peralta mais au moins le scénario d'Ashley Allen est efficace et va droit au but, même si parfois il y a forcément un peu de remplissage pour tenir le nombre de pages par chapitre. Magik est une série agréable à suivre au demeurant, avec un personnage principal vraiment fort mais dont les faiblesses sont à la hauteur de cette force affichée fièrement. Je croise les doigts pour que tout se passe au mieux et que Darkchild ne finisse pas par remplacer Illyana dans son propre corps...


Avant de se quitter, jetez donc un œil à la couverture de ce chapitre signée J. Scott Campbell une fois encore. Ne trouvez-vous pas que le visage central d'Illyana ressemble énormément à celui de l'actrice Anya Taylor-Joy, qui interprétait le personnage dans le film Les Nouveaux Mutants il y a déjà quelques années de cela ? Perso je suis convaincu que c'est le cas et que Campbell s'est largement inspiré des traits de la sublime actrice pour réaliser ce gros plan. Mais c'est peut-être juste le fan en moi qui parle et prend ses désirs pour des réalités...

La V.O. du vendredi n°323 : Fathom - The Elite Saga #5, ''A Child Of Two Wolrds'' (Aspen Comics - Juillet 2013)


Aspen, Kiani et Anya sont piégées dans l'antre de Taras, emportées par les tentacules empoisonnés des énormes calmars génétiquement modifiés pour venir à bout des pouvoirs des Bleus, y compris ceux faisant partie de l'Élite. Impuissantes, elles assistent au lancement de la machine qui devra fusionner l'esprit de Taras avec le corps de la pauvre Anika, nourrisson ne comprenant même pas ce qui lui arrive...


Dans un ultime effort de volonté, Kiani parvient à se dépêtrer de l'un des calmars en le blessant gravement, puis elle libère sa mère Anya et enfin Aspen, mais le poison qui coule dans leurs veines les rend trop faibles pour combattre sur le moment. Kiani se retrouve donc seule et elle-même affaiblie face à Taras qui en profite pour la frapper de toutes ses forces restantes afin de la neutraliser pour de bon, mais c'est sans compter sur l'énergie d'une mère voyant son enfant en danger !


Anya parvient contre toute attente à rassembler assez de forces pour saisir l'épée de Kiani et blesser Taras assez sérieusement pour qu'il abandonne le combat et se concentre sur sa nouvelle assaillante, le temps que Kiani et Aspen recouvrent leurs forces. Mais la machine est déjà opérationnelle, et Taras embarque alors dans sa propre capsule, prêt pour la fusion imminente et irréversible. Endommageant gravement la console de commandes, Kiani provoque une série d'explosions qui dévastent la caverne et le laboratoire clandestin, ne laissant que peu de chances quant à la survie de sa petite sœur Anika...


De retour auprès de Killian, Anya sait qu'elle a irrémédiablement perdu sa confiance en lui soustrayant sa seconde fille et en ne l'ayant pas ramenée avec elle, mais elle n'en a cure car le deuil accapare toutes ses pensées. Pourtant, elle en est persuadée quelque part en elle, Anika est encore en vie quelque part et doit être retrouvée à n'importe quel prix !


De son côté, Aspen digère mal la catastrophe de cette opération ratée, elle à qui on avait demander son aide en dernier recours, en guise de dernier espoir... Entourée de ses amis de la surface, la jeune femme ne peut que chercher le réconfort et, peut-être, oublier quelques temps ses responsabilités envers les Bleus et leur monde cruel.


Quant à Kiani, elle repart libre de cette histoire, mais le fiasco du sauvetage de sa petite sœur la pousse à abandonner le monde des Bleus et à gagner celui de la surface, dans un but encore incertain. Pourtant, Anya avait raison : Anika est toujours en vie, mais désormais entre les mains de la terrible reine des contrées océaniques glacées, dont le but inavouable semble bien être de lancer une nouvelle ère de conquêtes et de batailles sanglantes entre les mondes, avec l'aide des pouvoirs latents de l'enfant !


--- 

 

C'est le cinquième et dernier chapitre de cette saga, une mini-série à part entière dans le monde de Fathom et qui doit nous conduire à la série principale suivante, All-New Fathom, et forcément à de nouveaux combats.


Est-ce que c'était bien de bout en bout ? Je craignais que le final ne soit pas à la hauteur, et j'avais tort heureusement. Les artistes se sont bien appliqués pour que ce dernier chapitre à lui seul vaille largement le coup de se procurer la mini-série et d'attendre la suivante, et les dessins de V. Ken Marion sont toujours au top quoi qu'il arrive.


Le retournement final de situation avec la survie d'Anika mais le sacrifice de Taras pour la cause nocive de sa mère laisse beaucoup de pistes à suivre pour l'avenir immédiat, et on ignore toujours quel accord a bien pu passer Killian quand il cherchait sa fille auprès des renégats. La seule puissance qui n'ait pas été mise en action dans cette histoire est celle des nations de la surface, mais immanquablement ça finira par venir et il faut donc s'attendre à une nouvelle guerre entre les mondes.


La suite prochainement, si cela vous dit toujours autant qu'à moi. J'ai cru comprendre que ces articles avaient fait quelques vues intéressantes durant ma chronique de cette Elite Saga, je m'engage donc assez sereinement à vous fournir les séries suivantes et surtout avec grand plaisir !