vendredi 11 février 2022

La V.O. du vendredi n°198 : Red Sonja by Gail Simone tome 2 - The art of Blood and Fire (Dynamite - Octobre 2014)


Un grand malheur s'abat sur le monde. Le puissant empereur Samala est mourant ! Alors que tout son empire est à pied d’œuvre pour préparer sa glorieuse transition vers l'après-vie, Samala convoque la plus grande guerrière de son époque à ses côtés pour lui communiquer ses dernières volontés. Il veut une grande fête, une cérémonie dont le monde entier se souviendra en pensant à son nom des siècles plus tard, voir plus encore. Et pour cela, il a besoin des plus grands artisans du monde à ses côtés ! Si Sonja la Rousse ne semble pas intéressée par une telle affaire de prime abord, Samala sait cependant comment la motiver : si elle accepte de lui rapporter les six meilleurs artistes au monde dans un délais d'un mois, il consentira de son côté à libérer les mille esclaves qui travaillent jour et nuit sous le fouet pour bâtir son mausolée. Ainsi soit-il !


Sonja se lance alors dans une quête effrénée à travers les pays voisins, sans relâche, arpentant les marais comme les déserts et se rendant dans toutes les plus grandes cités connues pour y quérir les artistes demandés par l'empereur mourant. A de nombreuses reprises, sa renommée la précédera et nombreux seront ses opposants, pour diverses raisons, rivalités ou simples guerres d'égo. Chaque nouvelle aventure se soldera par le gain d'un nouveau compagnon de route, à mesure qu'elle regroupe autour d'elle les fameux artisans si célèbres.


Cependant, si Sonja n'a qu'une parole, qui la pousse parfois à ravaler sa fierté, l'empereur Samala en revanche ne voit pas d'inconvénient à ne raconter que les vérités qui l'arrangent, en prenant bien soin de dissimuler certains détails... quand le groupe formé par Sonja arrive enfin dans l'immense cité bâtie par les esclaves, Samala est aux anges et sa grande fête peut alors commencer ! Mais ce qu'il révèle à Sonja, en guise de paiement de ses services, a de quoi glacer le sang : Samala a bien l'intention de faire enterrer vivants tous les esclaves de la ville à ses côtés, ainsi que les légendaires artistes rapportés de si loin par la flamboyante guerrière ! Quant à elle, si elle s'obstine à s'y opposer, elle sera exécutée pour son bon plaisir.


Crachant sur une véritable fortune, Sonja refuse bien évidemment de laisser faire cette horreur, et par chance il s'avère que ses compagnons d'aventure sont du même avis qu'elle ! Aussi vont-ils tous faire en sorte d'organiser pour l'empereur une fête dont il ne sera pas prêt de se relever de sitôt ! Ainsi s'achève le règne du grand Samala, qui aurait pu être connu comme le plus grand des libérateurs de l'Histoire, si seulement il l'avait voulu et si seulement il avait eu une parole. A présent que la transition vers le nouveau souverain est chose faite, Sonja repart sur les routes, avec une belle récompense, et surtout l'honneur d'avoir fait ce qu'il fallait, pour le mieux. Pour elle, cela vaut toutes les peines du monde !


Dans un chapitre additionnel, nous découvrons une histoire d'amour des plus romantiques mais fortement improbable entre Sonja et un dénommé Malak, chef de clan de son état. Alors que celui-ci est en deuil après le tragique décès de sa douce et adorée Sonja aux cheveux de feu, la guerrière revient sur ses terres après un long voyage et entend parler de cette histoire sans queue ni tête. Bien décidée à tirer tout cela au clair, d'autant qu'on lui réclame une forte somme en guise de règlement des dettes de Malak en son nom, Sonja confronte le chef de clan et s'aperçoit que le pauvre est sincèrement épris d'elle, à sa façon maladroite et dépensière. Après avoir combattu ses créanciers pour préserver le nom de Sonja de toute injure, Malak trépasse, entouré du seul amour qu'il ait jamais connu. Touchée sans toutefois oser l'admettre, Sonja partira après lui avoir rendu un dernier hommage, tout en repensant au destin qu'elle s'est choisie. La vie de guerrière itinérante réserve parfois bien des surprises !


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C'est le second tome de la trilogie de Gail Simone sur les aventures de Red Sonja, et ça valait le coup encore une fois ! Notre héroïne principale est humaine, dans tous les sens du terme, bien plus que jamais encore auparavant. Loin de la figure de légende que l'on connaît toutes et tous à travers les récits des précédentes séries et des précédents auteurs, la Diablesse à l'Épée apparaît ici faillible et bien éloignée de sa propre réputation, comme si Gail Simone voulait nous montrer les dessous de la grande légende, ou comment se forment les récits et les mythes du lointain passé.


C'est une version un peu choquante du personnage pour toutes les personnes qui connaissent ses aventures et son histoire, mais je dois dire que ça fonctionne plutôt bien une fois de plus ! Les idées de Simone sont bonnes, ses intentions louables, et elle ne fait jamais que rendre Sonja plus proche de nous et donc plus facile encore à apprécier et même à aimer parfois. La seule chose qui ne change jamais, c'est sa profonde honnêteté et son sens de l'honneur à toute épreuve, malgré les dangers qui se dressent sur sa route. Et c'est l'essentiel à mon avis, le minimum que l'on pouvait attendre.


Chaque nouvelle rencontre sera l'occasion d'en apprendre un peu plus sur le caractère de Sonja et sur son comportement, quand elle est accompagnée comme quand elle est solitaire sur les routes. Il y a assez peu de références faites au précédent tome, à part pour nous rappeler de quel enfer elle revient tout juste, mais autrement on ignore totalement à quelle période se situe cette nouvelle aventure, proche ou lointaine de la précédente. Une bonne histoire de Red Sonja encore une fois, écrite par une autrice de talent qui sait faire descendre le personnage de son piédestal sans qu'elle ne perde une once de son charisme et du respect des lecteurs. Une très bonne façon d'entrer dans les aventures de la Diablesse et de débuter dans son univers, une nouvelle vision rafraîchissante d'un mythe qui avait bien besoin d'être remis à neuf !

jeudi 10 février 2022

Nosferatu tome 4 (Soleil Manga - Septembre 2021)


Acculés dans la grotte qui servait de repaire aux anciens et de laboratoire à Rinne, nos héros font maintenant face à une menace bien plus importante que ce à quoi ils s'étaient préparés. Un kiméra, un monstre horrifiant créé par manipulation des corps, est lâché à leur poursuite dans les tunnels par le seigneur Ivan, lui-même juché sur le dos de sa bête immonde et savourant le spectacle de l'agonie de toutes les personnes qui croisent son chemin.


Grâce à l'aide de Laura, qui revient en arrière pour les protéger, ses compagnons parviennent à s'en tirer mais le kiméra est toujours à leurs trousses. Pour le combattre et le terrasser, ils n'auront pas d'autre choix que de relâcher l'odieuse expérience ratée de Rinne, créée à partir de sang de nosferatus, pour couvrir leur fuite. Tandis que la grotte s'effondre et que le kiméra d'Ivan se fait dévorer par l'autre créature, tout le monde parvient à regagner la surface et le plein air, pour faire face cette fois-ci à Arnolt en personne.


Rinne décide de partir de son côté avec son larbin, tandis que les autres accompagnent Arnolt et Laura jusqu'à leur village natal, où toute l'histoire a commencé et où tout sera enfin révélé à la jeune femme aux cheveux rouges. Il y a cent ans, la tragédie qui frappa la famille d'Arnolt commença avec la naissance de sa petite sœur, Laura, et plus tard par son égarement dans la forêt et sa rencontre avec des forces mystérieuses. Alors qu'elle retrouve tous ses souvenirs de l'époque, Laura comprend maintenant que la folie d'Arnolt a été causée par ses propres agissements et par tous les malheurs qui les ont frappé depuis si longtemps. Mais elle ne cautionne pour autant toujours pas les actes de son frère, et se décide pour de bon à le combattre pour sauver les humains qu'il massacre à tour de bras, même si cela signifie qu'elle va devoir le tuer elle-même pour mettre fin au grand carnage.


L'histoire tragique de la fratrie maudite se termine ici, mais une nouvelle aventure commence peu après la mort d'Arnolt et la fin de ses projets d'extermination. Dans les ruines de la grotte des anciens, la créature de Rinne émerge et dévore tout ce qui passe à sa portée, animaux comme végétaux, au point de devenir rapidement une terrible menace pour tout ce qui l'entoure. La Nature elle-même est impuissante et assimilée par la chose, ce Vampire dévoreur de toute forme de vie autour de lui. Bientôt, si rien n'est fait pour le détruire ou tout au moins le stopper, Vampire pourrait même finir par dévorer la Terre entière...


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Je ne sais pas vraiment si ce dernier tome de Nosferatu est une vraie fin ou s'il s'agit d'une ouverture vers une prochaine œuvre de Shinjiro, en tout cas la conclusion n'en est pas vraiment une selon moi et si presque toutes les énigmes autour de Laura sont résolues, il reste toujours des questions sans réponses et de nombreux autres mystères autour de cette épidémie de Nosferatus lâchée sur l'humanité. Arnolt était-il responsable de tout depuis le début, ou bien y'a-t-il encore une autre puissance derrière tout cela ? Quant au Vampire, ce nouveau monstre relâché de sa prison de pierres, pourra-t-il jamais être arrêté ?


Il y a donc largement matière à créer une autre série et à poursuivre l'histoire de Laura à présent qu'elle a retrouvé la pleine possession de ses moyens et de sa mémoire. J'ignore totalement si l'auteur a vraiment pu donner une suite au Japon à son récit, en tout cas il me semble que rien d'autre ne nous est parvenu pour le moment. A surveiller donc à l'avenir ! Je ne sais pas non plus si je serais vraiment tenté de lire la suite un jour, car le rythme est vraiment spécial et la mise en images pas toujours très claire, il est parfois assez difficile de suivre l'action et de la comprendre de case en case. Et je ne pense pas que la série ait été un succès éditorial au fond, ces quatre tomes restent donc un peu courts et le final légèrement précipité. Je chercherai ailleurs une autre histoire de buveurs de sang qui en vaille la peine !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 9 février 2022

The Art of Arthur Adams (Trinquétte Publishing - Août 2012)


Bonjour à toutes et à tous, aujourd'hui encore nouvelle dizaine d'articles écoulée et donc nouvel artbook à vous présenter ! Cette fois on va parler d'un artiste qui n'est encore jamais apparu sur le blog il me semble, Arthur Adams !


Art Adams aime les belles filles, qu'il dessine voluptueuses et plutôt sexy en général. Taille fine mais formes féminines assumées et bien présentes, longues jambes, cheveux longs, on reconnaît assez facilement son type, qui est assez générique dans les années '90 mais un peu moins dans les années 2000. La plupart des illustrations présentes dans ce recueil sont d'ailleurs issues de la période allant de 2000 à 2003, soit quand certains dessinateurs se cherchaient encore un nouveau trait au tournant du millénaire.


Dans cet album se trouvent donc des illustrations pleine page, parfois en format paysage pour encore plus de détails et encore mieux en profiter. Pas toujours très heureuses si vous voulez mon avis, dans le sens où certaines tiennent davantage de la caricature que du vrai portrait tiré de l'imaginaire. On retrouvera aussi des hommages assez clairs au style et créations de Jack Kirby, dont Adams semble être un grand fan devant l'éternel.


Pléthore de monstres en tous genres, venant des marais ou de l'espace, accompagnent ces pin-up sensuelles et on aura même le plaisir d'admirer le détails de monstres sacrés comme Godzilla en personne, version classique Japonaise bien sûr.



 

Pour ma part je n'ai pas vraiment eu de coup de foudre dans cet artbook, et je ne possède pas grand chose dans ma collection qui soit signé d'Arthur Adams, mais j'ai néanmoins la chance d'avoir un buste de Red Sonja inspiré par un de ses dessins. Autant je trouve la figurine de collection magnifique et parfaitement proportionnée, autant le dessin original me laisse de marbre. Art Adams s'apprécie sans doute davantage quand on connaît ses influences et que l'on partage ses délires et ses références.



 

A ma connaissance, il n'y a pas eu de second tome pour faire suite à celui-ci, j'ignore même totalement s'il existe d'autre artbooks sur Arthur Adams qui nous soient accessibles. En tout cas, c'était un beau voyage aux confins des époques et de l'imaginaire collectif de notre espèce, de nos fantasmes surtout, où vous aurez le plaisir d'admirer des archétypes maintenant très connus de belles guerrières, de terribles sorcières ou de filles de la jungle ou venant du futur cosmique. C'était sympa, mais pas non plus aussi exceptionnel que ce à quoi je m'attendais. Qu'importe le flacon...


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 8 février 2022

Spider-Man - De père en fils (Panini Comics - Février 2021)


Après un dur combat contre un nouvel adversaire que l'on appelle le Cadavérique, Spider-Man raccroche son costume et décide de disparaître de la circulation. La raison ? Durant la bataille, son ennemi a tué Mary-Jane, sa femme, mère de son jeune fils, amour de sa vie. Aussi, pour ne pas qu'il arrive la même chose un jour au reste de sa famille et pour empêcher que le petit Ben ne suive la même voie que lui en grandissant, Peter Parker le confie aux bons soins de Tante May et s'envole pour l'étranger.


Ben grandit donc sans sa mère, et sans son père également, à qui il en veut énormément pour cela. Lorsqu'à 15 ans ses pouvoirs d'homme-araignée se développent et que la vérité lui est alors révélée par Tante May, Ben y voit une raison de plus de détester son père pour ce qu'il est aujourd'hui. Mais les circonstances vont soudain les rapprocher, quand Peter est à son tour enlevé par le Cadavérique, de retour lui aussi.


Écoutant son cœur ainsi que sa nouvelle amie Faye, Ben décide d'enfiler le légendaire costume de Spider-Man à son tour et de voler au secours de sa seule famille. Pour cela, il lui faudra demander l'aide du dernier membre des Avengers encore en vie, Tony Stark, lui aussi devenu l'ombre de lui-même. Ensemble, ils vont tenter d'empêcher que les expériences du Cadavérique ne donnent naissance à un monstre bien pire encore, issu du sang si spécial des Parker...


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On va tout de suite éviter l'écueil principal de cette mini-série, à savoir qu'elle a été écrite par J.J. Abrams et son fils Henry dans un style rendant hommage autant que faire se peut aux histoires de Spider-Man qu'on a tous lu et aimé depuis des années. Leur participation est très décriée sur ce point et nombreux sont les fans qui ont hurlé à la trahison pure et simple depuis la parution de ces cinq chapitres. Je ne vais pas m'étendre davantage sur le sujet.


A la place, je vais vous parler de l'histoire elle-même. Une histoire de transmission entre un père absent et un fils rebelle, comme il peut en exister des tonnes dans l'imaginaire collectif de notre espèce depuis si longtemps. Si ce n'est pas vraiment original, ce scénario nous offre néanmoins la chance de découvrir un nouvel héritier du costume de Spider-Man, un garçon, là où jusqu'à présent les univers parallèles nous avaient habitué à ce que M-J et Peter ne donnent naissance qu'à des filles. Il est évident que cette nouveauté n'est là que pour servir pas très astucieusement de métaphore de ce que sont J.J. Abrams et son fils l'un pour l'autre, et que beaucoup de ce qui se passe entre Peter et Ben doit sûrement être tiré de conversations réelles ou d'expériences vécues entre un paternel pas très présent au quotidien et un fils en demande d'attention.


Est-ce que ça valait le coup ? Honnêtement, je ne saurai le dire avec précision ou l'affirmer avec conviction. A mon sens, tout le battage et la tempête de haine envers ce titre n'ont pas de raison d'être, car je le considère avant tout comme un simple essai de deux apprentis scénaristes sur un personnage qu'ils adorent l'un comme l'autre et qui leur sert de passerelle. Et c'est comme ça qu'il faut le prendre à mon avis, juste comme un galop d'essai, sans aucune conséquence sur l'ensemble de la toile Spider-Man chez Marvel. Un à-côté, ni trop ambitieux ni chronophage, que l'on peut aimer ou non évidemment mais qui n'implique rien de sérieux pour le lectorat. Vous êtes libres de lui donner sa chance ou de passer à côté, c'est comme vous voulez. Juste, ne jugez pas ce titre sur le simple avis d'une autre personne plus connue ou plus expressive médiatiquement, si vous devez avoir un avis dessus, faîtes que ce soit le vôtre et rien d'autre.


Merci à Sara Pichelli en tout cas d'avoir mis en image ce scénario un peu spécial, pas toujours de façon très heureuse mais certainement en faisant de son mieux, comme toujours. C'était l'événement de l'année 2019 lors de sa parution, avec beaucoup de retards accumulés par moments, et le gros sujet à débat lors de sa publication chez nous par Panini France en Février de l'année dernière. Il était donc plus que temps de m'y mettre et de tâter le terrain moi aussi. Vous savez maintenant ce que j'en pense, ça ne m'a pas plus touché que cela pour être honnête mais ça n'était pas non plus totalement catastrophique, juste ''bof'', ou moyen au mieux. Ça ne vaut peut-être pas le coup de figurer dans vos bibliothèques, mais c'est toujours bon à prendre comme vision différente de ce qu'est et sera toujours Spider-Man.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 7 février 2022

Batman : Detective tome 5 - Briser le miroir (Urban Comics - Avril 2021)


Dernier tome de la série.


La guerre du Joker vient de se terminer à Gotham City, et la ville apprend tout juste à se relever. Les choses ont changé irrémédiablement semble-t-il, les citoyens sont désespérés et certains se tournent volontiers vers une nouvelle voix qui s'élève depuis les ombres, celle du Miroir, qui appelle ceux qui le veulent à résister aux justiciers costumés et aux vilains du même acabit selon lui. Très vite, un mouvement se met en place, et plus aucun héros de la nuit n'est en sécurité lors de sa patrouille.


En parallèle de cette révolution populaire, l'ancien agent de police Chris Nakano, gravement blessé durant les combats contre l'armée du Joker, présente sa candidature à la mairie de Gotham, porté par un mouvement général de rejet des masques et des costumes qui terrorisent les citoyens. Chaque nouvelle intervention des justiciers n'a pour effet que de renforcer ce sentiment, auquel Nakano lui-même croit dur comme fer et le plus sincèrement possible. La course à l'investiture est lancée, avec le sort de toute la ville comme enjeu majeur !


Pendant ce temps, Damian, qui s'est rebellé contre son père et opère maintenant en solo, entreprend de résoudre une vieille affaire laissée en suspend par Batman depuis trop longtemps. En enquêtant sur les suspects présentés dans le Dossier Noir, l'ancien Robin découvre que Tommy Elliot, alias Silence, est de retour et va s'en prendre à tous les alliés de Batman dans le plus grand secret. Silence capture en effet chacun des membres de la Bat-family et compte les dépecer pour vendre leurs organes aux plus offrants, une façon comme une autre selon lui d'éparpiller à jamais la famille du Chevalier Noir. Faisant temporairement la paix avec son père, Damian accepte de l'aider à sauver tous les autres avant qu'il ne soit trop tard, mais l'affrontement final se jouera entre Batman et Silence une fois de plus, deux anciens amis intimes devenus ennemis jurés.


Alors que la pression retombe enfin un peu, la nouvelle fait l'effet d'une bombe : Chris Nakano est élu maire de Gotham ! Une nouvelle ère s'ouvre désormais pour la Chauve-souris et ses alliés comme ses ennemis, une ère où ils ne pourront plus compter que sur eux-mêmes au milieu d'une ville qui les déteste plus que jamais. Parviendront-ils toujours à défendre la population contre le Mal dans ces circonstances, et sans la fortune de Bruce Wayne pour les couvrir ?


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Ce dernier tome de Batman : Detective chez Urban nous offre en prime le très attendu numéro 1027 de Detective Comics, soit le millième épisode des aventures du Chevalier Noir de Gotham depuis sa première apparition en 1939. L'occasion pour de nombreux auteurs et artistes de participer en livrant de petites histoires, chacune sur une facette de Batman et de sa vie tumultueuse, tantôt combattant des ennemis costumés iconiques, tantôt supervisant l'intervention de ses alliés, tantôt sauvant le monde tout entier aux côtés de la Ligue de Justice, etc. Même Bruce Wayne aura sa part de représentation dans ce numéro anniversaire exceptionnel !


On notera aussi la présence d'une très belle galerie de pin-up et de couvertures de la part de certains des plus grands dessinateurs et artistes de la carrière de Batman, dans des styles très différents et évoquant toujours plus de grands moments de la carrière du justicier nocturne.


Quant à l'intrigue principale, elle met en scène deux méchants modernes, Silence et le Miroir, l'un apparu dans les années 2000 dans son récit éponyme, l'autre en 2011 dans les pages de la série Batgirl des New52. Chacun saura mettre à l'épreuve la cohésion de la bat-family comme jamais, mais avec des motivations très différentes. Silence ne souhaite que la destruction pure et simple de tout ce qui entoure Bruce Wayne, tandis que le Miroir veut la fin de l'ère des justiciers masqués pour que l'équilibre soit restauré entre les citoyens de la ville. On le voit même soutenir ouvertement la campagne de l'agent Nakano pour cette même raison, même si ce-dernier refuse tout lien avec le vilain bien-pensant.


Un tome qui fera donc réfléchir à plus d'un titre (vous l'avez ?) et qui nous emmène doucement mais sûrement vers le troisième et dernier album consacré à l'arc Joker War et ses conséquences dans la série principale. Batman se relèvera-t-il de ses cendres ? Réponse prochainement !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 6 février 2022

Ultimate Spider-Man tome 2 - Hollywood (Panini Comics - Décembre 2021)


La vie n'est pas tendre avec Peter Parker, tout juste 15 ans, doté des pouvoirs d'une araignée à taille humaine, et parcourant la ville de New York sous le costume de l'incroyable Spider-Man ! Enlisé jusqu'au cou dans une guerre personnelle contre Wilson Fisk, alias le Caïd du crime, Spidey ne parvient pas à faire arrêter son ennemi malgré toutes les preuves qu'il a déjà pu fournir à la police par le passé. Encore et toujours, le Caïd s'en tire sans vrais dommages à son empire criminel, et ça Peter ne peut pas le supporter. Mais il va malheureusement devoir faire avec, car le monde est ainsi, cruel et cynique.


Puis, c'est une autre vieille connaissance de Peter qui refait soudain surface, quand le Docteur Otto Octavius s'évade de la prison de haute sécurité où il était incarcéré. Pendant qu'en ville un énorme film de cinéma est en tournage sur la vie de Spider-Man, avec Tobey Maguire dans le rôle-titre et Sam Raimi à la réalisation, Peter et Otto se déchirent dans un combat sans merci qui les emmènera jusqu'au Brésil, avant que le vilain ne soit de nouveau neutralisé, peut-être pour de bon cette fois. En attendant, le Docteur Octopus aura encore fait de nombreuses victimes innocentes sur son chemin, et ça aussi, Peter ne peut pas l'admettre.


Mais le pire reste encore à venir : trahi par un homme de science en qui il avait foi, Spider-Man va devoir combattre une nouvelle version de la combinaison anti-cancer inventée par Richard Parker, une version beaucoup plus dangereuse et sanguinaire, qui ira jusqu'à s'en prendre à ses plus proches amis. Cette nouvelle atrocité fera plusieurs victimes également, dont une qui atteindra tout particulièrement Peter en plein cœur et l'amènera à réfléchir sérieusement à la sécurité de son entourage. Comment préserver ceux qu'il aime face à autant de dangers qui apparaissent chaque jour ?


Passant de compromis en désillusions, Peter va devoir faire un choix radical pour mettre à l'abri les seules personnes qui comptent réellement pour lui. Malgré tout ce que lui dicte son cœur, il va devoir écouter sa raison et couper les ponts avec certaines personnes très proches, pour qu'elles ne soient pas atteintes par le chaos entourant Spider-Man. Chaque séparation sera une blessure à vif dans l'âme de notre jeune héros, mais nécessaire pour le faire grandir et mûrir.


La vie ne sera pas non plus totalement injuste avec lui, et Peter fera même de belles rencontres qui pourraient bien déboucher sur de nouvelles relations, peut-être plus sûres, plus à-même de supporter le quotidien de l'Homme-Araignée. Encore faut-il que le S.H.I.E.L.D. accepte de le laisser tranquille, alors que la population de New York le voit encore comme une menace incertaine mais malaisante. La voie de l'héroïsme est parsemée d'obstacles, et ceux qu'affronte Spider-Man sont de nature à en briser plus d'un à sa place. Mais envers et contre tout, Peter Parker et Spider-Man ne font qu'un et la leçon de vie d'Oncle Ben, durement apprise, ne cessera jamais de guider ses actes. Se relevant sans cesse, Peter affrontera chaque nouvel ennemi, chaque nouvelle tempête, en faisant face et en sacrifiant ce qu'il faudra pour protéger le plus grand nombre.


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Je dois dire que je suis vraiment très, très fan de la série Ultimate Spider-Man de Bendis et Bagley, peut-être même encore davantage avec ce second omnibus, pour le moment exception Française, cocorico. Un grand merci à Panini d'avoir eu le cran de poursuivre sur une route pavée d'or semble-t-il, et à peine cet imposant volume refermé la même réflexion vient me hanter : vivement la suite !!


Tout est vraiment magnifique, les personnages (en particulier féminins on ne va pas se mentir), les décors, les couleurs toujours très justement choisies et appliquées, les thématiques abordées, les costumes revisités, même ce langage adolescent des années 2000 déjà dépassé apparaît charmant en lisant cette série !


Certes il y a des défauts, tout n'est pas parfait, mais on sent vraiment que l'équipe artistique aux commandes fait de son mieux pour nous faire passer un bon moment, du niveau d'un méga-blockbuster de cinéma comme on rêverait encore de nos jours d'avoir dans les salles obscures. On ressent l'action à chaque page, chaque case, tout est fait pour nous intégrer au cœur de ce qui se passe et des combats comme des dramas plus personnels que surmontent les personnages à chaque nouveau chapitre. On ne peut pas lâcher cet omnibus avant la fin, ce sont des heures et des heures de plaisir garanties ! Et ce n'est même pas fini !


Les personnages, parlons-en puisque c'est surtout eux que je retiendrais dans ce second tome. Qu'il s'agisse des méchants iconiques comme le Docteur Octopus ou le Caïd, des alliées indéfectibles comme Mary-Jane ou Gwen Stacy, de simples visages passagers dans la vie de Peter ou encore d'adversaires moraux, tous sont brillamment écris et mis en images par le duo gagnant Bendis-Bagley. Et il y a aussi, c'est vrai, une bonne dose de fan-service au programme : vous avez déjà rêvé d'un combat entre Elektra et la Chatte Noire ? Fait. Spider-Man aux côtés des X-Men ? Banco. Et que dire de personnages plus communs comme M-J ou Tante May, chacune avec une importance cruciale pour Peter et son évolution ? Mark Bagley sait représenter les femmes de tous les âges avec le même émerveillement réservé au lectorat à chaque de leurs apparitions, je pense notamment à son passage sur la série Thunderbolts à la fin des années '90. A chaque époque, il renouvelle son style et joue avec les codes sociaux comme le virtuose qu'il est, à l'instar d'un Mike Deodato Jr. par exemple. Véritable caméléon, il sait évoluer suivant les volontés du scénariste, et associé ici à un génie comme Brian Michael Bendis, ça ne pouvait que faire des étincelles !


A titre personnel, j'ai tout particulièrement aimé l'arc avec le Dr. Conners, un personnage tourmenté à bien des égards et au passé trouble. J'aime le fait qu'on ne nous montre jamais cet historique que tout le monde connaît dans l'univers classique de la Terre-616, et qu'ici le lecteur soit amené à suivre les différents flash-back pour réunir les pièces d'un puzzle toujours aussi efficace. Il fait partie des grands atouts de ce second omnibus selon moi, avec la Chatte Noire et l'évolution très osée de la relation éternelle mais éventée de Peter et Mary-Jane.


C'est vraiment un album, une série, que l'on gardera précieusement dans sa collection et que je pourrais ressortir avec plaisir pour me replonger dans les arcs que je préfère, admirer le trait de Bagley et les dialogues ciselés de Bendis, apprécier les différents caméos, les délires des auteurs même parfois, bref un bel objet de valeur qui appelle immanquablement une suite dans les prochains mois donc prévoyez de la place sur vos étagères et mettez de côté sur vos comptes en attendant ! Et je terminerai en affirmant à nouveau qu'Ultimate Spider-Man est un point d'entrée idéal pour les nouveaux lecteurs, ainsi qu'une relecture rafraîchissante pour les plus anciens. Chacun y trouvera de quoi se satisfaire, et c'est ça qui est le plus génial !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 4 février 2022

La V.O. du vendredi n°197 : Red Sonja by Gail Simone tome 1 - Queen of Plagues (Dynamite - Février 2014)


Il y a trois ans, nul n'aurait imaginé que la plus grande guerrière de tout le continent ait pu être prisonnière et esclave d'un souverain cruel. Devant cette fois sa liberté non pas à ses propres talents mais à la pitié d'un sauveur inespéré, Sonja reprend la route et poursuit ses aventures. Mais, trois ans plus tard, son sauveur d'antan fait appel à elle en lui rappelant la dette qu'elle a envers lui.


Chevauchant jusqu'au château du seul roi devant lequel elle s'est agenouillée, Sonja découvre que tout le royaume souffre d'une terrible peste qui décime sa population. Mais ce n'est pas pour cela qu'elle est convoquée : le roi Dimath lui demande d'entrer temporairement à son service et d'entraîner ce qui reste de ses troupes pour défendre la cité contre une armée massée à la frontière et qui doit arriver dans les jours prochains d'après les renseignements.


La menace est bien réelle, aussi Sonja ne perd pas un instant et s'empresse d'honorer sa parole en prenant en mains la formation des soldats, composés de toutes les personnes de bonne volonté, hommes femmes et enfants. Bien sûr, lorsque la grande armée arrive à leurs portes, personne n'est vraiment prêt à combattre, mais ils n'ont pas le choix et s'efforcent alors de faire de leur mieux pour protéger leur cité et ce qu'il reste de sa population.


Sonja elle-même se lance dans la bataille, impitoyable, inspirant ses troupes et même son roi au combat. Mais son avancée est soudain stoppée par l'apparition dans les rangs ennemis d'une vieille connaissance : Annisia, la seule autre femme ayant survécu aux fosses aux esclaves de Zamora, et aussi l'amie la plus proche que Sonja ait jamais eu depuis lors. L'affrontement est déchirant, aucune des deux guerrières ne cédant le pas à l'autre, se faisant face toutes les deux pour des raisons opposées malgré leur proximité et le fait qu'elles se considèrent chacune comme la sœur de l'autre.


Annisia, dont l'armée est venue mettre fin à la peste qui ravage le pays en purifiant par le feu chaque ville infestée sur son chemin, finit toutefois par triompher de Sonja, aussi incroyable que cela paraisse. Et pour cause : Sonja est elle-même contaminée par la maladie, et cette révélation la met face à sa mort prochaine et inévitable. Renonçant au combat et acceptant l'exil, Sonja disparaît quand tout espoir est perdu, en échange de la promesse de l'envahisseur de préserver la ville et ses habitants sous quarantaine plutôt que de l'incendier.


Désormais totalement seule, isolée au beau milieu de la forêt enneigée et terrassée peu à peu par le mal qui couve en elle, celle que l'on appelait Diablesse à l'Épée tente de survivre jusqu'au bout, par la force de son esprit, assaillie de toutes parts par les visions de ses proches défunts depuis bien longtemps et l'attendant dans un ailleurs incertain. Mais alors que ses toutes dernières forces lui échappent tandis qu'elle creuse sa propre tombe, Sonja est secourue in-extremis par les deux apprenties que le roi Dimath lui a confié avant la guerre, qui l'ont suivie et retrouvée juste à temps. Le fils du roi, le prince Tiath, est parvenu à confectionner un élixir, un remède miracle contre la peste, en usant de toutes ses connaissances scientifiques !


Revenant lentement à la vie et à la raison, Sonja comprend qu'elle a abandonné le combat trop vite, abattue par la maladie, et qu'aujourd'hui une nouvelle chance lui est offerte de sauver des innocents d'un sort funeste. Toute la cité pleure un roi disparu, et le peuple espère encore malgré tout que la flamboyante guerrière des légendes reviendra les libérer du joug ennemi. A présent, c'est une lutte sans merci qui s'annonce entre les deux sœurs ennemies, Annisia et Sonja, les deux rescapées de l'Enfer sur Terre. Laquelle triomphera finalement ?


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Je le voulais, maintenant j'y suis ! Je commence enfin la lecture du run de Gail Simone sur le personnage de Red Sonja chez Dynamite, au milieu des années 2010, et d'emblée je ne suis pas surpris de découvrir que le scénario est vraiment très puissant, puisant à la fois dans la tradition des récits de cette héroïne iconique et y ajoutant une dimension et une profondeur sincères que seule une femme, à mon avis, pouvait lui conférer. Et ça fait du bien, par Mitra !


Les dessins de Walter Geovani sont très bons, même si je pourrais souligner certains passages où l'action n'est pas très claire d'une case à la suivante, mais passons dessus sans nous arrêter car ce premier tome comporte nettement plus de bonnes idées que de défauts véritables. Unanimement salué par les critiques, le run de Gail Simone fait entrer un certain sentimentalisme dans les aventures de Red Sonja, une humanité criante de vérité, et pas qu'au travers des personnages féminins ! Le roi Dimath, par exemple, est un homme d'honneur et un souverain juste, quand tant d'autres sont montrés comme de simples dirigeants jouissant de leur pouvoir sur les autres.


A tout cela s'ajoutent des révélations surprenantes sur la vraie nature de la peste qui cause tant de mal, et sur l'armée menée par Annisia, ainsi que sur la folie traumatique de cette dernière qui ne lui laisse pas un moment de répit. J'ai déjà lu pas mal d'histoires de Red Sonja, mais d'aussi travaillées au niveau des personnages et de leurs interactions, je ne pense pas. C'est donc une très belle découverte et je me demande maintenant ce que peuvent bien raconter les deux tomes suivants, mais nous le découvrirons ensemble bien assez vite !

vendredi 28 janvier 2022

La V.O. du vendredi n°196 : Red Sonja - Vulture's Circle (Dynamite - Janvier 2016)


La réputation de Sonja la Rousse n'est plus à faire. Sa légende est connue sur l'ensemble du continent, ses exploits ont fait le tour du monde et nombreuses sont les nations qui lui doivent la paix aujourd'hui. Mais, lors d'une énième bataille épique, la guerrière sort victorieuse mais sérieusement blessée. Désirant alors se reposer et changer de vie, elle abandonne son chemin de gloire et s'achète une petite baronnie dans un royaume lointain, avec l'intention de créer sur place une académie pour former les jeunes générations de guerrières en devenir, afin qu'elles puissent elles aussi un jour changer le monde.


Dans la lointaine et terrible Stygie, le grand temple du dieu-maudit Set est en ébullition. Les hauts-prêtres mettent la dernière main au rituel impie qui donnera naissance au rejeton de leur divinité, le malfaisant Sutekh, destiné à faire ployer toute l'humanité et à livrer le monde tout entier entre les mains de son père, dans la damnation éternelle. Le rituel est un succès, au-delà de toutes les espérances, et Sutekh marche à présent parmi les mortels, levant une armée de monstruosités issues des Enfers et conquérant chaque royaume sur son chemin, ne laissant que sang et horreur derrière lui.


La nouvelle se répand vite, jusqu'à l'académie de Sonja, où la résistance s'organise aussitôt. Mais face aux terribles pouvoirs de Sutekh, même la grande Diablesse à l'Épée ne fait pas le poids et doit fuir le champ de bataille avec ses ouailles, avant le massacre général. Préparant une contre-offensive majeure, Sonja ne s'avoue pas vaincue et ordonne à chacune de ses élèves de regagner les différents royaumes libres pour les prévenir du danger, et assembler une grande armée capable de ralentir Sutekh assez longtemps !


Pendant ce temps, Sonja et ses plus proches compagnons d'aventure prennent le chemin des grottes divines, une terre mystérieuse où l'on dit que le voile entre les mondes est le plus fin, et où les braves acquièrent sagesse et visions de la part des dieux. Sonja pénètre dans ces grottes, pour être aussitôt happée par la fureur de sa déesse patronne, Scathach, qui lui a jadis conféré ses dons et sa grandeur. Mise au pied du mur, Sonja est forcée de renoncer à sa propre identité pour faire de son corps le nouveau réceptacle de la déesse courroucée, qui se rend aussitôt à Luxor en Stygie pour demander à tous les autres dieux de la bénir et de lui prêter allégeance et pouvoir afin de défaire pour de bon Sutekh.


Le démon est en vue du dernier royaume sur sa liste de conquêtes, l'un des tous derniers bastions de liberté qui se dressent encore face à lui. Son armée est désormais plus qu'immense, ses légions terrifiantes et ses créatures davantage encore. Malgré tout, les derniers résistants font confiance à Sonja, ou plutôt à l'être divin qu'elle est devenue, et mènent la bataille ultime face aux forces du Mal. Le dernier grand affrontement entre Sutekh et Scathach a enfin lieu, avec pour enjeu la domination totale du monde et de l'humanité, qui regarde les dieux s'écharper, terrorisée. Un seul sortira victorieux de ce duel, de cette guerre, et pourra réclamer le pouvoir absolu. Mais quelque part subsiste toujours l'esprit de Sonja la Rousse, qui entend bien ne pas se laisser déposséder de son existence ou de sa légende aussi facilement !


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Cette histoire en seulement cinq chapitres paraît bien plus massive à la lecture, pourtant assez facile et aisée pour tout lecteur, novice comme expérimenté, des aventures de Red Sonja. Nancy A. Collins et Luke Lieberman s'associent pour nous offrir une nouvelle vision de la Diablesse à l'Épée, lors de son ultime fait d'arme qui ancrera sa légende dans tous les esprits pour les siècles à venir.


Le scénario à quatre mains est teinté d'un profond optimisme et surtout d'humanisme, face au Mal à l'état pur qui se répand inlassablement sur la Terre. La foi est ici surtout placée en la Femme en tant qu'individue et surtout en tant que motrice d'espoir envers et contre tout, et la fin vous laissera avec de puissantes réflexions à l'esprit quant à la place du féminisme à une époque aussi reculée et aussi brutale que l'Âge Hyborien. Et ça fait du bien !


Le dessin de Fritz Casas est efficace, dynamique, bourré de représentations fortes et déjà cultes d'un personnage qui se définit à présent bien plus que par sa seule apparence iconique. Voire Sonja vieillir est déjà un miracle en soi, elle qui jurait mourir l'épée à la main sur un champ de bataille. Finalement, aura-t-elle exaucé son propre vœu ? Je vous laisse le découvrir.


Concernant la thématique principale portée par l'invasion déclenchée par Sutekh, elle peut se résumer assez simplement : échangerions-nous notre liberté contre le mince espoir de demeurer en vie encore un peu plus ? Bien vite une seconde question se pose au lecteur, toute aussi cruciale : faut-il choisir un tyran plutôt qu'un autre, ou bien combattre jusqu'au bout ? Je suis sûr que vous connaissez déjà les réponses que Sonja aurait apporté pour sa part !


C'était vraiment une très bonne surprise, une expérience de lecture que je n'avais pas encore rencontré sur les titres Red Sonja de Dynamite et que j'ai beaucoup apprécié. Je n'attendais pas grand chose de cet album-ci en particulier en plus, c'était un parmi d'autres, mais il a su prouver sa valeur morale sinon narrative. J'ai hâte maintenant de me mettre au court run de Gail Simone qui semble lui en revanche très réputé et renommé, pour son féminisme assumé je pense, et j'espère que vous partagerez cette nouvelle expérience avec moi prochainement !

jeudi 27 janvier 2022

Magic Knight Rayearth tome 1 (Pika - Novembre 2020)


Alors qu'elles visitent la grande tour de Tokyo, trois jeunes filles sont soudainement happées par une étrange lumière venue d'ailleurs, qui les entraîne dans un monde totalement inconnu. Ce monde, c'est Cefiro, une terre étrange où la magie existe au quotidien et où la volonté est la plus grande ressource.


Elles l'ignorent encore, mais dès cet instant Hikaru, Umi et Fû font partie d'une histoire bien plus grande qu'elles, une bataille fantastique qui doit être livrée afin de libérer la Princesse Émeraude, la grande garante de l'équilibre de Cefiro, enlevée par son grand prêtre le terrible Zagato. Depuis sa disparition, tout Cefiro se désolidarise et les démons envahissent les territoires autrefois paisibles, désormais livrés à eux-mêmes.


Conformément au dernier vœu de la Princesse, les trois adolescentes ont donc été transportées depuis leur monde d'origine jusque sur Cefiro pour y combattre Zagato et ses sbires, et ramener les légendaires dieux-runes à la vie en devenant les Magic Knights ! Seul obstacle : elles ne savent absolument pas comment s'y prendre !


Aidées par le grand archimage Clef, nos trois héroïnes malgré elles vont se lancer dans une quête qui les mènera petit à petit à découvrir de nouveaux aspects d'elles-mêmes, à se battre pour survivre et surtout à devenir plus fortes pour maîtriser leur magie propre et ainsi finir par réveiller les anciens dieux de Cefiro, pour sauver la Princesse Émeraude. Trois élues, une prophétie bien mystérieuse, et en chemin de nouvelles rencontres qui ne seront pas toutes bénéfiques. L'aventure commence !


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J'attendais la réédition de cette série emblématique du studio CLAMP depuis un sacré bout de temps, et voilà que c'est enfin chose faite ! A l'heure où j'écris ces lignes les six tomes sont sortis dans cette nouvelle mouture, avec une nouvelle traduction et même des ajouts d'images en couleurs, illustrations pour la plupart tirées des artbooks absolument magnifiques de cet univers.


Comme le dira régulièrement le personnage de Fû, cette histoire ressemble follement à un RPG à l'ancienne, à ceci-près qu'à Cefiro ce n'est pas votre richesse qui compte, mais votre volonté. Et nos trois héroïnes n'en manquent pas, même si elles l'ignorent encore ! C'est une histoire vraiment magique à plus d'un titre, qui vous transportera aux côtés des aspirantes Magic Knights dans un monde féerique qui cache bien plus d'un secret en son sein...


Si vous aimez les CLAMP ou si vous découvrez tout juste ces femmes mangakas exceptionnelles, Magic Knight Rayearth est faite pour vous ! Ne soyez cependant pas rebutés par la taille de chaque tome, c'est vrai qu'ils sont plus épais que la norme mais ils contiennent comme je vous le disais des illustrations supplémentaires ainsi que de nombreux bonus indispensables pour toute belle collection qui se respecte ! De même, l'histoire n'est pas chapitrée, il vous faudra donc lire chaque tome d'une traite si vous souhaitez vous y plonger pleinement et admirer les nombreux détails des décors et des personnages créés pour l'occasion.


Bon, pour chipoter on peut faire la remarque que Pika, en voulant à tout prix une nouvelle traduction pour republier cette histoire, a peut-être été un peu trop rapide en besogne. On sent que certains passages font un peu trop modernes pour l'époque d'origine (1996 pour la première parution chez nous) et ont été retravaillés pour correspondre à un vocabulaire d'aujourd'hui. Pareil, il y a parfois quelques coquilles dans le texte, mais rien de fondamentalement a normal. En plus en toute honnêteté je n'en ai trouvé qu'une seule pour l'ensemble ce premier tome, donc ce n'est vraiment pas la mer à boire !


Je ne peux que vous conseiller très vivement de lire cette série, qui en son temps a su tirer le genre des ''Magical Girls'' vers le haut du panier et offrir à des générations de lectrices et lecteurs de par le monde des rêves plein la tête ! J'espère que cette belle réédition saura séduire comme les précédentes, et qu'une nouvelle génération de fans naîtra pour donner toute sa chance à ce récit unique en son genre à plus d'un niveau. Sur le blog, nous essaierons de vous présenter un tome par mois, rendez-vous donc en Juin pour la grande conclusion si tout va bien !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 26 janvier 2022

Fantastic Four tome 5 - Point d'origine (Panini Comics - Janvier 2021)


Les Quatre Fantastiques sont les explorateurs et super-héros les plus connus de la planète. Leur origine n'a de secret pour personne, et le monde entier les honore une fois de plus en exposant fièrement la première fusée qui les emmena dans l'espace et démarra ainsi leur longue histoire. Mais évidemment, cela donne des idées à Reed Richards, qui entreprend de fabriquer une nouvelle version de cette vieille fusée avec les moyens d'antan, pour que toute l'équipe puisse enfin mener à bien la toute première mission interplanétaire prévue par l'humanité.


Seulement, l'arrivée sur la lointaine planète Spyre, à 44 années lumières de la Terre, ne sera pas de tout repos. Nos héros découvrent un monde en apparences merveilleux, mais à la société profondément divisée par l'évolution. Certains possèdent des pouvoirs extraordinaires, d'autres sont tout à fait normaux, quand les derniers enfin ne sont considérés que comme des monstres issus d'horribles mutations, et condamnés à vivre sous la surface. Le fossé se creuse dès le départ quand les héros de ce nouveau monde attaquent les Fantastiques sans attendre, les percevant comme des envahisseurs dont ils avaient préparé l'invasion depuis bien longtemps.


Alors que tout le monde apprend petit à petit à se connaître, au-delà du différend de départ, et que certains rapprochements sont effectués selon les coutumes de Spyre, Mister Fantastic ne peut s'empêcher de s'inquiéter concernant l'étrange nature de ce nouveau monde. Il y a trop de zones d'ombres, trop d'explications faciles et arrangeantes... quelque chose cloche.


En fouillant plus avant, nos héros finissent par découvrir que le grand superviseur de Spyre n'est autre que le vrai responsable de leur transformation par les rayons cosmiques, il y a de cela des années, dans le but de déjouer ce qu'il pensait être une tentative d'invasion par un monde étranger. Le superviseur a ensuite utilisé cette peur pour renforcer son contrôle sur son peuple, et le faire muter par les mêmes rayons cosmiques, dans l'idée de se préparer à ce que les Terriens les atteignent finalement un jour. Tout ne repose donc que sur un immense mensonge, une tromperie et une incompréhension fondamentale entre deux parties qui ne se connaissent pas. De trop nombreux conflits ont démarré ainsi...


Optant finalement pour la voie de la sagesse et de la raison plutôt que celle de la colère et de la vengeance, Reed et les autres Fantastiques parviennent à créer un pont avec cette autre civilisation, et arrivent même à un accord pour améliorer les conditions de vie de chacun en mêlant leurs connaissances réciproques des rayons cosmiques. Dès lors, le retour de l'équipe sur Terre peut s'organiser sous le meilleur jour.


Sur Terre justement, les industries Roxxon ont cherché à creuser bien trop profond dans une réserve Amérindienne, à la recherche de pétrole, et ne sont parvenues qu'à réveiller les habitants des profondeurs, les Moloïdes ! Un nouveau conflit s'apprête donc à débuter pour ces terres que chacun réclame... mais à l'inverse de l'ordinaire, les différentes parties opposées acceptent de s'écouter et de s'entendre cette fois-ci, au point que les Moloïdes sont maintenant acceptés comme les nouveaux membres de la tribu vivant sur place !


Une situation que ne tolère évidemment pas le roi auto-proclamé des Moloïdes, l'impétueux Homme-Taupe, qui menace immédiatement de sanglantes représailles si les membres de son peuple ne regagnent pas les profondeurs pour continuer d'y creuser à sa gloire. Ne parvenant à aucun accord avec lui, la tribu fait appel aux Quatre Fantastiques dès leur retour sur Terre pour les aider à faire face à l'Homme-Taupe, mais c'est Johnny Storm qui viendra les secourir, en compagnie de sa nouvelle âme-sœur découverte sur Spyre et ramenée avec lui sur Terre. C'est d'ailleurs grâce à elle que le problème trouve une résolution parfaitement pacifique, les Moloïdes obtenant même le droit de rester à la surface. Tout est bien qui finit bien !


Mais même à présent qu'il sait qu'il n'a plus à se culpabiliser pour l'accident qui leur a donné leurs pouvoirs, Reed Richards ne peut s'empêcher de penser aux nombreux dangers qui attendent encore l'équipe et à tout ce que ces dernières semaines éclairent de leur passé. Reed se fait alors la promesse qu'il sera toujours préparé à toute éventualité pour sauver les siens, quoi qu'il en coûte. Ce serment ne sera peut-être pas fait à la légère...


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Après deux dernières lectures plutôt décevantes, j'avais bien besoin de me replonger avec nostalgie dans les origines des Quatre Fantastiques, et Dan Slott a rendu cela encore plus magique que prévu ! L'auteur nous prouve une fois de plus si besoin était qu'il connaît le fameux quatuor sur le bout des doigts et qu'il est plus que prêt à remettre leurs propres origines en question, offrant au lectorat de tous les âges une nouvelle compréhension de la situation et en étoffant même carrément la légende instaurée par Stan Lee et Jack Kirby en leur temps. C'était positif, et vraiment génial à suivre, avec une juste dose d'humour pour tempérer les moments plus graves ou les réflexions philosophiques que peut se faire le lecteur après ce vibrant voyage sur Spyre.


Côté dessins nous sommes aussi bien servis qu'au scénario, plusieurs artistes se partagent l'insigne honneur de mener à terme la toute première mission des Fantastiques avec un style résolument moderne mais qui ne cesse de rendre hommage à la grandeur d'autrefois. Même au moment de leur retour sur Terre, la situation que les héros affrontent n'est pas sans rappeler leurs toutes premières aventures après l'obtention de leurs pouvoirs, autant dans le fond que dans la forme. Une vraie réussite donc !


Cette lecture soulève cependant de nombreuses questions, et il faudra certainement un petit moment avant que tout cela ne soit assimilé par la grande histoire générale qui dure depuis les années '60 maintenant. En quelques chapitres, Dan Slott nous parle d'isolationnisme, de manipulation des masses, des limites éthiques de la science et des vraies origines de tout conflit au fond. Brillant, j'aimerai vraiment lire davantage de comics de ce genre à notre époque, ça fait vraiment beaucoup de bien et c'est un bon moyen de réfléchir posément aux travers de notre société un peu trop idéalisée par moments. Me voilà réconcilié avec les modernes, grâce aux classiques !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 25 janvier 2022

Nightwing Rebirth tome 5 - La revanche de Raptor (Urban Comics - Février 2019)


C'est donc acté, Raptor s'est échappé des geôles de Spyral et se trouve aujourd'hui lui aussi à Blüdhaven, la ville d'adoption de Nightwing son ancien protégé, qu'il compte bien punir comme il se doit de s'être écarté du droit chemin qu'il lui réservait.


Alors que l'ancien jeune prodige ratisse toute la ville à la recherche de son ennemi, celui-ci entreprend de réunir les différents éléments de sa victoire et de l'anéantissement de cette cité qui l'horrifie autant qu'elle le fascine par sa décadence. Tout ce que Raptor retient de Blüdhaven n'est que conflit social et lutte insipide pour se maintenir en haut de l'échelle, de la part d'une classe moyenne désireuse de richesses et d'un avenir meilleur. Tout ce en quoi Nightwing croit de son côté, Raptor le rejette fermement et s'apprête à prouver que cette ville n'a rien de spécial, comme le pense son protecteur attitré.


Le plan de Raptor est assez simple : pousser les mauvais instincts des habitants de la ville à leur maximum grâce au sérum de Blockbuster, qu'il a pu se procurer en quantité. En répandant le sérum dans toute la ville depuis le casino Marcus à l'aide des oiseaux dressés de la Pigeonne, Raptor va déclencher des transformations monstrueuses en masse et provoquer un véritable carnage si rien n'est fait pour l'arrêter. Heureusement, Nightwing peut compter non seulement sur son vieil adversaire Blockbuster en personne, mais aussi sur les Échappés, ces anciens vilains cherchant la rédemption et la reconnaissance.


Tout le monde va faire équipe pour éviter que la ville entière ne tombe dans la sauvagerie la plus complète, tandis que Dick Grayson affronte le mentor d'une partie de son passé, mais aussi l'ami sincère de sa défunte mère. Les révélations s'enchaînent aussi bien que les combats, et les blessures seront multiples également, mais au final tout rentrera dans l'ordre une fois de plus, car la Justice triomphe toujours. Nightwing parvient même à neutraliser pour de bon Blockbuster au passage, ce qui l'enchante particulièrement.


Mais tout n'est pas rose pour autant. Sa victoire contre Raptor lui a beaucoup coûté, et ses relations avec Shawn comme avec Helena sont terminées pour de bon cette fois. Les liens étroits qu'il pensait avoir tissé avec les deux jeunes femmes sont brisés, au moins pour ce qui est du plan personnel et privé, et il ne peut désormais les côtoyer qu'en tant que meneur du groupe de héros de Blüdhaven. Mais tant pis, au moins la ville est sauve, et les lendemains meilleurs arriveront bien assez tôt si on y croit toujours.


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Bon eh bien... c'était pas terrible, très franchement. Tim Seeley nous sert un scénario qui sent très fort le réchauffé, on y retrouve des éléments de précédentes intrigues (le coup de l'empoisonnement de toute la ville, le Joker l'a déjà fait... plusieurs fois !) et j'ai même eu l'impression de lire une sorte d'ébauche de ce qu'était le film Batman Begins à un moment, alors qu'il date de 2005 ! C'est dire à quel point l'originalité a pris la fuite dans cette série...


Mais passons ces quelques défauts et penchons-nous sur les qualités, car il y en a malgré tout. Le dessin est dynamique, on va dire que ça reste très correct et dans la bonne moyenne de ce que l'on peut trouver chez DC, même si évidemment j'aurais largement préféré un style plus flamboyant pour le justicier trapéziste. Javier Fernandez et Miguel Mendonça sont efficaces, sans être excellents. La nouvelle vague révélée dans les années 2010 et tant vantée n'est pas encore arrivée à pleine maturité, mais ils sont sur la bonne voie.


C'était donc le dernier tome de la série Nightwing Rebirth, un héros qui une fois encore ne connaîtra que cinq tomes avant d'être déplacé ailleurs au gré des envies des scénaristes des séries Batman majeures. Malgré l'utilisation de quelques idées de Tom King ici et là, aucune référence à ce qu'il va arriver à Dick dans les pages de Batman Rebirth ni sur la façon dont il va s'en sortir comme on le voit dans Joker War il me semble. Bref, ça reste encore bien nébuleux autour de Nightwing, un héros secondaire qui reste condamné à vivre dans l'ombre de ses mentors encore et encore. J'espère qu'un beau jour on aura la chance en V.F. de lire de meilleures aventures le mettant bien mieux en valeur, mais j'ai peur que ça ne soit pas si rentable que cela pour Urban auprès du public Français, toujours aussi fasciné par Batman. Nous verrons bien !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 24 janvier 2022

Nightwing Rebirth tome 4 - Blockbuster (Urban Comics - Septembre 2018)


Depuis qu'il officie à Blüdhaven, Dick Grayson a déjà sauvé pas mal de vies, principalement des personnes errantes qui avaient besoin d'être guidées. Mais aujourd'hui, c'est lui qui se retrouve perdu au beau milieu d'une véritable guerre ! Les gangs de la ville s'arrachent des armes d'origine alien, un trafic juteux organisé par une vieille connaissance du temps de Gotham City... Requin-Tigre !

Mais le pirate n'est pas le seul à tremper dans cette sombre affaire, il opère en réalité avec un réseau très ordonné baptisé Seconde Main, qui a décidé d'inonder la ville avec ces armes de contrebande assez dangereuses pour poser des problèmes aux meilleurs super-héros. Nightwing doit donc de nouveau se plonger dans l'étude de ses cibles, des criminels endurcis comme de simples jeunes vivant de la rue.


Sur son chemin, il croise la route du nouveau Blockbuster, originaire de la ville, qui lui propose un marché : il l'aidera à mettre la main sur Requin-Tigre et à démanteler le réseau de trafiquants à la condition d'être blanchi en retour. Ne se doutant pas un seul instant qu'il fonce tête baissée dans un piège, Nightwing accepte mais se retrouve bien vite jeté en pâture à toute une escouade de super-vilains venus faire leur marché et tester les nouvelles armes proposées. Grâce à son entraînement et à sa débrouillardise, notre héros parvient à s'en tirer et même à épargner toutes les vies présentes, qu'elles le méritent ou non, mais il risque d'y avoir du changement en ville maintenant que Blockbuster a dévoilé ses vraies intentions. Un ennemi de plus à rajouter sur la longue liste !


Dans le même temps, Dick vit une période trouble dans sa relation avec Shawn. Depuis qu'ils savent qu'elle n'est pas enceinte, quelque chose semble s'être brisé entre eux, et l'éloignement se fait de jour en jour plus important, jusqu'au point de rupture. Cette séparation douloureuse intervient au moment où Shawn reprend contact avec une ancienne partenaire de crime, qui lui propose alors de repartir à l'aventure comme au bon vieux temps. Une décision que Shawn pourrait vite regretter...


Et comme si tout cela ne suffisait pas, voilà que Huntress débarque en ville pour prévenir Nightwing que la Seconde Main serait liée au réseau mafieux sur lequel elle enquête ! Les deux anciens agents secrets vont donc de nouveau faire équipe pour tenter d'identifier les véritables penseurs derrière le trafic d'armes, et auront un sacré choc quand ils se rendront compte qu'il s'agit ni plus ni moins que de l'agence Spyral pour laquelle ils travaillaient autrefois ! Déterminés à détruire le réseau à sa source, Huntress et Nightwing partent en Angleterre pour sauver une ancienne élève retenue captive et démasquer pour de bon le véritable commanditaire de toute l'opération, un ancien agent revenu du passé tel un fantôme...


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Bon je préfère être honnête, les aventures de Nightwing sous la période ''DC Rebirth'' ne me passionnent pas vraiment, raison pour laquelle j'ai mis autant de temps à me procurer les deux derniers tomes de la série depuis leur sortie il y a quelques années maintenant. Non pas que ce soit totalement inintéressant, mais je n'accroche juste pas, il manque selon moi quelque chose de grandiose pour que la formule prenne efficacement.


Nightwing n'est pas Batman, et Tim Seeley n'est pas Tom King, mais quand même je m'attendais à autre chose de la part de la série mettant en scène les aventures du premier protégé du Chevalier Noir. J'espère de tout cœur que le prochain tome, le cinquième et dernier de la série dans cette mouture, mettra le paquet pour finir en beauté.


Autre chose, en rapport avec les événements survenus dans les tomes de Batman Rebirth : est-ce qu'on va voir à un moment donné comment les activités de Dick Grayson seront interrompues brusquement par la balle qu'il reçoit dans la tête ? J'ai l'horrible sensation que non, et que je devrais me contenter d'une fin ouverte qui ne traitera aucunement cette période de sa vie. Depuis les New52 la série Nightwing semble maudite et destinée à ne connaître qu'une parution en cinq tomes seulement, s'arrêtant toujours au moment où ça aurait pu devenir vraiment intéressant. Le personnage mérite bien mieux que ça je pense !


Sinon en ce qui concerne le dessin rien à redire de particulier c'est assez correct et on ne se perd pas dans la transition entre les différents artistes travaillant sur le titre. Pas non plus du haut niveau, encore une fois ça reste dans la norme et toujours en dessous de ce que vaut à mon avis le personnage de Dick Grayson alias Nightwing. Est-ce que DC se décidera un jour à lui offrir un vrai rôle prépondérant et à sa hauteur dans son univers ? Avoir croisé la route de Superman dans le tome 2 restera donc son seul haut fait ? Pour le moment en tout cas, il me faut me contenter de le regarder boucler les intrigues datant de la période Agent 37 (loin d'être mémorable) et castagner des vilains très secondaires tout en gérant d'une façon peu enviable ses relations amoureuses. Arrivera-t-on un beau jour à caser Nightwing pour de bon dans une dynamique qu'il mérite amplement ?


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !