C'est un rendez-vous que vous connaissez désormais bien, voici venir en ce début de mois les coups de coeur de l'équipe !
Au programme : Flo se réjouit de la publication de Superman Batman en français, Etienne revient en détail sur le jeu, hommage au slasher, Until Dawn et pour finir Thomas vous invite à découvrir la mini-série événement Wolf Hall sur la vie de Thomas Cromwell.
Affichage des articles dont le libellé est Urban Comics. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Urban Comics. Afficher tous les articles
lundi 1 février 2016
Emission n°63 : Coups de coeur de janvier
Libellés :
Arte,
Comics,
DC Comics,
Emission,
Hilary Mantel,
Jeph Loeb,
Jeu vidéo,
Michael Turner,
Podcast,
Série télé,
Superman Batman,
Until Dawn,
Urban Comics,
Wolf Hall
lundi 28 septembre 2015
Emission N°48 : Comment en vient-on à lire de la version originale lorsque l'on aime les comics ?
Amis du jour, bonjour !
Pour ce quarante-huitième numéro de Radiophogeek, nous abordons un sujet atypique que l'on pourrait qualifier de "niche dans la niche" : la lecture en version originale (ici en anglais donc) des comics.
Pourquoi en arrive-t-on à se laisser tenter par la v.o. ? Est-ce cher ? Est-ce accessible ? Vaut-il mieux commencer directement en anglais qu'en français ? Quelles différences dans l'édition et la traduction des oeuvres entre version originale et version française ?
Autant de question auxquelles Florent, Etienne et Thomas tenteront de répondre en vous faisant partager leur expérience personnelle et des réflexions plus globale sur le sujet.
Que vous soyez néophyte du monde des comics, simple lecteur vf ou même aficionado des publications américaines, nous espérons que cette nouvelle émission vous plaira !
Pour ce quarante-huitième numéro de Radiophogeek, nous abordons un sujet atypique que l'on pourrait qualifier de "niche dans la niche" : la lecture en version originale (ici en anglais donc) des comics.
Pourquoi en arrive-t-on à se laisser tenter par la v.o. ? Est-ce cher ? Est-ce accessible ? Vaut-il mieux commencer directement en anglais qu'en français ? Quelles différences dans l'édition et la traduction des oeuvres entre version originale et version française ?
Autant de question auxquelles Florent, Etienne et Thomas tenteront de répondre en vous faisant partager leur expérience personnelle et des réflexions plus globale sur le sujet.
Que vous soyez néophyte du monde des comics, simple lecteur vf ou même aficionado des publications américaines, nous espérons que cette nouvelle émission vous plaira !
lundi 6 juillet 2015
Emission n°43 : Coups de coeur de juin
Retrouvez nos derniers coups de coeur avant les vacances, au programme : des comics, du jeu vidéo et de l'animation !
Libellés :
animation,
Chris Bachalo,
Comics,
Jason Aaron,
Jason Latour,
Jeu-vidéo,
Pixar,
Scott Lobdell,
Semic,
Southern Bastards,
Steins Gate,
Urban Comics,
Vice Versa,
visual novel
mercredi 4 février 2015
Saga tome 4 (Urban Comics - Janvier 2015)
Parmi
l'ensemble de tout ce qui est édité dans le monde des comics,
parfois en cherchant en dehors des deux grandes maisons (DC et
Marvel) on peut tomber sur de très bonnes surprises. Et parfois, on
tombe carrément sur des pépites merveilleuses et uniques, à
l'image de Saga
de Brian K. Vaughan et Fiona Staples. Magnifiquement éditée chez
nous par Urban Comics dans sa collection consacrées aux
Indépendants, cette série de space-opéra est devenue une œuvre
culte dès ses tous premiers chapitres et continue encore de nous
surprendre et de nous émerveiller !
Dans ce quatrième tome, quelques mois après la fuite
du couple interdit que sont Alana et Marko et leur installation sur
la petite planète Jardinia, les événements se bousculent. Tandis
que Marko mène la vie discrète d'un père au foyer en tâchant
d'élever la petite Hazel de son mieux, Alana subit une carrière
d'actrice de seconde zone pour le Circuit Ouvert, suite de
feuilletons et programmes télévisuels médiocres diffusés dans
l'ensemble de l'univers connu. Les deux amants s'éloignent peu à
peu l'un de l'autre à mesure que le temps passe et que le fossé
entre eux se creuse, à mesure aussi que les rencontres que chacun
fera de son côté changeront peu à peu leur façon d'être et leur
ouvriront de nouvelles perspectives.
Mais le principal danger ne réside pas dans
l'éloignement sentimental pour Alana et Marko. Le Robot-Prince IV,
porté disparu après les tragiques événements chez Oswald Heist,
refait soudain surface en apprenant l'assassinat de sa femme et
l'enlèvement de son fils nouveau-né. Déterminé à retrouver son
héritier coûte que coûte, ultime vestige de bonté en lui, IV se
lance à la poursuite du fugitif révolutionnaire de son royaume à
travers la galaxie, jusqu'à la planète Jardinia, où il retrouvera
la trace de ses anciennes cibles et où un choix crucial devra être
fait par les ennemis de jadis...
Saga,
c'est énorme. C'est fantastiquement énorme ! Du space-opéra
avec beaucoup d'humour, d'esprit et de personnalité, dans un
univers mêlant le fantastique à la science-fiction dans une fusion des genres
parfaite qui nous transporte à chaque nouveau chapitre, et on n'a de
cesse ensuite que d'en redemander toujours plus ! Sitôt la
lecture achevée, sitôt l'envie du prochain tome se fait sentir. Un
petit bijou de série indépendante dans le monde des comics, une
perle à découvrir absolument si vous ne connaissez pas encore !
Ici nous retrouvons les personnages désormais
familiers et nous assistons à l'évolution de la relation de couple
d'Alana et Marko, confrontés à des problèmes finalement très
communs dans leur fuite à travers l'espace, à des galères de tout
jeune couple et à des situations criantes de vérité. Et au-delà
de ça nous avons une intrigue proprement géniale, menée sur
plusieurs niveaux, pleine de rebondissements et d'esprit comique,
parvenant toujours à nous surprendre et à nous étonner un peu plus
à chaque pleine page d'ouverture. Une série très très bien écrite
et encore mieux dessinée, que je ne peux que très vivement vous
recommander s'il vous faut une nouvelle lecture ces temps-ci !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et
je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver
bientôt pour un nouvel article !
Libellés :
Brian K. Vaughan,
Comics,
fantastique,
Fiona Staples,
humour,
Image Comics,
Janvier 2015,
lecture,
saga,
science-fiction,
space-opera,
Urban Comics,
Urban Indies
samedi 10 janvier 2015
Justice League tome 7 - Le règne du Mal, 2ème partie (Urban Comics - Janvier 2015)
Suite
et fin de ce triptyque d'articles sur les récents tomes de la série
Justice
League
chez Urban Comics, avec la sortie hier du septième tome qui contient
la seconde et dernière partie de l'event Forever
Evil.
Votre serviteur s'est donc encore une fois fait violence et s'est
démené pour se procurer, lire et analyser cet album afin de vous
livrer l'article aujourd'hui et de clôturer, en une semaine de
temps, le traitement de ce gigantesque événement de l'univers New52
qui promet de redistribuer durablement les cartes entre les divers
protagonistes.
L'heure est grave. Les Ligues de Justice sont vaincues
et portées disparues, séquestrées dans la matrice Firestorm prête
à exploser d'un jour à l'autre. Le satellite de surveillance de la
Ligue principale gît, brisé, sur le littoral de la côte Est. Les
criminels sont libres et répandent le chaos dans toutes les grandes
villes, à travers les États-Unis comme dans le reste du monde.
Nightwing a été démasqué et emprisonné par le Syndicat du Crime
à titre d'exemple pour tous ceux qui oseraient leur résister. Et
ses membres règnent sans merci sur la planète, réduisant à néant
les dernières poches de résistance et transformant le monde à leur
image. Le seul espoir restant : Lex Luthor et son équipe de
super-vilains rebelles, désireux de reprendre les rennes et de
réussir là où les héros ont échoué, en triomphant et en
anéantissant ce Mal étranger. Catwoman et Batman, seuls rescapés
de leurs équipes respectives, se joignent alors aux ennemis d'hier
et entreprennent de pénétrer dans les ruines du satellite pour
libérer Nightwing et mener la contre-offensive contre le Syndicat.
Mais ces derniers cachent encore quelques secrets douloureux, et
tandis que nous découvrons le passé de chacun dans différents
flash-back, les révélations sur le sort de leur propre monde ainsi
que sur la nature de ce qu'ils ont rapporté avec eux sur le nôtre
vont peut-être signer la fin de toutes choses... l'affrontement
final est lancé, et le ciel se déchire sous la puissance des coups
échangés, tandis qu'au sol se joue une ultime tragédie qui aura de
lourdes conséquences sur le futur et bouleversera à jamais les
statu-quo établis jusque là. Pour le meilleur ou pour le pire, le
monde va changer !
Conclusion
de Forever
Evil
donc avec les derniers chapitres de cette saga, toujours mélangés à
ceux de la série Justice
League
principale, dont les numéros sont à nouveau intercalés et gérés
avec brio par l'éditeur français, facilitant amplement la
compréhension et le suivi de cette énorme histoire. Des
répercussions immenses que nous retrouverons dès le tome suivant,
un final spectaculaire et un épilogue plein de promesses alléchantes
pour l'avenir, bref du tout bon pour moi qui suis conquis. Mon avis
était assez mitigé durant la parution en format kiosque mensuel,
mais comme je le disais pour le tome précédent avoir ici les
chapitres principaux sous forme d'album améliore énormément le
rendu final et le rythme du récit, qui devient extrêmement agréable
et fluide. De l'excellent travail de la part de Geoff Johns à
l'écriture, et un David Finch déjà plus en forme qu'au début qui
illustre magistralement la bataille finale et toute la tension que
ressent chaque personnage. Menée sur deux fronts principaux, Forever
Evil
parvient donc à rassurer et à rattraper les craintes et les doutes
émis dès le commencement, et inaugure une situation jamais vue qui
promet d'être assez intéressante à observer également, du moins
c'est ce que l'on est en droit d'espérer !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et
je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver
bientôt pour un nouvel article !
Libellés :
Comics,
David Finch,
DC,
DC Renaissance,
Doug Mahnke,
Forever Evil,
Geoff Johns,
Ivan Reis,
Janvier 2015,
Justice League,
Le règne du mal,
lecture,
New52,
super-héros,
Urban Comics
mercredi 12 novembre 2014
Superman - A terre (Urban Comics - Mai 2013)
Dernier
grand récit de la période Classique de Superman (1985-2011) avec
laquelle nous avons quasiment tous grandit, signé par l'illustre
mais peu présent J. M. Straczynski au scénario et Eddy Barrows au
dessin, Superman
– à terre
paraît entre 2010 et 2011 pour clore l'immense historique de l'homme
d'acier, au sortir de la plus grave Crise de l'univers DC mais
également la plus grave crise personnelle pour le héros, après la
découverte puis la perte à nouveau de son peuple d'origine à
l'issue d'une guerre impitoyable avec son monde d'adoption. Nécessité
était alors de relancer une toute dernière fois Superman sur les
traces de ce qui a toujours fait son identité, les valeurs qu'il
s'est autrefois juré de défendre et en lesquelles désormais il ne
croit plus.
La Nouvelle Krypton n'est plus. Détruite à l'issue de
la guerre contre le Général Zod, elle emporte avec elle l'ensemble
des survivants de la planète Krypton, le propre peuple d'origine de
Superman, qui se retrouve désormais réellement seul rescapé (si
l'on excepte Supergirl). C'est un coup dur pour l'homme d'acier, qui
perd petit à petit foi en tout ce en quoi il croyait jusqu'à
présent. La réaction des Terriens à son égard ne se fait pas
attendre, les doutes s'élèvent et beaucoup perdent également
confiance en leur protecteur de toujours, se demandant si son
allégeance va toujours à la Terre, son monde d'adoption et
désormais le seul qui lui reste, ou bien s'il va s'en détacher
comme il a tendance à le faire depuis quelques temps. Sommé de
s'expliquer, Superman tente de rassurer l'opinion publique, mais il
apparaît plus vulnérable que jamais moralement, brisé. Alors,
lorsqu'une femme surgit de la conférence de presse et le gifle en
plein visage, lui reprochant la mort de son époux qu'il aurait pu
soigner s'il avait été présent sur Terre au lieu de se battre loin
dans l'espace, c'est le point de non-retour. L'Ange de Metropolis va
alors prendre une décision très importante et lourde de
conséquences, après une période de profonde réflexion : il
va tenter de renouer le contact avec la Terre, avec les gens
ordinaires qu'il défend, et faire renaître la foi dans leur cœur
ainsi que dans le sien. Pour cela, il va entamer un long périple et
traverser l'ensemble des États-Unis... à pieds, uniquement.
Suscitant tantôt le déchaînement des journalistes puis
l'inquiétude de ses partenaires et amis de la Ligue de Justice,
Superman ne reculera devant aucune objection et se forcera à
poursuivre cette marche coûte que coûte, affrontant les problèmes
du quotidien des gens ordinaires, de ce monde si éloigné du sien,
sans super-pouvoirs, sans super-vilains ni menaces cosmiques,
simplement des citoyens humains et des problèmes très humains. Une
simplicité toute bête qui aidera Superman à prendre conscience de
l'importance relative de son combat jusqu'à présent, et peut-être
à apprendre à choisir ses véritables combats à l'avenir, pour
devenir un meilleur protecteur de la Terre. Mais une série de revers
et de surprises attendent encore le Kryptonien, qui sera mis à mal
bien plus qu'il ne le croyait durant ce voyage, et dont la cassure
morale risque fort de s'accentuer davantage. Au final, peut-être
n'est-il plus fait pour être ce qu'il est. Au final... la Terre
a-t-elle encore besoin et envie d'un Superman pour la défendre ?
C'est
là la plus grosse et la plus grave de toutes les épreuves morales
que Superman aura jamais eu à affronter, seul ou presque. S'il peut
compter sur le soutien de Loïs ou de Batman, il n'en demeure pas
moins isolé de tous, face à sa dépression et au contre-coup
horrible que fut la seconde perte de son monde d'origine et le
désaveux dont fait preuve à son égard son monde d'adoption. Une
période extrêmement sombre donc, avec des propos et des réflexions
assez dures que doivent encaisser autant le héros que le lecteur, et
qui mettent à mal les fondements-mêmes d'un personnage tel que
Superman et tout ce qu'il représente et défend. Une remise en
question exceptionnelle et dramatique, mais pas sans issue ni sans
espoir ! Car c'est là le véritable message, derrière toute
cette noirceur du propos (qui m'a un peu fait penser au début de
Civil
War
chez Marvel, par ailleurs, avec le dilemme moral auquel est confronté
Tony Stark), derrière toute cette atmosphère lourde et déprimante
et ces réflexions philosophiques plutôt désabusées : malgré
tout cela, il faut continuer à garder espoir et à défendre coûte
que coûte ses convictions, si l'on croit en elles. Au delà du titre
de cette histoire, Superman est bel et bien à terre, autant
physiquement que moralement, c'est la chute inédite d'une idole et
d'un héros de lumière, qui va apprendre à côtoyer son côté
sombre, ses doutes et ses peurs les plus profondes. Mais il s'en
relèvera plus fort et plus resplendissant que jamais, prêt à
croire en un nouvel avenir et à réaffirmer son attachement aux
valeurs qui l'ont vu naître, Vérité, Justice. Une fin admirable
pour le Superman de l'ère Classique, et qui fait d'ailleurs la
jonction quasi-parfaite avec ce qu'il deviendra à ses débuts dans
l'ère des New52 actuelle.
Straczynski signe donc ici un récit magistral où il
permet au lecteur de faire connaissance, à la veille de sa fin, avec
son plus grand héros jusque dans les plus sombres recoins de son
esprit et de ses failles. Cette histoire me prouve quant à moi, par
son audace et ses références multiples ainsi bien sûr que son
traitement du personnage, que l'auteur connaît on ne peut mieux
Superman et était le mieux placé à cette époque pour lui offrir
une fin digne de ce nom, belle et spectaculaire, pleine de sens et
d'une portée morale convaincante.
Sauf que...
Le
mauvais point, selon moi, c'est que justement là encore Straczynski
a renoué avec sa légendaire mauvaise habitude d'abandonner ses
récits en court de route, obligeant l'éditeur à trouver quelqu'un
d'autre en urgence pour les terminer. Superman
– à terre
n'échappe pas à cette règle, et en plein milieu c'est Chris
Roberson qui reprend le bébé et l'accompagne jusqu'à la fin. Un
changement d'auteur et de ton qui se traduit directement par un
changement majeur dans l'histoire : les super-problèmes
réapparaissent, alors que ça ne devait être qu'une longue marche à
travers le monde ordinaire et ses difficultés. Roberson n'étant pas
Straczynski, il ne peut maintenir l'intérêt et l'attention du
lecteur sur un concept aussi peu mouvementé et donc il réintroduit
d'un seul coup de grosses menaces héroïques dans l'entourage
immédiat de Superman, dont le périple s'interrompt de plus en plus
souvent jusqu'à n'être plus qu'un souvenir lointain vers la fin,
totalement disparu derrière la nécessité de contrer ces menaces
démesurées. Alors, comprenez-moi bien, je ne trouve pas que le
message en soi soit gâché par cela, au contraire ça permet même
de mieux illustrer Superman se relevant de sa chute et redevenant peu
à peu un héros, mais quand bien même je ne peux pas m'empêcher de
penser que je me suis senti un peu trahi en voyant ça, sur le coup.
J'achète cette histoire justement pour son côté près de
l'ordinaire et du quotidien, un retour aux sources magistral pour
Superman, et je me retrouve avec toute une seconde moitié qui
revient dans l'action super-héroïque loin du ''peuple''. Pour moi
le pitch de base a été désavoué en court de route, suite au
départ de l'auteur et à la reprise en urgence par un autre, ce qui
a tendance à faire oublier tout le concept du début de cette
histoire, pourtant la meilleure partie. C'est bien dommage, mais bon
ça reste un récit de qualité malgré cela et ce n'est pas la faute
de Roberson non plus, il a fait avec ce qu'il pouvait et ce que lui
avait laissé Straczynski surtout, pas facile de passer derrière lui
beaucoup d'autres peuvent le dire.
Pour
conclure, ce récit m'a fait immédiatement repenser à un autre du
même genre : Wonder
Woman – L'Odyssée,
paru globalement à la même époque et servant également au lecteur
une telle déconstruction du personnage et de son univers proche,
pour mieux s'en relever par la suite et porter un nouveau message
d'espoir et de convictions. Tiens, étrange, cette histoire de Wonder
Woman était aussi signée et initiée par J. M. Straczynski... et
abandonnée en court de route pour être reprise en urgence par Phil
Hester. Quelle drôle de coïncidence ! Surtout que dans
Superman
– à terre,
il y a une référence très appuyée à ce qu'il advient de Wonder
Woman dans le même temps. Je trouve le parallèle des plus
intéressants, moi !
Bref, je termine et je conclue cet article déjà bien
assez long, en vous répétant que cette histoire de Superman est
magistralement menée de bout en bout malgré ses difficultés en
interne, et qu'à mon sens je n'aurais pas pu imaginer plus belle fin
pour le personnage Classique de Kal-El, elle lui va finalement comme
un gant, peu importe les critiques (qui d'ailleurs sont bien
représentées à travers les journalistes qui suivent Superman dans
son périple, petite pique amusante je trouve). L'on assiste à la
fin de Superman tel que nous le connaissons, et à son grand retour
triomphal, plus fort et plus lumineux que jamais, prêt à la
transition avec un nouvel univers DC plein de promesses et
d'espoirs !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et
je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver
bientôt pour un nouvel article !
Libellés :
A terre,
Allan Goldman,
Chris Roberson,
DC Classiques,
Diogenes Neves,
Eddy Barrows,
introspection,
Jamal Igle,
Joe Michael Straczynski,
John Cassaday,
Superman,
Travel Foreman,
Urban Comics,
Wellington Dias
jeudi 18 septembre 2014
Les patients d'Arkham (Urban Comics - Juillet 2014)
Vous
allez finir par penser que je ne lis que ça, des tomes de la
collection ''DC Nemesis'' d'Urban Comics, mais non c'est une simple
coïncidence ! Et puis vu les récits de qualité qui s'y
trouvent, j'aurais tort de me priver de vous en parler non ? On
est bien d'accord.
Sortie
en Juillet 2014 chez nous et scénarisée par Dan Slott (oui, le
monsieur très décrié aux commandes depuis très longtemps des
séries Amazing
Spider-man,
puis Superior
Spider-man
puis de nouveau Amazing
Spider-man
actuellement), cette mini-série intitulée Les
patients d'Arkham
nous plonge dans le quotidien terrifiant et angoissant du fameux
Asile d'Arkham, en périphérie de Gotham City, inquiétante bâtisse
ancienne abritant les pires psychopathes de l'univers DC et semblant
tout faire à part les soigner. Avec l'aide de Ryan Sook au dessin,
Dan Slott nous propose une virée saisissante et malsaine auprès des
plus grands criminels de la ville, et de ce qui fait sans doute de
l'Asile d'Arkham un endroit à éviter à tout prix.
Warren White est un homme tout ce qu'il y a de plus
ordinaire et normal. Pas de super-pouvoirs, pas d'origines
traumatisantes, pas d'accident, pas de mauvaise journée, rien. Si ce
n'est que Warren White est sans doute le trader le plus insensible
qui existe, et qu'il est jugé pour escroquerie à grande échelle,
ayant fait perdre à cause de ses manipulations boursières des
sommes considérables à de pauvres épargnants anonymes. Aussi riche
que Bruce Wayne, dit-on, il s'arrange pour éviter la prison à vie
en soudoyant ses avocats et en plaidant la folie passagère pour
expliquer ses actions. Ca marche, et le jury le considère comme
coupable mais non-responsable de ses actes. Warren est soulagé, il
évite donc la prison... mais pourquoi le juge semble-il si satisfait
malgré tout de ce verdict ? Après tout, ce n'est vraiment pas
si grave, on décide simplement de l'envoyer dans un genre de maison
de repos, un sanatorium ou quelque chose du même genre, où il
passera quelques mois voir juste quelques semaines à discuter avec
des gens avant de sortir comme si de rien n'était et de reprendre sa
vie de débauche. A l'aise donc. Oui mais pourtant, tout le monde
autour de lui, ses avocats comme ses proches, tous semblent paniqués
à la seule prononciation du nom de l'établissement : l'Asile
d'Arkham. Quoi, ce n'est pas grand chose enfin ! Rien qu'un
endroit où sont soignés en douceur les gens ayant un peu perdu le
sens des réalités... n'est-ce pas ?
Evidemment, nous lecteurs qui sommes aussi sains
d'esprit que Warren, nous savons déjà combien il se trompe et dans
quel enfer il vient de se condamner lui-même par ses manœuvres
juridiques. Ce n'est pas un hasard si ce bon plan paraissait un si
bon plan : personne, à Gotham, n'oserait plaider la folie pour
échapper à la prison. Car cela voudrait dire qu'on serait
immédiatement envoyé à Arkham, auprès de cinglés véritables
comme Double-Face, Killer Croc, le Chapelier Fou, Poison Ivy,
l'Epouvantail... le Joker. Tout cela, Warren l'ignorait ou ne s'en
rendait pas vraiment compte. Les choses vont bien changer lors de son
arrivée, obligé de passer la nuit dans la même cellule qu'un
dangereux gourou de secte persuadé de parler aux morts et vivant
avec les âmes de ses victimes. Qui occupent une bonne partie de la
pièce et des couchettes. La nuit promet d'être longue... d'autant
que tout le monde se réjouit de l'arrivée de ce nouveau patient,
les autres lui ont même tout de suite trouvé un surnom adéquat.
Dehors, Warren White l'insensible était le Grand Requin Blanc,
prédateur de la finance, impitoyable. Ici, dans les murs d'Arkham,
il est... Viande Fraîche. Et il n'aura jamais autant eu l'impression
d'être un bout de viande sur pattes, cible de toutes les attaques,
souffre-douleur de gens comme Killer Croc, esclave de Double-Face,
compagnon de douche du Joker... et si cet enfer finissait par faire
de lui, un homme sain et respectable, un véritable monstre à son
tour ? Car en plus des patients et de la violence ambiante,
Arkham dissimule bien des secrets atroces en son sein, de sombres
origines et une histoire des plus glauques, propre à instiller la
folie dans les cœurs les plus faibles...
Les
patients d'Arkham,
où une plongée effroyable du lecteur dans ce lieu que l'on a
toujours préféré éviter, surtout depuis le passage de Grant
Morrison. Dan Slott relève le défi de nous livrer un récit encore
plus sombre et malsain, avec succès, nous présentant avec force
détails la chute lente et inexorable d'un homme ''sain d'esprit''
qui deviendra un monstre semblable à ses nouveaux compagnons
d'infortune. Mais Warren n'est pas le seul personnage que le lecteur
suivra dans cette histoire, puisque l'Asile lui-même peut être
considéré comme un personnage à part entière. Une grande partie
de son passé sera reprise de ce que Grant Morrison avait déjà
établi, mais de nouveaux éléments vont entrer en jeu et notre
vision de l'endroit en sera à jamais changée. Pour les gamers, vous
apprécierez de retrouver dans ce récit les prémices du jeu-vidéo
Arkham
Asylum,
du moins les personnages clés de l'aventure qui vous serons ici
présentés pour la première fois.
Une petite histoire en six chapitres, sans grande
conséquence pour le reste de l'univers Batman, agréable à lire et
qui fait réfléchir sur le destin des criminels de Gotham lorsque le
Chevalier Noir n'est plus dans les parages pour les protéger. Oui,
les protéger.
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et
je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver
bientôt pour un nouvel article !
mercredi 10 septembre 2014
La saga de Ra's al Ghul (Urban Comics - Juillet 2014)
Attention,
là c'est du lourd. Dans la collection ''DC Nemesis'' jusqu'à
présent nous n'avons eu que des récits de qualité, sur les plus
grands méchants de l'univers de Batman principalement, de Bane à
Double-Face en passant par Deadshot ou le Pingouin. Avec cet
album-ci, très imposant et tout aussi bien fourni, nous avons le
plaisir de découvrir non pas un mais trois récits parus à la fin
des années 1980 et au début des années 1990 sur le personnage de
Ra's al Ghul, écoterroriste immortel dont le génie rivalise
largement avec celui du Chevalier Noir. Trois histoires qui nous
présenteront tour à tour les origines, les failles et les plus
grandes réussites de ce vilain créé en 1971 et qui reste encore de
nos jours l'une des plus grandes et des plus terribles menaces qui
pèsent sur Batman et son entourage, ainsi que sur notre monde. Un
personnage torturé, tourmenté par son passé, en lutte perpétuelle
contre l'évolution et contre l'humanité, se plaçant en bienfaiteur
de la planète tout autant qu'en meurtrier de masse pour le bien
commun. Egalement un père soucieux de sa descendance et de son
héritage, un homme vieux et fatigué qui refuse de rendre les armes
tant que sa vision ne se sera pas accomplie ou que son rêve ne soit
en sécurité entre les mains d'un digne successeur. Un temps ce rôle
aurait pu être tenu par Batman lui-même, amant de Talia, la fille
de Ra's, et que l'immortel considère toujours malgré leurs
différends et oppositions morales comme son fils spirituel.
Grâce
au travail d'Urban Comics, nous avons la joie de pouvoir lire en un
seul recueil trois récits légendaires sur le personnage et sa
relation avec Batman. Tout d'abord, dans La
naissance du Démon (Birth
of the Demon),
les secrets des origines de Ra's al Ghul nous serons enfin dévoilés,
par la bouche de sa fille Talia se confiant au Chevalier Noir avant
que l'heure de l'affrontement final entre son père et son amant ne
sonne. Les mystères de celui qui s'affranchît de la Mort elle-même
et devint pire qu'un démon, de l'homme qui perdît toute humanité
par la faute de la cruauté des hommes. Un scénario de l'écrivain
Dennis O'Neil, ayant officié de nombreuses années à la tête du
destin des séries de Batman et connaissant ses personnages sur le
bout des doigts, un récit à la fois touchant et horrible, qui se
finit en apothéose par un duel impitoyable entre les deux
antagonistes, à la vie à la mort. Le dessin et les couleurs de Norm
Breyfogle sont incroyablement beaux, chaque case ressemble à une
petite peinture et l'ambiance du Moyen-Orient médiéval est
parfaitement retranscrite. Saisissant, on ne peut qu'admirer les
efforts colossaux pour la création de ce style si particulier au
service d'une histoire toute aussi magnifique !
Ensuite,
dans Le
fils du Démon
(Son
of the Demon),
récit de Mike W. Barr sur un dessin très clair et détaillé de
Jerry Bingham paru initialement en 1987 (et merci à Urban par
ailleurs d'avoir laissé la sublime préface de l'époque signée
Mark Hamill, oui oui, grand fan de Batman devant l'éternel depuis sa
plus tendre jeunesse et qui participera à de nombreuses adaptations
animées en prêtant sa voix au Joker), retour au présent avec
Batman enquêtant sur l'assassinat d'un scientifique, dont les
recherches semblent liées à Ra's al Ghul. Découvrant finalement
que le véritable assassin désire en réalité détruire Ra's et sa
Ligue des Assassins ainsi que tous ses projets, Batman décide de
s'allier avec le terroriste immortel afin de retrouver Qayin, ancien
fils adoptif de Ra's dont les parents ont été tué dans le
bombardement nucléaire du Japon en 1945 sur les ordres de ce dernier
et qui désire depuis se venger, avant qu'il ne mette son plan à
exécution et ne provoque une catastrophe diplomatique sans précédent
en pleine Guerre Froide, qui pourrait déclencher un hiver nucléaire
sur toute la planète. L'occasion pour Batman de se rapprocher comme
jamais de Ra's et de sa fille Talia, nouant une idylle amoureuse avec
elle et concevant même un enfant. Les heures sombres semblent alors
s'éloigner et les esprits sont la fête, à l'union.
Mais bien vite la cruelle réalité refait surface et
emporte avec elle son lot d'espoirs et de rêves brisés. L'enfant à
naître n'est plus et Batman, dévasté par cette perte, s'embarque
dans une croisade d'une violence rare aux côtés de Ra's al Ghul
pour mettre un terme définitif aux agissements de Qayin. L'occasion
pour Ra's de lui aussi connaître un changement très important, en
choisissant pour la première fois de renoncer à ses idéaux et à
ses rêves d'une planète libérée du fléau de l'humanité, se
posant exceptionnellement en sauveur de celle-ci et faisant preuve
d'un héroïsme dont on ne le croyait plus capable depuis bien des
siècles. La preuve, peut-être, que tout le monde peut un jour
changer, et qu'il reste toujours un espoir quelque part ? Malgré
le côté très sombre de cette fin, un rayon d'espoir subsiste bel
et bien car l'on découvre que l'enfant n'est pas mort en réalité
et qu'il a été confié aux bons soins d'un orphelinat par sa mère,
désirant conserver le secret dans un but des plus mystérieux (Grant
Morrison, je t'ai vu !)...
Enfin,
dans le troisième et dernier volet de cette saga, La
fiancée du Démon (Bride
of the Demon),
c'est une nouvelle facette de Ra's al Ghul qui nous est dévoilée,
celle d'un homme recherchant encore et toujours le grand amour, la
femme digne de partager sa vie et ses rêves et également de porter
sa descendance. Mike W. Barr et Tom Grindberg nous racontent comment
Ra's développe son plus grand projet en parallèle de sa quête
sentimentale, réalisant l'un et l'autre dans le même temps et
faisant reposer autant d'espoirs sur chacun. Une fois encore aidé,
de façon ambiguë, par Talia, Batman va remonter la piste de Ra's
jusqu'à le dénicher dans sa base d'opérations secrète, où il
découvrira avec horreur le projet le plus terrible et le plus
grandiose de l'immortel pour rendre à la planète son aura d'antan,
sa pureté d'avant la souillure de l'humanité industrialisée. Une
œuvre démentielle qui rassemble la somme des rêves et des espoirs
du terroriste, un désir farouche de rendre le monde meilleur quel
qu'en soit le prix et quelles qu'en soient les conséquences, pour
que son héritage perdure à jamais et que la nouvelle humanité à
naître puisse être guidée par ses descendants éclairés. C'est le
point d'orgue de plus de 600 ans d'existence pour Ra's al Ghul, son
plus grand achèvement et sa plus grande entreprise, pour laquelle il
est prêt à se sacrifier corps et âme sans réserve. Quitte pour
cela à perdre l'amour de sa vie et l'affection de sa fille... mais
un rêve ne connaît aucune limite, si ce n'est la folie.
Trois
histoires magnifiques, toutes d'une façon différente, avec un style
précis et unique à chaque fois. A ma connaissance jamais aucun
personnage de cette envergure n'aura eu une telle aura auprès tant
de ses auteurs que de ses lecteurs, et ces histoires d'anthologie
rassemblées par Urban Comics sous le titre La
saga de Ra's al Ghul
forment une fresque presque parfaite, à laquelle rien ne manque, et
qui constitue selon moi l'un des meilleurs albums que j'ai pu lire
depuis Janvier 2012 et la création de l'éditeur français de DC
Comics. Vraiment, jetez-vous dessus et ne regardez pas à la dépense,
car ce gros album vaut largement son prix nettement plus cher que la
moyenne pour cette collection. Si vous ne devez lire qu'un seul
volume des ''DC Nemesis'', alors que ce soit celui-là, par pitié !
C'est une œuvre fascinante, prenante, triste, intense et tragique,
qui ne vous laissera pas indifférent quoi qu'il arrive et qui vous
fera découvrir une vraie qualité d'écriture et de représentation
dans le monde des comics, de quoi faire taire les mauvaises langues
pour un bon bout de temps.
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et
je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver
bientôt pour un nouvel article !
Libellés :
Batman,
Birth of the demon,
Bride of the demon,
Comics,
DC Comics,
DC Nemesis,
Dennis O'Neil,
Juillet 2014,
La saga de Ra's al Ghul,
lecture,
Mark Hamill,
Mike W. Barr,
Son of the demon,
super-héros,
Urban Comics
vendredi 5 septembre 2014
Batman, le Chevalier Noir tome 3 - Folie furieuse (Urban Comics - Juin 2014)
Batman, le Chevalier Noir est une série à part des autres concernant le protecteur de Gotham. Seule échappant au jour de Scott Snyder, elle fait son petit chemin dans son coin sans se préoccuper du reste, à part les grands événements. La qualité varie suivant les chapitres et les scénaristes, passant de Paul Jenkins pour le premier tome à Gregg Hurwitz depuis le second, qui fut un vrai chef-d'oeuvre au passage. Ce troisième tome, dessiné par Ethan Van Sciver, est un peu moins bon que le précédent mais tout aussi intéressant dans sa démarche, consistant à approfondir le passé d'un vilain de l'univers Batman et à le faire découvrir au public sous un nouveau jour.
Alors que la ville de Gotham est effrayée par une
nouvelle vague d'enlèvements, peu après les derniers agissements de
l'Epouvantail, Batman tente d'identifier son nouvel adversaire mais
également côté Bruce Wayne de maintenir à flot sa relation avec
la pianiste Ukrainienne Natalya Trusevich, qui commence à soupçonner
la double-vie de son mystérieux amant. Et tandis que la ville
s'affole, Jervis Tech, dit le Chapelier Fou, prépare une nouvelle
monstruosité en faisant enlever toujours plus de personnes
innocentes afin de lui construire un décor de rêve pour sa
psychose. L'occasion de l'accompagner dans ses délires vers les
confins de ses souvenirs, son enfance et son amour transit pour LA
fille, la belle Alice, et le moment fatidique où tout son univers
construit autour d'elle s'effondra en le laissant sans le moindre
espoir. Une enfance malheureuse, dont il est malgré tout le seul
responsable, et qui fera de lui le monstre que l'on connaît
aujourd'hui et qui s'apprête à perpétrer un nouveau massacre, à
moins que Batman n'arrive à temps pour l'en empêcher cette fois. Un
Batman qui devra lui aussi voyager dans la plus sombre noirceur de
son être, de sa personnalité, et explorer un chemin angoissant qui
le poussera à franchir la ligne, à peut-être devoir commettre
l'impardonnable pour stopper la folie de son ennemi... et, peut-être,
devenir comme lui.
Ce tome m'a moins plu et transporté que le précédent
sur l'Epouvantail, qui lui était véritablement magistral de bout en
bout. Ici le personnage principal est celui du Chapelier Fou, et le
lecteur découvrira les secrets de son enfance ainsi que de ses
traumatismes, lui faisant éprouver tantôt de la compassion tantôt
du dégoût pour cette infortunée créature. Grosso-modo la même
recette que pour l'Epouvantail du coup, et autant la première fois
c'était un coup de génie, autant la seconde fois ça sent un peu le
réchauffé de la part de Gregg Hurwitz, c'est un peu dommage je
trouve. La formule est bonne, elle fonctionne, mais risque de devenir
lassante si chaque arc de la série s'articule de cette façon.
Enfin, il n'en reste plus beaucoup à paraître chez nous puisque la
série a été arrêtée en V.O. au bout de 5 tomes à peu près.
Le dessin d'Ethan Van Sciver, accompagné pendant un ou
deux chapitres par Szymon Kudranski, est toujours aussi bon que
précédemment, aucun soucis à relever sur ce point. On regrette
simplement que certaines planches, travaillées pour plonger le
lecteur au sein du delirium du Chapelier et de Batman, perdent en
clarté par moments.
En
résumé un tome sympathique, efficace, qui nous permet de mieux
connaître le Chapelier Fou, mais qui s'égare quelques peu dans un
schéma de narration en boucle depuis le tome d'avant, et qui à trop
vouloir se détacher du reste de l'univers Batman perd l'essence de
son personnage à diverses reprises. Je vous en laisse seul juge,
pour ma part j'ai trouvé que certaines répliques ou certains actes
du Chevalier Noir ne lui correspondaient pas du tout, délire ou pas.
On sent une réelle maîtrise pour ce qui touche aux ennemis, à leur
genèse et à leurs motivations profondes, mais en revanche une
maladresse plutôt gênante concernant Batman lui-même. J'espère
que cela sera corrigé dans les derniers arcs de la série, à venir
chez Urban d'ici l'an prochain j'imagine. En tout cas Batman,
le Chevalier Noir
reste l'une de mes séries Gotham préférées du moment depuis ses
débuts.
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et
je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver
bientôt pour un nouvel article !
Libellés :
Alex Maleev,
Batman,
Comics,
DC Comics,
Ethan Van Sciver,
Folie Furieuse,
Gregg Hurwitz,
Hi-Fi,
Juin 2014,
le chevalier noir,
lecture,
super-héros,
Szymon Kudranski,
Urban Comics
mercredi 27 août 2014
Aquaman tome 3 – La mort du roi (Urban Comics – Juin 2014)
Et voici ma seconde série coup de coeur du renouveau de DC Comics, Aquaman, de retour avec son troisième tome intitulé La mort du roi, scénarisé par Geoff Johns et dessiné presque entièrement par Paul Pelletier. La qualité est toujours au rendez-vous comme aux débuts, et l'on entre ici dans un récit largement à la hauteur de ce que la Justice League connaît depuis peu avant. J'ai écris la dernière fois que la série Justice League était le coeur des New52, mais dans ce cas la série Aquaman en constitue l'âme (avec deux autres à mon sens). C'est l'incarnation-même de la volonté de changement de l'éditeur pour ses personnages et ses différents univers, et la renaissance d'un héros au passé entaché de moqueries qui revient de loin et nous emporte à chaque nouveau tome dans ce qui semble bien être l'une des toutes meilleures séries de cette nouvelle ère. Petit point donc sur ce troisième opus toujours signé Geoff Johns, le grand architecte spécialiste pour redorer les blasons, et quels blasons !
Juste après les événements de l'arc Le trône d'Atlantide, la situation a grandement changé dans le monde. Les habitants de la surface ont découvert que le peuple des mers existe bel et bien, et a réalisé avec effroi qu'il est loin d'être amical. La tension monte depuis le conflit stoppé in-extremis par la Ligue de Justice et par Aquaman, aujourd'hui nouveau souverain de l'Atlantide, un souverain déchiré entre les deux mondes qu'il aime et auxquels il appartient tout autant. Rejeté par les Atlantes, pour certains encore trop attachés à leur ancien roi Orm aujourd'hui déchu ; craint et même haï par les terrestres de la surface, Arthur aura bien du mal à concilier les intérêts des deux camps et à instaurer une ère de paix pour panser les blessures. D'autant qu'il faudra compter avec des contrebandiers humains ravis de mettre la main sur des armes Atlantes ainsi que des spécimens vivants pour les revendre à prix d'or, ainsi que sur les tensions internes au royaume sous-marin encore en deuil. Tandis qu'un complot se fomente au sein de la garde du roi pour se rendre en surface faire évader celui que l'on appelle désormais Ocean Master, Orm, Arthur devra faire face au retour d'une très ancienne menace pour l'Atlantide, un être issu du fond des âges et déterminé à reconquérir par la force tout ce qui jadis porta sa marque, fut sa création et sa fierté, avant de lui être arraché par des traîtres qui détruisirent son héritage... des traîtres auxquels Arthur, sans le savoir, serait directement lié ! Le Roi Mort s'éveille enfin de son long sommeil au coeur des glaces, et nul ne saurait endiguer sa fureur ni réchapper de son courroux. Le plus grand défi qu'aura jamais eu à relever Aquaman est à présent devant lui, sans aucune échappatoire, et il en va non seulement de l'avenir de l'Atlantide mais également du reste des Sept Mers, royaumes légendaires eux-aussi condamnés à subir la vengeance de celui qui dans les temps les plus anciens fut le Premier et le plus grand Roi de tous les Océans...
Et pour couronner le tout, le monde de la surface est lui-aussi livré au chaos et à la désolation depuis qu'une mystérieuse organisation a fait s'évader la plupart des dangereux criminels surhumains incarcérés dans les prisons de haute sécurité telles que Belle Reve, et que les autres super-héros semblent avoir disparu après une bataille aussi titanesque que secrète, laissant le monde aux mains des forces du mal. L'avenir le plus sombre s'annonce alors, et il faudra un roi éclairé et fort pour unir les ennemis d'autrefois face à une menace bien plus grande encore !
J'ai lu ce tome sans m'arrêter une seule fois, totalement captivé par l'histoire. Aquaman n'est pas le seul personnage a avoir vu sa cote augmenter grâce à cette nouvelle série, puisque l'on peut d'ores et déjà considéré que Orm, son demi-frère, bénéficie lui-aussi d'un immense soutient des fans. Leur relation ainsi que le contexte dans lequel ils évoluent me fait d'ailleurs grandement penser à Thor et à Loki, du côté de la concurrence. Un duo qui a largement su séduire !
Au scénario je l'ai dis, Geoff Johns toujours aussi puissant et inspiré, qui nous revisite toute la mythologie du monde d'Aquaman avec brio et intelligence, on se croirait devant un film magistral à la hauteur de Man of Steel par exemple (d'ailleurs petit espoir personnel, si le futur film Aquaman, si jamais il existe un jour, pouvait chercher son inspiration du côté de ce run et de ces premiers arcs, je pense que ce serait une merveilleuse idée !). Quant au dessin de Paul Pelletier, il parvient à nous faire pratiquement oublier Ivan Reis, c'est une sacrée performance qu'il faut saluer ! Les décors sont magnifiques, chaque planque et presque chaque case est une oeuvre d'art en soi, tant on constate le travail et le soucis du détail, pour nous plonger dans un monde étranger et féerique pourtant pas si éloigné du nôtre, avec tout le génie que j'ai pu décrire pour Le trône d'Atlantide. Aquaman a su prouver depuis trois ans à présent qu'il fallait compter avec elle, et cette série est encore loin de nous avoir dévoilé tout son jeu et toutes les surprises qu'elle nous réserve. Je ne tiens presque pas en attendant le quatrième tome, qui s'annonce aussi grandiose et imposant pour la continuité des New52 que les précédents et particulièrement celui-ci. Un vrai coup de coeur pour ma part, et je le recommande chaudement !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !
Libellés :
Aquaman,
Comics,
DC Comics,
DC Renaissance,
Forever Evil,
Geoff Johns,
Geraldo Borges,
la mort du roi,
lecture,
New52,
Paul Pelletier,
super-héros,
Tony Bedard,
Trinity War,
Urban Comics
mercredi 20 août 2014
Justice League tome 3 - Le Trône d'Atlantide (Urban Comics - Avril 2014)
Eh oui on l'attendait depuis le début de la série, après deux tomes de présentation et d'introduction des personnages et de leurs relations (très bons tomes bien entendu), voici enfin le premier grand arc d'envergure pour la Justice League, rien de moins qu'une guerre impitoyable menée sur plusieurs fronts et avec son lot de tragédies, il s'agit du Trône de l'Atlantide, par Geoff Johns et Jeff Lemire, avec au dessin les talentueux Ivan Reis, Paul Pelletier, Tony Daniel et bien d'autres !
L'histoire reprend juste après la fin du tome 2, le fameux baiser céleste entre Superman et Wonder Woman. A partir de là, nous allons suivre le rapprochement de ces deux personnages pendant deux chapitres, la traque autour du monde d'une ennemie intime de Diana, Cheetah, autrefois sa plus précieuse amie. L'occasion pour la princesse des Amazones d'enfin faire confiance à ses alliés et surtout d'accepter leur aide, ainsi que cet amour naissant pour cet être aussi unique et solitaire qu'elle, qui veille sur l'humanité tel un dieu anonyme.
Mais Cheetah n'était que la première étape, et bien vite les choses sérieuses commencent, lorsqu'un porte-avion de la marine américaine perd le contrôle de ses missiles et tire accidentellement sur le royaume de l'Atlantide, déclenchant alors une crise mondiale sans précédent et de violentes représailles de la part de la nation sous-marine, pour qui chaque coup donné doit être rendu au centuple. Dès lors, Aquaman sera placé au coeur de la tourmente et devra tenter l'impossible pour raisonner son frère cadet, celui que l'on appelle Ocean Master, doté de la couronne de l'Atlantide et du pouvoir de commander aux flots déchaînés, afin de l'empêcher d'anéantir les plus grandes villes des Etats-Unis par vengeance et aveuglement. Mais tandis que la tension monte, quelqu'un libère les créatures infernales qu'Aquaman avait combattu et scellé au plus profond de l'océan Atlantique (dans le premier tome de la série Aquaman, Peur Abyssale) et les utilise comme arme secrète afin d'envenimer le conflit. Ce mystérieux individu semble très bien connaître les protocoles de combat de l'Atlantide ainsi que le passé et la personnalité d'Aquaman. Est-ce son frère, jouant double-jeu et préparant un véritable génocide de la population de la surface ? Est-ce au contraire un être humain, avide de gloire et de revanche ? Quoi qu'il en soit les choses se compliquent encore lorsqu'il apparaît évident que l'arme antique du légendaire roi Atlante, le Sceptre (dérobé dans Aquaman tome 2 – L'autre Ligue), risque d'être lui aussi utilisé durant cette guerre, pour couler une ville humaine. Quel est donc le lien entre toutes ces affaires ? Qui se cache derrière tous ces fronts et manipule allègrement les membres de la Ligue ainsi que les forces Atlantes ? L'ennemi invisible est bien plus proche que l'on ne le pense, et la révélation finale sera un choc retentissant pour tous. D'autant que, quelque part, une organisation criminelle commence à sortir de l'ombre et à recruter des membres parmi quelques uns des plus terribles super-vilains connus, à des fins encore inconnues mais qui n'augurent rien de bon pour l'avenir proche. Peut-être serait-ce l'occasion, pour lutter contre cette nouvelle menace, de fonder une nouvelle ''Ligue'' secrète...
Le Trône d'Atlantide pourrait tout à fait être une pièce de la plus pure tradition Shakespearienne. Il y a de la tragédie, du drame familial, des trahisons, une certaine fatalité combattue envers et contre tout par les héros... j'ai adoré ! A la fois plus intimiste que les deux premiers arcs et en même temps encore plus spectaculaire et étendu, celui-ci parvient à faire d'un personnage encore trop souvent méprisé et mal compris comme Aquaman le coeur d'un récit fort et poignant, impliquant toutes les facettes de l'univers DC des New52, et ce depuis le lancement de sa propre série. De quoi rendre ses lettres de noblesses à un héros qui le mérite amplement !
Pour couronner le tout, les dessinateurs livrent au fil des différents chapitres une prestation presque sans fautes, faisant en sorte de synchroniser leurs styles pour le plus grand bonheur du fan. Le scénario, écrit à quatre mains (peut-être plus, on ne sait jamais), réserve quelques surprises et parvient à prendre de court le lecteur, qu'il s'agisse des retournements de situation au coeur de l'histoire ou bien plus simplement de l'évolution des personnages, touchants et sincères dans leur écriture. Ce fut donc une vraie bonne surprise pour moi que la lecture de ce troisième tome de Justice League, qui confirme qu'elle est plus que jamais le coeur de l'univers New52 et qu'il faut compter avec elle !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !
Libellés :
Aquaman,
Brad Walker,
Comics,
DC Comics,
DC Renaissance,
Geoff Johns,
Ivan Reis,
Jeff Lemire,
Justice League,
le trône d'Atlantide,
Marlo Alquiza,
New52,
Paul Pelletier,
Pete Woods,
Tony Daniel,
Urban Comics
dimanche 17 août 2014
Les tourments de Double-Face (Paul Jenkins & Jae Lee - Urban Comics - Mai 2014)
Il n'y a pas à dire, la galerie de vilains de Batman est de loin la plus impressionnante et la plus charismatique de toutes. C'est d'ailleurs pour cela que la collection ''DC Nemesis'' d'Urban Comics est pratiquement entièrement consacrée à ceux-ci, depuis son lancement avec La revanche de Bane. Et aujourd'hui je vais vous parler d'un récit particulièrement poignant et dérangeant, que j'ai eu l'occasion de lire pour la première fois dans les pages de la revue Batman de Panini Comics à l'époque, sous le titre Jekyll & Hyde, et qu'Urban a publié en album cartonné en tant que Les tourments de Double-Face.
Tout le monde connaît désormais l'histoire tragique du procureur général de Gotham City, Harvey Dent, aspergé d'acide lors d'un procès crucial contre l'un des parrains de la ville. La moitié de son visage a été gravement touchée par cet attentat et Dent a depuis développé une double-personnalité obsessionnelle et anarchique, obnubilé par le chiffre 2 et la dualité en toutes choses, se servant de sa pièce fétiche comme moyen de prendre ses décisions, toujours à cheval entre le Bien et le Mal. Dans cette histoire, Paul Jenkins décide de nous entraîner au plus profond de la détresse de Harvey Dent, nous faisant enfin découvrir le coeur de ses blessures moins physiques que psychologiques. Ici le personnage principal n'est pas, une fois n'est pas coutume, le Chevalier Noir de Gotham, mais bel et bien Harvey lui-même, en lutte perpétuelle et permanente contre ses mauvais instincts et son autre personnalité, plus vivante que jamais et bien décidée à prendre enfin le dessus. Au travers d'une chasse à l'homme angoissante, nous plongerons dans les tréfonds du sombre passé de Dent, du crime atroce qu'il cache depuis toujours au plus profond de sa mémoire et qui fut la première pierre de sa folie présente. Et tandis que Batman et Gordon tentent le tout pour le tout afin d'empêcher une série de meurtres de masse, Harvey se débat seul au coeur de sa psychose, affrontant à la fois son passé et ses tourments, y faisant face avec la seule arme qui lui reste encore : l'espoir. L'espoir que tout cela finisse un jour, qu'il puisse enfin trouver la paix et abandonner ce monde si douloureux, qu'importe les moyens. Et lors de l'affrontement final entre Batman et Double-Face, c'est surtout un combat entre la vie et la mort qui se joue dans le coeur de Harvey, et même Batman ne pourra lui venir en aide alors que l'ancien procureur prend enfin seul la décision de sa vie, qui le changera à jamais.
Les tourments de Double-Face est un récit poignant, triste, tragique et assez glauque. Il méritait vraiment sa place au sein des ''DC Nemesis'', histoires plus sombres que la normale, un peu comme dans ''Marvel Dark'' chez la concurrence. Si vous aimez les personnages et l'univers de Batman, vous ne ressortirez pas totalement indemnes de cette lecture, un peu à l'image de son héros (mais lequel est-ce vraiment ?). C'est ici le chant du cygne d'un vilain on ne peut plus charismatique et important du Chevalier Noir, l'un de ses plus grands ennemis et sans doute sa plus grande faute selon lui. Le dessin de Jae Lee rend un immense service au scénario complexe de Paul Jenkins, souvent mal compris par le grand public. J'aimerais pouvoir vous en dire davantage au sujet de cette histoire mais il s'agit vraiment de celles que l'on doit lire soi-même pour comprendre comme il le faut, sans se faire spoiler ni gâcher le grand final. En tout cas, une chose est sûre, vous aurez peu lu d'histoires de Batman comme celle-ci dans votre vie, alors accrochez-vous.
Sur ce je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !
Libellés :
Batman,
Comics,
DC Comics,
DC Nemesis,
horreur,
Jae Lee,
Jekyll & Hyde,
June Chung,
lecture,
les tourments de Double-Face,
Mai 2014,
Paul Jenkins,
psychologie,
Sean Phillips,
thriller,
Urban Comics
mercredi 30 juillet 2014
Geoff Johns présente Green Lantern tomes 4 & 5 : La guerre de Sinestro (Urban Comics - Février et avril 2014)
Durant la dernière décennie, le règne de Geoff Johns sur l'univers de Green Lantern a permis aux séries de ce personnage de décoller et de connaître des sommets qui s'y refusaient jusque là. Durant ce run de 8 ans et plus, nous avons pu assister à nombre de fabuleuses histoires et vivre des récits passionnants, préparant le terrain pour le plus grand chamboulement de l'histoire de DC Comics. Parmi ces arcs, le premier et certainement le plus important pour l'avenir est celui de La Guerre de Sinestro, où le Corps des Green Lanterns va se retrouver confronté à son plus terrible adversaire en la personne du célèbre renégat, ayant fondé son propre Corps alimenté par l'énergie jaune de la peur pour combattre le vert de la volonté et imposer sa vision de la paix et de l'ordre à tout l'univers.
Bien sûr, les Green Lanterns ne vont certainement pas se laisser écraser sans rien dire, et une guerre d'ampleur cosmique se déclenche alors, qui couvait depuis quelques temps déjà. Enfin l'assaut est lancé, et les secrets des Gardiens menacent d'être révélés au grand jour, détruisant et la paix et la confiance qu'ils avaient en leurs capacités. Entouré par les pires créatures qui soient dans l'univers, Sinestro entend bien saper les forces des Lanterns sur leur propre terrain et se tracer une voie royale pour le coeur du Multivers : la Terre, laissée sans défenses. Ou presque, puisque Hal Jordan et ses compagnons peuvent toujours compter sur le soutien de la Ligue de Justice et de l'ensemble des héros de la planète, mobilisés pour prêter main forte et faire reculer la peur. L'heure des règlements de comptes a sonné entre les ennemis de toujours qui se retrouvent enfin face à face, entre Hal et Sinestro mais aussi le Superboy-Prime, le Cyborg Superman, la Ligue de Justice au grand complet et même le terrifiant Anti-Monitor en personne, signe que l'univers pourrait bien toucher à sa fin. Quoi qu'il se passe désormais, il sera impossible de revenir en arrière et il faudra assumer les lourdes conséquences des changements qui s'opèrent dans le Corps ainsi que chez les Gardiens eux-mêmes, mettant en branle un nouveau plan d'urgence pour maintenir leur contrôle sur l'univers connu, quel qu'en soit le prix.
Cette saga pousse les Lanterns de la Terre dans leurs derniers retranchements, et dévoile aussi des éléments-clés pour la suite des opérations prévues par Geoff Johns au sein de l'ensemble de l'univers DC (Blackest Night, dont les premières pierres sont posées durant cette guerre, et qui conduira directement à la Renaissance DC avec les New52 par la suite). Les bouleversements sont nombreux, les retournements de situation également, et jamais la lignée cosmique de DC n'aura été aussi attirante à la lecture, ce qui fait un bien fou ! En prime, Urban Comics vous fournit dans le second tome plusieurs pages bonus avec des croquis et sketchs originaux ainsi que les transcriptions des conversations entre les auteurs et l'éditeur, afin de vous permettre de mieux saisir l'importance de certains détails ou tout bonnement de connaître les circonstances particulières de la création de tel ou tel personnage pour l'occasion. On aurait tort de cracher dessus !
En plus des chapitres des séries principales, vous avez aussi ceux des petits ''à-côté'', surtout les Contes du Corps de Sinestro (Tales of the Sinestro Corps) qui vous plongent au coeur de l'horreur, dans les origines des membres les plus emblématiques de ces messagers de la peur. Certains vont vous mettre assez mal à l'aise ! Vous apprécierez également le nombre incroyable de références aux grandes oeuvres de la science-fiction moderne, Star Wars en bonne place, ainsi que beaucoup de bonnes blagues sur la culture-pop (Hal Jordan et Guy Gardner obligent), de quoi détendre un peu l'atmosphère après les moments de stress (cherchez pour vous amuser, il y a une belle référence au film des Simpsons). Au niveau du dessin, les artistes sont trop nombreux pour que je les cite dans le détails, mais vous retrouverez tous les noms dans les libellés de cet articles. En tout cas, sachez qu'ils sont tous sur la même longueur d'ondes et que les différences de styles se voient très peu la plupart du temps, ils sont globalement tous à la hauteur les uns des autres et forment une parfaite harmonie visuelle pour soutenir ce récit aux proportions épiques comme jamais. Du grand art, et surtout un véritable exemple de travail bien fait et de communication réussie entre les auteurs ! Chose dont on devrait s'inspirer plus souvent à l'heure actuelle, chez Marvel comme chez DC, ça permettrait d'éviter d'horribles cafouillages éditoriaux (suivez mon regard).
Comme beaucoup d'entre vous, j'ai maintenant grande hâte de pouvoir lire les deux derniers tomes de cette série Geoff Johns présente Green Lantern, qui nous conduirons normalement au seuil de Blackest Night et à la veille de la fin de l'univers classique DC. L'Histoire est en marche, et nous pouvons vraiment nous ravir de pouvoir la lire chez nous dans une belle édition qui lui rend parfaitement justice.
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis (Thomas risque de vous fournir le sien sous peu !) et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !
mercredi 11 juin 2014
Batman - Silence (Urban Comics - Mai 2013)
S'il y a bien un arc moderne de Batman dont on s'accorde généralement à dire qu'il fait partie des plus belles oeuvres jamais écrites sur le personnage, c'est bien Silence, fruit d'une très belle collaboration entre les génies que sont Jeph Loeb (qui a signé Batman – Un Long Halloween et Batman – Amère Victoire une décennie plus tôt avec Tim Sale) et Jim Lee, que l'on ne présente plus à l'heure actuelle. Retour sur l'une des aventures les plus épiques et haletantes qui nous ai été donnée de lire sur le Chevalier Noir de Gotham, sortie entre 2002 et 2003 !
La vie de Batman va être bouleversée en profondeur lorsque plusieurs de ses ennemis semblent s'être ligués pour le harceler sans relâche et faire de sa croisade un véritable enfer. Qui se cache derrière ces nouvelles manigances et cet audacieux complot ? A n'en pas douter, quelqu'un qui connaît très bien le Chevalier Noir, voir même quelqu'un ayant percé son secret... et qui compte bien le détruire à petit feu en s'attaquant à chacun de ses points faibles, organisant ses plus grands ennemis au sein d'un plan machiavélique destiné à amener Batman au bord de la folie et à lui faire commettre l'irréparable. Il faudra le soutien inconditionnel de tous ses alliés et amis, ainsi que l'aide d'une personne inattendue pour lui permettre de s'en sortir et d'affronter cette déferlante de haine qui le menace.
L'avis de Flo.
Silence, c'est tout simplement pour moi la meilleure histoire moderne de Batman que j'ai eu l'occasion de lire. C'est un blockbuster, rien de moins, une histoire que l'on pourrait totalement voir adaptée au cinéma. Mon rêve secret serait d'ailleurs de voir DC en produire une version film d'animation, ce serait vraiment du plus bel effet. Mais si on commence par-là, il y a énormément d'autres arcs importants du Chevalier Noir qu'il faudrait adapter et nous n'en finirions jamais... le bonheur !
De l'aveu de Jim Lee lui-même, le niveau de son dessin dans cette saga étalée sur toute une année de parution est l'un de ses meilleurs travaux, si on excepte toutefois l'apparition de Superman que l'artiste a tendance à regretter, ne sachant pas du tout à l'époque comment traiter convenablement l'Homme d'Acier. Il s'est par la suite bien rattrapé avec Superman – Pour Demain, dont je vous ai déjà parlé précédemment. Ici le trait est vif et précis, les planches fourmillent de détails dans tous les coins et c'est un véritable bonheur que de relire encore et encore cette oeuvre pour en saisir tous les petits secrets. Et je suis sûr d'en avoir loupé plein ! Heureusement, cette magnifique édition d'Urban Comics sortie en Mai 2013 nous propose pas moins de 80 pages de bonus, qu'il s'agisse de sketchs originaux de l'artiste et de ses planches préparatoires comme de transcriptions d'interviews des deux auteurs (je vous invite à lire ça après votre lecture de l'histoire, ça vaut son pesant d'or et c'est follement drôle). Jim Lee annote aussi lui-même les croquis et cases finalisées pour vous permettre d'en apprendre davantage sur chacun de ces détails, car oui chaque petit détail inséré dans le dessin a son importance et son histoire. Un peu comme activer les commentaires du réalisateur lorsque l'on regarde un bon film, genre Indiana Jones vous voyez ? C'est tout simplement magique !
Je ne suis pas spécialement objectif lorsque je vous parle de cette saga, car elle fut ma première grosse entrée dans l'univers comics de Batman lorsque je me suis décidé pour la première fois à suivre ses aventures sous ce format. A l'époque c'était via les trois tomes parus dans la collection Semic Books, pas du tout regrettée de nos jours bien qu'entourée d'une certaine aura de nostalgie. Comme les pubs pourries à la télé dans les années '90.
Pour un coût de 35€ (prix maximal chez Urban, qui ne sera normalement jamais dépassé, du moins c'est l'engagement qu'ils ont pris lors de leur création), vous avez ici un objet de collection inestimable que la concurrence ne s'est jamais permis d'éditer pour si peu. Vous avez le contenu de l'édition ''ultimate'' VO, une nouvelle traduction bien plus fidèle que les précédentes (Semic et Panini), un album assez épais et imposant, un traitement parfaitement soigné et un vrai plaisir de lecture qui vous empêchera de vous ennuyer ! Et si vous avez l'âme d'un collectionneur endurci, sachez qu'Urban va sortir le mois prochain une édition entièrement en noir et blanc, encrée et ultra-collector, pour célébrer les 75 ans d'existence de Batman. De quoi chatouiller méchamment votre compte en banque, surtout qu'il ne s'agira pas de la seule histoire à être chouchoutée à ce point pour cette occasion. Soyez prudents et raisonnables, mais faites-vous plaisir tout de même !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article ! Bises et merci à tous !
samedi 7 juin 2014
Superman - Pour Demain (Urban Comics - Mars 2013)
En 2004, peu après la saga Silence chez Batman, le génial dessinateur Jim Lee faisait une fois encore équipe avec un grand scénariste de l'industrie des comics pour livrer une nouvelle saga d'une durée de un an, en 12 chapitres. Lorsque Jim Lee dessine le Superman de Brian Azzarello, auteur aimant les situations complexes et les fortes remises en question personnelles des plus grandes icônes qui soient, cela donne Pour Demain, un récit fantastique qui nous présente un Superman totalement inédit, un regard neuf sur le plus grand de tous les super-héros, confronté à ses propres faiblesses et à ses doutes de plus en plus insidieux.
Lorsque, suite au déclenchement d'une arme mystérieuse, plus d'un million de personnes disparaissent de la surface de la Terre, il s'agit d'une catastrophe sans précédent. Superman, absent de notre planète à ce moment, revient et découvre la tragédie dans toute son ampleur. Mais ce n'est pas tout, Loïs Lane, sa femme, fait également partie des personnes disparues. Fou de chagrin et désespéré, Superman se lance dans une croisade contre ce que l'humanité peut produire de pire dans son désir d'autodestruction, et sa volonté de sauver le monde malgré lui fera du plus grand héros de la Terre un paria pourchassé par les plus hautes instances et bien vite considéré comme un danger sérieux par ses propres collègues et amis. A travers les confidences de Kal-El à un prêtre condamné par le cancer, nous apprenons à découvrir la face sombre de l'ange de lumière, ses doutes et ses peurs, sa vision de l'être humain et de ses contradiction, comme ses propres faiblesses enfin extériorisées. La douleur d'un surhomme condamne-t-elle toute une planète au désespoir ? Que se passe-t-il lorsque l'être ayant le plus foi en l'humanité perd cette confiance et se renferme dans sa solitude ?
L'avis de Flo.
Au programme, trahisons, portée philosophique, remises en question importantes, bref un Superman des plus sombres et que nous n'avons pas l'habitude de voir, surtout dans la production actuelle. Le scénario complexe mais extrêmement bien dosé de Brian Azzarello nous emporte dans ce récit sans heurts et nous permet de saisir les enjeux et les thèmes les plus importants le plus facilement possible. Le dessin de Jim Lee fait partie de ses plus grandes réussites, on sent un trait plus sûr et plus étudié que jamais, une vraie puissance d'illustration, et le travail des détails des planches, décors et costumes est proprement stupéfiant. Peut-être même supérieur à ce qu'il avait pu fournir pour Silence, c'est dire !
Mention spéciale pour l'édition d'Urban Comics, qui nous livre un très bel album à 28€ qui les vaut largement, bourré de bonus (crayonnés, esquisses, croquis, études, mais également des transcriptions des conversations entre les auteurs, dévoilant des éléments clés de la conception de ce récit et de sa portée). A l'occasion, procurez-vous cet objet fantastique qui vous ravira totalement si vous désirez lire du Superman sombre et réfléchit pour une fois, et non pas seulement outrageusement spectaculaire.
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article ! Bises et merci à tous !
Libellés :
Alex Sinclair,
Brian Azzarello,
Comics,
critique,
DC,
For tomorrow,
Jim Lee,
lecture,
Mars 2013,
Pour demain,
Scott Williams,
super-héros,
Superman,
Urban Comics
Inscription à :
Articles (Atom)











.jpg)
