samedi 24 janvier 2015

Médaka-Box tome 17 (Tonkam - Janvier 2015)


Comme je vous l'avais annoncé dans l'article sur le tome 16, voici le tome 17 riche en rebondissements et inaugurant une toute nouvelle situation !

Très rapidement, pour ne risquer de spoiler personne : Médaka étant à présent libérée de ses obligations, se livre à ses passes-temps favoris et décide de vivre pleinement sa vie d'adolescente, profitant du temps dont elle dispose avant de devoir endosser les responsabilités que sa famille lui destine. Et justement, il se trouve que ladite famille entend mettre à profit ce temps pour marier Médaka au meilleur parti possible ! Seulement il y a un hic : lors de la première tentative, trois ans plus tôt, les sept prétendants de l'époque sont tous morts dans d'horribles circonstances lors de ce qu'on appela par la suite ''la Cérémonie Noire''. Le comité d'organisation de noces de la famille Kurokami convoque Médaka à une seconde édition de cette Cérémonie Noire, avec de nouveaux prétendants et de nouvelles règles ! La belle décide d'y participer en son nom et avec sa propre équipe pour débouter les nouveaux prétendants, appelant à ses côtés nombre de ses anciens ennemis pour la seconde. Mais elle n'est pas au bout de ses surprises et risque bien de rencontrer plus de difficultés que prévu ! Il faudra alors que Zenkichi et le nouveau Conseil des Étudiants se lancent à sa rescousse, bravant les dangers et les techniques de combats des prétendants (basées sur la grammaire et la linguistique sino-japonaise, l'occasion pour le lecteur de prendre un cours costaud en la matière) ainsi que des périls mortels pour empêcher Médaka d'être mariée de force.

Le renouveau de la série, exactement comme ce qui était annoncé à demi-mots dans les tomes précédents quand il était question des difficultés de tenir une série sur le long terme une fois son concept de base épuisé. Nécessité donc de tout chambouler et de repartir sur de toutes nouvelles bases, ce qui est le cas ici. Nous retrouvons l'ambiance délurée et à fond la caisse des premiers tomes et arcs de la série, tout en conservant un peu de ce ton ''méta'' des plus récents. Par exemple, un cours sur la linguistique sino-japonaise ou encore sur la physique (voir physique quantique) au beau milieu d'affrontements sanglants, typique de la série depuis quelques temps et pour notre plus grand plaisir. Un shonen bourré d'action et d'humour, qui a su se réinventer et réutiliser le meilleur de ses qualités, en tâchant de corriger ses défauts les plus marquants. Un très bel effort qu'il convient de saluer, et qui saura sûrement se faire apprécier des lecteurs, nouveaux comme anciens.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 21 janvier 2015

Paul Dini présente Batman tome 1 - La mort en cette cité (Urban Comics - Janvier 2015)


Voici une nouvelle arrivée dans la collection des ''DC Signatures'' d'Urban Comics, collection dans laquelle jusqu'à présent nous avions pu lire les runs d'artistes aussi célèbres et renommés que Grant Morrison, Geoff Johns ou encore Ed Brubaker (respectivement sur Batman, Green Lantern et Catwoman). C'est maintenant au tour de Paul Dini sur la série Detective Comics, run débuté en 2006 en parallèle de celui de Morrison sur Batman mais explorant une toute autre facette de l'univers du Chevalier Noir, le plus grand détective du monde avant d'être un super-héros. Le scénariste préféré de notre enfance, mondialement réputé pour la série-animée Batman de 1992 (celle de notre enfance, oui oui), nous livre ici les premiers chapitres de sa grande fresque d'enquêtes à l'ancienne, des histoires sur un ou deux numéros maximum et mettant à l'épreuve les talents de déduction de Batman, tout en faisant la part belle à ses vilains les plus connus qui font tous acte de présence, certains plusieurs fois même !

C'est ainsi que Batman va croiser la route du Sphinx, récemment sorti du coma et ayant radicalement changé de style de vie : il est devenu détective privé en free-lance, et met son redoutable génie analytique au service d'une juste cause pour une fois. Cette rédemption cache-t-elle autre chose, n'est-ce qu'un nouveau plan tordu du maître des énigmes ? Ou bien est-il sincère ? Une chose est sûre en tout cas, l'ex-criminel attire l’œil des médias et se taille la part du lion en ce qui concerne la clientèle, très souvent issue des beaux quartiers et des plus grosses fortunes de Gotham. Mais Nigma devra aussi compter sur la présence de Batman durant ses enquêtes, désireux de le garder à l’œil. Le protecteur de Gotham va très vite cependant apprendre malgré lui à reconnaître les talents de son ancien ennemi et à faire équipe avec lui sur certaines affaires, bon gré mal gré, appréciant même à de rares moments l'esprit vif et alerte du Sphinx, que seul éclipse son propre orgueil.
Mais si encore le Sphinx était le seul soucis de Batman ces temps-ci ! Il y a aussi le retour du Ventriloque, pourtant officiellement décédé quelques temps plus tôt, mais qui terrorise à nouveau les faubourgs et les petites frappes. Le Pingouin fait de nouveau parler de lui et monte un nouveau casino en ville, jurant qu'il s'occupe désormais d'affaires parfaitement légales, mais gardant toujours quelques contacts dans le milieu de la pègre. Poison Ivy est subitement menacée dans sa cellule d'Arkham par une étrange plante qui échappe totalement à son contrôle et paraît vouloir la tuer, aussi Batman doit-il temporairement assurer la protection de la belle empoisonneuse et tenter de fouiller dans son passif pour trouver la réponse à cette épineux problème. Harley Quinn est ''libérée'' de force de l'asile et contrainte de participer à un chantage odieux par un autre vilain, mais la belle réserve bien des surprises à son partenaire comme au Chevalier Noir ! Enfin, le Joker en personne attirera l'attention au sein de deux histoires complètes le concernant et lui faisant tour à tour croiser la route de Robin (Tim Drake) pendant un trajet en voiture des plus meurtriers, puis de Batman au détour d'un petit numéro de magie passablement sanglant. Heureusement, Batman peut aussi compter sur quelques alliés occasionnels autre que Robin pour l'épauler, comme Zatanna par exemple, avec qui il entretien une relation compliquée depuis qu'il a découvert les manipulations mentale dont il fut la victime durant les événements de la Crise d'Identité au sein de la Ligue de Justice. Et encore, tout cela n'est qu'un commencement...

Un album très très chargé pour notre Batman adoré, remarquablement bien écrit et mené de bout en bout, les récits sont indépendants les uns des autres mais tous reliés par de petits détails qui titillent l'intérêt du lecteur jusqu'à la fin. L'écriture de Paul Dini nous ramène à la bonne époque des épisodes du dessin-animé des années '90, on a d'ailleurs plusieurs fois l'impression de suivre un de ces épisodes, avec un plaisir non dissimulé ! Les styles de dessins sont variés mais restent cohérents les uns avec les autres, mention spéciale à l'épisode dessiné par Joe Benitez sur Poison Ivy, une vraie partie de plaisir.
Paul Dini présente Batman, un nouveau run ''signature'' portant sur l'un des maîtres de notre enfance (qui selon moi connaissait bien mieux son affaire que Morrison sur certains points), est d'ores et déjà une série complète annoncée en trois tomes par Urban. Le planning officielle ayant été, à l'heure où j'écris ces lignes, dévoilé jusqu'en Juin, rien n'interdit de penser que le second tome puisse arriver d'ici la fin de l'année. Croisons les doigts, car il s'agira en plus du tome regroupant l'histoire Le cœur de Silence, dont la version Panini est parfaitement introuvable où que ce soit, en tout cas pas à moins d'avoir un compte en banque solide comme le roc.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 17 janvier 2015

Médaka-Box tome 16 (Tonkam - Novembre 2014)


Et voici à nouveau que je vous parle du manga Médaka-Box. Il faut cependant que vous compreniez qu'il s'agit bel et bien d'une série hors-norme à plus d'un titre, et que depuis quelques temps chaque nouveau volume est l'occasion d'explorer davantage le principe de ''méta-histoire''. Et ici, dans ce 16ème tome paru en Novembre dernier, les auteurs nous présentent la première ''fin'' véritable de la série, celle de tout un cycle !

C'est ainsi que le duel que se livrent Médaka et Zenkichi se poursuit toujours, tandis que les collégiennes formées par Médaka pour lui succéder un jour franchissent une nouvelle épreuve : un jeu-vidéo inventé par la présidente en personne, auquel il est apparemment impossible de gagner ! L'occasion au passage de parler un peu des jeux-vidéos et de leur industrie, de leur développement et de certaines stratégies de marketing que l'on rencontre assez souvent aujourd'hui.
Ensuite, c'est l'heure du festival des arts et de la culture du Lycée Hakoniwa, et à ce titre Zenkichi se retrouve délégué à l'organisation des événements. Il fait venir dans l'établissement trois stars de la chanson pour assurer le show, ce qui permet de faire un petit parallèle avec le star-system Japonais et le phénomène de masse que certains artistes représentent. C'est aussi un moyen comme un autre pour Zenkichi de tenter de s'élever un peu plus avant l'affrontement face à son amie d'enfance, qui ne saurait tarder...
Et justement, voici qu'après une petite partie de jeu-de-rôles sur plateau entre amis, le jour tant redouté et tant attendu arrive enfin. Les élections de la nouvelle présidence du Conseil Étudiant, organisées la veille de Noël lors de la Nuit Sainte. La tension est à son comble : les cinq collégiennes issues d'Ajimu, Zenkichi entraîné par cette dernière, et Médaka elle-même. Trois candidatures, trois visions différentes de la ''politique'' qui nous sont données ici, sous couvert d'un certain idéalisme, pour décrire les dérives du système électoral de certaines démocraties contemporaines. Trois visions, trois discours et un seul vainqueur possible au final. Quel que soit le résultat, il s'agira d'un tournant sans précédent dans l'histoire de Médaka-Box, et rien ne sera jamais plus comme avant. D'autant que Médaka réalise soudain la véritable nature du plan d'Ajimu depuis tout ce temps et ce que compte réellement accomplir cette immortelle avec le Projet Flasque. Les ultimes révélations de la série arrivent enfin, dans les tous derniers chapitres de ce cycle, dans un final mémorable et émouvant.

Une sacrée surprise une fois de plus avec ce manga, avec au programme encore plus de méta-histoire (fait d'utiliser le déroulement d'un récit fictif pour retranscrire des thèmes et événements du monde réel et pouvoir en parler librement), encore plus de révélations et d'émotions, et comme je le disais un final mémorable à plus d'un titre, qui ne laissera sans doute aucun lecteur indifférent. Ce pourrait tout à fait être la fameuse FIN ultime dont on nous parlait dans le tome précédent d'ailleurs, mais rassurez-vous il n'en est rien et nous aurons dès ce mois-ci le plaisir de retrouver nos personnages dans une toute nouvelle redistribution, pleine de promesses et d'avenir !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 14 janvier 2015

Shazam (Urban Comics - Novembre 2014)


Personnage peu connu par chez nous mais d'une aura culte aux États-Unis, celui que l'on appelait autrefois Captain Marvel nous arrive dans ses toutes nouvelles origines, relatées en marge des premiers chapitres de la série Justice League des New52 de DC Comics. Urban nous offre ici l'intégralité de ce récit publié en un seul tome, avec découpage, dans la collection habituelle et paru en Novembre dernier. Geoff Johns, grand artisan des New52, est une fois encore au scénario tandis que le dessin est assuré par Gary Frank, alors très inspiré.

Billy Batson est un gamin de 15 ans que l'on peut qualifié de môme à problèmes. Pratiquement élevé depuis toujours au sein d'un orphelinat, il ne fait que passer de familles d'accueil en familles d'accueil depuis des années, au grand dam de sa tutrice qui n'a qu'une hâte, trouver un couple assez bonne poire pour la débarrasser de cet ado encombrant. Billy par ailleurs a exactement le même objectif afin de se débarrasser d'elle, les deux collaborent donc pour séduire et tromper les éventuels futurs parents. Mais ce que Billy n'avait sans doute pas prévu, c'est de se retrouver un beau jour convoqué par magie dans le Rocher d’Éternité, haut-lieu légendaire des forces magiques de ce monde, devenu un véritable mythe depuis l'Antiquité. Là, le dernier survivant d'une illustre confrérie de sorciers scrute l'âme du garçon pour découvrir en lui l'étincelle sacrée, cette bonté d'âme insoupçonnée qui pourrait faire de lui l’Élu, le nouvel avatar de la foudre divine : Shazam. La sagesse de Salomon, la force d'Hercule, la vigueur d'Atlas, la puissance de Zeus, le courage d'Achille et la vitesse de Mercure. Des pouvoirs phénoménaux au service de la justice et de la vérité, des valeurs que Billy n'a jamais vraiment eu le loisir de connaître mais auxquels il croit profondément, même s'il l'ignore encore. Il devra puiser dans ses ressources pour trouver la bonne voie, celle du héros qu'il est à présent appelé à devenir, afin de lutter contre les forces du Mal et le réveil d'un ancien avatar de la foudre divine, Black Adam, corrompu par la haine et la vengeance et qui fut enfermé durant des millénaires dans un tombeau secret. Ramené à la vie par une expédition scientifique mal avisée, Black Adam va mettre le monde à feu et à sang sur son passage, à la recherche du nouvel élu pour lui arracher ce pouvoir colossal et l'utiliser pour régner sur un monde refait entièrement à son image. Bien plus qu'un affrontement entre un héros et un vilain, il s'agit du choc de deux visions diamétralement opposées d'un monde en nuances de gris, pourtant si semblables à la naissance. Quoi qu'il arrive désormais, Billy Batson devra défendre ce monde et les valeurs qu'il incarne, et se faire le protecteur de la magie et des justes ! Difficile à imaginer lorsqu'on a que 15 ans et que l'on rêve surtout de faire fortune et d'une vie facile.

Shazam, sous cette nouvelle itération des New52, est un récit aux allures de conte de Noël enfantin, mettant en avant la bonté et la difficulté de se montrer ''gentil'' dans un monde si corrompu et individualiste. Dur d'être à sa place quand on est un enfant sans aucune ressource ni amour, sans proches pour l'épauler. Shazam, c'est un peu le protecteur de cette enfance malheureuse, celui qui permet de se dire « Voilà, maintenant ça ira mieux. ». Sous couvert d'une histoire super-héroïque porteuse des valeurs traditionnelles du genre, il s'agit en réalité d'une magnifique leçon de vie et d'amour, sous toutes ses formes, la famille, les amis, la confiance. Quel dommage qu'il n'y ait qu'un seul tome à tout cela, car on en redemande très vite une fois la lecture achevée ! Les dessins de Gary Frank parviennent à faire passer des tas d'émotions différentes et à vraiment intégrer le lecteur dans le récit, mené d'une main de maître par un Geoff Johns qui ouvre ses chakras et nous livre une belle petite pépite, qu'on sera fier de compter dans sa bibliothèque. Merci d'ailleurs à Urban une fois encore pour le formidable travail effectué, qui n'a l'air de rien mais représente tout de même un sacré investissement et un pari risqué. Cet album va rejoindre ses frangins des New52 sans dépareiller, et il se pourrait même qu'il s'agisse d'un des meilleurs ''tome 1'' qu'il m'ait été donné de lire depuis le lancement de ce nouvel univers. Rien que ça ! Donc sautez dessus tant qu'il est encore disponible, au pire ce n'est qu'un one-shot donc ça ne vous engage pas à grand chose. Mais faites l'effort de découvrir, de feuilleter même, vous ne serez selon moi pas déçus du voyage.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 10 janvier 2015

Justice League tome 7 - Le règne du Mal, 2ème partie (Urban Comics - Janvier 2015)


Suite et fin de ce triptyque d'articles sur les récents tomes de la série Justice League chez Urban Comics, avec la sortie hier du septième tome qui contient la seconde et dernière partie de l'event Forever Evil. Votre serviteur s'est donc encore une fois fait violence et s'est démené pour se procurer, lire et analyser cet album afin de vous livrer l'article aujourd'hui et de clôturer, en une semaine de temps, le traitement de ce gigantesque événement de l'univers New52 qui promet de redistribuer durablement les cartes entre les divers protagonistes.

L'heure est grave. Les Ligues de Justice sont vaincues et portées disparues, séquestrées dans la matrice Firestorm prête à exploser d'un jour à l'autre. Le satellite de surveillance de la Ligue principale gît, brisé, sur le littoral de la côte Est. Les criminels sont libres et répandent le chaos dans toutes les grandes villes, à travers les États-Unis comme dans le reste du monde. Nightwing a été démasqué et emprisonné par le Syndicat du Crime à titre d'exemple pour tous ceux qui oseraient leur résister. Et ses membres règnent sans merci sur la planète, réduisant à néant les dernières poches de résistance et transformant le monde à leur image. Le seul espoir restant : Lex Luthor et son équipe de super-vilains rebelles, désireux de reprendre les rennes et de réussir là où les héros ont échoué, en triomphant et en anéantissant ce Mal étranger. Catwoman et Batman, seuls rescapés de leurs équipes respectives, se joignent alors aux ennemis d'hier et entreprennent de pénétrer dans les ruines du satellite pour libérer Nightwing et mener la contre-offensive contre le Syndicat. Mais ces derniers cachent encore quelques secrets douloureux, et tandis que nous découvrons le passé de chacun dans différents flash-back, les révélations sur le sort de leur propre monde ainsi que sur la nature de ce qu'ils ont rapporté avec eux sur le nôtre vont peut-être signer la fin de toutes choses... l'affrontement final est lancé, et le ciel se déchire sous la puissance des coups échangés, tandis qu'au sol se joue une ultime tragédie qui aura de lourdes conséquences sur le futur et bouleversera à jamais les statu-quo établis jusque là. Pour le meilleur ou pour le pire, le monde va changer !

Conclusion de Forever Evil donc avec les derniers chapitres de cette saga, toujours mélangés à ceux de la série Justice League principale, dont les numéros sont à nouveau intercalés et gérés avec brio par l'éditeur français, facilitant amplement la compréhension et le suivi de cette énorme histoire. Des répercussions immenses que nous retrouverons dès le tome suivant, un final spectaculaire et un épilogue plein de promesses alléchantes pour l'avenir, bref du tout bon pour moi qui suis conquis. Mon avis était assez mitigé durant la parution en format kiosque mensuel, mais comme je le disais pour le tome précédent avoir ici les chapitres principaux sous forme d'album améliore énormément le rendu final et le rythme du récit, qui devient extrêmement agréable et fluide. De l'excellent travail de la part de Geoff Johns à l'écriture, et un David Finch déjà plus en forme qu'au début qui illustre magistralement la bataille finale et toute la tension que ressent chaque personnage. Menée sur deux fronts principaux, Forever Evil parvient donc à rassurer et à rattraper les craintes et les doutes émis dès le commencement, et inaugure une situation jamais vue qui promet d'être assez intéressante à observer également, du moins c'est ce que l'on est en droit d'espérer !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 7 janvier 2015

Justice League tome 6 - Le règne du Mal, 1ère partie (Urban Comics - Novembre 2014)


Afin de ne pas trop vous faire attendre, votre serviteur a fait l'impasse sur sa doctrine ''chacun son tour et dans l'ordre de parution'' de ses lectures pour vous livrer dès cette semaine le petit article sur le sixième tome de la série Justice League, suite directe de la fin du cinquième, intitulé Le règne du Mal (Forever Evil en VO). J'espère que vous êtes contents !

Rien ne va plus, après le terrible affrontement qui a opposé les trois Ligues de Justice et qui s'est soldé par l'apparition sur notre Terre d'êtres venus d'une autre réalité, le Syndicat du Crime. Véritable reflet négatif de nos héros, les membres de ce nouveau groupe entreprennent très vite d'asseoir leur domination sur ce nouveau monde, entièrement à leur merci. Partout les états d'alerte pleuvent : la plupart des prisons pour super-criminels sont ouvertes et leurs pensionnaires libérés dans la nature par les membres de la Société Secrète, à la solde du Syndicat depuis toujours. Quant aux héros... ils semblent bien avoir été vaincus, et tous portés disparus. Un espoir subsiste encore malgré cela dans le cœur des derniers défenseurs de la planète, prêts à donner l'assaut malgré leur peu de pouvoir... mais le Syndicat assène alors un ultime coup d'arrêt. Nightwing, Richard Grayson, est vaincu, capturé et enchaîné, démasqué publiquement devant une horde de super-vilains hystériques, et maintenu en détention par ces nouveaux seigneurs du Mal, en guise d'avertissement à tous ceux qui tenteraient de s'en prendre à eux et à leurs agents désormais. Quoi qu'il advienne, il semble bien que le Règne du Mal soit arrivé. Plus de héros, plus de défenseurs de la justice, un monde livré au crime et à la violence, un monde défiguré par cette nouvelle puissance que rien n'arrête. Que faire, dans cette situation ? Peut-être faut-il à présent compter sur le vieil adage ''Combattre le feu par le feu'', et placer le sort de la planète et de toute notre réalité dans les mains de super-vilains tels que Lex Luthor, Black Adam, Captain Cold, qui entendent bien renvoyer le Syndicat d'où il vient, malgré les risques ! En l'absence de héros, c'est à eux que revient le rôle d'ultime ligne de défense, et la résistance s'organise alors très vite autour de ces leaders charismatiques. Né du mal, un nouveau genre de héros va-t-il voir le jour ?

Un sixième tome riche en nouvelles informations et qui redistribue presque complètement les cartes dans l'univers New52, puisque nous ne suivons plus désormais les aventures de nos super-héros habituels mais bien celles de leurs adversaires de toujours, devenus le dernier rempart de ce monde contre un Mal étranger et surpuissant. Plusieurs séries en parallèles permettent de suivre tout cela, mais ici nous nous intéressons plus particulièrement à la série Justice League elle-même et à la principale de cet event, Forever Evil, dont les quatre premiers chapitres sont contenus dans cette première partie VF. Deux scénaristes principaux, Geoff Johns et Sterling Gates, pour une flopée de dessinateurs parmi lesquels, tout de même, David Finch le vétéran (bien qu'un peu faiblard par endroits) et Ivan Reis l'étoile bien en place. Des styles très complémentaires, tant dans l'écriture que dans les dessins, on s'y retrouve totalement et le suivi de ces deux séries en même temps est extrêmement fluide et bien géré par Urban, qui a intercalé les bons chapitres aux bons endroits. Il devient presque inutile de connaître les autres séries annexes, publiées depuis ces sept derniers mois dans la revue spéciale Forever Evil. Le cœur et l'intérêt-même de cette aventure sont contenus sans problème dans ce tome, et le suivant à paraître tout prochainement.
Comme je le disais précédemment, il est malheureux que les événements du tome 5 soient finalement si anecdotiques en comparaison de ce qu'ils introduisent ici, mais le lecteur avisé doublé du fan initié saura rendre à tout cela la place bien méritée dans ses lectures. Toujours est-il que ça y est, nous sommes à présent dans le cœur de l'intrigue, au cœur des choses sérieuses comme on dit. Là où le suivi de ces séries en format kiosque pouvait paraître un peu décousu et ennuyeux, mou, il prend ici tout son sens en album relié centré sur les deux séries principales. Vivement la seconde (et normalement dernière) partie, que l'on sache enfin ce qu'il va advenir de nos super-héros préférés !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 3 janvier 2015

Justice League tome 5 - La guerre des Ligues (Urban Comics - Septembre 2014)


Vous le savez, la série Justice League est sans conteste le cœur du renouveau de DC Comics via son univers des New52. Ça n'a jamais été aussi vrai que durant cet arc précisément, celui que l'on connaît en VO sous le titre de Trinity War et chez nous La guerre des Ligues, paru en Septembre dernier chez Urban. Une flopée d'artistes pour un album réunissant pas moins de trois séries liées par cet event de taille, le premier de cet ampleur pour ce nouvel univers (tous les artistes ne seront pas cités dans les libellés, donc faites vos propres recherches ou mieux encore achetez l'album).

L'histoire prend place directement après (et même un peu pendant) les événements décrits dans les premiers chapitres de la série Justice League of America (tome 4 de Justice League pour nous), tandis que l'existence de la Société Secrète des Super-Vilains est révélée aux héros et que son plan se met en place. La ''Femme Mystérieuse'', que l'on découvre être Pandore en personne, s'empare de sa fameuse Boîte et entreprend de la faire ouvrir par l'être ayant le cœur le plus pur sur Terre : Superman. Pendant ce temps, la Ligue cherche à recruter de nouveaux membres afin de faire face aux menaces à venir et de ne pas réitérer la situation d'urgence de la guerre contre l'Atlantide. Mais il est des menaces qui viennent de l'intérieur, et contre lesquelles les membres de la Ligue ne sont pas encore préparés. En effet, bien vite il semble qu'un traître s'affaire à distendre les liens entre les héros et à saboter leurs sorties et opérations. Qui que cette personne puisse être, ses actions parviennent à créer un climat de méfiance qui trouve un écho au sein de la Ligue d'Amérique, et bien vite les couteaux sont tirés et l'affrontement tant attendu prêt à être lancé ! Lorsque l'irréparable se produit, que Superman, possédé par la Boîte, ôte la vie d'un innocent sous les yeux de ses compagnons d'armes, c'est alors que le chaos se déchaîne et que le Mal place ses pions sur l'échiquier, tandis que la guerre des Ligues s'ouvre sur un massacre et que la Ligue des Ténèbres fait son apparition pour tenter de s'emparer à son tour de la Boîte et des énergies qu'elle renferme en son sein. Qui sera de taille pour maîtriser cet artefact surpuissant qui a fait de Superman un assassin ? Qui aura le cœur et l'esprit assez purs pour ouvrir la Boîte, qui a fait des plus grands héros de la Terre ses plus grands dangers ? Et surtout... qui donc se cache encore dans l'ombre de cette Boîte, attendant son heure pour frapper et réunissant un à un tous les éléments de sa victoire ? Cette guerre peut-elle vraiment s'achever sur une victoire, ou bien n'est-ce que le prologue à quelque chose de bien pire encore...

Un cinquième tome qui souffre des inconvénients de ses avantages : plusieurs récits en parallèle, plusieurs séries en un seul ouvrage, beaucoup de personnages et de situations, beaucoup d'action... mais du coup, beaucoup de fouillis aussi. On a tendance à s'y perdre un peu quelques fois et les enchaînements entre les différentes séries concernées par cet arc ne sont pas forcément tous très clairs à suivre, de même que la narration qui pèche par excès d'explications et d'expositions. Certes cette histoire est assez complexe et met en jeu beaucoup de facettes différentes des New52, mais parfois ça devient assez assommant de lire toutes ces explications et présentations de chacun, au détriment de l'action dont l'intérêt à tendance à s'effondrer. Heureusement les dessins rattrapent tout cela et nous maintiennent captivés jusqu'à la fin, et pour cela un grand coup de chapeau aux multiples artistes qui ont travaillé de concert sur leurs propres séries afin de garder une cohésion dans tout cela et de préserver le confort du lecteur. Globalement les personnages sont tous assez bien caractérisés et gérés, qu'il s'agisse de leur comportement comme de leur ''temps d'apparition'', chacun s'en tire plutôt bien et en tout cas il n'y a aucun laissé pour compte. Beaucoup de temps forts et d'émotions dans ce tome et dans cet arc, mais il apparaît assez vite vers la fin qu'il ne s'agissait-là que d'une immense introduction à un arc bien plus gros et plus important dans l'esprit des auteurs. C'est dommage, car du coup le récit en perd un peu de son identité et risque de ne pas forcément rester dans toutes les mémoires, alors qu'il avait totalement la portée pour.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture ainsi que d'excellentes fêtes de fin d'année, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 23 décembre 2014

Emission n°26 bis : Se dirige-t-on vers une overdose des adaptations de comics sur petits et grands écrans ?

Petite pause cette semaine dans les articles de Florent qui goûte à un repos bien mérité.
Cela nous permet de vous proposer en bonus de fin d'année la seconde partie de notre précédente émission.

Après vous avoir exposé la genèse des adaptations de comics à la télévision, nous nous penchons sur leur avenir au cinéma et sur le petit écran avec l'embouteillage (et surement le carambolage) qui se profile d'ici à l'horizon 2020.

Le débat est lancé : subira-t-on une overdose de comics suite à leur surreprésentation ?

L'équipe de Radiophogeek vous souhaite une bonne écoute et de bonnes fêtes de fin d'année !

N.B. : Cette émission a été enregistrée avant la présentation dans le détail des prochains films Marvel, ne vous étonnez donc pas si nous en parlons à l'état de rumeurs :)

samedi 20 décembre 2014

Marvel Knights : Spider-Man - Le dernier combat (Panini Comics - Février 2012)


En Février 2012 est sortie chez Panini Comics la réédition d'un Deluxe aujourd'hui introuvable, l'histoire complète connue sous le titre de Marvel Knights : Spider-Man, le dernier combat, une mini-série exceptionnelle sur le Tisseur du milieu des années 2000 et signée par Mark Millar au scénario, accompagné par Terry et Rachel Dodson au dessin et Frank Cho en soutien, rien que ça messieurs dames !
C'est pour moi un immense plaisir que de pouvoir vous parler de cette histoire, que j'ai lu pour la première fois en format kiosque VF il y a maintenant plus de 7 ans... eh oui... l'un de mes tous premiers contacts avec l'univers comics du Tisseur, avec le run de Straczynski en parallèle. J'ai découvert cet album tout récemment et totalement par hasard (un grand merci à Comicsplace) et j'en suis tombé à la renverse, le bonheur de retrouver cette histoire de mon ''enfance'' pas si lointaine, et tout bonnement l'une des meilleures histoires jamais écrites et dessinées sur Spider-Man selon moi. Oui j'ose le dire et je le maintiendrai coûte que coûte.

Spider-Man et le Bouffon Vert. Peter Parker et Norman Osborn. Deux ennemis jurés, deux opposés s'attirant inexorablement et connaissant chacun tout de l'autre. Alors qu'une trêve avait été instaurée entre le héros et le vilain, ce-dernier finit par la rompre, de lassitude, et s'en prend violemment à Peter en le poussant dans ses tous derniers retranchements au terme d'un combat épique et sanglant que rien ne semble pouvoir stopper. Finalement vaincu et incarcéré dans la prison pour surhumains de Riker's Island, Osborn semble enfin hors d'état de nuire et Peter s'apprête à goûter un repos bien mérité en compagnie de sa chère et tendre Mary-Jane et de sa non moins chère Tante May. Mais bien vite la paix sera de courte durée : un mystérieux kidnappeur enlève Tante May dans son nouvel appartement de Manhattan et oblige Peter à se lancer dans une course contre la montre désespérée et une véritable chasse à l'homme dans laquelle tous les coups sont permis. Isolé, sans alliés ou presque, Spider-Man ne devra compter que sur lui-même et sur son intuition, qui le guidera à travers les pièges des nombreux vilains qu'il croisera sur sa route. Mais tout n'est pas noir ou blanc et les ennemis de l'Araignée ont eux-aussi un rôle à jouer dans toute cette histoire, eux-aussi embarqués contre leur gré dans ce gigantesque jeu de dupes où la victoire est plus qu'incertaine et où le temps est compté. Osborn semble connaître la clé de l'énigme, et y être lié lui aussi d'une certaine façon, mais se refuse à aider son adversaire gratuitement. Pour sauver Tante May, Peter devra faire un choix crucial qui risque de le transformer à jamais : s'allier à son pire ennemi et le faire évader de prison avant qu'il ne soit assassiné par des comploteurs en sachant très long sur tous les protagonistes du récit. Vérité ou mensonge, peur ou machination, Osborn laisse à Peter le loin d'accepter ou non ce marché diabolique et de se remettre entre ses mains, quelles qu'en soient les conséquences. Il se pourrait bien que le plus grand héros de la ville ne devienne l'un de ses criminels les plus recherchés... et ne perde tous ceux qu'il aime.

Comme je l'ai déjà indiqué dans l'introduction, une histoire vraiment géniale selon mes critères, qui m'a transporté sans limites dans le récit magistral de Millar qui offre un tout nouveau regard sur le monde des super-héros et de belles réflexions en perspectives pour le lecteur sur certains événements passés, ainsi que des dessins superbes du couple Dodson, dont on sent qu'ils maîtrisent à fond le sujet et les personnages à traiter. Comme toujours Terry Dodson se fait plaisir à illustrer Mary-Jane et bien entendu la Chatte Noire, son personnage fétiche, jamais aussi séduisante et envoûtante que sous son tracé. Mais les hommes ne sont pas en reste, loin de là même, et chaque page est l'occasion d'admirer un peu plus de cette virtuosité si particulière et qui nous manque tant aujourd'hui je trouve. Comme le dit Stan Lee en personne dans la préface de cet album, il s'agit d'un récit ayant la dimension non pas d'un simple comic-book, mais bel et bien d'un film sur grand écran de cinéma, qui nous transporte et nous fait rêver et vivre l'histoire tout au long de cette lecture et de cette expérience presque unique en son genre. Pour moi, un réel bonheur sans limite que d'avoir pu relire ce récit que j'aimais tant et aime aujourd'hui plus encore.

Deux regrets à formuler concernant l'édition française de Panini. Premièrement, le chapitrage (fait d'intercaler les couvertures des différents numéros entre les numéros/chapitres en question, plutôt que compilées à la fin de l'album). Je veux bien comprendre qu'en France et en Europe nous avons l'habitude de lire des histoires complètes toutes d'un bloc au sein d'un album, et que les coupures sont rares dans ces cas-là, mais cette histoire-ci est la parfaite illustration de la nécessité de respecter le chapitrage pour les comics. Cette histoire est un film, ou un feuilleton, elle a été construite comme telle, illustrée comme telle, et donc il convient pour le lecteur de pouvoir marquer une pause visuelle entre la fin d'un chapitre tendu et le début du suivant. Ça casse un peu la tension, quand toutes les pages sont à la suite les unes des autres sans séparation définie dans l'action ''à suivre''. Enfin, cela n'empêche nullement d'apprécier cette lecture, et ce léger problème de Panini depuis quelques temps devrait être corrigé dans les mois à venir sur leurs prochaines parutions.
Secondement et dernièrement, la couverture principale. Je déplore le choix de celle du chapitre #2 comme illustration de l'album, là où une autre telle que celle du chapitre #1, du chapitre #10 ou du chapitre #11 aurait parfaitement fait l'affaire et réussi à retranscrire à merveille l'atmosphère du récit d'un seul coup d'oeil.

Une excellente histoire, d'excellents auteurs/dessinateurs à la barre, quasiment tous les meilleurs personnages de l'univers de Spider-Man réunis dans un seul et même récit, que demander de mieux ! Et surtout qu'attendez-vous pour le dégotter et le lire à présent ? C'est pour moi l'équivalent de ce que fut la saga Silence (Hush) pour le personnage de Batman et son entourage. Si avec ça je n'arrive pas à vous convaincre...

Sur ce, je vous laisse quand même vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 17 décembre 2014

Injustice tome 1 - Année 1, 1ère partie (Urban Comics - Décembre 2014)


Si vous faites partie des chanceux en ce mois de Décembre et en ces préparatifs enfiévrés de Noël, vous n'aurez certainement pas manqué la sortie de ce premier tome de la série Injustice en comics, cette préquelle au fameux jeu-vidéo Injustice – Gods among us par les créateurs de Mortal Kombat, sorti il y a relativement peu finalement. Cette édition spéciale proposée par Urban Comics nous offre la ''première année'' de cette série, ainsi que le jeu-vidéo sur PC en version Game Of The Year (attention édition limitée), vous pourrez y retrouver le récit que les plus veinards/riches d'entre nous ont eu la chance de découvrir en introduction dans le petit fascicule fournit avec les versions collectors du jeu à l'époque de sa sortie. Cette introduction de quelques pages devient donc un magnifique album complet adoptant le plus grand format de chez Urban pour notre plus grand plaisir, et nous proposant pas moins de 6 chapitres complets plus les trois disques du jeu, le tout pour 20€ seulement. De quoi avoir un petit avant-goût de Noël, non ?

Dans ce monde, très semblable à celui que l'on connaît chez DC, Superman est à la veille d'une toute nouvelle vie. Loïs Lane, sa compagne et collègue, est enceinte de lui, et tout le monde est en liesse et se réjouit d'avance de cet avenir qui s'annonce grandiose pour le héros de lumière. Malheureusement, à grand événement, grande réaction opposée. Le Joker enlève Loïs lors de l'un de ses reportages, et s'arrange pour que l'Homme d'Acier le sache dans les plus brefs délais. Fou de chagrin et de peur, Superman se lance dans une quête effrénée pour retrouver son grand amour, la source de tant de ses espoirs, tandis que tous ses amis et soutiens de la Ligue de Justice mettent tout en œuvre pour l'épauler et empêcher que le pire n'arrive. Mais lorsque Superman retrouve enfin Loïs, il est déjà trop tard. Le Joker a piégé l'Ange de Metropolis et lui fait commettre l'impensable en manipulant son esprit par la peur : il tue Loïs de ses mains. Cette perte tragique sera accompagnée par la disparition de quasiment tout Metropolis, atomisée par une bombe reliée au cœur de la compagne de Superman par le Joker. Commence alors pour le plus grand héros de la Terre une descente aux enfers qui se soldera par une reconstruction drastique de sa doctrine et de ses valeurs. Désormais, Superman ne se retient plus, il ne joue plus. Le monde va devoir apprendre à marcher au pas et à cesser toute violence envers les innocents. Guerres, crimes, complots, Superman s'oppose à tout cela et applique sa nouvelle loi d'une main de fer, secondé par Wonder Woman et la majorité des membres de la Ligue de Justice qui voient enfin une occasion de changer le monde en profondeur. Tous, sauf Batman, qui continue de penser qu'un tel changement ne doit pas se faire dans des conditions si rudes et si douloureuses et que l'éradication du Mal n'est pas la solution. Quand Superman commet l'irréparable sur la personne du Joker, l'opposition commence à rassembler petit à petit ses forces, tandis que les tragédies s'accumulent et que les tensions grondent. Bientôt, chacun devra se choisir un camp. La paix absolue et contrôlée voulue par Superman et Wonder Woman, ou bien la résistance et la liberté défendue par Batman et un petit nombre, prêts à se sacrifier pour leurs idéaux et rendre la raison à leurs anciens amis. Durant cette première année, beaucoup paieront leur choix de leur vie, et le fossé se creusera toujours plus à mesure que les pertes abonderont. Bienvenus dans le monde d'Injustice, dans un monde où les dieux combattent entre eux parmi les simples mortels, pour l'avenir de la planète toute entière.

J'ai pensé beaucoup de choses avant de lire cette série. Me référant tout d'abord au petit fascicule de la version collector du jeu-vidéo, je pensais qu'il ne s'agissait là que d'un coup marketing pour promouvoir le jeu et guère plus. Puis, en voyant que le comics continuait sa petite vie éditoriale et fonctionnait plutôt bien, j'ai pensé qu'il s'agissait surtout de développer l'univers du jeu sur papier et d'offrir un background sympathique et construit aux personnages en dehors des combats proposés et du mode histoire. Ensuite, j'ai décidé d'acheter ce tome sorti ce mois-ci chez Urban, principalement parce que le jeu est offert à l'intérieur et que ça c'est vraiment la classe, mais aussi par curiosité et intérêt personnel, me demandant comment diable une série née de la publicité pouvait se maintenir aussi aisément. Eh bien j'ai été sacrément surpris !
Injustice en comics, c'est un peu le Civil War de DC dans un univers alternatif/parallèle/ce que vous voulez. Ça n'a peut-être pas l'air de grand chose vu comme ça, mais la portée de ce récit est vraiment impressionnante, les personnages sont extrêmement bien caractérisés et représentés, dans toute leur humanité tout comme dans leurs côtés les plus extrêmes et sombres, les psychologies comprises et fouillées, et oui pour ma part j'y vois clairement des influences de la Civil War de Marvel, c'est peut-être même mieux amené ici comme concept que dans l’œuvre de la Maison des Idées. Injustice prend tout son temps pour s'installer et nous mettre dans le bain, ne nous fait aucune fausse promesse et nous propose simplement de nous laisser porter par le récit et ses implications futures, tout en restant d'une simplicité et d'une accessibilité assez bienvenue pour tout nouveau lecteur ou toute personne ne voulant pas se prendre la tête à chercher dans la continuité historique de tel ou tel personnage. La qualité graphique n'est peut-être pas vraiment au rendez-vous de chapitre en chapitre, il y a parfois des différences un peu gênantes à ce niveau d'un artiste à l'autre, mais globalement tout se suit et se complète assez bien, et les auteurs (sortis de je ne sais où je l'admets) connaissent apparemment leurs sujets sur le bout des doigts et nous offrent un magnifique ''What if...'' dont on aurait tort de se priver, jeu ou pas. J'irai même jusqu'à dire qu'on peut totalement faire abstraction du jeu, le comics a l'air de pouvoir prendre sa propre destinée en mains et de tracer sa route tout seul comme un grand, et je suis maintenant assez curieux et emballé à l'idée de lire prochainement la suite ! Un récit d'envergure mais qui sait ne pas prendre trop de place dans son propre univers éditorial, voilà qui a de quoi intriguer de nos jours.

A noter aussi la présence de magnifiques artworks du jeu, du plus bel effet, en guise de couvertures pour les chapitres. Des pages bonus grandement appréciables pour tout admirateur du genre !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 14 décembre 2014

Ekhö, monde miroir tome 3 - Hollywood Boulevard (Arleston & Barbucci - Soleil - Novembre 2014)


C'est après un certain temps maintenant mais toujours une joie immense que je reviens vous parler de la bande-dessinée Ekhö, monde miroir, de Christophe Arleston et Alessandro Barbucci, et dont le troisième tome tout nouveau tout beau a été édité par Soleil en Novembre dernier. Après le New York du music-hall, puis le Paris impérial, voici désormais les paillettes d'Hollywood pour une nouvelle enquête de Fourmille et Yuri dans ce monde si étrange et si séduisant, mais néanmoins dangereux.

En visite dans les plus grands studios d'Hollywood pour débaucher une actrice de renommée mondiale, Norma Jean, les membres de l'agence artistique Gratule vont se retrouver au cœur d'un phénomène médiatique sans précédent ! Norma Jean, celle que tout le monde aime et idolâtre, celle qui a chanté pour l'anniversaire du Gouverneur de Californie et l'a ému aux larmes, l'entêtée et délurée Norma Jean que rien n'arrête, est retrouvée noyée chez elle, dans sa piscine, avec à ses côtés plusieurs médicaments et une bouteille de champagne, vide. La conclusion tombe très facilement pour les autorités : suicide ou overdose. Mais ce serait plus simple si l'esprit de Norma n'habitait pas désormais le corps de Fourmille et ne continuait pas à mener sa vie comme elle l'entend, au détriment du bon sens et de la discrétion. Pour rendre à Fourmille son intégrité psychique, une seule solution, comme d'habitude : élucider le mystère de ce tragique décès. Qui aurait eu intérêt à ce que la belle idole de l'Amérique disparaisse de cette façon ? Les studios ? Des proches ? Une actrice rivale et jalouse ? Des questions assez habituelles dans ce genre de situation, mais qui cachent en réalité quelque chose de bien plus sombre qu'il n'y paraît. Cette enquête au final bouleversant laissera des traces et aura peut-être des conséquences dans l'avenir proche du tandem Fourmille/Yuri, pour le meilleur ou pour le pire. Déjà qu'ils ont... oups !

Un merveilleux troisième tome pour une bande-dessinée qui m'attire toujours autant, pleine de peps et d'énergie, de belles couleurs (grâce à Nolwenn Lebreton) et toujours cette apparente légèreté teintée de cynisme et de tragique, romancé bien entendu. Du très bon travail, qui se lit très facilement et s'en apprécie tout autant, et qui offre même au lecteur avisé de belles petites références à de nombreux films cultes du cinéma Américain (mais pas que !), en plus de traiter une fois encore d'une tragédie historique de notre monde réel en l'intégrant dans cet univers inversé et fantastique, tout comme dans le tome 2.
Je continue donc de vous conseiller de vous jeter sur cette série, prometteuse et très agréable, facile à lire et à appréhender, aussi adulte qu'il est nécessaire mais très positive et distrayante.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 10 décembre 2014

La proie d'Hugo Strange (Urban Comics - Septembre 2014)


Encore un récit de la collection ''DC Nemesis'' de chez Urban, me direz-vous ? C'est vrai que c'est une collection que j'affectionne tout particulièrement, un peu comme ''Marvel Dark'' chez Panini, en raison de ses histoires plus sombres qu'ailleurs. Et les vilains de DC Comics sont tout de même, pour ceux de Batman, bien plus emblématiques et passionnants que la plupart de ceux de Marvel ! C'est d'ailleurs le cas de celui-ci, le professeur Hugo Strange, docteur en psychiatrie officiant à Gotham City et grand obsédé par Batman depuis l'apparition du justicier. Ennemi de ses premières heures, Strange a tout tenté pour briser psychologiquement la Chauve-Souris, l'amener à se trahir et découvrir son identité secrète, dans le but de le démasquer publiquement mais surtout de prendre sa place, symboliquement parlant. Pour faire cesser son obsession, Strange doit tuer le Batman, le personnage construit de ce héros trop parfait, de cet idéal inaccessible pour lui. Et si pour cela il doit également tuer l'homme sous la cape, qu'à cela ne tienne ! Doug Moench et le dessinateur Paul Gulacy nous replongent avec brio et intelligence dans les premières années d'aventures de Batman, revisitées pour les décennies suivantes (celles de la série Legend of the Dark Knight), en tâchant de retranscrire le ton très sombre et violent de l'époque, cette fin des années '30 où les récits pulps étaient encore la norme et où les enquêtes se terminaient souvent de triste manière.

Ainsi, dans cette histoire, nous assistons aux toutes premières apparitions du Batman à Gotham, comme dans Année Un. Tandis que l'opinion publique se divise rapidement sur les motivations et la valeur de l'action d'un tel justicier, le professeur Hugo Strange apparaît comme un sérieux détracteur du Chevalier Noir et propose ses services à la mairie afin de le démasquer et de le livrer à la police, en établissant son profil psychologique et en menant à la création d'une brigade d'intervention spéciale chargée de traquer et d'arrêter Batman par tous les moyens. Gotham devient alors le théâtre d'une sanguinaire lutte d'influence, entre Strange qui gagne peu à peu du terrain et Gordon qui tente tout son possible pour protéger son allié, quitte à se mettre lui-même dans une situation très délicate vis à vis des autorités. Sans parler du justicier, qui en vient doucement à douter de sa propre santé mentale et qui se perd dans les fantômes de son passé, les ombres de ses traumatismes et de la création du personnage de Batman à partir de l'enfant brisé que fut Bruce Wayne. Strange monte alors sa campagne d'un cran en faisant sien le pouvoir des médias, et lance une véritable propagande de harcèlement à l'encontre de Batman, arrachant un à un tous les détails le conduisant vers son inévitable conclusion, la véritable identité du Chevalier Noir. Dès lors, il ne peut plus y avoir qu'un dénouement possible : la disparition de la Chauve-Souris, ou celle d'Hugo Strange. Le duel psychologique entre les deux hommes prend une tournure de plus en plus violente à mesure que la fin se rapproche, inexorablement, et que les premières victimes collatérales s’amoncellent... et sur toutes les lèvres, y compris celles des protagonistes, la même question se pose encore et encore : qui est vraiment sain d'esprit ?
Après la conclusion brutale de la première histoire, nous avons droit à un second récit d'envergure, se déroulant quelques années plus tard, avec le retour d'Hugo Strange et la mise en place de son implacable vengeance, déterminé à détruire Batman une fois pour toutes et à se libérer de sa dangereuse obsession. Pour cela, il commettra l'irréparable et s'arrangera pour faire sortir d'Arkham le tristement célèbre Jonathan Crane, alias l'Epouvantail, psychologiquement brisé par ses premiers affrontements avec la Chauve-Souris, et que Strange va entreprendre de regonfler à bloc pour se servir de son gaz de terreur, tout en le maintenant sous son emprise thérapeutique. Mais cette fois, le psychiatre semble avoir trouvé plus fou que lui, et très rapidement la situation échappe totalement à son contrôle et l'Epouvantail se rebelle, ivre de rage et du désir de vengeance envers toutes les personnes l'ayant torturé et humilié durant sa jeunesse, jusqu'à Batman et Strange eux-mêmes. Ce qui était jusque là une machination bien huilée se transforme alors en véritable cauchemar, qui poussera Batman dans ses derniers retranchements et le plongera dans la folie de l'Epouvantail ainsi que dans ses propres peurs les plus secrètes et profondément enfouies, là d'où nul ne revient indemne. Quoi qu'il arrive, quelle que soit l'issue de ce combat désespéré pour la survie, les blessures infligées au héros ne se refermeront sans doute jamais complètement et feront de lui le justicier que nous connaissons...

Deux très très bonnes histoires, j'ai tout particulièrement aimé la seconde je dois dire, même si la première est vraiment magistrale de bout en bout, une sorte de thriller psychologique absolument intense qui nous tient en haleine jusqu'à la résolution finale, et même au-delà. Un véritable chef-d’œuvre d'écriture et de mise en scène, comme on en voit trop rarement depuis. Quant à la seconde histoire donc, c'est tout simplement sans doute la meilleure histoire que j'ai pu lire avec l'Epouvantail, ainsi que sur la relation naissante entre Batman et Catwoman (qui apparaît dès le premier récit) qui déterminera nombre des éléments futurs pour ces deux personnages. C'est une plongée merveilleuse dans le passé du héros et de son univers, de ses plus intimes combats, qui permet à un public plus jeune de comprendre un peu mieux les doutes et les faiblesses de l'homme chauve-souris et de s'enfoncer dans la noirceur de ses origines les plus douloureuses. Le dessin vieillot de la première histoire, Proie, est un bon moyen de voyager entre les époques et de retrouver l'ambiance feuilletonnesque des premières années des parutions sur Batman, tandis que le style graphique de la seconde, Terreur, est digne d'un film (vous noterez par ailleurs les petites références à la Gotham de Tim Burton, j'ignore qui est venu en premier mais tout est lié c'est assez clair) et est extrêmement agréable à regarder.
N'hésitez donc pas longtemps avant de vous prendre cet album, La proie d'Hugo Strange est une véritable mine d'informations pour les lecteurs les plus anciens comme les plus récents, il vous permettra de vous familiariser avec l'un des ennemis les plus acharnés et intimistes de Batman et vous proposera une virée dans la psyché du héros que vous n'êtes pas prêts d'oublier de sitôt. Toutes les promesses faites par Urban au dos de l'album lors du résumé et de sa présentation sont donc tenues selon moi !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !