La
génération précédente se souvient d'eux comme les stars d'une
télé-réalité extrême où ils jouaient les super-héros filmés
en toutes circonstances, risques réels mais gros potentiel de
devenir des célébrités adulées et enviées par tout le monde.
Sauf qu'aujourd'hui, la nouvelle génération les a complètement
oublié, et après leur dernière grande aventure en direct ils se
sont séparés, certains sont même décédés depuis... retour à
l'anonymat, les survivants gérants chacun de son côté un petit
business personnel qui leur rapporte assez pour continuer à jouer
les divas dans l'ombre.
Mais
chaque génération a tout de même besoin d'idoles à vénérer, à
suivre partout aujourd'hui, sur les réseaux sociaux et les blogs
people spécialisés, et à qui se référer au besoin pour savoir
quoi penser et quoi faire de sa vie. Ce vide à combler ne le restera
pas longtemps, car voici que revenu d'entre les morts l'ancien leader
de l'équipe-phare des années 2000 fait son come-back triomphant,
avec une toute nouvelle équipe à ses côtés pour briller sous les
projecteurs ! La chance semble à nouveau sourire à Zeitgeist,
mais ses véritables projets sont ailleurs.
Aujourd'hui,
être un bad guy rapporte davantage au niveau de la richesse et
surtout de la communauté, encore plus qu'auparavant, et ça
Zeitgeist l'a bien compris et assimilé. Puisque la place est libre,
il sera le nouveau grand méchant populaire suivi par toutes et tous
à chaque intervention, il sera le cœur du scandale et de
l'agitation dans les médias, et on se souviendra de lui -et de son
équipe- pour longtemps ! Et il ne perd pas de temps : son
groupe sitôt baptisé X-Cellent se met à apparaître partout où
c'est le plus rentable, à multiplier les coups foireux et les
actions faussement engagées mais toujours revendiquées, dans le
seul but de faire le buzz et d'accumuler toujours plus de followers
sur la toile.
Ce
petit jeu malsain, d'autres y ont participé avant X-Cellent. Il est
d'ailleurs grand temps de rappeler à ces petits jeunes qui tenait la
baraque il n'y a pas si longtemps encore. C'est décidé, les
X-Statix de Monsieur Sensible se reforment, avec comme ambition de
contrer le mouvement amorcé par Zeitgeist. Concours de popularité
et interventions musclées et toujours désastreuses se multiplient,
faisant le jeu du méchant auto-proclamé au passage, au grand dam de
ses adversaires.
Mais
tout ceci n'est qu'une première partie d'un plan plus grand et plus
terrible qu'il n'y paraît... en effet, les choses se corsent
méchamment quand X-Cellent se filme en train de saccager le
Sanctuaire du Docteur Strange en son absence, Zeitgeist en profitant
même pour dérober des sortilèges secrets dans un grimoire que l'on
ne présente plus. Dans quel but ? Tout simplement le plus
délirant et en même temps le plus logique qui soit le concernant :
devenir l'influenceur ultime, rien moins qu'un dieu vivant,
littéralement. Mais il lui manque encore quelques millions de
followers à subjuguer pour y parvenir...
---
Bon,
je suis content comme tout le monde de voir le tandem de choc Peter
Milligan et Michael Allred se reformer pour travailler à une suite
actualisée de la série-choc des années 2000, mais même avec la
meilleure volonté du monde, je trouve le résultat assez plat si on
le compare à X-Statix
justement.
Peut-être est-ce tout bêtement le format qui ne me
convient pas ? Après avoir dégusté l'omnibus regroupant
l'intégralité de la série emblématique du duo, lire la suite
presque avouée dans le format ''100% Marvel'' ne passe peut-être
pas aussi bien que voulu. En plus ce premier tome s'achève sur
absolument aucun retournement de situation, aucune perche tendue vers
la suite, c'est une fausse fin assez plate elle-même et qui n'engage
vraiment pas pour les prochains chapitres. L'intrigue principale
n'est même pas clôturée, et franchement c'est assez décevant oui.
J'ignore
si lors de sa parution il y a un an ce premier tome de la série
X-Cellent
a connu un certain succès, mais si j'avais pris le temps de le
feuilleter et peut-être de me spoiler la dernière page, je ne suis
pas certain aujourd'hui que je l'aurais acheté, au final. Mais comme
je suis un pigeon et que le travail de ce duo d'artistes et d'auteurs
me tient à cœur depuis que j'ai pu lire l'omnibus X-Statix,
vraiment excellent lui au passage, je vais certainement lire les
prochains tomes que fera paraître Panini... si jamais ça se fait !
Autrement,
fans de la première série, si vous tenez vraiment à retrouver une
copie presque conforme sans réelle imagination ou volonté de
changement radical, vous serez les bienvenus dans X-Cellent,
où les personnages décédés sont remplacés par leur descendance
ayant exactement le même look et les même pouvoirs, comme c'est
pratique, pour toujours plus de moments gênants et de coulisses
dévoilées au grand jour. La recette marchait du tonnerre il y a
vingt ans... mais de nos jours, j'en suis moins sûr. J'espère me
tromper, mais c'est loin d'être la meilleure série mutante à lire
depuis le début de l'ère Krakoa amorcée par Jonathan Hickman.
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et
je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver
bientôt pour un nouvel article !
On
sait relativement peu de choses sur l'incendie de l'orphelinat pour
enfants aliénés de Saint-Charles-Borromée, si ce n'est qu'aucun
pensionnaire n'y a survécu. Les anciens racontent encore entendre
les cris et les appels à l'aide à travers la fumée et les flammes,
les bruits déchirants des vies qui s'éteignent à mesure que le
brasier s'étend. Depuis des années, pour les jeunes du coin, c'est
un peu le passage obligé pour tester sa bravoure et son courage, se
faire mousser auprès des filles, bref faire ce que veut
l'adolescence en mal d'être regardée et louée.
Jacinthe,
treize ans, s'y rend un soir en compagnie de deux de ses amis
proches, dans le but de filmer leur petite expédition dans cette
antichambre de l'Enfer et de revenir avec peut-être un beau trophée
à exhiber devant leurs camarades pantois. Mais la jeune femme en
devenir va surtout se rendre compte que les monstres existent bel et
bien, et que leurs légendes sont loin d'avoir livré tous les
détails de leur cruauté...
Après
avoir assisté aux meurtres de ses amis, Jacinthe est traînée à
travers les bois jusque dans une ancienne mine abandonnée où se
terre le monstre au visage gravement brûlé et à la force brute
presque animale à qui elle doit ses malheurs. Enfermée dans une
petite cellule avec pour seule compagnie un peigne et un miroir de
fortune, l'adolescente comprend vite que sa survie n'est due en
grande partie qu'à sa belle et longue chevelure, que semble d'une
certaine manière convoiter le monstre.
Cette
découverte s'accompagne de celle de nombreuses autres prisonnières
du vaste complexe souterrain, toutes dans la même situation et là
depuis plus longtemps qu'elles ne sauraient le dire. Une à une, le
monstre vient les chercher et les emmène dans un endroit encore
inconnu, d'où elles ne reviennent jamais. Chaque fois en revanche,
le monstre arbore une nouvelle chevelure sanguinolente sur son crâne
meurtri...
Jacinthe
n'y tient plus, elle doit s'enfuir, loin, vite, avant que son tour ne
vienne. Quand ses cheveux auront atteint la bonne longueur et seront
suffisamment au goût de son bourreau, elle disparaîtra elle aussi
dans les affreux tunnels de cette mine, oubliée de tous, victime
anonyme parmi d'autres dans la folie furieuse d'une créature
consumée par le Mal. A moins qu'un sauveur providentiel ne vienne à
son secours ?
C'est
là qu'entre en scène Rob, le chasseur aguerri, cocaïnomane reconnu
et adepte de violences inavouables, longtemps sur la retenue
toutefois faute de pouvoir laisser libre cours à sa propre folie.
Mais là-bas, dans ces bois du bout du monde, loin de toute forme
d'autorité, il compte bien assouvir ses sombres penchants et se
laisser totalement griser par la drogue et le plaisir d'une chasse
mortelle. Aucun gibier ne saurait lui résister, ni dans la vie ni
dans la mort, aucun repos n'est possible. Mais, alors qu'il vient
tout juste de se rendre coupable d'un véritable meurtre pour la
première fois de sa vie, Rob est soudain assailli par une voix qui
l'appelle, à travers la forêt, une voix faible, féminine,
chantante... condamnée.
N'écoutant
que ses pulsions les plus sauvages, Rob s'élance à la recherche de
cette voix, de sa propriétaire, et des nombreux outrages qu'il
compte lui faire subir. De son côté, Jacinthe a survécu de
justesse à une tentative d'évasion désastreuse, et sa vie repose
désormais entre les mains du monstre. Le chasseur semble être sa
seule porte de sortie, loin de ce cauchemar, mais lui aussi a des
projets pour elle. Qui donc emportera la belle Jacinthe dans les
tréfonds de l'horreur finale ?
---
Je
ne vais pas vous mentir, cette lecture-ci a été un peu plus aisée
que la précédente de cet auteur dans cette collection des Contes
Interdits chez ADA. L. P. Sicard
avait en effet signé auparavant l'adaptation de Blanche-Neige,
que je me souviens vaguement avoir trouvé un peu trop perchée et
même psychédélique par moments, donnant dans le gratuitement
insensé peut-être pour se donner un genre... mais j'avais tort !
Car
avec cette version actualisée et revisitée de Raiponce,
Sicard nous offre toute l'étendue de son talent pour la poésie
macabre et de son obsession pour la dualité existante entre fatalité
et espérance, les deux intrinsèquement liées dans l'esprit des
victimes de son histoire. Les monstres ne sont pas là pour faire
joli, le chasseur n'est pas tout blanc (sauf le nez peut-être) et la
belle prisonnière va vivre un cauchemar véritable avant de pouvoir
revoir la lumière du jour. Et encore, si le peu de raison qu'elle
conserve en elle fait le poids face à l'écrasante et horrifiante
réalité qu'elle découvrira !
J'ai
bien aimé ce conte-ci, qui me réconcilie donc avec L. P. Sicard et
me donne plutôt envie de découvrir les autres titres de son crû
dans cette collection désormais incontournable pour les amateurs
d'horreur et de frissons glauques. J'aurais simplement préféré que
l'auteur prenne peut-être davantage son temps sur certains passages,
et puisse ainsi éviter des répétitions malheureuses qui parasitent
un peu le rythme de lecture quand on les remarque. En somme comme
presque à chaque fois, je crois qu'il manque une sérieuse relecture
pour gommer ces petits défauts évitables, travail qu'aurait sans
doute accompli un éditeur plus appliqué sur le moment.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Piégé
dans une autre dimension, une réalité alternative où il est
l'empereur du tout nouvel empire de Viltrum basé sur Terre, Mark est
totalement isolé et n'en mène pas large. Cependant, face à
l'adversité, il se découvre rapidement une astuce et une audace
qu'on ne lui aurait pas soupçonné, prenant complètement la place
de son double défunt et se faisant passer pour l'empereur en titre
de façon aussi naturelle que possible.
Cela
lui laisse largement le temps et les occasions nécessaires pour
contacter le Robot de cette autre dimension et le convaincre de
l'aider à retourner dans la sienne, avec l'aide de quelques autres
génies de la science non-conventionnelle. Après des mois à
patienter, le portail semble enfin stable et le transfert peut être
effectué sans risque, alors que Mark s’assure avant de partir de
laisser cet empire dans une bien meilleure situation qu'il ne l'a
trouvé.
De
retour dans sa propre réalité, Mark doit faire immédiatement face
à l'horrible vérité : rien n'a changé en son absence. Eve,
qui était persuadée qu'il était mort en mission après le récit de
Rex, avait même commencé au bout de ces six mois à faire son deuil
et à envisager sa maternité en solitaire... et voilà que tout à
coup Mark revient comme si de rien n'était, et refuse de la laisser
en placer une quand elle tente de lui expliquer sa position ! De
rage, Eve prend une décision fulgurante pour préserver l'enfant à
naître de ce genre de mauvaises surprises réservées par la vie de
super-héros : elle rompt avec Mark, qui ne peut que s'envoler
impuissant au loin et en larmes.
Mais
le malheur des uns fait le bonheur des autres, comme dit le proverbe
terrien, et Anissa l'a bien compris ! Fondant aussitôt sur un
Mark déboussolé, la Viltrumite lui assène coup après coup et lui
expose clairement son intention de coucher avec lui, aussi
brutalement que possible, à la manière de Viltrum et plus encore,
pour engendrer un héritier. Mark fait tout son possible pour
résister, avec honneur, mais Anissa est plus forte que lui et finit
par avoir le dessus, dans tous les sens du terme. Littéralement
violé sur place, Mark n'a plus que ses yeux pour pleurer, dans un
champs en ruine où personne ne peut le voir ni l'aider.
Après
cette déroutante expérience, il est grand temps de retrouver Rex et
de se passer les nerfs sur lui pour tout ce qu'il vient de subir !
Mais alors qu'il pensait exposer le traître et participer à son
arrestation, c'est tout l'inverse qui se produit sous les yeux de
Mark : Rex tue Cecil de sang froid et envoie ses drones
surpuissants faire de même avec quiconque représenterait une menace
de résistance pour le nouvel ordre mondial qu'il envisage.
Invincible ne sert absolument à rien face à un tel déchaînement
de logique dure et froide, et l'échelle est simplement trop énorme
pour qu'il puisse réagir à temps.
Partout
sur la planète, les héros comme les vilains sont massacrés par les
drones de Rex, qui pendant ce temps passe de nombreux accords avec
les dirigeants en place pour que la transition se fasse en douceur
pour le grand public, inconscient des changements et des enjeux de
cet ultime conflit. Quand Mark tente encore de l'arrêter, Rex lui
fait remarquer posément que ses propres actes d'aujourd'hui ne sont
pas si différents de ce que Mark permettait à Dinosaurus il y a
peu, toujours dans l'optique de changer le monde pour le mieux et de
faire progresser la société. Désarçonné, Mark tente de trouver
un soutien du côté de son père, nouvel empereur Viltrumite, mais
Nolan est catégorique : après en avoir longuement discuté
avec Rex et les survivants de Viltrum sur Terre, décision est prise
de ne surtout pas interférer dans cette histoire. Après tout, si la
Terre devient un endroit plus sûr pour tout le monde, ça concerne
aussi les Viltrumites et ça leur permettra de poursuivre leur
politique de repeuplement sans danger ni combats inutiles à mener.
Abandonné
de toutes parts, c'est la douche froide pour Invincible qui ne sait
plus du tout à qui se fier ni où donner de la tête. En plus, Eve
est sur le point d'accoucher et elle a été blessée lors d'un
affrontement contre Rex, seule la technologie Viltrumite du vaisseau
de Nolan sur la Lune serait capable de la stabiliser et de permettre
la naissance de l'enfant en même temps. Contraint de faire des
compromis, Mark commence sérieusement à réfléchir à toute cette
histoire et à ce qu'il veut vraiment pour lui comme pour son nouvel
avenir qui se profile sous ses yeux. Être avec Eve et leur enfant,
c'est au final tout ce qui compte pour lui. Si la Terre s'en sort
sans avoir besoin d'Invincible, si la société humaine accepte les
changements à venir et leur ouvre même les bras, alors à quoi bon
continuer de se battre ?
Rex
a gagné, dans les faits comme dans l'idéologie. L'humanité entre
tout doucement mais sûrement dans un nouvel Âge d'Or, de raison et
d'ordre, et le temps des héros n'est plus d'actualité. Résigné,
Mark fait part de sa décision à Eve, avec qui il tente de resserrer
les liens autour de leur fille. Sur Terre, sous la férule de Rex et
de ses trop nombreux partisans, il n'y a aucun avenir pour eux.
Pourquoi ne pas tenter leur chance au loin dans l'espace, sur une
autre planète ? Tant qu'ils sont unis, à eux trois, rien ne
pourra leur être impossible à surmonter, même un aussi brutal
dépaysement.
C'est
décidé, la petite famille s'envole vers les étoiles, direction la
Coalition des Planètes Unies, dirigée par Allen toujours, qui leur
offre l'asile sans aucun problème ni aucune contrepartie. Il faudra
cependant du temps pour s'habituer à leur nouvel environnement et
surtout à leur nouvelle vie de jeunes parents, avec toutes les
angoisses que cela peut provoquer dans un monde inconnu en plus.
Après quelques grosses frayeurs, Eve et Mark parviennent à trouver
un certain équilibre, et Mark finit même par se confier à sa
compagne au sujet du viol dont il a été victime et qui le
traumatise encore à ce jour au point de ne plus oser toucher Eve
intimement.
Ailleurs,
sur une autre planète lointaine, l'ancien régent Thragg est devenu
le dirigeant bien-aimé du peuple insectoïde où Nolan avait jadis
trouvé refuge, et il a entreprit de générer autant de descendants
que possible avec cette espèce compatible ! Assez pour
inquiéter sérieusement la Coalition, qui dépêche sur place le
terrible Fauve de Combat pour affronter Thragg au cours d'un combat
épique et retentissant, où la rage et l'honneur se mêlent et où
seule la Mort de l'adversaire sera un prix acceptable aux yeux du
vainqueur. De l'issue de ce duel titanesque dépendra peut-être le
sort du reste de l'univers connu...
---
Invincible
en intégrale, dixième tome ça
y est ! Je sais, j'ai énormément de retard par rapport à la
date de parution chez nous chez Delcourt, en Août 2023, mais que
voulez-vous il a fallu prendre un peu de recul et quelques semaines
de vacances pour redoper mon intérêt pour ce genre de séries
indépendantes. Dixième tome lu d'une traite, et le moins que l'on
puisse dire c'est qu'il s'agit sans doute à ce jour de celui qui
propose le plus de changements radicaux du statu-quo !
Je
passe sous silence certains passages cruciaux comme les dialogues
entre certains personnages-clés de l'histoire et qui développent
bien mieux que je ne saurais le faire les différents tenants et
aboutissants de ces intrigues enchevêtrées. Ce résumé que je vous
en fais, c'est juste histoire de vous mettre l'eau à la bouche !
Par
quoi commencer ? Qu'est-ce qui m'a le plus marqué ? Je
pense honnêtement que le plan de Rex/Robot, tout aussi bien organisé
soit-il, est du déjà-vu dans l'univers des comics de super-héros.
N'a-t-on pas en effet déjà assisté à ce genre de changements de
la part de personnages emblématiques comme le Docteur Fatalis chez
Marvel, par exemple ? Les récits traitants de ce type
d'intrigues aux retombées sociales aussi importantes ne sont pas si
rares que ça, et au bout du compte ce n'est pas vraiment ce qui a le
plus retenu mon attention.
En
tant que lecteur masculin, soit un représentant de la majorité du
lectorat de ce genre de série soyons honnêtes, je ne m'attendais
pas DU TOUT à la scène furieuse entre Anissa et Mark, juste après
la rupture de ce-dernier avec Eve son grand amour et future mère de
son enfant. En quelques cases à peine, Ryan Ottley parvient à
représenter toute l'horreur de la situation, on parle quand même
d'un viol pur et simple, ni plus ni moins, et à suggérer en
quelques expressions seulement la terrible culpabilité que va
ressentir Mark durant des mois après cette expérience.
Est-il
fautif de n'avoir pas assez lutté, de n'avoir pas cherché à
résister davantage face à son agresseuse ? En aurait-il même
secrètement pris du plaisir, comme elle le lui fait penser après
l'acte ? Au point de ne plus pouvoir ne serait-ce que toucher sa
compagne par la suite, hanté qu'il est par cette vision et cette
sensation toujours présente dans son esprit et dans sa chair ?
Vous
voyez où je veux en venir, c'était sans doute la pire épreuve
possible pour quelqu'un comme Invincible, un super-héros dans la
fleur de l'âge, doté de pouvoirs immenses, mais rendu totalement
impuissant par quelqu'un de plus expérimenté et de plus fort que
lui, mis en position de faiblesse totale, abusé physiquement avec en
plus la menace que cela se reproduise plus tard... c'en est forcément
trop pour quelqu'un comme lui. Et, croyez-le ou pas, ça m'a autant
choqué que plu en fait. Pour la simple et bonne raison que c'est
complètement inédit à mon sens, de voir un héros mâle aussi
diminué et blessé aussi intimement, personne n'avait encore osé
faire ça dans une série grand public de super-héros, et il fallait
bien l'audace de Robert Kirkman pour en arriver là.
Et
au final, ça pose surtout des questions très pertinentes sur l'état
de notre société à nous, êtres vivants qui lisent ces récits de
fiction. Sommes-nous prêts à voir nos héros perdre tous leurs
moyens de cette façon ? Est-ce que les hommes qui constituent
la majorité du lectorat étaient prêts à endurer par transfert
cette horrible épreuve, avec laquelle pourtant les femmes doivent
composer pratiquement tous les jours dans la réalité comme dans la
fiction ? Kirkman ose le débat, ose le geste, et le reste c'est
à nous d'ouvrir nos esprits pour en tirer les bonnes conclusions.
Être
un héros, c'est aussi parfois être faible, qu'on le veuille ou non.
Les hommes aussi, aussi puissants soient-ils, ont parfois besoin de
se confier, de pleurer sur une expérience désastreuse ou un
traumatisme à gérer quotidiennement, et ça n'arrive pas aussi
rarement que vous le pensez. J'aime à croire qu'aujourd'hui notre
société contemporaine est davantage prête à ce genre de réflexion
interne sur son fonctionnement et sur la position qu'occupent les
sexes l'un vis à vis de l'autre. Bon nombre de pensées peuvent se
bousculer à cet instant dans votre esprit en entendant ces mots, en
lisant ces lignes : machisme, masculinisme toxique, compassion,
compréhension... d'un bout à l'autre du spectre philosophique et
mental, ce genre de scène va immanquablement provoquer des réactions
parfois contraires et très biaisées, mais tout l'intérêt est de
cimenter les bases d'un profond dialogue entre les différents points
de vue et ressentis face à ce genre de situation. Les privilèges
des hommes blancs hétéronormés n'ont plus leur place, il faut
repenser notre façon de penser, de réagir, d'appréhender et de
comprendre les choses, pour intégrer le plus de visions possibles et
mieux se comporter vis à vis autant des victimes que des bourreaux,
quel que soit le sexe.
C'est
fou le genre d'enseignement que l'on peut tirer d'une lecture
à-priori sans grande ambition comme une série de super-héros telle
qu'Invincible !
Vous vous rappelez de ce que je disais pour le tome qui traitait des
parents d'Eve et de la toxicité presque perverse de son père,
totalement inconsciente de sa part ? Les choses évoluent,
l'échelle change, le point de vue change aussi, mais au fond, la
réflexion reste la même. Pensez-y ! Et je n'ai même pas
abordé tout le passage sur le fait d'être de jeunes parents dans un
environnement inconnu, alors imaginez un peu tout ce que vous
pourriez ressentir et éprouver en lisant par vous-mêmes ces
chapitres ? Suivant votre propre situation personnelle, ça peut
soit vous passer dessus sans problème soit totalement vous retourner
le cerveau et vous chambouler pour un moment. Il est là le génie de
Robert Kirkman sur ce titre, le reste n'est que bonus.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Bonjour
à toutes et à tous, j'espère que vous allez bien et que je ne vous
ai pas trop manqué, il est vrai que le blog a été particulièrement
calme ces dernières semaines et pour cause : je souffrais d'une
extinction de voix ! Impossible donc d'enregistrer des unboxings
ou des articles audios, et je n'avais pas vraiment la tête à lire
durant tout Janvier et cette difficile convalescence. Mais
rassurez-vous, c'est terminé et je suis bel et bien de retour !
Pour
ouvrir cette année 2024 de la plus belle des manières, que
diriez-vous d'un petit unboxing ? C'est avec grand plaisir que
je vous présente le buste de Maléfique, personnage
absolument incontournable des studios Disney, tirée du grand
classique d'animation La Belle au Bois Dormant
qui est sans aucun doute l'un de mes Disneys préférés de tous les
temps.
C'est
une très belle réalisation ma foi, je ne m'attendais pas vraiment à
un tel niveau de qualité pour un fabricant dont j'ignorais tout
jusque-là, Beast Kingdom,
mais que je vais surveiller de près dorénavant ! Ce buste
vient de la collection Disney Villains où l'on retrouve notamment
Ursula, Cruella, La Méchante Reine Grimhilde ou encore Hadès (seul
personnage masculin dans tout ça vous noterez).
Mon
choix s'est donc porté sur Maléfique, et comment faire autrement ?
Elle est l'incarnation parfaite de la méchanceté et de la tragédie,
ses thèmes musicaux dans le film d'animation sont absolument
sublimes, elle a tout pour elle le pouvoir la prestance et
l'intelligence. Ne lui manquait peut-être qu'un peu d'amour, et au
final c'est chose faite maintenant avec cet ajout à ma collection !
L'effet
général est celui du bronze, avec des nuances cuivrées selon mon
estimation personnelle et selon la luminosité, particulièrement au
niveau de la peau et du sceptre. La matière en revanche est
plastique, c'est du bon vieux caoutchouc solide/souple et surtout
très léger et agréable au toucher, aucun danger à l'horizon avec
d'éventuels petits éléments détachables ou cassables puisque tout
est d'un seul bloc.
Si
cette collection vous attire, sachez qu'il existe aussi chez le même
fabricant une gamme Disney Princess de bustes en faux marbre, dans
laquelle on retrouvera Blanche Neige, Cendrillon, Ariel, Jasmine,
Belle et surtout bien sûr Aurore ! Je l'ajouterais peut-être
un de ces jours dans ma collection et je vous la présenterais donc à
l'occasion si ça vous intéresse de faire sa connaissance.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
un bon visionnage, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel unboxing !
Bien
le bonjour à toutes et à tous, et soyez les bienvenus pour un
nouvel unboxing centré sur la gamme Monsters Chronicle du
fabriquant Megahouse, tirée de la licence à succès autour
du manga/anime/jeu de cartes préféré de ma petite personne, j'ai
nommé Yu-Gi-Oh! bien
entendu !
Aujourd'hui
je
vous propose de nous pencher sur la figurine représentant le Gardien
Celte,
un monstre de base présent dans le deck de Yugi et qui permet bien
souvent de démarrer un duel de façon assez sereine. Alignant 1400
points d'attaque, il est dans la bonne moyenne des monstres à 4
étoiles, même si évidemment on peut toujours trouver bien mieux en
cherchant un peu.
Cette
figurine l'immortalise en posture statique, pas de mouvement amorcé,
mais on sent nettement que cet Elfe sait manier son épée et le fera
à la moindre occasion. Le souci du détail est bien présent et la
minutie apportée à sa musculature notamment aura de quoi ravir les
amateurs du genre, malgré l'absence d'ombrage sur les cheveux qui du
coup paraissent un peu ternes. Un personnage fortement inspiré
d’œuvres de Fantasy médiévale et fantastique, qui cette fois-ci
possède une caractéristique nouvelle pour la gamme : un
élément amovible ! En effet, le petit moignon noir au bout du
bras droit est à remplacer par la main tenant l'épée, ce qui
ajoute deux éléments interchangeables certes mais surtout très
faciles à égarer à cette taille donc soyez prudents et vigilants !
Dernière
précision tout de même importante, le prix : comptez environ
80€ suivant les sites spécialisés Français sur lesquels vous
pourriez trouver cette figurine, sachant que cette somme comprend
bien évidemment les frais d'importation. Vous pouvez la trouver
moitié moins chère sur des sites basés au Japon directement, mais
attention car à l'arrivée en France vous paierez la taxe de douane
et c'est souvent une mauvaise surprise pour le collectionneur non
averti. Le prix Européen est finalement la meilleure des options,
même s'il faut savoir patienter le temps que les divers fournisseurs
obtiennent leurs quotas et puissent ensuite les distribuer.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
un bon visionnage, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel unboxing ! Bon
Réveillon à toutes et à tous, et d'avance la Bonne Année 2024 !!
Bien
le bonjour à toutes et à tous, et soyez les bienvenus pour un
nouvel unboxing centré sur la gamme Monsters Chronicle du
fabriquant Megahouse, tirée de la licence à succès autour
du manga/anime/jeu de cartes préféré de ma petite personne, j'ai
nommé Yu-Gi-Oh! bien
entendu !
Aujourd'hui
nous allons nous pencher sur le célèbre, que dis-je, le mythique
Dragon Blanc aux Yeux
Bleus,
monstre fétiche de Seto Kaiba, le rival du héros de notre histoire.
Cette version de petite taille, seulement 12 centimètres au jugé,
apparaît déjà bourrée de petits détails et avec un souci du
travail bien fait concernant la réalisation de cette figurine. Tout
comme pour le monstre précédent, celui-ci est représenté en vol,
ailes déployées, sur un éclair en boule peut-être, prêt à
combattre bien que sa posture me paraisse personnellement un poil sur
la défensive.
On
notera immédiatement le magnifique effet argenté de la lumière sur
la texture des écailles et du cuir des ailes, la couleur de cette
créature étant normalement blanche mais tirant très souvent sur
l'argent selon les représentations des cartes et autres
illustrations. En somme rien à redire là-dessus il est vraiment
impeccable, et si on veut chipoter on pointera un léger défaut de
dentition mais rien de bien méchant et il faut vraiment ne regarder
que ça pour s'en rendre compte.
Je
vous laisse profiter tout à loisir de la vidéo de cet unboxing, et
j'espère que vous lui réserverez le meilleur des accueils compte
tenu du relatif succès remporté par le précédent sur la chaîne
YouTube de ce blog. D'autres arriveront soyez-en certains car je ne
compte pas m'arrêter là dans cette collection qui ne demande qu'à
s'étoffer !
Dernière
précision tout de même importante, le prix : comptez environ
80€ suivant les sites spécialisés Français sur lesquels vous
pourriez trouver cette figurine, sachant que cette somme comprend
bien évidemment les frais d'importation. Vous pouvez la trouver
moitié moins chère sur des sites basés au Japon directement, mais
attention car à l'arrivée en France vous paierez la taxe de douane
et c'est souvent une mauvaise surprise pour le collectionneur non
averti. Le prix Européen est finalement la meilleure des options,
même s'il faut savoir patienter le temps que les divers fournisseurs
obtiennent leurs quotas et puissent ensuite les distribuer.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
un bon visionnage, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel unboxing ! Joyeux
Noël 2023 !!
A présent qu'elle s'est libérée du joug de son
éternel tourmenteur, Pamela Isley reprend sa nouvelle mission :
rendre le monde meilleur en détruisant les différents conglomérats
qui utilisent la nature et des produits prétendument éthiques pour
embobiner la population, créer davantage de consumérisme et surtout
faire un maximum de profits !
Son chemin la mène tout droit dans la propriété d'une
richissime femme d'affaires qui semble avoir développé une
bio-technologie de pointe pour que les forages miniers n'impactent
plus autant l'environnement. Évidemment il s'agit d'une gigantesque
fraude, issue des idées délirantes de feu Woodrue, et Poison Ivy
entend bien remettre les choses au clair au plus vite !
Malheureusement, la femme d'affaires est elle aussi une ancienne
collaboratrice de Woodrue, et connaît deux ou trois petites choses
pour neutraliser les pouvoirs d'Ivy... ou même les retourner contre
elle.
Alors que la Sève réclame qu'elle ne fasse plus qu'une
avec elle, pour toujours et à jamais, Pamela parvient à trouver de
l'aide en urgence grâce à une simple employée présente sur place
et ayant un lien ténu avec son passé d'écoterroriste. Redevenue
elle-même après un bon bain de produits chimiques, Ivy règle son
compte à la méchante du jour, et tout semble réglé. Sauf que ce
n'est qu'un commencement...
En effet, partout sur sa route la nouvelle Poison Ivy a
semé des spores de lamia, ce champignon hautement invasif qui fait
désormais partie d'elle, et le moins que l'on puisse dire c'est que
les effets sur les gens normaux ne sont pas aussi géniaux qu'il y
paraît ! La plupart se transforment en zombies décérébrés à
moitié humains et à moitié végétaux, tandis que d'autres plus
chanceux expérimentent une toute nouvelle façon de se connecter à
Mère Nature. Cela dit, même pour ceux-là il y aura in fine de
graves conséquences si un traitement approprié n'est pas trouvé
dans les meilleurs délais.
Ivy met donc tout en œuvre avec l'aide de sa nouvelle
comparse pour remédier à ses propres erreurs, tandis que ses
propres hallucinations lui révèlent une vérité qu'elle fait tout
pour rejeter en bloc. Mais quand il apparaît évident que ses
récents efforts dans le bon sens ne suffiront pas à tout rattraper,
l'ancienne super-vilaine décide de rentrer à Gotham City pour
tenter de tout reprendre à zéro et de réparer ses torts de la
meilleure façon possible. Quelle façon me direz-vous ? Elle
trouvera bien en chemin.
Pour l'instant, le plus important pour Pamela est
surtout de retrouver les bras rassurants et tellement aimants de
Harley Quinn, son grand amour, la seule personne à qui elle peut se
confier et la seule à être capable de l'accepter telle qu'elle est
et sera toujours, quoi qu'il arrive. Seulement, petit problème au
cœur du paradis de phéromones : il se pourrait que Harley soit
elle aussi infectée par le terrible champignon après un moment
d'euphorie communicative. Et comment lui annoncer cette affreuse
nouvelle, tout en gardant pour soi d'avoir couché avec une autre
femme dans le dos de son amante lors d'un délire collectif ?
Pour l'heure, Poison Ivy est de retour dans les environs de Gotham,
et son avenir certes des plus incertains est devant elle, si elle
accepte de faire ce qui est juste et de prendre les bonnes décisions,
quitte à blesser les personnes qui lui sont chères. Pourra-t-elle
renoncer au grand amour ou au pouvoir absolu aussi facilement l'un
que l'autre ?
---
Second tome de la série de G. Willow Wilson, dessiné
cette fois-ci par Marcio Takara et Atagun Ilhan, dans un style
parfois assez psychédélique mais c'est totalement voulu et justifié
par le scénario. Si le récit semble un peu lorgner sur la prise de
position dans le débat sur l'utilisation récréative de certains
champignons, en vérité il n'en est rien et c'est avant tout la
suite de la quête identitaire de Poison Ivy que l'on retrouve avec
grand plaisir !
Cette fois-ci le meilleur morceau se trouve au milieu de
l'album, il s'agit du chapitre voyant Harley s'inviter dans le
quotidien d'Ivy à Seattle et tenter de la convaincre de revenir à
Gotham avec elle pour démarrer une vie commune et repartir à zéro.
Évidemment ce ne sera pas chose facile et Ivy a elle-même son
propre agenda à respecter, sa grande mission dans l'intérêt
supérieur de la Nature et de la planète toute entière... mais
pourquoi ne pas s'accorder quelques bons moments à la dérobée ?
Les dessins rendent ce chapitre particulièrement
touchant et très coloré, toujours avec cette touche adorable et si
pure pourrais-je dire, rien n'est jamais de trop, rien n'est jamais
exagéré ou vulgaire, ni gratuit non plus, tout a un sens à un
moment ou un autre, et l'alchimie plus qu'évidente entre les deux
criminelles fait plaisir à voir ! En plus, elles sont désormais
toutes les deux libérées du poids de leur homologue masculin, le
Joker pour l'une, Woodrue pour l'autre, et il n'y a donc en théorie
plus aucun obstacle pour qu'elles puissent vivre leur vie pleinement
toutes les deux.
Vous vous en doutez, ce ne sera pas aussi simple là
encore, et il risque d'y avoir énormément de route à parcourir
avant d'arriver à une étape cruciale où la vérité révélée
sera motrice de grands changements à venir, sauf si le mensonge ou
plus simplement l'omission perdure trop longtemps. Quoi qu'il en
soit, cette série vaut clairement le détour et l'investissement
dans la V.O. permet de déguster une parution écoresponsable jusque
dans sa propre fabrication, tout semble avoir été pensé une fois
de plus pour faire passer un message très simple finalement :
respecter la Nature tout autour de nous, sans pour autant
drastiquement changer les fondements de notre société. Des
solutions existent, des alternatives à nos comportements et besoins
impérieux de consommation, et il faudra effectivement du courage
pour les saisir, mais ça en vaut la peine. J'aime à penser que DC
montre l'exemple avec cette série Poison Ivy, à laquelle le
format deluxe va comme un gant même avec ces nouveaux critères à
prendre en considération.
Mention spéciale, avant de finir, à la galerie
d'illustrations présentes dans les bonus, les différentes
couvertures alternatives et aussi les dessins préparatoires pour
certaines d'entre elles, ainsi et surtout que les photos de divers
champignons en gros plan servant d'inter-chapitres. Ça rajoute une
petite touche de ''fait maison'' pas désagréable et même plutôt
didactique si on regarde bien, comme si tout l'album était conçu
comme une sorte de présentation en cours de biologie, c'est tout à
la fois très organisé et en même temps vraiment naturel dans son
évolution et la disposition des différents éléments composants ce
second tome. Vivement le prochain, maintenant qu'Ivy et Harley sont
enfin réunies !
Ça
y est, la bombe a été lâchée : Marine et Gojô sortent-ils
ensemble ?? La réponse ne doit pas prendre trop de temps à
venir, sinon ça paraîtrait vraiment louche, et pourtant elle sera
lourde de sens pour l'avenir immédiat des deux amis !
Pas
le temps toutefois de s'y attarder outre-mesure, puisque dans un élan
de protectionnisme à l'égard de Marine Gojô prend sa défense face
à deux potentiels agresseurs au détour d'un couloir. Heureusement
il ne s'agissait que d'un malentendu, les agresseurs en question
n'étant que les coiffeurs attitrés de Marine lui reprochant
simplement son manque d'assiduité récent au salon. Ouf, Gojô peut
souffler, il a quand même été à deux doigts de se trahir l'espace
d'un instant...
Quand
Marine tombe malade, d'ailleurs, c'est encore lui qui se porte
immédiatement volontaire pour lui apporter des médicaments et de la
nourriture adaptée, ainsi que la border, faire quelques corvées
chez elle... bref, s'occuper d'une personne diminuée et alitée, une
chose pas facile tous les jours surtout quand la personne en question
doit maintenir un semblant de vie sociale et recevoir des invitées
de dernière minute. Gojô a alors à peine le temps de se réfugier
sur le balcon de l'appartement en douce, et voilà que lui aussi est
bon pour un coup de froid !
Marine
rétablie, elle reprend ses activités extra-scolaires pour se faire
de l'argent, toujours dans le but primordial de s'acheter un beau
jour l'appareil-photo de ses rêves ! Pour ça, elle donne dans
le mannequinat, et elle est apparemment très populaire auprès des
lecteurs du magazine qui l'engage à la volée pour les séances de
shooting ! Son côté simple mais inaccessible la rend
attachante, attirante même, et ça Gojô ne peut que le comprendre,
lui qui en est la principale et première victime au quotidien.
Peut-être qu'un beau jour il acceptera de tenter sa chance et
d'avouer ses sentiments naissants... mais il faudrait déjà qu'il se
les avoue à lui-même !
Enfin,
l'info tombe comme un cheveu sur la soupe : le Lycée va
organiser une fête populaire, et un concours de déguisements sera
mis en place. Les filles devront être habillées en garçons, et les
garçons en filles, du moins celles et ceux qui participeront au
concours bien sûr. Marine est instantanément choisie par l'ensemble
de sa classe pour être la concurrente les représentant durant cette
compétition, et la belle a à peine le temps de choisir son
personnage que l'ovation générale se déclenche chez les élèves.
En effet, Marine ambitionne rien moins que de se cosplayer en un
personnage de manga/anime/série-live extrêmement populaire auprès
des jeunes des deux sexes, et pour ça il faut bien dire qu'elle
dispose de tous les atouts !
Mais,
tout en prenant cette décision largement plébiscitée, Marine lâche
sans pression devant tout le monde que c'est Gojô qui s'occupera de
lui confectionner son costume, comme il le fait à chaque fois
qu'elle désire un nouveau cosplay à incarner. Stupéfaction
générale : Gojô, de mèche avec Marine depuis tout ce
temps ?? Impossible qu'il n'y ait pas autre chose derrière
cette histoire !
Pour
l'heure cependant on se contentera de ne pas relever davantage, la
situation et le timing étant déjà assez serrés comme ça. Mais
rien ne dit que le sujet ne reviendra pas pointer le bout de son nez
plus tard, une fois l'agitation retombée... En attendant, devant
l'ampleur de la tâche, Marine décide au départ de faire son
costume elle-même, seule, afin que Gojô soit libre d'aider les
autres garçons à installer les décors du festival. Mais quand il
débarque comme une fleur dans la salle de classe pour apporter son
aide, les autres le renvoient presque aussitôt dehors en lui
intimant l'ordre de surveiller Marine ET de réaliser son costume
avec le plus d'application possible s'ils veulent avoir une chance de
remporter la victoire ! Que de pression sur les épaules d'un
adolescent timide et réservé qui jusque-là était plutôt en
retrait...
Heureusement
que Gojô sait se montrer fiable, et une fois de plus il le prouvera
en accompagnant chacun des choix de Marine pour ce nouveau cosplay.
Mais l'idée d'en réaliser au moins une petite partie d'elle-même
ne quitte pas la belle si facilement, et elle va profiter de ce que
tout le monde a le dos tourné pour tenter sa chance avec des boutons
à coudre sur un veston... évidemment, catastrophe ! Toutefois
Gojô ne devrait avoir aucun mal à rattraper cela dans l'urgence,
lui qui est si expérimenté. Si tant est qu'il survive au régime
intensif des bentos préparés par Marine chaque midi pour
l'encourager... à ce rythme, il sera bon pour reprendre l'exercice !
---
Je
suis désolé je ne pouvais tout simplement pas résister à l'envie
de lire ce septième tome de Sexy Cosplay Doll
de Shinichi Fukuda ; pourtant j'ai essayé de trouver autre
chose à lire et à chroniquer ici, mais peine perdue je n'avais que
ce manga en tête alors autant m'y consacrer pleinement !
Dans
ce tome-ci, on découvre un peu plus de détails sur la vie de Marine
en dehors du Lycée et de ses sessions de cosplay, puisqu'elle est
aussi mannequin à ses heures, et même très demandée dans ce
domaine ! Bien sûr, le point d'orgue sera l'annonce et la
préparation du festival du Lycée, dont nous verrons certainement
les répercussions dans le prochain tome. Pour l'heure et en l'état,
nous laissons Marine avec une féroce intention de cultiver ses
puissants sentiments amoureux pour Gojô dans son coin, tandis que
l'intéressé se contente de survivre à l'intensité des tempêtes
qui se succèdent autour de lui.
D'abord
le karaoké pour Halloween et cette fameuse question gênante l'air
de rien, puis la maladie de Marine suivie de celle de Gojô lui-même,
la préparation du festival et donc du costume de Marine en plus de
devoir rattraper une série dont il ignorait totalement l'existence
afin de mieux comprendre toute cette fougue déclenchée à la seule
mention du nom du personnage cosplayé...
D'ailleurs,
c'est peut-être seulement moi qui ait de trop vieilles références,
mais ça ne m'évoque qu'une seule série possible dans mes souvenirs
de shojo : Ouran High School Host Club
bien entendu, quoi d'autre ?! Ce manga a eu un tel impact à son
époque qu'il me paraît très difficile de penser que Shinichi
Fukuda a conçu sa propre série et ses références particulières
sans songer un seul instant à ce rapprochement. Après, je sais que
dans le domaine très codifié des séries Host Club il existe
beaucoup plus d’œuvres que cela au Japon et même plus
généralement en Extrême-Orient, mais c'est vraiment la seule qui
me revienne comme ça d'emblée en mémoire et qui pourrait selon mes
critères déclencher un tel émoi. Je suis un peu vieux-jeu...
Toujours
est-il que Sexy Cosplay Doll prend
une tournure vraiment très intéressante avec ce septième tome, et
je crois que je vais me hâter de dévorer le suivant sans perdre une
seconde pour assister à ce grand moment que sera le festival et la
révélation du cosplay de Marine dans toute sa splendeur. Le petit
test qu'elle a effectué sur Gojô pour lui faire « ressentir
la passion des clubs d'hôtes » semble avoir provoqué pas mal
de remous chez lui en tout cas, et j'espère vraiment qu'ils finiront
par s'avouer deux ou trois petites choses ces deux-là avant que
leurs études ne prennent fin et qu'ils ne se perdent de vue, comme
ça arrive malheureusement trop souvent... je serais tellement triste
si le manga prenait ce chemin !!
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Dernier
tome de la période Dawn of X
des X-Men version Jonathan Hickman.
---
Giant-Size
X-Men – Storm :
L'heure est venue pour Tornade de se lancer dans une quête
suicidaire qui devrait, si tout se passe bien, la débarrasser du
techno-virus dont elle a été infectée précédemment et qu'aucune
autre science ne parvient à détruire ou résorber. Avec l'aide de
Fantomex, qui prévoyait de toute façon de s'infiltrer une énième
fois dans le Monde, cet immense laboratoire où réside quelqu'un qui
lui est cher, Tornade et quelques mutants triés sur le volet vont
soudoyer un membre de l'A.I.M. pour qu'il les fasse entrer. Une fois
à l'intérieur, chacun devra défendre Ororo contre les différents
systèmes qui s'affrontent au sein du Monde tandis qu'elle pénétrera
dans une chambre de stase qui devrait en principe la guérir une
bonne fois pour toutes. La question se pose toutefois : pourquoi
s'entêter à guérir si les mutants peuvent revenir à la vie dans
de nouveaux corps à volonté ? La réponse, c'est que Tornade
apprécie trop la vie pour risquer de la perdre ne serait-ce qu'une
seule fois. Un nouvel exemple qui prouve que les croyances ont la vie
dure et que la Pax Krakoa aura encore du chemin à faire pour
convaincre tous ses ressortissants du bien fondé de ses principes de
base. En attendant, Ororo Munroe est de retour et plus forte que
jamais !
X-Force :
Les récentes tentatives d'incursion de la Russie sur le territoire
de Krakoa se sont peut-être soldées par des échecs, chacune ayant
été repoussée ou neutralisée, mais la menace existe toujours
quelque part. Il faut simplement chercher plus petit... Quand les
agents Russes parviennent enfin à établir une tête de pont sur
l'île mutante, leur objectif semble clair : semer le plus de
désordre et de chaos possible, pour que personne ne puisse lire les
mouvements des agents principaux sur place. L'épée Cérébro a été
dérobée par l'un deux, ainsi que le pauvre Kid Oméga qui n'en
demandait pas tant, livré ensuite avec l'arme entre les mains de
Mikhail Raspoutine, le frère aîné de Piotr, travaillant ardemment
à détruire Krakoa de l'intérieur avec l'aide des hommes du
groupuscule spéciste nommé XENO. Charles Xavier est mis
immédiatement en sécurité bien entendu, mais ce n'était pas lui
la véritable cible de l'attaque cette fois. Désormais, le risque
est au niveau le plus élevé : la technologie de Cérébro
entre de mauvaises mains pourrait fort bien signer la fin de tout ce
que Xavier et les siens ont tenté de bâtir jusque là. Le Fauve n'a
donc pas d'autre choix : il ordonne que tous les mutants
d'origine Russe sûr Krakoa soient appréhendés et que leur
arrestation devienne un véritable spectacle, à l'intention des
autorités contrôlant la Russie et ses partenaires anti-mutants.
Dans cette optique, Colossus est donc mis aux arrêts pour
interrogatoire, ainsi qu'Oméga Red qui a lui en revanche encore
beaucoup de choses à cacher...
Excalibur :
Les deux derniers chapitres des aventures de l'équipe magique des
mutantes vont apporter leur lot de questions obscures auxquelles il
faudra impérativement trouver des réponses ! Apocalypse réunit
en secret les Externels, ces mutants presque aussi anciens et
puissants que lui, pour leur demander un grand sacrifice afin que la
cause mutante puisse prévaloir pour toujours et à jamais, en
commençant par percer un portail permanent vers l'Outremonde depuis
Krakoa ! Dans le palais de Saturnyne, les événements se
précipitent également à toute vitesse quand Gambit et Malicia
mettent la main sur une mystérieuse pierre rouge dans le trésor de
la Majestrix, une pierre contenant l'essence vitale et magique de
Candra, une ancienne adversaire de Rémy... Et sur Krakoa, alors que
la bataille des Externels s'achève sur la victoire du camp
d'Apocalypse, Rictor voit ses propres pouvoirs largement augmentés
afin de s'élever lui aussi au rang de grand ancien, pour pouvoir
participer au rituel que prépare En Sabah Nur en secret depuis des
mois. Comme annoncé, des sacrifices seront nécessaires pour
alimenter le rituel et permettre l'installation définitive du
portail permanent, mais à terme toute la magie et tout le savoir de
l'Outremonde pourraient être disponibles pour quiconque tenterait de
les saisir... Une guerre incroyable entre les dimensions est sur le
point de démarrer !
---
C'est
donc la fin de la période Dawn
of X,
« L'aube s'achève » comme l'annonce très justement le
résumé en quatrième de couverture de ce seizième et dernier tome.
Par la suite, nous entrerons directement dans l'event X
of Swords
qui aura l'équipe Excalibur comme protagonistes principaux, et nous
révélera enfin le grand dessein d'Apocalypse depuis qu'il a
commencé à étudier les arts mystiques mutants entre Krakoa et
l'Outremonde.
Pour
le reste, je ne suis pas encore totalement convaincu par ce que j'ai
lu dans les pages de X-Force
mais j'espère que c'est simplement l'effet de l'attente à devoir
endurer avant d'avoir enfin la résolution de cette intrigue-ci dans
une prochaine phase de la Pax Krakoa de Jonathan Hickman.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
L'univers
est condamné. Le multivers également. L'omnivers lui aussi se
dirige tout doucement vers la Fin de tout. Mais les nombreux héros
qui ont toujours protégé la Vie envers et contre tout sont là,
prêts à se battre de toutes leurs forces, à toutes les époques
connues et à venir, incarnant toujours un ultime sursaut d'espoir,
même quand il n'y a plus rien ni personne pour y croire.
La
nouvelle Ligue de Justice, formée par les descendants directs des
premiers héros, lutte contre un ennemi capable de prendre la forme
de n'importe qui et de lire les pensées, de s'approprier une
identité et une personnalité, afin de se fondre dans la masse et
d'ourdir son terrible complot en secret. Les jeunes héros vaincront,
au prix de leurs idéaux qui n'étaient sans doute pas les plus
adaptés à cette nouvelle époque, mais ce n'était qu'un début.
Le
Corps des Green Lantern n'est plus. La batterie centrale, sur Oa, a
été détruite on ne sait comment, par on ne sait qui. Les
Chevaliers d'Émeraude sont dispersés à travers le cosmos, privés
de leurs liens entre eux, isolés, cibles idéales du mal qui se
répand partout et tout le temps. Quelques uns demeurent toutefois
assez résistants pour permettre à des innocents de s'en sortir, de
chercher un ailleurs plus favorable, mais ceux-là sont très peu
nombreux et disparaîtront également à brève échéance.
A
chaque fois qu'une apocalypse universelle se déclenche, de grandes
figures héroïques se dressent face à l'adversité pour protéger
les faibles et leur donner espoir. Mais quand ces héros, qu'ils
soient d'autrefois ou de demain, disparaissent à leur tour, qui
reste encore pour assurer cette mission ? Les uns après les
autres, dans différentes versions, différents univers, différentes
temporalités, ils meurent et disparaissent, parfois oubliés,
souvent laissant derrière eux un lourd héritage aux générations
futures... Yara Flor, la Wonder Woman de l'Amazonie, véritable pont
reliant deux panthéons et deux cultures opposées et pourtant si
semblables, apprendra à ses dépends que rien ni personne ne peut
réellement se mettre en travers du chemin de la destinée. Il faut
l'accepter.
Black
Adam lui-même, à la veille de la Fin de tout, ne peut que constater
impuissant que tous ses efforts pour préserver la Vie sous tous ses
aspects n'auront servi à rien d'autre, en définitive, qu'à gagner
un peu de temps pour faire ses adieux, et voir de ses propres yeux
ses rares proches disparaître à leur tour.
La
Créature du Marais, souvent au cœur-même de la préservation de la
Vie sur Terre, cette planète centrale dans toutes ces histoires, ne
saurait demeurer plus longtemps au sein d'un monde qui se meurt. Les
Amazones ont réussi l'exploit de faire survivre la Sève jusqu'à la
toute dernière seconde de sa longue existence, mais le cap est
franchi et il faut savoir laisser le Néant l'emporter. Le grand rien
final, le bout de la route, la dernière étape avant le silence, le
vide et les ténèbres.
Diana
Prince, Wonder Woman originelle, est là elle aussi, à la Fin des
Temps, pour voir s'affronter les deux plus grandes puissances de
l'univers connu. Darkseid, quittant une Apokolips en ruines livrée à
la Dévastation, se rend sur Terre pour y trôner en dieu ultime,
mais rencontre sur place la résistance inattendue de Superman, Clark
Kent, Kal-El de Krypton, lui faisant face une toute dernière fois
dans un duel épique qui se jouera au cœur du Soleil, là où
personne d'autre ne saurait survivre. Lorsque les étoiles
s'éteignent à leur tour, il ne reste plus rien à protéger, rien
ni personne.
Diana
doit reprendre sa longue quête de l'espoir, trouver une forme de vie
quelque part dans le cosmos infini qui pourtant touche à sa fin, une
vie qui croit encore en elle, qui espère, contre toute logique... et
de ce tout dernier espoir, de cette petite étincelle, celle qui fut
une déesse et qui sera la seule à assister à la Fin des Temps
saura forger une ère nouvelle et redonner une chance à la Vie de
s'épanouir sous d'autres lueurs. Un univers meurt, un autre naît au
même moment, ainsi en est-il de la trame de l'existence.
---
Encore
un tome de l'event Future State
qui propulse le multivers DC à travers une myriade d'avenirs
possibles après la défaite de Perpetua et du Batman Qui Rit dans
leur confrontation relatée au sein des albums Death Metal.
C'est le quatrième que je lis, si j'ai bien compté, et je peux vous
dire dès à présent que ce tome-ci est peut-être mon préféré !
Pourquoi ?
Parce qu'il y est question de la Fin, la vraie, la seule, tout
simplement. De multiples façons d'y arriver, de nombreux chemins
tortueux pour y parvenir, mais enfin, ça y est, c'est le point final
de tout ce que l'on peut imaginer chez DC et pour cette galaxie
éditoriale de héros si hauts en couleurs.
Qu'il
s'agisse des Green Lanterns, de la Ligue de Justice, des vilains
d'ici et d'ailleurs, des dieux anciens comme nouveaux, tout prend fin
dans cet album, dans l'ultime histoire racontée, celle de Diana
Prince, Wonder Woman, condamnée à assister immortelle aux tous
derniers instants de l'existence. Ce récit est illustré par Jen
Bartel, et franchement il est à tomber, magnifique de page en page,
d'une poésie folle et porteur d'un espoir vivace malgré la gravité
solennelle de ce qui y est raconté.
Jamais
un titre labellisé Future State
ne m'avait à ce point ému et transporté jusque là, à chaque fois
je vous disais être lassé de ces lectures, de ces avenirs
innombrables qui ne sont jamais que de simples possibilités qui ne
seront jamais retenues par la maison d'édition de Batman et
Superman, mais pour le coup, dans ce quatrième album, on y assiste,
à cette fameuse Fin inévitable.
Alors
bien sûr, vous vous en doutez, ça reste anecdotique et évidemment
ce n'est pas vraiment la fin de DC, c'est encore une fois une simple
possibilité d'avenir, mais tellement bien racontée pour une fois et
tellement intense que l'on ressent dans chacune de ses fibres
personnelles que ça serait quand même vachement chouette si cette
histoire pouvait être adaptée un jour sous un autre format,
dépasser le cadre du simple comic-book de super-héros et devenir
quelque chose de plus, de plus grand, de plus beau encore. Ce récit
à lui seul justifie à mon sens tout le reste, et c'est très bien
comme ça.
Mais
attendez, ce n'est pas encore fini... il reste un dernier tome à
lire : celui sur Superman, le vrai, l'original ! Jusque-là
j'ai évité autant que faire se peut de vous raconter ce qu'il
advenait de Kal-El depuis que j'ai commencé à lire les séries
Future State, mais là
je ne peux plus reculer, tout ce qui concerne Superman sera présenté
dans le prochain et dernier album dédié entièrement à l'Homme de
Demain. Encore un peu de patience et, peut-être, d'indulgence de
notre part à tous nous les lecteurs, car ça risque de ne pas être
d'aussi bonne qualité. Méfiance aussi peut-être.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Quelque
part au milieu du XXIème siècle. La Terre est régulièrement le
théâtre de tempêtes cataclysmiques, avec lesquelles les humains
n'ont eu d'autre choix que d'apprendre à vivre. Le climat s'est
tellement détérioré en quelques décennies que les normes ont du
changer et la société s'adapter drastiquement pour survivre. Les
erreurs du passé reviennent hanter les générations suivantes,
saison après saison, inexorablement. Les citoyens des pays du monde
entier vivent avec une épée de Damoclès quotidienne, la crainte de
voir soudain surgir une tempête de classe 5, l'échelon de
l'Apocalypse. Rien ni personne n'y survivrait.
Au
beau milieu de la ligne équatoriale, au cœur de l'Océan
Atlantique, une étrange apparition se dévoile tout à coup aux yeux
du monde. Une sphère parfaite de lumière blanche à l'aura dorée,
comme un petit soleil, positionnée juste au-dessous des nuages. Nul
ne sait comment elle est arrivée là, ni ce dont il s'agit
exactement. Est-ce une manifestation divine avant la Fin des Temps ?
Est-ce un premier contact avec une espèce extraterrestre ? Les
questions et hypothèses se bousculent à toute vitesse dans les
classes dirigeantes, mais très vite la priorité est de révéler
l'existence de cet objet céleste à la population avant que des
théories bien plus farfelues ne voient le jour.
Dans
l'optique d'étudier à fond cet étrange phénomène, la communauté
internationale se soude et met sur pieds un programme titanesque de
recherche. Nom de code : LUX. Une plate-forme artificielle
située juste sous la sphère de lumière, et abritant en son sein
toute une escouade de scientifiques, penseurs, chercheurs,
intellectuels en tous genres, pour tenter de donner une réponse au
reste de l'humanité fixée sans relâche sur ses écrans dans
l'attente d'un signe quelconque.
Dans
le même temps, les marines de plusieurs nations font des rondes tout
autour de la plate-forme, au large, avec une précision et une
coordination d'horlogerie. Chaque nation veut montrer aux autres
qu'elle peut répliquer si jamais la moindre agression était commise
sur ses ressortissants à bord de LUX, et aussi en empêcher l'accès
aux quelques pays qui n'ont pas été conviés à la fête en raison
des troubles politiques ou religieux qu'ils auraient pu générer.
Si, à bord de LUX, c'est l'extase de la recherche scientifique qui
prédomine, à l'extérieur la tension est palpable et il suffirait
d'une étincelle pour tout faire exploser.
Zoé,
en tant que romancière à succès reconnue pour sa capacité
d'empathie à l'égard de ses personnages et de leur conception, est
sélectionnée avec sa fille Romy pour intégrer l'équipe Française
des cellules de réflexion de LUX. Son travail, comme celui de tous
les autres intellectuels à bord, sera de soumettre aux scientifiques
des hypothèses sur la nature de la sphère, la raison de son
existence, et ses possibles réactions à la présence humaine si
jamais elle était dotée d'une sorte de conscience. Tout doit être
envisagé, toute nouvelle pensée est la bienvenue, et aucune réserve
ne sera émise même face aux théories les plus négatives.
Car
au final, personne à cet instant n'est encore capable de dire avec
certitude que la sphère est là pour le bien de l'humanité, même
si cette pensée rassurante prédomine dans un monde en constante
recherche d'espoir contre toute logique. Ce pourrait être le début
d'une nouvelle ère, comme celui de la Fin. Et tandis que LUX
bouillonne d'activité cérébrale et s'arrache les cheveux à tenter
de percer les mystères de la sphère, certains ailleurs décident de
prendre les devants et de lancer des opérations plus discrètes pour
saisir leur part du gâteau, quelles qu'en soient les conséquences.
---
Je
vais m'arrêter là pour le résumé, car en dire davantage serait
très risqué selon moi. En effet, tout le plaisir procuré par cette
lecture doit rester parfaitement intact et être préservé du
moindre spoiler afin de rester efficace. C'est le genre de livre que
l'on ne peut lire qu'une seule fois avec un esprit dégagé de tout
à-priori, car sitôt la toute dernière page achevée il n'y a plus
de surprise, plus de retour en arrière possible. Soyez prévenus.
La
grande force de ce roman de science-fiction et d'anticipation, c'est
le caractère de chacun de ses personnages, même les plus
secondaires. Bien entendu on suivra surtout le duo mère-fille Zoé
et Romy, cette dernière ayant beaucoup à dévoiler au lecteur, mais
les autres ne sont pas en reste et chacun sera, à sa manière,
attachant ou au contraire navrant de bêtise, en tout cas toujours
essentiel pour le développement du propos et de la pensée déroulée
par l'auteur.
Car
Maxime Chattam nous met ici face à une situation faite de
contradictions : sa perpétuelle inquiétude quant à l'avenir
de l'espèce humaine, déjà exploitée de nombreuses fois dans ses
œuvres passées (Le Cycle de l'Homme
ou encore la saga Autre-Monde
à tous les niveaux), mais aussi et ça c'est assez nouveau, une
envie d'espérer, contre toute attente, contre toute logique à
l'instar de ses personnages, en un avenir meilleur et en un regain de
Raison de la part de notre espèce menacée par elle-même.
Dès
la première page, il n'échappera à personne que ce roman a été
écrit dans des circonstances très particulières pour l'auteur, des
deuils cumulés qui ont fortement impacté sa façon de voir les
choses et de concevoir son écriture, ainsi que les messages qu'il a
désormais envie de véhiculer à travers ses œuvres. Peut-être
aussi une volonté de laisser autre chose que du cynisme en guise de
legs, aux générations futures, pour que dans l'idéal un monde
comme celui de LUX
ne voit jamais le jour. L'Histoire le dira.
Comme
souvent chez Chattam, de nombreux indices sont disséminés un peu
partout pour les lectrices et lecteurs qui auraient l'envie de
décortiquer en détail le roman à la recherche de la moindre piste
à exploiter pour en anticiper la fin. La première qui m'a sauté à
l’œil, si je puis dire, c'est la présence dès la couverture de
la Rune du Chaos, discrètement intégrée dans ce soleil enluminé...
je crois savoir que l'auteur est un grand fan de certains univers de
jeu-de-rôles, ce détail ne pouvait donc pas être anodin, à moins
qu'il ne s'agisse que d'un simple rappel de son thème de
prédilection depuis ses premiers cycles ? A vous de le
découvrir, je ne vais pas vous mâcher le travail !
La
grande force de ce roman, comme je le disais plus haut, c'est la
diversité de ses personnages et leur développement tout au long du
récit, en particulier Romy mais vous verrez par vous-mêmes ce dont
il s'agit la concernant. Chacun est moteur d'une pensée, d'une
impression, d'un mouvement qui aura des répercussions et des
conséquences jusqu'au dernier chapitre. Tout est orchestré de main
de maître, et le rapprochement hommage à René Barjavel et à sa
Nuit des Temps
est tout à fait approprié, même si la vision de Maxime Chattam est
assez différente au fond de celle de l'illustre romancier.
Pour
finir, je voudrais vous laisser avec une paraphrase d'un autre grand
penseur de son temps, qui illustre plutôt bien selon moi le ton
général de cet ouvrage et de ses multiples messages. Ayez
de l'espoir. C'est bien, c'est humain, c'est nécessaire. Mais juste
une lueur, pas plus.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !