Zoé
est toujours coincée dans le monde intérieur du livre de contes
traditionnels de Latvérie, tandis que ses amis et étudiants de
l'Académie Fatalis tentent tout leur possible pour retrouver sa
trace et identifier le bon sortilège qui sera capable de la ramener
parmi eux.
Pour
cela, il va néanmoins falloir convaincre la colocataire de Zoé,
Marta, de leur prêter main forte pour un rituel bien particulier. Le
problème est que Marta appartient à une communauté qui se méfie
de tout ce qui peut être magique de près comme de loin... mais
devant l'urgence de la situation, ne sachant pas quels monstres sont
enfermés dans le recueil avec leur amie, les autres étudiants
parviennent à mettre Marta sur les bons rails et le sortilège peut
enfin être lancé.
De
son côté, Zoé échappe de peu à une sorcière mangeuse d'enfants
dans le conte dans lequel elle est enfermée avec Greta, l'ancienne
étudiante de l'Académie Fatalis qui avait disparu mystérieusement
et qui a fait sa routine de piéger divers monstres et autres
créatures de cauchemar dans les pages du livre d'histoires. Après
une petite confrontation quand la vraie nature de Zoé est dévoilée
par accident, Greta accepte finalement de lui faire confiance et de
l'inviter à partager son quotidien, mais c'est à cet instant précis
que le sort permettant de ramener Zoé dans la réalité fait son
office.
Aussitôt
de retour parmi les siens, Zoé n'a qu'une idée en tête :
repartir au plus vite dans le livre pour en ramener Greta également,
ne supportant pas que sa nouvelle amie soit coincée à tout jamais
dans le recueil sans le moindre espoir de s'en échapper ni la
moindre compagnie qui en vaille la peine ! Mais Zoé devra
certainement expliquer cela à ses camarades qui risquent de ne pas
l'entendre de cette oreille...
---
Nous
en sommes maintenant au troisième chapitre de cette petite série
toute innocente et vivotant dans son coin sans embêter personne,
avec un scénario très simpliste certes mais qui peut s'adresser à
tout le monde pourvu que l'on ait conservé quelque part en soi une
parcelle de son âme d'enfant.
Évidemment
Doom Academy n'existerait pas
sans l'event principal One World Under Doom à
côté pour la justifier et la soutenir, mais elle n'empiète pas sur
sa grande sœur et réciproquement d'ailleurs, ce qui est toujours
agréable finalement quand on y pense. N'en avez-vous pas assez des
cross-overs et events majeurs où tout part en vrille d'une série à
une autre parce que les raccords sont assez peu travaillés ?
Ici
nous n'avons pas ce problème, les aventures des nouveaux étudiants
de l'Académie Fatalis peuvent même carrément se lire sans avoir la
moindre connaissance des événements principaux dans le reste du
monde, un peu comme la situation de la Latvérie sous son dôme de
magie pure, isolée et protégée, vivant sa petite vie dans son
coin.
Troisième
chapitre sur les cinq annoncés, ce qui veut donc dire que nous en
sommes à la moitié de la série, déjà... je peine à me
représenter le chemin parcouru depuis la toute première page il y a
deux numéros de cela, et j'imagine mal également ce qui pourra être
raconté dans les deux prochains. J'espère surtout comme souvent que
le final sera à la hauteur des attentes et qu'il vaudra vraiment la
peine d'avoir collecté les différents chapitres les uns après les
autres ! Réponse prochainement.
Alors
qu'il enchaîne les entretiens d'embauche sans rencontrer le moindre
succès, malgré ses éminentes qualités personnelles, Peter Parker
commence sérieusement à craindre pour sa vie professionnelle en
jachères constantes.
Mais
alors qu'il vient tout juste, et contre toute attente, de décrocher
un entretien potentiellement crucial et ce au dernier moment, voilà
qu'il doit de nouveau s'absenter en urgence car la mission de
l'incroyable Spider-Man ne s'arrête jamais vraiment !
En
effet, le Rhino vient de faire sa réapparition et dévaste tout sur
son passage au cours d'une course folle à travers les avenues de New
York. Spidey tente en vain de le stopper et de le raisonner, mais on
dirait que le vilain est pris d'une rage folle et qu'il semble
imperméable à toute tentative de dialogue, détruisant simplement
tout ce qui se trouve devant lui lors de sa charge. Même un camion
balancé en pleine tête ne suffit pas à le calmer...
Mais
soudain, catastrophe : Aleksei s'effondre au sol, inconscient,
en train de faire une crise cardiaque sous les yeux médusés de
Spider-Man qui tente alors tout son possible pour le ranimer et
relancer son cœur au plus vite tandis que les secours arrivent
difficilement sur place.
Dans
l'ombre, un nouveau complot semble se tramer parmi les super-vilains
les plus connus de l'Homme-Araignée, et le retour aux affaires de
Roderick Kingsley alias le véritable Super-Bouffon a de quoi donner
des sueurs froides quand on découvre qu'il trafique une nouvelle
sorte de drogue assez répandue dans le milieu criminel. Les chances
que l'on remonte jusqu'à lui sont minces, mais Kingsley préfère
comme toujours se préparer à tout et surtout au pire, en envoyant
un de ses agents mettre Spider-Man sur une fausse piste. Ou
l'éliminer, au choix.
Pendant
ce temps, Norman Osborn fait son come-back lui aussi dans le monde
des affaires en reprenant publiquement la présidence de son
entreprise Oscorp après une tentative ratée d'assassinat sur sa
personne par une ancienne victime collatérale du Bouffon Vert.
Norman, désormais purgé de sa folie meurtrière grâce à Peter,
souhaite de tout son être se racheter et déclare qu'Oscorp servira
une seule et même idée : rattraper tout le mal qu'il a pu
faire par le passé. La voix du Bouffon semble s'être tue, mais pour
combien de temps ?
---
Ça
démarre très très fort dans ce nouveau premier chapitre du run de
Joe Kelly sur la série Amazing Spider-Man nouvelle
mouture, avec des dessins magnifiques de Pepe Larraz en grande forme
lui aussi !
Comme
tout relaunch réussi, il s'agit de partir des fondamentaux du
personnage et de son univers pour rapidement extrapoler et lui offrir
de nouveaux horizons et de nouvelles aventures inédites à sa
hauteur, et ce coup-ci on dirait bien que c'est sur la bonne lancée.
Je
m'arrête cependant à ce numéro-ci en V.O., ne souhaitant pas me
gâcher la lecture d'un album complet quand ces nouvelles histoires
finiront par paraître chez nous grâce à Panini dans une collection
sans aucun doute adaptée pour l'occasion. Le mordant est bien là
quoi qu'on en dise, et l'envie d'en découvrir davantage sur cette
nouvelle affaire qui touche de près les super-vilains du Tisseur
elle aussi est bien présente. Il suffira de patienter un peu...
c'est dur mais jouable ! Et en tout cas, croyez-moi, ce début
vaut vraiment le coût !
Après
les échecs successifs des différents groupes de super-héros pour
révéler le vrai visage du Docteur Fatalis depuis la prise de
pouvoir mondiale de ce-dernier, les Avengers de Carol Danvers
commencent sérieusement à manquer d'options. Si bien qu'ils
finissent par demander de l'aide... aux Maîtres du Mal ! La
nouvelle formation comprend Arcade, Mysterio, le Docteur Octopus,
M.O.D.O.K., la Sorcière Rouge, Madelyne Pryor et le Baron Mordo, et
à eux tous ils devraient normalement pouvoir faire la différence.
Le
plan est relativement simple : puisque la provocation et
l'humiliation ne sont pas parvenues à faire craquer Fatalis devant
les caméras du monde entier, autant y aller franco et frapper fort
d'un seul coup ! Peut-être que, poussé dans ses
retranchements, le nouvel empereur planétaire révélera enfin le
visage que tous lui connaissent... ou pensent lui connaître, du
moins.
Tandis
que les Avengers et leurs nouveaux alliés tentent une incursion
forcée à la frontière de la Latvérie, toujours verrouillée par
un dôme de pure magie infranchissable, afin d'attirer l'attention de
Fatalis sur cette zone précise, les sorciers et magiciens de
l'équipe unifiée vont tenter d'entrer en contact avec les esprits
des grands dirigeants mondiaux afin de déterminer quel sortilège
Fatalis a bien pu utiliser pour les convaincre tous d'adopter sa
nouvelle politique sans rechigner.
Lorsque
le combat commence, tout semble se passer comme prévu :
l'intervention des Maîtres du Mal déstabilise Fatalis juste ce
qu'il faut pour le mettre à terre, mais rien ne suffit
malheureusement à l'achever, tout juste est-il maintenant contrarié.
Cependant, il ne contre-attaque pas avec toute sa puissance comme on
aurait pu s'y attendre, ce qui en soi est déjà un signe inquiétant
pour le plan de nos héros.
Enfin,
l'information tombe dans les esprits de tout le monde via le lien
mental magique établi par la Sorcière Rouge : après
inspection profonde des esprits dirigeants de la Terre toute entière
via les plus importants d'entre eux, il s'avère qu'aucune magie,
aucune duplicité, aucune machine n'a été utilisée contre eux pour
les faire plier. En réalité, et bien que cela soit encore plus dur
à croire pour les Avengers, ils se sont tous ralliés à Fatalis
d'eux-mêmes et en pleine possession de leur libre-arbitre,
simplement parce qu'il a su les convaincre et utiliser ses vastes
ressources pour accorder à chacun ce qui lui manquait afin d'établir
une paix mondiale durable. Juste de la politique et de la diplomatie,
rien d'autre.
Sonnés,
les héros s'attendent à devoir des comptes à leur ennemi de
toujours mais celui-ci leur demande plutôt de l'accompagner jusqu'à
la prison du Raft, au large de New York, où plusieurs détenus parmi
les plus dangereux préparent une évasion massive en ce moment-même.
Fatalis laisse toute la gloire de ce nouveau combat aux héros d'ores
et déjà considérés comme déchus par la population qu'ils
protégeaient jadis, tandis qu'il renforce encore davantage son aura
de sauveur providentiel auprès des médias.
Mais
pendant ce temps, certains devoirs incombant d'ordinaire au Sorcier
Suprême ne sont pas remplis, et une entité nocive entre toutes a
fini par en prendre pleinement conscience et s'apprête désormais à
attaquer la Terre et toute la réalité du même coup !
---
Dans
ce troisième numéro de cet event Marvel, c'est encore un échec
cuisant pour les héros face à l'apparente immaculée innocence du
nouveau Sorcier Suprême Fatalis. Après les Quatre Fantastiques
renvoyés dans les cordes devant l'O.N.U., ce sont maintenant les
Avengers qui font les frais de leurs propres craintes paranoïaques
concernant l'ancien super-vilain qui n'offre que la paix et la
stabilité à ce monde qui se méfie tant de lui.
Qu'en
penser, nous lecteurs de comics, que l'on soit nouveau venu ou fan
expérimenté ? Je n'ose le formuler, mais il se pourrait bien
qu'en définitive Fatalis soit véritablement sincère dans sa
démarche, et que l'obtention du titre et des pouvoirs du Sorcier
Suprême de la Terre a suffi à lui donner les moyens d'enfin
réaliser sa grande vision globale pour la planète, sans la moindre
violence envers les civils.
Oui
je précise pour les civils, et même les héros un peu, mais il ne
faut pas oublier que ce règne s'est ouvert par le massacre des
troupes de l'HYDRA du Baron Zémo et l'aveu du meurtre de Crâne
Rouge. Pas forcément ceux que l'on regrettera le plus je suis bien
d'accord, mais le sang versé a tout de même servi à sceller
l'union mondiale de Fatalis. Qui sait quels autres secrets il a pu
dissimuler dans l'ombre durant les six mois où il était reclus en
Latvérie pour préparer son ascension ?
Pas
le temps de s'attarder sur cette idée toutefois, car un nouvel
adversaire fait son entrée à la toute fin de ce chapitre et devrait
poser de sérieux problèmes à un Fatalis qui semble avoir négligé
quelques obligations en tant que Sorcier Suprême au profit de son
grand projet, un inévitable retour de bâton que l'on peut d'autant
plus craindre que même Stephen Strange ne parvenait que
difficilement à gérer cette entité en son temps !
Après
s'être essayée à intégrer différentes équipes de super-héros
sur Terre, la jeune cousine de Superman est forcée de constater que
personne ne veut d'elle où que ce soit, ou du moins que les bonnes
volontés autour d'elle ne sont pas légions, et ce malgré les
meilleures recommandations venant de Batman en personne.
C'est
au cour d'une mission-test d'infiltration au sein d'un gang de
pirates méta-humains que les choses vont soudain se corser pour
Kara, obligée de jouer un double-rôle qui la met constamment en
danger d'être identifiée et éliminée. Elle fera alors la
rencontre, au moment le plus critique et alors qu'elle venait de
reprendre le contrôle de la situation, d'un nouveau venu tout comme
elle sur Terre, un certain Power Boy.
Ce
nouveau héros fascine aussitôt Kara, au moins autant qu'il est
lui-même fasciné par la Kryptonienne, et rapidement et contre tous
les principes de précautions ils vont commencer à organiser leurs
rondes et leurs patrouilles à deux, se lançant quelques défis au
passage mais surtout se rapprochant dangereusement l'un de l'autre,
deux étrangers sur une planète qui ne les accepte pas tout à fait.
Mais
Power Boy n'est pas aussi innocent et sincère qu'il en a l'air ou
qu'il veut bien le faire croire. En réalité, il n'est pas fasciné
par Kara : il est littéralement obsédé par elle en
permanence, voulant tout connaître et tout contrôler autour d'elle.
Quand Kara finit par se rendre compte de la supercherie, il est déjà
trop tard elle s'est bien trop dévoilée à son partenaire et il
utilise tous les leviers à sa disposition pour lui faire mal et la
ramener dans son giron. Heureusement, la cousine de Superman n'est
pas du genre à se laisser faire sans réagir, et Power Boy en sera
quitte pour un magistral coup de genou cosmique dans les parties et
un solide avertissement, qui ne présage rien de bon pour la suite
s'il venait à croiser à nouveau le chemin de Supergirl.
Hélas,
Kara est bien plus perturbée par cette affaire de cœur qu'elle ne
le devrait, en grande partie parce qu'elle commence à avoir des
réminiscences de son passé sur Krypton et plus particulièrement
des dernières consignes laissées à son attention par son père,
Zor-El, avant de l'envoyer sur Terre rejoindre son cousin : elle
devait non pas le protéger... mais tuer Kal-El, à n'importe quel
prix !
Comment
survivre à une enfance brimée et une adolescence incomplète quand
le seul but qu'on lui ait fixé soit de détruire la seule famille
qui lui reste dans tout l'univers connu ? Kara ne peut s'y
résoudre, mais les souvenirs se font de plus en plus pressants, et
ses propres pouvoirs commencent également à lui jouer des tours et
à devenir incontrôlables, comme réagissant à une sorte de
conditionnement.
Refusant
catégoriquement de faire du mal à Kal-El, Kara se lance à corps
perdu dans une quête de sens à donner à sa vie, plus encore
qu'auparavant, mais elle ne fait que retomber encore et encore sur
les mêmes derniers vestiges de sa mémoire avant son départ de
Krypton : une civilisation au bord de la ruine, gangrenée par
un mal mystérieux qui se serait propagé, selon son propre père, à
cause des expérimentations de son oncle Jor-El sur la Zone Fantôme.
En creusant un peu plus profond, Kara se rend soudain compte qu'elle
se souvient aussi d'éléments contradictoires dans ce récit, et que
les paroles de son père sont peut-être moins fiables qu'elle ne les
pensait.
Mais
quand la Terre est soudain attaquée par une vague d'esprits en
colère cherchant à tout détruire et à posséder les mortels comme
les méta-humains, Kara y voit la conséquence de la présence de son
cousin Kal-El sur sa planète d'adoption. Comme en réponse à cette
seule présence, les spectres maudits arrachés par Jor-El de la Zone
Fantôme ont suivi sa piste et sont parvenus à atteindre son refuge,
contaminant toute la population sans que rien ne puisse endiguer le
fléau. En plus, suite à un nouveau rappel à l'ordre sur Power Boy,
le soleil est désormais devenu rouge ce qui signifie que les
pouvoirs des Kryptoniens sont bloqués !
Et
pendant cette situation de crise majeure, comme si ça ne suffisait
pas, Kara va devoir affronter une version alternative d'elle-même,
ou plus précisément de Supergirl, pour avoir le droit de porter
cette identité fièrement et de revendiquer sa propre existence dans
le grand continuum. Il s'agit en réalité d'une manœuvre du Monitor
en personne, qui a décelé au retour de Kara dans la trame de la
réalité de possibles grands bouleversements à venir pour l'univers
tout entier, et désirait la tester pour savoir jusqu'où elle serait
prête à aller en cas de danger ultime. Satisfait de la jeune femme
et de la conclusion de ses tests, le Monitor met fin à l'expérience
et intronise officiellement aux yeux du cosmos cette Kara Zor-El
comme étant la seule et unique Supergirl !
Seulement
le rôle de Supergirl est loin d'être de tout repos, il faudra aider
les humains à l'accepter tout en gérant les multiples crises qui se
présentent sur sa route, comme la guerre entre les USA et les
Amazones par exemple, ou encore prêter main forte à Superman pour
répondre activement au courrier de Noël qu'on lui adresse du monde
entier chaque année. Prouvant à chaque étape qu'elle est maîtresse
d'elle-même, de son image comme de ses choix, Kara finit par être
petit à petit acceptée pour ce qu'elle est et apporte au monde plus
que pour ce que l'on attend d'elle en la comparant sans cesse à
l'image de son cousin. Elle décide alors, avec le consentement des
premiers intéressés, de tenter sa chance pour rejoindre les Teen
Titans et intégrer enfin une formation de héros en devenir qui
voudra d'elle !
---
La
trame principale de ce second tome compilant les épisodes de la
série Supergirl des années
2000, quatrième en titre d'ailleurs il me semble, est écrite par
Joe Kelly, un scénariste qu'il n'est plus besoin de présenter tant
il s'est rendu indispensable et omniprésent chez les grands éditeurs
de comics depuis des décennies.
Quand
Joe Kelly récupère le destin de Kara Zor-El, on sent qu'il ne sait
pas encore trop quoi en faire ni à quels autres personnages la
confronter. C'est vrai, après tout, on a là une copie
plus-que-parfaite de Superman qui de par sa nature adolescente et la
virulence de ses émotions comme de ses pouvoirs ne peut s'intégrer
nulle part durablement sans générer des tensions, en elle comme
autour d'elle.
Comme
souvent chez Kelly, on assistera alors plutôt à une profonde remise
en question des fondamentaux du personnage dont il a la charge,
passant tantôt d'une envie de tout envoyer bouler et de faire sa
propre vie comme elle l'entend jusqu'à une phase plus tragique où
les responsabilités s'imposent de nouveau et ne peuvent
malheureusement pas être évitées plus longtemps. Le même
mécanisme a été utilisé pour l'arc récent des 8 Morts de Spider-Man chez Marvel par le
même auteur, avec un peu plus de maîtrise forcément les années
aidant.
Heureusement
ce n'est pas tout ce que vous trouverez dans cet album-ci, Joe Kelly
finit par céder sa place à Tony Bedard pour les trois derniers
chapitres qui traitent tous d'une certaine façon de la manière dont
Kara parviendra à se faire enfin accepter et valoriser pour ce
qu'elle est et non pour ce qu'elle représenterait idéalement. C'est
ainsi, à mon sens, que la chaîne proverbiale est enfin brisée pour
de bon et qu'un excellent personnage peut enfin rejoindre un lectorat
demandeur et reconnaissant de partager ses nouvelles aventures !
Vous
l'avez aussi senti dans mon résumé, à travers le personnage de
Power Boy, nous avons déjà pour cette seconde moitié des années
2000 un traitement assez clair de ce qu'est une personnalité de
pervers narcissique toxique envers les femmes, jeunes de préférence,
et Kara était sans aucun doute la meilleure des héroïnes à lui
opposer pour le faire tomber de son piédestal et briser une emprise
qui n'avait que trop duré. Comme quoi les thématiques féministes
sont bien présentes même dans des comics Supergirl que
l'on a longtemps qualifié de lectures pour bimbos écervelées ou
mecs en manque. De là jusqu'au récent film Barbie,
il n'y a que quelques pas à franchir...
La
version des années 2000 de Kara s'oppose ainsi très frontalement à
celle de l'Âge d'Argent qui revient ici la tourmenter et la
rabaisser constamment avant que le Monitor n'y mette un terme, mais
même sans lui la nouvelle Kara avait largement remporté la bataille
morale pour son droit d'exister hors des sentiers battus et des
clichés masculinistes d'une industrie encore trop peu diversifiée
dans ses contenus à l'époque.
Après,
tout n'est pas non plus d'un niveau excellent dans cette série et
dans ce tome tout particulièrement, et je dirai que ce qui m'a le
moins intéressé vient des chapitres liés à l'event Infinite
Crisis où Kara doit encore
trouver sa place sans trop déranger. Le travail graphique formidable
de Ian Churchill, Alé Garza, Renato Guedes et Joe Benitez suffit
cependant amplement à combler l'écart de qualité des différentes
étapes du scénario, que de grands noms ou de grands talents
associés à une icône de la pop-culture qui monte toujours plus
haut !
En
Équateur, un nouveau sceau retenant le démon Liminal prisonnier de
sa dimension ténébreuse est sur le point d'être brisé par l'une
de ses lieutenants, ayant capturé plusieurs membres d'une expédition
scientifique dans la Forêt des Nuages, dont plusieurs sont des
mutants. Or le sang mutant semble toujours bien plus efficace quand
il s'agit de vaincre les barrières magiques entravant le démon
majeur... le temps est donc compté !
Avec
l'aide de Dani, qui vient de la rejoindre et qui s'inquiète
énormément pour elle à présent que Yana a passé un pacte avec
Liminal, Magie fait tout son possible pour contrebalancer les effets
néfastes de cet accord sur ses pouvoirs, mais elle est
malheureusement contrainte de reconnaître que ses forces diminuent à
mesure que celles de Darkchild, quelque part en elle, grandissent.
Illyana
est cependant en grave crise de confiance vis à vis de son amie
comme d'elle-même, et au fond de son esprit elle sait qu'elle ne
parviendra pas à résister encore très longtemps à l'influence de
sa version maléfique tapie dans les ténèbres et attendant son
heure. Entraînées au fin fond de la forêt, les deux mutantes
finissent par tomber sur le sceau magique en train d'être défait
par la démone à la solde de Liminal, et les combats se font plus
intenses et épuisants sur le terrain.
Pour
éviter le massacre des scientifiques retenus en otages, Magie libère
sa puissance et utilise le pouvoir de Darkchild pour augmenter ses
sortilèges et parvenir à ramener le sceau à la normale après le
départ de l'ennemie, mais cela aura forcément de graves
répercussions sur sa santé mentale et son intégrité morale.
Darkchild est chaque jour plus proche de prendre le dessus sur
Illyana, et cette perspective la terrifie véritablement.
Bien
consciente de cette situation et de sa propre impuissance quant à
aider son amie de toujours, Dani finit par demander en privé à Cal
Isaacs de garder un œil sur Illyana en toutes circonstances, tout en
le prévenant de faire attention car la paranoïa qui s'installe dans
l'esprit de Magie risque de la rendre méfiante même envers ses
propres amis. Un conseil avisé... dommage qu'il soit d'ores et déjà
inutile, car Yana a entendu toute la conversation et se sent trahie
comme jamais !
---
La
série Magik débutée en
Janvier de cette année nous apporte toujours son lot d'action et de
retournements de situations, mais surtout du drama en pagaille à
mesure que l'esprit d'Illyana sombre de plus en plus et que son
pendant maléfique prend les commandes.
Le
pacte passé avec Liminal la condamne de toute façon à un avenir
des plus sombres, et maintenant le manque flagrant de confiance de
Dani envers ses capacités à enrayer le Mal en elle achève de lui
briser le cœur, et peut-être aussi son esprit au passage.
Je
ne suis pas forcément fan du dessin de Germán
Peralta mais au moins le scénario d'Ashley Allen est efficace et va
droit au but, même si parfois il y a forcément un peu de
remplissage pour tenir le nombre de pages par chapitre. Magik
est
une série agréable à suivre au demeurant, avec un personnage
principal vraiment fort mais dont les faiblesses sont à la hauteur
de cette force affichée fièrement. Je croise les doigts pour que
tout se passe au mieux et que Darkchild ne finisse pas par remplacer
Illyana dans son propre corps...
Avant
de se quitter, jetez donc un œil à la couverture de ce chapitre
signée J. Scott Campbell une fois encore. Ne trouvez-vous pas que le
visage central d'Illyana ressemble énormément à celui de l'actrice
Anya Taylor-Joy, qui interprétait le personnage dans le film Les Nouveaux Mutants
il y a déjà quelques années de cela ? Perso je suis convaincu
que c'est le cas et que Campbell s'est largement inspiré des traits
de la sublime actrice pour réaliser ce gros plan. Mais c'est
peut-être juste le fan en moi qui parle et prend ses désirs pour
des réalités...
Aspen,
Kiani et Anya sont piégées dans l'antre de Taras, emportées par
les tentacules empoisonnés des énormes calmars génétiquement
modifiés pour venir à bout des pouvoirs des Bleus, y compris ceux
faisant partie de l'Élite. Impuissantes, elles assistent au
lancement de la machine qui devra fusionner l'esprit de Taras avec le
corps de la pauvre Anika, nourrisson ne comprenant même pas ce qui
lui arrive...
Dans
un ultime effort de volonté, Kiani parvient à se dépêtrer de l'un
des calmars en le blessant gravement, puis elle libère sa mère Anya
et enfin Aspen, mais le poison qui coule dans leurs veines les rend
trop faibles pour combattre sur le moment. Kiani se retrouve donc
seule et elle-même affaiblie face à Taras qui en profite pour la
frapper de toutes ses forces restantes afin de la neutraliser pour de
bon, mais c'est sans compter sur l'énergie d'une mère voyant son
enfant en danger !
Anya
parvient contre toute attente à rassembler assez de forces pour
saisir l'épée de Kiani et blesser Taras assez sérieusement pour
qu'il abandonne le combat et se concentre sur sa nouvelle
assaillante, le temps que Kiani et Aspen recouvrent leurs forces.
Mais la machine est déjà opérationnelle, et Taras embarque alors
dans sa propre capsule, prêt pour la fusion imminente et
irréversible. Endommageant gravement la console de commandes, Kiani
provoque une série d'explosions qui dévastent la caverne et le
laboratoire clandestin, ne laissant que peu de chances quant à la
survie de sa petite sœur Anika...
De
retour auprès de Killian, Anya sait qu'elle a irrémédiablement
perdu sa confiance en lui soustrayant sa seconde fille et en ne
l'ayant pas ramenée avec elle, mais elle n'en a cure car le deuil
accapare toutes ses pensées. Pourtant, elle en est persuadée
quelque part en elle, Anika est encore en vie quelque part et doit
être retrouvée à n'importe quel prix !
De
son côté, Aspen digère mal la catastrophe de cette opération
ratée, elle à qui on avait demander son aide en dernier recours, en
guise de dernier espoir... Entourée de ses amis de la surface, la
jeune femme ne peut que chercher le réconfort et, peut-être,
oublier quelques temps ses responsabilités envers les Bleus et leur
monde cruel.
Quant
à Kiani, elle repart libre de cette histoire, mais le fiasco du
sauvetage de sa petite sœur la pousse à abandonner le monde des
Bleus et à gagner celui de la surface, dans un but encore incertain.
Pourtant, Anya avait raison : Anika est toujours en vie, mais
désormais entre les mains de la terrible reine des contrées
océaniques glacées, dont le but inavouable semble bien être de
lancer une nouvelle ère de conquêtes et de batailles sanglantes
entre les mondes, avec l'aide des pouvoirs latents de l'enfant !
---
C'est
le cinquième et dernier chapitre de cette saga, une mini-série à
part entière dans le monde de Fathom et
qui doit nous conduire à la série principale suivante, All-New
Fathom, et forcément à de
nouveaux combats.
Est-ce
que c'était bien de bout en bout ? Je craignais que le final ne
soit pas à la hauteur, et j'avais tort heureusement. Les artistes se
sont bien appliqués pour que ce dernier chapitre à lui seul vaille
largement le coup de se procurer la mini-série et d'attendre la
suivante, et les dessins de V. Ken Marion sont toujours au top quoi
qu'il arrive.
Le
retournement final de situation avec la survie d'Anika mais le
sacrifice de Taras pour la cause nocive de sa mère laisse beaucoup
de pistes à suivre pour l'avenir immédiat, et on ignore toujours
quel accord a bien pu passer Killian quand il cherchait sa fille
auprès des renégats. La seule puissance qui n'ait pas été mise en
action dans cette histoire est celle des nations de la surface, mais
immanquablement ça finira par venir et il faut donc s'attendre à
une nouvelle guerre entre les mondes.
La
suite prochainement, si cela vous dit toujours autant qu'à moi. J'ai
cru comprendre que ces articles avaient fait quelques vues
intéressantes durant ma chronique de cette Elite Saga,
je m'engage donc assez sereinement à vous fournir les séries
suivantes et surtout avec grand plaisir !
Un
méga-concert organisé en Californie pour célébrer l'unité dans
le monde entier, avec une retransmission internationale, et
rassemblant les meilleurs artistes à pouvoirs qui soient ? Que
demander de plus ?
Embarquez
pour un programme chargé en émotions et en bonnes vibrations, avec
en tête d'affiche nulles autres que Dazzler la Diva du Disco, Luna
Snow la nouvelle sensation Coréenne, et Lila Cheney et sa voix venue
d'autres dimensions ! Accompagnées par un ensemble d'artistes
de tous les horizons, ces stars sans pareilles vont chanter, danser
et illuminer la scène durant des heures pour le bien de l'union
entre les peuples et les espèces, humaines comme mutantes !
A
moins bien sûr que de sinistres individus ne profitent de ce show
hors-normes pour leur voler la vedette et utiliser une musique bien
moins respectueuse pour dissimuler un texte qui, une fois repris et
chanté par tout le public sous hypnose, ouvrira rien moins qu'une
faille entre les univers et libérera une créature de pure cauchemar
sur notre monde !
A
charge donc aux trois chanteuses d'arrêter les membres de Deep Void
avant qu'ils ne parviennent à invoquer leur terrible entité
cosmique, et avec l'aide de toutes les bonnes volontés sur place
ainsi que de Ghost-Spider venue profiter de toute la bonne musique,
rien ni personne ne saurait mettre en danger le public en ce jour de
fête !
---
Dans
ce one-shot dont le titre fait évidemment référence à un
événement Marvel d'il y a déjà bien longtemps, nous retrouvons
donc trois grandes stars de la chanson de l'univers Marvel et de la
Terre-616 plus particulièrement. Sous l'impulsion de Dazzler, dont
la célébrité est peut-être passée mais dont la réputation n'est
plus à faire, tout le monde va pouvoir se donner à fond et
participer à la plus grande fête qui soit pour les meilleures
raisons possibles !
Sauf
que Dazzler elle-même n'est pas au mieux de sa forme ces temps-ci,
et qu'elle dissimule à tout son entourage ses graves problèmes de
santé. Apparemment seule Domino, au service sécurité de
l'événement, est au courant mais elle ne peut rien faire seule pour
aider Alison à surmonter son mal. Il faudra donc là aussi l'union
des autres artistes et des fans de la première comme de la nouvelle
heure pour ramener Dazzler sur scène et que le show soit enfin
complet !
Quant
au groupe-pirate du jour, les Deep Void, ce ne sont évidemment que
des seconds couteaux parmi les super-vilains de tous poils mais ils
peuvent se montrer assez dangereux grâce à leur technologie
d'hypnose et de retransmission mondiale. A grande échelle, leur
chanson met en danger le monde tout entier, mais fort heureusement
les héroïnes sont là et ensemble elles vont réussir à chasser
les mauvaises pensées pour de bon !
La
petite apparition de Spider-Gwen était assez sympa en soi, et elle
se verra elle aussi offrir une bonne place sur le devant de la scène
lors du concert final une fois la menace écartée. Bref c'était un
micro-événement qui ne débouchera sans doute jamais sur rien de
sérieux par la suite, mais c'était bien agréable à lire !
Merci Marvel !
En
pleine mission avec Magie pour capturer un tueur de mutants à la
solde de Trevor Fitzroy, Kwannon est soudainement rattrapée par une
vision d'horreur mettant en scène sa fille décédée il y a bien
longtemps, ce qui la déstabilise suffisamment pour permettre au
vilain de s'enfuir à travers un portail de téléportation.
De
retour à l'Usine, Psylocke s'interroge sur les nombreuses visions
qu'elle a eu récemment, depuis sa confrontation avec le Taxonomiste
dans son antre, quand il l'a empoisonnée avec une substance
hallucinogène toxique. Dès cet instant, elle n'a cessé d'être
harcelée par des visions d'elle-même ou de sa fille, parfois avec
le visage de Betsy Braddock à la place du sien. Plus ça va et plus
les visions semblent réelles et tangibles... au point que Kwannon se
demande si ce ne serait pas une manifestation provoquée par ses
propres pouvoirs psychiques en train de dérailler.
Magie
lui propose alors d'aller retrouver un contact à elle spécialiste
des cas de hantise, mais il faut pour cela se rendre jusqu'à la
Nouvelle-Orléans où se trouve l'équipe de Malicia et Gambit, et le
moins que l'on puisse dire c'est que les deux factions de X-Men ne
s'entendent pas très bien ces temps-ci... mais qu'importe, le
problème doit être solutionné au plus vite.
Sur
place, dans un cimetière jouxtant une luxueuse propriété, Psylocke
et Magie rencontrent Deathdream qui confirme à Kwannon qu'elle est
bien hantée par de nombreuses âmes, celles de ses victimes, et
encore autre chose qui semble toujours planer non loin d'elle et
guetter le moment propice pour frapper. Mais avant qu'il ne puisse
aller plus loin dans son analyse, Malicia surgit et provoque un tel
désordre que l'entité prend possession de Deathdream et se met à
attaquer les trois mutantes !
---
Avec
ce sixième numéro de la série Psylocke nouvelle
version nous entamons un nouvel arc centré cette fois-ci apparemment
sur cette mystérieuse entité qui hante et harcèle Kwannon dans les
plus mauvais moments, comme si ses propres souvenirs de sa vie
d'avant n'étaient pas déjà suffisants pour la torturer au
quotidien !
Je
suis content d'avoir vu Magie dans ce chapitre, ainsi qu'une petite
tranche de vie entre les deux mutantes devenues amies par la force
des choses et de leurs combats. Comme je ne suis pas les autres
séries principales en V.O. en ce qui concerne les X-Men, j'ignore
totalement ce qui a bien pu pousser les équipes à se séparer ainsi
mais elles ont l'air de s'en vouloir mutuellement... il vous faudra
attendre que je rattrape mon retard dans les parutions bimensuelles
de Panini pour en savoir davantage.
Pour
le moment, nous quittons l'Alaska pour rejoindre la Louisiane, terre
de magie noire et de nombreux mystères liés à l'après-vie, un
terrain idéal donc pour explorer la hantise dont semble être
victime Psylocke actuellement. Quelle que soit cette entité, elle
semble bien connaître Kwannon et savoir exactement sur quels points
douloureux appuyer dans sa mémoire pour la faire souffrir. Est-ce
une conséquence des poisons ingérés par la faute du Taxonomiste
précédemment ? Ou bien quelque chose attendait-il réellement
son heure pour apparaître et sévir autour de Kwannon ?
Toutes
ces questions demeurent pour l'instant sans réponses et c'est bien
normal puisqu'il nous faudra avancer un peu plus dans ce nouvel arc
pour en apprendre plus, sinon il n'y aurait aucun besoin d'en faire
une série sur le long terme ! J'espère juste que ça ne
prendra pas trop de temps, même si explorer le passé de Kwannon
s'avère assez intéressant en principe, ce personnage étant encore
relativement méconnue du grand public depuis sa réapparition dans
son propre corps durant l'ère de Krakoa. Il demeure beaucoup de
mystères et de zones d'ombres que l'autrice Alyssa Wong se propose
de nous révéler peu à peu, encore faut-il que cette nouvelle
intrigue puisse tenir sur la durée !
Cannon
est donc bel et bien revenu d'entre les morts... à moins qu'il ne
s'agisse d'une nouvelle ruse ? En réalité, c'est l'esprit de
Taras qui a pris le contrôle du corps de Cannon après que Kiani ait
assassiné ce-dernier lors de leur ultime affrontement, un corps qui
dépérit de plus en plus à mesure que le temps passe... mais pour
cela, Taras a une solution idéale à portée de main !
Alors
qu'Aspen et Kiani combattent Taras, il leur révèle ce qu'elles
redoutaient le plus sans oser se l'avouer : c'est bien lui qui a
commandité l'enlèvement d'Anika, la seconde fille de Killian et
Anya, pour s'emparer de son corps contenant le pouvoir d'un Bleu
d'Élite et y transférer son esprit afin de renaître une fois de
plus ! Le combat tourne court cependant, le corps de Cannon
étant trop affaibli pour résister aux pouvoirs combinés de Kiani
et d'Aspen. Mais là aussi, Taras semble avoir tout prévu...
Piégeant
les deux femmes dans un circuit bio-électrique alimenté par les
armes étranges des mercenaires qu'il avait engagé pour servir sa
cause, Taras en profite pour s'enfuir et regagner son laboratoire
clandestin où l'attend déjà la pauvre Anika, enfermée dans une
machine prête à effectuer le transfert spirituel. Grâce à son
savoir et à son pouvoir, Aspen parvient à briser le filet
électrique et Kiani en profite alors pour éliminer un à un les
mercenaires qui les retenaient, n'en laissant qu'un seul en vie pour
leur indiquer où se trouve Taras.
Réussissant
à rejoindre le vilain juste avant qu'il n'active son infernale
machinerie héritée des troubles expériences de sa mère, Aspen et
Kiani ne peuvent progresser davantage car Taras met la vie d'Anika
directement dans la balance, prêt à la détruire intégralement si
jamais elles font un geste dans sa direction. Comme elles le devinent
aisément, ce n'est qu'un coup de bluff de la part de Taras, mais il
avait encore un dernier piège à leur intention : deux
créatures tentaculaires et gigantesques apparaissent soudain pour
les capturer ! Comment feront-elles pour se sortir de là avant
que Taras n'active sa machine et ne se transfert dans le corps
d'Anika ?
---
Réponse
dans le cinquième et dernier chapitre de cette nouvelle saga dans le
monde de Fathom, série
emblématique de Michael Turner reprise ici par la crème de son
école artistique en 2013 pour célébrer les dix ans de la maison
d'édition indépendante fondée par le maître, et les quinze ans
d'existence de la série elle-même.
Comme
mon résumé vous le fait très certainement ressentir, ce n'est pas
vraiment par la qualité de ses dialogues ou de ses rebondissements
que cette nouvelle mini-série brille dans la continuité des travaux
de Turner, mais plutôt par ses dessins, élément essentiel à plus
d'un titre dans cette industrie qu'est l'édition des comics.
Bien
souvent les séries publiées par des éditeurs indépendants ou des
petits labels font surtout appel au sens esthétique pour faire
valoir leur qualité, au détriment du scénario malheureusement
selon moi. Ici c'est le cas et je suis bien obligé de le
reconnaître, nous en sommes au quatrième chapitre, l'avant-dernier,
et je m'attendais à mieux je dois l'avouer. Je ne retrouve pas
vraiment l'atmosphère si particulière des séries précédentes et
surtout des deux premières, mais quelque part je comprends aussi
cela car il s'agit avant tout d'un hommage plus que d'une vraie
suite.
Le
vrai point fort vient donc encore une fois des designs et dessins de
V. Ken Marion, très fidèles à ceux de Michael Turner, on y
retrouve même un découpage assez similaire à celui du créateur de
cet univers dans les toutes premières pages, avec notamment cette
superposition des visages coupés en leur milieu verticalement sur
toute une page avec des éléments de souvenirs en fond, chaque
personnage s'adressant ainsi au lecteur à travers ses pensées et sa
mémoire des événements précédents.
Quant
à la dose d'action, elle est toujours bien là elle aussi mais assez
incompréhensible dans le sens où tout arrive très vite, tout
semble précipité, sans vraiment qu'il n'y ait de moment fort ou
vraiment emblématique, mais pour cela il faut peut-être attendre
encore un peu et découvrir le cinquième et dernier chapitre pour
être rassasiés. Nous verrons bien, quoi qu'il en soit ça me fait
toujours plaisir de plonger dans le monde de Fathom
pour y retrouver ses héroïnes fortes et rebelles, même si ça
pourrait être nettement mieux avec un peu plus de travail sur les
dialogues et le rythme.
Cassandra
est dans de beaux draps, capturée par les moines-guerriers de la
communauté des Déterrés et suspendue à l'envers au fond d'une
grotte obscure, en compagnie de sa propre mère Lady Shiva, toujours
égale à elle-même et l'admonestant pour l'échec de son opération
de sauvetage.
C'est
l'occasion ou jamais de mettre certaines choses à plat entre la mère
et la fille et de, peut-être, régler enfin une fois pour toutes ce
conflit qui les oppose depuis si longtemps. Cass en veut profondément
à sa mère d'avoir provoqué tous les récents événements
destructeurs à Gotham dans sa course folle pour échapper aux
Déterrés, tandis que Shiva trouve que sa fille s'est ramollie au
contact du Batman et de sa famille. Deux idéologies diamétralement
opposées qui devront pourtant faire cause commune au moins le temps
de se sortir de ce nouveau piège mortel...
Alors
que Cass vient de découvrir la vérité concernant la relation de
Shiva avec les Déterrés et la façon dont elle est à l'origine de
toutes leurs souffrances, le haut-prêtre de Shiva s'infiltre dans
les grottes et parvient à libérer les deux femmes, mais meurt à
son tour lors d'un nouveau guet-apens. Parvenant à s'enfuir dans le
réseau souterrain, Shiva et Cassandra décident de faire demi-tour
et d'affronter les troupes des Déterrés malgré le déséquilibre
plus qu'évident entre les forces en présence. Pour sauver sa mère,
Cassandra est déterminée à utiliser toutes les méthodes à sa
disposition, y compris et surtout les enseignements de son père
spirituel !
Usant
d'une véritable armée de chauves-souris pour désorienter leurs
ennemis, les deux combattantes parviennent contre toute attente à
émerger des grottes des Déterrés, mais alors que Batgirl s'apprête
à démarrer la moto qui les emmènera au loin, Lady Shiva décide de
rester sur place pour affronter les Déterrés qui s'élancent déjà
à leur poursuite, afin de laisser suffisamment de temps et d'avance
à sa fille pour lui sauver la vie. Impuissante, Cass assiste à la
défaite de sa mère face au redoutable Kalden le Non-Voyant. Dans
ses derniers instants, Lady Shiva se sera montrée fidèle à
elle-même mais également à son rôle de mère...
---
Ainsi
s'achève le premier arc de la nouvelle série Batgirl débutée
en 2024 et qui se centre tout particulièrement sur les aventures de
Cassandra Cain, fille de Lady Shiva et élève plus que douée du
Batman, qu'elle considère comme son propre père.
Sans
doute la combattante la plus expérimentée et brutale de la
bat-famille, Cassandra apprend toujours à se contrôler ainsi qu'à
appréhender le monde autour d'elle, un monde fait d'émotions et
d'échanges avec autrui, deux composantes qu'elle est encore loin de
maîtriser en raison de ses profonds traumas. S'appuyant sur
l'enseignement reçu de sa mère comme de son père, mêlant le
meilleur des deux mondes, Cass vient de vivre un nouveau déchirement
en perdant Lady Shiva, apparemment tuée par ses nouveaux ennemis.
La
question est maintenant de savoir ce que Cass fera à présent
qu'elle est sauvée et que sa mission de sauvetage a vraiment échoué.
Est-ce qu'elle cherchera vengeance en combattant les Déterrés
jusqu'à atteindre Kalden, ou bien voudra-t-elle en apprendre
davantage sur cette sombre affaire en approfondissant le passé de sa
mère et en suivant ses traces, tâchant de ne jamais se perdre en
route ? Réponse dans les prochains chapitres !
Le
jeune Minoru retrouve son PC personnel dans un état catatonique,
après qu'elle ait tenté de s'infiltrer dans les bases de données
gouvernementales. Parvenant à la ramener à elle, Minoru prend la
décision de ne plus lui installer les spécificités de sa défunte
sœur, le jeune garçon voulant désormais avoir une relation unique
avec son PC sans que le souvenir de sa sœur ne vienne le détourner
de cette nouvelle amitié. Yuzuki accepte cette décision, et Minoru
trouve ainsi la paix.
De
son côté, Hideki ne sait toujours pas quoi penser de Chii après la
démonstration de ses étonnantes capacités secrètes. Sur le chemin
du retour, alors qu'il se pose encore des tas de questions, le jeune
homme est surpris par un geste de pure tendresse et d'affection de
Chii envers lui, et cela le convainc de continuer à chercher la
vérité au sujet de sa petite PC si particulière, tout en
recherchant également son bonheur avant tout, sans la perturber
davantage.
Croisant
finalement Mlle Hibiya, Hideki laisse Chii à l'appartement et
accepte de suivre sa propriétaire dans son sous-sol pour qu'elle lui
raconte toute l'histoire des origines de Chii... car, enfin, Mlle
Hibiya a elle aussi pris une grande décision et ne souhaite plus
rester cachée à observer Chii vivre sa vie, alors qu'elle possède
tant de réponses dont la quête obsède Hideki. Mlle Hibiya commence
alors à raconter sa propre histoire, et celle de son mari...
Tous
deux ingénieurs en informatique et spécialistes des jouets, ils ont
voulu concevoir des poupées ultra-réalistes capables de réagir, ou
plutôt d'interagir, avec des humains. Emballés par leurs réussites,
ils ont également pallié le manque d'enfants dans leur couple en
créant deux poupées très spéciales, Freya et Elda, deux sœurs
qui devinrent dès lors leur plus belle joie et leur apportèrent de
très nombreux moments de bonheur en famille.
Mais
Freya tomba amoureuse de son créateur et père, et le tabou de cette
relation naissante la détruisit moralement ainsi que son programme
interne. Cessant de fonctionner et ne pouvant pas être réparée,
Freya a passé un pacte avec sa sœur Elda pour que celle-ci
recueille et abrite les souvenirs et sentiments de son aînée en
elle après sa disparition. Elda accepta, dotée elle aussi d'un
grand cœur, mais à une condition : que ses parents se
débarrassent d'elle par la suite, afin qu'à son réveil une fois
son programme revenu au point de départ après le transfert elle ne
puisse pas tomber elle aussi amoureuse de leur père, mais bien d'une
autre personne qui serait vraiment faite pour elle.
Ainsi
naquît Chii, lorsque Hideki la trouva dans la rue et la fit
redémarrer correctement sans même s'en rendre compte. Et depuis
tout ce temps, Chii s'est sincèrement et solidement attachée à
Hideki, au-delà d'un PC pour son propriétaire, et cette affection
mutuelle lui a permis de retrouver le lien des souvenirs de sa sœur
Freya, et d'enfin réaliser ses propres capacités. Cependant, les
ordinateurs du gouvernement sont toujours à sa recherche car son
programme unique au monde pourrait mettre en danger la sécurité de
l'ensemble du réseau !
Alors
que Hideki digère cette histoire, une attaque semble être lancée
sur l'appartement du jeune homme alors que Chii s'y trouve et vient
juste de retrouver ses souvenirs perdus et d'entrer en transe. Mlle
Hibiya demande alors à Hideki de protéger Chii et de la rendre
heureuse autant qu'il le puisse, avant de le laisser partir retrouver
la petite PC... Est-il bien la personne ''rien que pour elle'' que
Chii cherche tant ?
---
Dans
ce septième tome, avant-dernier de la série d'ailleurs, les choses
se précipitent et les révélations s'enchaînent pour nous
entraîner dans la dernière ligne droite !
Minoru
obtient à son tour son propre moment de bonheur avec son PC en
découvrant la vraie nature de son attachement à elle et en lui
permettant d'exister au-delà des souvenirs de sa défunte sœur
aînée. De son côté, Hideki découvre enfin toute la vérité à
propos de Chii, et si cela bouleverse le jeune homme ça ne remet
absolument pas en question son affection pour Chii et ses sentiments
qu'il assume de plus en plus envers elle.
Cependant
avec l'arrivée des ordinateurs du gouvernement il se pourrait bien
que la pauvre Chii soit menacée comme jamais auparavant, ce en
raison de sa capacité unique encore si mystérieuse et tellement
recherchée et redoutée... J'espère vraiment que Hideki parviendra
à la sauver juste à temps et qu'elle ne risquera pas un nouvel
effacement de ses données et programmes !
La
personnalité de Chii est ici creusée en profondeur pour nous
révéler ses secrets, ceux de ses origines et des étranges
photographies que recevaient Minoru et Hideki à son sujet. Comme
dans toutes leurs œuvres, les CLAMP parviennent encore une fois à
nous surprendre et à nous provoquer des émotions diverses mais
toujours assez fortes, en tout cas ce fut mon cas. Il me tarde
maintenant de découvrir la fin de ce manga d'exception qui prédisait
déjà en son temps l'attachement presque sans limites que les
humains et les machines peuvent concevoir dans certaines
circonstances. On pourrait aussi faire le parallèle avec les animaux
de compagnie je pense, dans un registre un peu moins développé
cependant évidemment. Vivement la suite et fin donc, tout bientôt
n'ayez crainte !
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Pratiquement
à l'agonie après sa victoire toute relative dans les Montagnes sur
le complot du prince Royal, Fitz n'en mène pas large et pourtant il
tente encore de repousser ses limites quand un rêve l'avertit que
Molly, la fille qui hante ses pensées, est en grand danger suite à
une nouvelle attaque des Pirates rouges. Une attaque totalement
inattendue puisqu'elle survient en plein Hiver, saison qui
d'ordinaire permet au royaume des Six-Duchés de souffler un peu.
Parvenant tant bien que mal à rejoindre Castlecerf avec l'aide de
son dévoué Burrich, le jeune homme fait mentir les assertions de
Royal qui avait fait courir la rumeur de son trépas à son arrivée.
Se
remettant finalement de ses maux, Fitz est prêt à reprendre son
apprentissage d'assassin à la solde du roi, mais une question se
posera rapidement dans son esprit : quel est le roi qu'il
souhaite servir ? Subtil n'est plus que l'ombre de lui-même,
mais c'est bien à lui que Fitz a prêté allégeance. Alors que
celui dont les efforts incessants et l'Art préservent le royaume
depuis des années n'est autre que le roi-servant Vérité, qui
mériteraient davantage de gens de confiance dans son entourage. Le
grand projet de Vérité est en plein accomplissement, la fabrication
de grands navires de guerre avec le bois apporté par la reine
Kettricken en cadeau de mariage, ce afin d'aller combattre les
Pirates rouges sur leur propre terrain et de faire enfin cesser la
terreur sur les côtes.
Pendant
ce temps, Royal intrigue toujours avec ses perfides alliés des
duchés intérieurs comme au sein des murs de Castlecerf, et son
nouveau complot pourrait bien signer la fin du règne de son propre
père le roi Subtil si l'on n'y prend pas garde ! Alors que Fitz
fait tout son possible pour se conformer à ce que l'on attend de lui
tout en déployant sa propre volonté et en dissimulant l'attachement
que le Vif lui a permis d'installer avec un jeune loup à moitié
sauvage, d'autres grands personnages du royaume commencent à avancer
leurs propres pions : ainsi, Kettricken elle-même grandement
désireuse de soulager la tâche de son mari Vérité prend les
commandes d'une unité chargée de traquer les redoutables forgisés
à travers les plaines entourant la capitale, et le peuple ne l'en
aime que davantage. Il y a enfin une reine à Castlecerf, et toutes
et tous vont bientôt devoir accepter les changements que cela
entraîne !
---
Pour
commencer j'aimerai faire mentir le résumé officiel présent en
quatrième de couverture de cette édition : non, Fitz ne
maîtrise pas encore l'Art dans ce second tome, mais il est en bonne
voie de se trouver un nouveau professeur des plus compétents en la
matière.
Tome
de transition surtout, du moins c'est l'impression qui ressort après
cette lecture, il n'y a rien de vraiment capital qui s'y déroule et
pourtant, pourtant, l'intrigue continue de se développer et Robin
Hobb installe avec génie, tout en délicatesse, les éléments
primordiaux qui viendront bouleverser la destinée du royaume dans
les prochains opus à n'en pas douter !
Une
grande part de ce récit est consacré à l'amour, sous diverses
formes. L'amour contrarié entre Fitz et Molly, l'amour dévoué de
Kettricken à sa nouvelle patrie et à son mari qui ne l'honore
point, l'amour d'une pauvre bête sauvée de la faim par un jeune
homme à fleur de peau, l'amour d'un roi pour son pays et son
peuple... il y a toutes sortes d'amours racontées ici, et de leur
intrication viendra la trame essentielle de ce qui demeure toujours
comme étant le début d'une grande saga.
Le
style de l'autrice est toujours aussi efficace et percutant, tout est
aisément compréhensible pour de jeunes lecteurs mais on sent que le
fond du récit s'adresse à un public assez expérimenté en la
matière, ou du moins un peu plus exigeant que la moyenne. Il n'y a
aucun mal selon moi à niveler l'expérience de lecture par le haut,
à condition que l'on parvienne à intéresser à peu près toutes
les sensibilités. Et c'est fort heureusement le cas ici une fois de
plus !
De
grands bouleversements sont à attendre et à redouter dès le
prochain tome, je gage que la paix toute relative dans laquelle se
trouve le royaume ne durera pas bien longtemps, et déjà on sent
poindre de nouveaux dangers alors que d'autres installés plus en
profondeur ne cessent d'agiter les consciences. Une saga de vraie
belle fantasy qui ne se démode aucunement et que cette nouvelle
édition rend accessible à notre époque de belle manière ma foi !
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !