vendredi 18 octobre 2024

La V.O. du vendredi n°263 - Fine Print tome 2 (Image/Top Cow - Avril 2024)


Lauren Thomas est maintenant, et sans doute pour la première fois de sa vie, en position d'influence. Elle qui a invoqué le droit sacré garanti par le Contrat d'Or, elle doit à présent décider avec quelle divinité du sexe elle voudra passer la période couverte par ledit contrat. Problème : elle a le choix entre deux excellents spécimens, qui sont à égalité dans tous les domaines. Un mâle, une femelle. Un incube, un succube. Et les deux ont vraiment des arguments très, très convaincants !


Une seule chose à faire dans cette situation, demander un arbitrage aux forces divines qui régissent les contrats. Mais un Contrat d'Or, ça ne s'obtient qu'une fois par siècle au maximum, et encore, quand les dieux sont généreux ! A problème exceptionnel, mesures exceptionnelles : Bauphette, divinité supérieure des Enfers, décrète sans vraiment pouvoir faire autrement que les deux parties devront se livrer à une compétition pour se départager aux yeux de leur contractante, et ce le plus vite et le plus efficacement possible !


Lauren se retrouve donc à expérimenter deux visions assez différentes du sexe, du romantismes et des formes qui l'accompagnent parfois, l'une après l'autre à tour de rôle. Mais ces pratiques avec des êtres d'essence divine ne vont pas rester sans conséquences pour la jeune femme, qui découvre également que les réactions de son propres corps deviennent hors de contrôle ! Les effets sont renversants et terriblement excitants bien sûr, mais pour combien de temps ? Et cela représente-t-il un danger quelconque à terme ?


Pendant que Leliah et Thadeus font de leur mieux pour séduire la principale intéressée, en coulisses les choses s'aggravent quand Lucifer apprend que la personne ayant vendu ce nouveau Contrat d'Or si peu de temps après celui qui a coûté sa place à son propre fils n'est autre que la fille de Bauphette, c'est-à-dire la même personne les deux fois ! En parangon du courroux, l'archange sombre veut obtenir des réponses et une juste vengeance, mais heureusement il en est dissuadé au dernier moment par les négociations menées par Bauphette elle-même pour tenter de rompre ledit contrat avant que cela ne tourne une fois de plus à la catastrophe.


Quant à nos deux esprits du sexe et du désir, ils commencent à faire quelques jaloux dans les rangs de leur profession, et il ne faudra pas bien longtemps avant que certains ne se laissent aller à des commentaires déplacés ou, pire, à carrément envier leur position au point de les court-circuiter ! Lauren elle est jusqu'à présent pleinement satisfaite de tout ce qu'elle découvre, l'intensité du phénomène mise à part, mais elle ne peut s'empêcher de revivre en songes sa relation perdue avec celui qu'elle considérait comme l'homme de sa vie peu de temps auparavant, et qui l'a laissé détruite et au fond de son gouffre émotionnel. Comment se reconstruire sereinement quand tout ce que l'on aime vous est arraché ?


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Peut-être bien en se confiant à des déités lubriques, mais je crois que même si le contrat est en or massif il se peut que cela ne suffise pas à guérir convenablement un cœur si romantique et si désespéré. Le plaisir physique et le désir illimité, ça sert bien pour palier un manque, mais si les sentiments ne sont pas vraiment là, au fond quel intérêt ?


C'est précisément la question et la thématique principale abordée dans ce second tome de cette nouvelle série signée Stjepan Sejic chez Top Cow, encore une série sur le sexe, encore une fois avec des dessins peints numériquement de façon somptueuse, et encore une fois avec un sens de la poésie qui frise le délire fiévreux.


Bien sûr on découvre soudain que l'intrigue se déroule sur plusieurs niveaux en parallèles les uns des autres, de nouveaux antagonistes font leur apparition, comme Lucifer par exemple ou même Bauphette elle-même qui n'est pas vraiment au clair avec ses propres intentions, et puis aussi les enfants de Bauphette qui veulent leur part du juteux gâteau que représente le Contrat d'Or. Avec une promesse d'ascension aussi fulgurante, chacun estime avoir voix au chapitre, mais dans les faits pour le moment rassurez-vous ça ne tourne pas du tout à l'orgie, notre héroïne-malgré-elle s'en tire à bon compte avec deux amants différents certes mais assez complémentaires au final, et c'est peut-être justement ça que l'on devra découvrir avec elle au fil de l'histoire, dans un possible troisième tome à paraître l'an prochain si tout va bien.


L'humour décalé de Sejic est toujours aussi omniprésent, que ce soit dans les détails des cases quand vous repérez un truc vraiment hilarant qui n'a rien à faire là, ou bien des situations qui ne se déroulent pas vraiment comme on pourrait s'y attendre, ou bien encore tout simplement les réactions physiques de Lauren aux effets du Contrat d'Or sur elle, comme par exemple se mettre à éructer des papillons ? Tout cela n'est au fond que métaphores illustrées, mais c'est très bien illustré, et ça fait même toute la différence entre des récits plus frontaux et moins poétiques comme on en voit souvent dans les milieux underground.


Le reste n'est que plaisir tant visuel que sensuel, et n'allez surtout pas croire que nos deux cubis sont uniquement là pour le boulot, ils ont aussi droit chacun son tour à un développement sentimental et intellectuel, relationnel, pour approfondir leur personnalités respectives de la plus belle des manières sans en faire des clichés érotiques sur pattes comme on aurait pu s'y attendre au départ en les voyant débarquer.


Bref, une histoire séduisante et assez tendre, avec un graphisme impressionnant comme toujours avec la famille Sejic, une bonne dose d'audace aussi et vous obtenez une série rafraîchissante et hilarante qu'il fait vraiment bon posséder dans sa collection privée. Ce second tome arrive ce mois-ci en Version Française d'ailleurs, donc aucune excuse pour ne pas sauter sur l'occasion !

jeudi 17 octobre 2024

#DRCL - Midnight Children tome 1 (Ki-Oon - Janvier 2024)


En cette fin du XIXème siècle, la modernité prend le pas sur beaucoup d'anciens usages et petit-à-petit remplace les croyances par ce que la Science toute puissante peut expliquer et prouver sans l'ombre d'un doute. Le cinématographe, la photographie, les transports au charbon et à la vapeur, l'électricité qui se démocratise, l'assainissement des eaux... Le confort de vie est aux portes du monde moderne. Pourtant, il est encore certaines choses que l'on ne peut tout simplement pas expliquer...


Juillet. Le Demeter, navire de commerce russe en partance du port de Varna, subit des avaries catastrophiques durant le voyage. A son bord, des plantes exotiques destinées aux riches familles d'Angleterre, ainsi que neuf caisses pleines d'un terreau malodorant dont l'équipage reste le plus loin possible. Très vite, alors que la tempête fait rage au-dehors et que les flots se déchaînent sur une mer plutôt calme d'ordinaire, des membres de l'équipage disparaissent ou présentent d'étranges symptômes, une maladie que personne ne peut justifier ni expliquer de quelque façon que ce soit.


Sur les côtes Britanniques, dans le cimetière accolé au prestigieux établissement scolaire de Whitby, quatre adolescents prennent une agréable collation en attendant de jouer un tour pendable à la seule fille de leur établissement, Mina, quand soudain le Demeter s'écrase contre les falaises. A son bord, aucun survivant, et seul un homme mort ligoté semble tenir la barre en dépit des éléments en rage. Une étrange créature ressemblant à un immense loup fait irruption depuis l'intérieur du navire et disparaît aussi vite dans la campagne anglaise, sans doute pour toujours.


Trois des garçons se ruent aussitôt à l'aventure, à la recherche d'un trésor imaginaire, laissant seuls derrière eux Mina et Luke Westenra. Le pauvre dessinateur sera la première victime du fléau qui vient de s'abattre par malchance sur Whitby...


Hanté à la nuit venue par de sombres visions et une voix qui l'appelle dans son esprit, Luke, dont le somnambulisme contient une part féminine de sa psyché qui remonte alors à la surface, se rend dans les appartements de Mina et échange avec elle une bien étrange promesse. Tandis que les deux jeunes filles s'éloignent de l'académie pour se retrouver en plein cœur du cimetière voisin afin de s'y promettre le secret absolu de leurs confessions, en ville on rapporte une agression meurtrière sur un chien de combat, éviscéré par une créature infâme qui rôde dans les environs.


Lucy avoue à Mina qu'elle a désormais un nouveau soupirant, venu de l'Orient lointain, et que celui-ci semble surclasser tous les autres à ses yeux. Cependant la jeune femme semble consciente dans son délire de l'impossibilité d'une telle relation, ce qui ne manque pas de la peiner. Le lendemain, comme si de rien n'était, Luke reprend ses liens ordinaires avec les autres garçons, sans plus sembler se souvenir de quoi que de soit au sujet de cette sortie nocturne.


Quelque chose rôde pourtant bel et bien dans les environs de Whitby, quelque chose qui s'est approchée bien près de la civilisation moderne, au point d'en goûter fébrilement l'énergie vitale... et cette chose est affamée.


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Arrêtez tout, attention chef-d’œuvre incroyable à l'horizon !!

En ce mois d'Octobre et en cette approche de Halloween 2024, il me semblait de bon ton de démarrer enfin une lecture que j'ai de trop nombreuses fois repoussée depuis sa sortie, et grand bien m'en a pris car c'était tout bonnement magnifique, à tous les niveaux !


L'évidence me pousse à taire le nom complet de cette œuvre, vous l'aurez très certainement déjà reconnue ou lue par vous-mêmes depuis un moment, mais laissez-moi vous dire ce qui m'a plu le plus dans la plus récente série de Shin'ichi Sakamoto.


Déjà, nous avons un récit assez proche du roman de Bram Stoker, des lettres et autres correspondances trouvées ça et là par les protagonistes ou échangées entre eux et qui permettent de décrire au lecteur le climat angoissant de cette histoire, évoluant toujours vers le pire, comme si le moindre espoir n'était permis.


Mais ce qui change ici, ce sont les illustrations bien sûr, média manga oblige ! Je n'ai fait que de très rares incursions dans le domaine de l'horreur chez les auteurs Japonais, et je suis bien obligé de reconnaître que ma culture en la matière est défaillante. Mais je sais reconnaître aussi quand je me trouve face à quelque chose de si puissant, de si horriblement magnifique, que l'on ne peut qu'en rester sans voix durant la lecture.


Le graphisme est vraiment très très beau, le souci du détail est poussé assez loin et par moments on a même le sentiment que ce même souci vient à disparaître pour nous livrer des illustrations renversantes et éthérées, presque surnaturelles, où le manque de traits est compensé par la vivacité du style. Le beau au service de l'action autant que de l'anticipation, car ces quelques scènes de féerie malsaine qui nous sont présentées dans ce premier tome auront quelque chose d'assez perturbant mises bout à bout.


Certains passages, du début comme vers la fin, semblent aussi se répondre en miroir, comme si l'ensemble de la structure narrative et visuelle adoptée par l'artiste avait sa vie propre et tentait de nous faire soulever le voile de mensonges sous lequel se dissimule la terrible, la si crue et angoissante vérité. On y retrouvera toute la symbolique développée par exemple dans le cultissime film de Francis Ford Coppola : les insectes, la moiteur ambiante de l'atmosphère ainsi que ce goût prononcé pour l'onirique et l'irréel au beau milieu des réalisations de l'ère industrielle galopante.


Mais plus récemment, on peut aussi citer le film Le dernier voyage du Demeter qui nous permettait de vivre au plus près la tourmente épouvantable qui s'abat sur le navire russe transportant par mégarde le Mal jusqu'en Angleterre. Beaucoup de passages du film correspondent avec une justesse troublante à ces quelques pages d'ouvertures du manga d'horreur dont nous parlons aujourd'hui, au point que là aussi le réel se mêle aux souvenirs flous et à l'imaginaire débridé du lecteur/spectateur.


Le choix original de Shin'ichi Sakamoto, outre le fait de placer les personnages principaux dans un âge adolescent, est de mettre en parallèle la prolifération des maladies dont on commence tout juste à prendre conscience à l'époque avec la progression de la hantise générale qui frappe Whitby après l'arrivée du Demeter. Si bien qu'au final, nous ne sommes même pas certains de ce que nous voyons et lisons concrètement... et j'aime énormément ça ! Cette horreur de l'invisible, du suggéré, ce début de cauchemar éveillé, ça correspond tellement au genre Gothique littéraire qui fut inventé par des nouvelles comme Carmilla par exemple.


J'avais depuis longtemps le projet de me lancer dans une série de Shin'ichi Sakamoto, je pensais simplement commencer Innocent en premier mais là je suis obligé de continuer même si je dois y perdre la santé ! Et je ne vous ai même pas parlé en détail de la mise en parallèle des différents écrits des protagonistes entre eux, là où le lecteur pourra comparer à loisir ce que disent les retranscriptions fidèles de Mina à celles plus mesurées et parfois auto-censurées de ses camarades masculins. Découvrons tout cela ensemble ce mois-ci chers abonnés et amis !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 16 octobre 2024

X-Men - Hellfire Gala tome 2 (Panini Comics - Mai 2022)


Dans le précédent numéro, nous avons pu assister au déroulement principal de ce grand Gala des Damnés organisé par les mutants de Krakoa afin de démontrer leur puissance au reste du monde et même au-delà. Après les festivités à proprement parler, le clou du spectacle fut sans conteste la terraformation de la planète Mars dans son entièreté, pour être offerte au peuple mutant d'Arakko et devenir également la capitale du système Sol, aux yeux de toutes les autres espèces peuplant la galaxie.

Il est l'heure à présent de refermer ce premier grand Gala de la fierté mutante, en découvrant les nombreux petits à-côtés qui permettent d'approfondir cette soirée mémorable et les conséquences qui seront à en retenir.

 

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New Mutants : Les Nouveaux Mutants ont été désignés par leurs aînés pour servir d'exemples formateurs à la nouvelle génération, qui se retrouve un peu perdue et livrée à elle-même sur Krakoa le temps que les adultes mettent tout en place correctement. Ce manque de considération pousse d'ailleurs certains jeunes dans les filets du Roi d'Ombre, qui dit vouloir les aider à s'émanciper de leurs défauts, physiques ou autres. Scout, cependant, a du mal à croire le Roi d'Ombre depuis le début et elle cherche à le prendre en faute pour prouver aux autres qu'elle avait raison. Lors du Gala, tandis que les jeunes adultes et les aînés font la fête, les enfants mutants partent à la recherche de Scout... dont ils retrouvent le corps inanimé dans la forêt. Au petit matin, il faudra élucider ce mystère avant que l'auteur de ce crime ne s'en sorte une fois de plus. La plus grande question cependant est la suivante : qu'a bien pu découvrir Gabby pour être attaquée ainsi ?


X-Corp : Le lancement officiel de la société X-Corp a été un franc succès, surtout si on considère qu'il n'avait pour autre but que de dissimuler au reste du monde la défaillance d'un laboratoire krakoan compromis. Mais maintenant, les deux dirigeants que sont Angel et Monet vont devoir faire passer toute une série d'entretiens à des membres hauts placés de la communauté mutante et internationale afin de former leur conseil d'administration au plus vite, avant que la poussière ne retombe et que l'illusion ne se dissipe. S'ils peuvent compter sur des valeurs sûres, certains nouveaux alliés seront de vraies surprises, comme le Cerveau qui s'avère étonnement utile et serviable pour le moment. Mais d'autres n'ont clairement pas de bonnes intentions, comme les jumeaux Fenris qui complotent dans leur coin pour vendre des secrets mutants à des sociétés humaines concurrentes sur fond de cabinet de consultation.


S.W.O.R.D. : Mars est désormais, qu'on le veuille ou non sur Terre, la nouvelle planète principale du système Sol, et elle est aux mains des mutants ! Tout à la fois avant-poste de cette civilisation florissante et plaque tournante des échanges galactiques, l'ancienne planète désertique va faire réfléchir de nombreuses personnes un peu partout dans l'univers, à commencer par la Terre bien évidemment où nombreux sont les gouvernements qui prennent peur à la vue d'un tel déferlement de puissance mutante. Le Docteur Fatalis, quant à lui, n'a qu'une idée en tête : rencontrer la personne qui dirigera Mars au nom des mutants, une personne qui deviendra de fait la régente du système Sol tout entier. Et cette personne, Fatalis la connaît déjà intimement !

Tandis que les premières civilisations extraterrestres reconnaissent l'existence de la nouvelle Mars, Abigail Brand pose les bases d'un marché avec elles, un marché similaire à celui existant sur Terre entre les nations humaines et Krakoa : en échange d'un nouveau métal issu de la trame-même de l'univers, extrait grâce aux seuls pouvoirs des mutants de Sol, ceux-ci exigent la même reconnaissance et la même considération de leur existence et de leur puissance par toutes et tous à travers la galaxie. Un marché que tout le monde, à part le Wakanda, s'empresse d'accepter sur le champ en découvrant les incroyables propriétés de ce métal cosmique si généreusement ''offert''.

De son côté, Magneto savoure le calme retrouvé après la fin du Gala, et se prend à rêver à l'avenir... quand il reçoit enfin une visite qui n'avait que trop longtemps été reportée par souci des convenances. Wanda Maximoff, la Sorcière Rouge, l'Usurpatrice honnie de l'espèce mutante, se voit accueillir en son sein par l'un de ses chefs, autrefois son propre père, et obtient de celui-ci la promesse de tout faire pour tout arranger au bout du compte. Car le pardon de Krakoa peut aussi s'obtenir pour elle, Magnus semble en être persuadé, même si cela demandera un énorme travail. Que ne ferait-il pas pour l'un de ses enfants ?


Wolverine : Le projet secret du Fauve a complètement dérapé, et les ambassadeurs de Terra Verde sont redevenus indépendants de sa volonté, hors de contrôle, se mettant à agresser d'autres dignitaires en criant au coup d'état mutant sur leur nation. Logan va se charger de remettre les pendules à l'heure, tandis que Hank se fait sermonner par Emma Frost comme par Sage pour avoir tenté de telles manœuvres sans l'accord du Conseil ou même de la morale la plus basique. Défendant tout de même bec et ongles sa vision des choses, McCoy affirme que l'on aura toujours besoin de quelqu'un pour agir dans les zones d'ombres, et que le Conseil l'appuiera à chaque fois si cela s'avérait nécessaire. Un pari très risqué s'il en est, surtout en sachant que tout aurait pu dégénérer bien plus gravement au cours du Gala et ainsi gâcher la grande surprise finale.


Way of X : Il est peu dire que Kurt Wagner est troublé ces temps-ci. Il vient à peine de découvrir l'identité de l'ennemi invisible qui s'en prend aux consciences des mutants de Krakoa et menace de corrompre le rêve de paix de chacun, et voilà qu'à présent on lui interdit d'en révéler le moindre élément durant le Gala pour lequel il va devoir jouer avec sa propre conscience... avec l'aide soutenue de nombreux verres de divers alcools. Tout à son délire éthylique, Diablo réalise cependant que la plus importante des trois lois de Krakoa est celle qui demande de faire plus de mutants, comme dans un esprit quasi-Biblique de croissance de l'espèce pour mieux dominer ce qui l'entoure. Prenant cela comme un véritable commandement, Kurt devient vraiment exaspérant et c'est Stacy X qui se charge de lui remettre les idées en place en lui faisant découvrir un pan entier de Krakoa dont il ignorait totalement l'existence : une nursery, où de nombreux bébés mutants ont été tout simplement abandonnés par leurs parents en quête d'une vie simple et idéale sans responsabilités. Ces nouveaux-nés sont pris en charge par Stacy et ses bénévoles, qui s'occupent d'eux et les aident à se développer en douceur, loin du regard des autres et donc de leur jugement. Mais l'ennemi implacable découvre lui aussi cet endroit plein de nouvelles consciences dont il peut s'emparer, et il lance son attaque sur les innocents, déviée juste à temps par Légion et sa propre équipe de chasse au parasite psionique. Désormais il faut traquer le Mal où qu'il cherche à se réfugier, avant qu'il ne recouvre des forces et ne lance une nouvelle attaque ailleurs ! Quant aux bonnes mœurs de Krakoa... laisser la Nature faire son œuvre, c'est bien, mais l'aider un peu en la responsabilisant, c'est mieux.


X-Factor : Prodigy enquête sur sa propre mort des mois auparavant à Los Angeles, alors que le Gala bat son plein et que les liens entre les différents membres de l'équipe se resserrent davantage. Lorna est élue membre à part entière des nouveaux X-Men officiels de Krakoa, ce qui devrait l'obliger normalement à quitter Facteur-X... mais l'émotion est de courte durée quand soudain Eye Boy découvre le corps sans vie de la Sorcière Rouge dans une zone reculée ! Très vite, les Capitaines de Krakoa débarquent et sécurisent l'endroit, et nul doute qu'une enquête diligente va être menée pour comprendre les raisons de la présence ici et maintenant de Wanda, ainsi que les circonstances de son décès, que de nombreuses personnes semblaient souhaiter. Où est passé Magneto ?!


Classic X-Men #7 : Un petit goût du passé, quand Chris Claremont écrivait les titres mutants dans les années '80. Dans cet épisode, qui servait à l'époque de complément aux histoires principales, on découvre comment Sebastian Shaw et Emma Frost ont mené leur ascension au sein de l'ancien Club des Damnés, alors qu'ils devaient dissimuler leur nature mutante aux dirigeants de ce cercle très strict et très fermé. Sur fond de trahison et de spécisme odieux, nous découvrons une tragédie sentimentale qui donne naissance à cette fameuse fierté mutante ne demandant plus qu'à s'exposer au grand jour ensuite, pour le meilleur et pour le pire. La suite appartient à l'Histoire, comme on dit.


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Voilà chers amis ce que l'on peut dire en gros de ces deux numéros consacrés au premier Gala des Damnés de l'ère Krakoa ! Jonathan Hickman a tout orchestré bien sûr mais il a laissé une liberté de style et de ton à ses équipes créatives sur les différentes séries mutantes, ce qui fait que de nombreuses sous-intrigues se croisent et évoluent les unes avec les autres, comme un nœud qu'il faudra démêler pour obtenir quelque chose de plus compréhensible par la suite.


Je maintiens pour ma part que la meilleure façon de découvrir les séries mutantes de Marvel sous la houlette de Hickman reste de les lire à travers ces revues mensuelles que Panini nous édite depuis House of X, offrant ainsi un ordre de lecture idéal et pas prise de tête là où les rééditions en albums séparés par séries ne font à mon sens que perdre le lectorat et l'obliger à des actes d'achat assez coûteux pour tout compléter.


Les mutants règnent donc à présent sur Mars et sur le système Sol, et ça risque vraiment de déplaire à leurs ennemis, anciens comme nouveaux, qui n'attendent qu'une seule bonne occasion pour les mettre à terre une fois pour toutes. Mais pour l'heure, c'est surtout le meurtre d'une ancienne mutante sur leurs propres terres qui risque d'attirer toute l'attention, le temps que cette sinistre affaire se résolve et qu'un coupable soit enfin découvert...


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 11 octobre 2024

La V.O. du vendredi n°262 : Sensational She-Hulk #1 (Marvel - Décembre 2023)

Variant cover foil by Adi Granov

Jennifer profite maintenant à fond de la vie, et cela lui réussit plutôt bien depuis que Jack, le Valet de Cœur, est de retour sur Terre et partage son temps avec elle. Un peu avant le début de cette nouvelle idylle, Jack est parvenu à absorber les radiations d'une bombe nucléaire, et cette charge complète en lui lui a permis de découvrir qu'en étant au maximum de ses capacités il n'est plus capable d'absorber davantage de radiations, y compris les gamma de Miss Hulk. Ce qui facilite grandement leur rapprochement physique !


Au cabinet Book & Walters, Mallory attend son associée de pied ferme car un double rendez-vous est déjà prêt à être reçu, dans le bureau de celle-ci. Jen découvre alors qu'il s'agit de deux Déviants, tous les deux rejetés par leur propre espèce, qui cherchent désormais à vivre leur propre vie à New York parmi les humains en essayant autant que faire se peut d'être acceptés par leur nouveau voisinage. Mais malgré leur bonne volonté -à au moins l'un d'eux en tout cas- des plaintes ont été déposées concernant certaines nuisances et il faut donc prendre les devants pour éviter toute expulsion.


Ailleurs, le Punch Club est prêt pour sa prochaine session mais la Chose a beaucoup de mal à accepter la présence de l'Homme-Absorbant parmi eux, en raison de trop nombreuses confrontations passées. Quand Jack arrive lui aussi et que Creel le défie immédiatement, l'affrontement sensé être amical devient un match presque mortel, mais heureusement les choses s'arrêteront d'elles-mêmes quand Creel se sera fait remettre à sa place. Cela dit, personne n'est vraiment d'humeur à la bagarre, et les membres du club repartent chacun dans son coin.


Jack culpabilise pour avoir, pense-t-il, gâché le moment de partage du groupe, mais Jen tente de le rassurer de son mieux tout en vaquant à ses propres occupations. Le Valet de Cœur semble toutefois avoir quelque chose à dire à son amante, de plus profond qu'un simple malaise passager, mais il devra attendre car pour le moment il n'est pas encore au mieux de sa forme et ne peut donc pas la toucher comme il le voudrait. Et tandis qu'il s'éloigne dans les airs, Miss Hulk est prise à partie par son cousin revenu en ville et ayant apparemment une affaire à régler avec elle !


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Avec ce faux premier chapitre débute la nouvelle phase de la série She-Hulk de Rainbow Rowell, accompagnée désormais d'Andrés Genolet aux dessins dans un style assez ressemblant à ce que l'on pouvait lire auparavant, ce qui n'est pas plus mal. Une petite histoire bonus de quelques pages à peine est rajoutée dans ce single, ce qui permet de prolonger l'aventure avec une série de gags propres au monde des super-héros.


J'ai tenu à me procurer ce chapitre #1 parce que les différentes couvertures variantes étaient assez séduisantes, j'ai fait le choix de prendre la version foil holographique d'Adi Granov et celle sans texte de l'artiste Leirix en guise d'accompagnement, que je vous présente toutes les deux dans cet article évidemment. Il y en avait plusieurs autres, mais ce sont celles qui ont le plus retenu mon attention.


Concernant l'histoire en elle-même, on n'entre pas vraiment dans une nouvelle phase à proprement parler, il s'agissait surtout pour l'éditeur de pouvoir tirer un nouveau numéro un de sa série sans pour autant la relancer toute entière, c'est une manœuvre assez courante finalement dans ce milieu très concurrentiel. Certains diraient qu'il s'agit d'un attrape-nigaud, et ils n'auraient pas tout à fait tort au fond, mais je préfère y voir une belle occasion de doper les ventes et de relancer l'intérêt du public, sans pour autant céder à la mode des cross-over à répétition.


Ne reste plus qu'à lire ce qui est en réalité le quatrième tome de la série de Rainbow Rowell, Jen-sational, à venir prochainement sur le blog dans les V.O. du vendredi toujours ! Même chapitre par chapitre cette petite série est vraiment très agréable à lire, dans des tons vraiment doux et sans enjeu capital comme les auteurs précédents pouvaient trop facilement y recourir. C'est un genre de tranche-de-vie, feel-good, bref c'est totalement approuvé pour passer un bon moment de détente sans se prendre la tête, avec un personnage principal qui ne demandait que ça ! Merci Marvel !

 

Variant cover by Leirix

mardi 8 octobre 2024

Batman Detective Infinite tome 1 - Visions de violence (Urban Comics - Avril 2022)


Gotham City a toujours été une poudrière, et ça ne date pas d'hier. Entre les conflits armés des grandes familles mafieuses d'antan, et les guerres civiles et autres massacres urbains perpétrés par les vilains costumés, les crises se suivent et se ressemblent dans une ville qui fait preuve d'une impressionnante résilience. Mais tout cela est sur le point de changer.


En effet, le nouveau maire, Nakano, prône une politique de tolérance zéro vis à vis des justiciers et criminels masqués ou augmentés dans sa ville. Lui-même victime collatérale par le passé, il a fait la promesse lors de son élection de débarrasser Gotham de cette sinistre engeance qui pourrit la vie de ses habitants depuis bien trop longtemps. Mais cette politique, dans les faits, il n'a pas vraiment les moyens de la mener lui-même, d'autant plus quand les services de police et d'intervention spéciale sont si souvent dépassés par la folie ambiante. Beaucoup se reposent encore sur le Batman, qui sauve toujours la situation au bout du compte.


C'était vrai quand Batman était le richissime multimilliardaire Bruce Wayne, prince de Gotham, disposant de toute une flotte de véhicule et d'un réseau presque infini de ressources et d'alliés pour l'aider à combattre dans sa croisade contre le crime. Aujourd'hui cependant, Bruce Wayne est pratiquement ruiné : sa fortune, sa société, son manoir... plus rien ne lui appartient. Ses alliés sont dispersés, et les seules occasions où il fait une petite apparition en public sont celles où les organisateurs pensent à l'inviter par pure commodité et par respect pour son nom.


Désormais dépassé lui aussi, l'ancien modèle du Batman doit absolument être mis à jour et apprendre à se débrouiller sans ce qui faisait son quotidien jusqu'à la Guerre du Joker. Installé dans un quartier riche de la ville mais dans un appartement assez simple si on le compare au manoir Wayne historique, Bruce tente de gérer plusieurs mini-Batcave dans son arrondissement et de se tenir informé du mieux possible grâce notamment à la présence d'Oracle sur les réseaux.


Quand la fille d'un bâtisseur milliardaire de renom est enlevée dans sa rue et retrouvée morte peu après dans les égouts par Batman durant l'une de ses patrouilles, le ton monte soudain à la mairie. Roland Worth, géant baraqué et colérique, menace de représailles quiconque serait impliqué dans la disparition de sa fille chérie, et ses paroles sont aussi froides et solides que le béton sur lequel il a construit sa fortune.


Un témoin, également disparue et retrouvée morte ensuite, affirme avoir vu Bruce Wayne en compagnie de la fille Worth alors que son enlèvement venait d'être signalé. Roland Worth entre alors dans une furie vengeresse qui ne connaît aucune limite, intervenant ouvertement dans les affaires de la police et faisant la chasse à celui qu'il considère désormais comme le meurtrier de sa progéniture. Personne ne semble en mesure de tempérer les accès de colère du magnat de l'immobilier, et même le maire Nakano est bien impuissant face au torrent de violence qui se déchaîne dans les rues de sa ville.


Tandis que Batman comme Bruce Wayne sont recherchés et traqués, autant par les forces de l'ordre corrompues que par les milices de Worth et du Pingouin, le Chevalier Noir tente de mener son enquête et va rapidement découvrir que derrière cette sombre affaire se dissimulent d'encore plus sombres révélations sur la véritable nature du mal tapis dans Gotham. Jusqu'au règlement de compte final, explosif et impitoyable, et même avec l'aide d'Oracle et de Huntress qui se retrouve elle aussi directement impliquée, personne ne saurait dire si la ville survivra à ce nouveau déchaînement de haine et de violence. Et pendant ce temps, la bête de l'ombre se nourrit, attendant le chaos suprême.


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La série Detective Comics a toujours été la facette plus sombre et en même temps un rien plus terre-à-terre de l'univers du Batman chez DC. Plus sérieuse, plus concrète, on y croise moins de super-vilains que de criminels patentés ou de flics corrompus, et ce sont plutôt les institutions qui représentent les principaux obstacles aux enquêtes du Détective.


Il y a toujours eu ce petit côté assez exigeant, digne d'une série de thrillers à succès, qui éloigne un peu plus Batman de ses combats épiques habituels et le rapproche davantage de la poisse quotidienne, qu'il s'agisse du crime organisé ou plus barbare. Quelques fois des visages connus feront une apparition, mais globalement c'est surtout une série-sœur de la principale, servant tantôt à explorer de nouvelles pistes et tantôt à approfondir la noirceur d'un événement en particulier.


Cette fois-ci, pour son ère DC Infinite, l'éditeur a confié les commandes de la série Detective Comics à la scénariste Mariko Tamaki, que j'ai déjà pu voir à l’œuvre sur la version précédente de She-Hulk chez Marvel. Très douée quand il s'agit de pousser les personnages à faire une grosse introspection, l'autrice parvient ici à saisir dans le vif tout ce qui fait de Gotham une poudrière à plus d'un titre. Les émotions sont bien présentes, l'action aussi même si assez mesurée quoique foncièrement explosive. C'est l'Enfer du quotidien, des rues sombres, des égouts, des cabinets politiques et des grands financiers de la ville, chacun ayant ses petits secrets et chacun observant les autres avec attention.


Je n'ai pas toujours accroché à la formule Detective Comics par le passé, et en lisant ce premier tome de l'ère Infinite j'étais persuadé que ce serait la même chose à nouveau. Mais le scénario de Mariko Tamaki et les dessins de Dan Mora et Victor Bogdanovic (vu sur Wolverine souvenez-vous) ont réussi à me captiver vers le dernier tiers de l'album et au final c'était une chouette lecture bien qu'un peu alambiquée par moments, la faute au fantastique qui doit toujours être présent même durant un bon vieux règlement de comptes.


La petite conclusion finale m'a fait froid dans le dos, et j'imagine bien vers quels autres niveaux d'horreur la scénariste va nous emporter dans les tomes suivants. J'espère que ce sera aussi bon que le dernier tiers de ce premier tome, et surtout que cette fois-ci la série saura conserver sa propre identité tandis que les événements de Batman par James Tynion IV se déroulent en parallèle et accaparent énormément de ressources.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 7 octobre 2024

Dark Reign tome 1 (Panini Comics - Février 2010)


Au programme de ce premier tome consacré au Dark Reign de Norman Osborn, trois séries !


Deadpool : Wade Wilson a eu un rôle extrêmement important durant la guerre contre l'invasion des Skrulls sur Terre. Le problème, c'est que personne n'est au courant ! Normal, puisque Norman Osborn a bien pris soin de taire la source dont il tenait toutes les informations qui lui ont permis de tuer l'impératrice Skrull en direct devant le monde entier et de devenir le nouveau grand héros que tout le monde s'arrache. Maintenant qu'il est à la tête d'une force exceptionnelle d'intervention et de défense, Osborn n'entend pas lâcher si facilement ses nouveaux privilèges. Deadpool est donc parti pour une mission suicide de laquelle il n'est pas censé réchapper, et si d'aventure il y parvenait, un tueur à gage sans scrupule est à ses trousses pour finir le travail ! Dommage pour Normie, mais Wade est à peu près immortel, à défaut d'être véritablement invincible.


Ms. Marvel : Une ancienne cible de Carol Danvers revient dans sa vie pour en faire un véritable cauchemar. L'homme est un terroriste abattu autrefois durant une mission et qui aurait réussi à tromper la mort pour pouvoir s'emparer aujourd'hui d'une arme surpuissante, probablement dans le but de l'utiliser ou de la vendre au plus offrant. Miss Marvel est donc sur sa piste, avec l'aide de deux agents rivaux à ses côtés, mais lorsqu'elle finira par confronter son ennemi elle se rendra compte qu'il dispose de pouvoirs similaires aux siens, et qu'il semble impossible à arrêter ! Tandis qu'en coulisses d'anciens comptes se règlent, Carol perd soudainement le contrôle de ses propres pouvoirs et terrasse son adversaire avant de devoir s'élancer dans les airs en explosant, évitant ainsi aux civils alentours de périr dans la déflagration. Norman Osborn félicite en personne la nouvelle Miss Marvel en titre, Karla Sofen, membre historique des Thunderbolts, qui n'attendait que cette occasion pour enfin revêtir le rôle qui lui plaisait le plus.


Black Panther : Quand T'Challa revient au Wakanda à bord d'un Quinjet en feu qui s'écrase en pleine ville, l'heure est à l'enquête et l'urgence est de sauver le roi d'une mort imminente ! Piégé par un ancien allié et livré en pâture au Docteur Fatalis, T'Challa n'est parvenu que par miracle à rejoindre sa nation mais est désormais inconscient, le corps brisé, en soins intensifs. Il faut immédiatement trouver quelqu'un pour remplacer la Panthère Noire, car le Wakanda a de nombreux ennemis qui n'attendent que le moment idéal pour frapper, quand le protecteur historique de la nation vient à faillir. Et ces fameux ennemis ne perdent d'ailleurs pas un seul instant : invoquant le terrible Morlun, dévoreur de totems, ils le lâchent sur le Wakanda sans le moindre état d'âme, tandis que la reine Ororo tente tout son possible pour retrouver l'esprit de son mari dans l'au-delà, alors qu'il s'apprête à franchir le seuil de l'après-vie. Shuri, demi-sœur de T'Challa, est la candidate toute indiquée pour reprendre le manteau et le titre de Panthère Noire, ayant attendu ce moment toute sa vie durant. Mais durant l'épreuve mystique qui doit lui permettre d'obtenir les pouvoirs de la divinité protectrice du Wakanda, la princesse est rejetée par le dieu-panthère et doit digérer cet échec cinglant tout en trouvant un moyen de protéger le peuple de la fureur de Morlun, qui se rapproche chaque instant davantage et qui semble parfaitement insensible à toute forme de résistance armée.


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Dans ces trois séries on peut constater que l'avènement de Norman Osborn ne se fait pas sans heurts du côté des héros emblématiques de la Terre-616. Si Deadpool ne craint pratiquement rien et ne cesse de prendre les choses à la légère, même quand un contrat est émis sur sa tête par l'homme le plus puissant du monde, ce n'est pas la même chose pour Miss Marvel et la Panthère Noire. La première semble disparaître corps et âme après un duel atroce face à un ancien ennemi doté de la même puissance de feu, tandis que le second a été trahi et que son pays se déchire encore entre les vertus de la science et celles de la magie.


Ce format Marvel Monster n'est pas le premier que je traite ici dans mes articles, souvenez-vous de la série Namor précédemment. Mais c'est bel et bien maintenant que je constate que Panini y refourguait toutes les séries ''à-côté'' de l'événement principal et de la série régulière Dark Avengers. Si le thème dominant dans ce premier tome est celui de l'ascension d'Osborn à la tête de la plus grande cabale connue, on y traite volontiers des dégâts collatéraux qu'une telle annonce peut faire dans le monde des super-héros. Certains vilains agissent désormais en toute impunité, et cela sert parfaitement les intérêts de Norman qui peut ainsi se débarrasser des voix les plus dissonantes.


On notera tout de même que cette collection n'est pas très bien dotée en terme de qualité de papier et d'encre, la couleur étant assez terne et l'ensemble de l'album faisant un peu penser à ce que l'on pouvait trouver à une certaine époque dans les bacs des stations-service. Heureusement, certains de ces récits ont depuis été réédités dans de bien plus belles collections, comme la bien nommée Marvel Deluxe pour ces quelques chapitres de Black Panther par exemple. On en reparlera un de ces jours !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 4 octobre 2024

La V.O. du vendredi n°261 : Black Cat by Jed MacKay omnibus (Marvel - Juillet 2023)


Félicia Hardy est une cambrioleuse de génie, une grande amoureuse du risque et de l'aventure, à la recherche constante de ce grand frisson que l'on ressent en planifiant un vol puis en l'exécutant de main de maître, parfois au nez et à la barbe des autorités et parfois en jouant le tout pour le tout dans une course-poursuite effrénée. En tant que Chatte Noire, Félicia a plusieurs fois été confrontée à la police, et même à quelques occasions à certains super-héros de New York, notamment la sympathique araignée du voisinage. Adversaires puis amants, les deux se sont tournés autour de nombreuses fois, sans pour autant que leur relation n'évolue d'un iota. La Chatte Noire peut tout voler, même les cœurs, mais celui de Spider-Man lui reste désespérément inaccessible, et elle a fini par se faire une raison.


Célibataire aux multiples aventures romantiques ou juste d'un soir, notre belle voleuse a néanmoins parfois besoin de repères stables dans sa vie, et justement voilà que l'un des plus importants revient soudain pointer le bout de son nez : Black Fox, son mentor et celui de son père avant elle, celui qui lui a tout appris sur le milieu du larcin de haute voltige, celui à qui elle doit tout et qu'elle considère et aime comme un second père. Le vieil homme, toujours fringuant malgré l'âge, propose à son ancienne apprentie un coup comme on ne peut en concevoir qu'un seul par génération, une affaire magistrale et avec tellement de dangers à la clé qu'il semble presque impossible à réaliser. Évidemment, Félicia accepte sur le champ et s'entoure de ses deux meilleurs partenaires de crime pour réaliser ce qui sera à n'en point douter le casse du siècle !


Pénétrer dans le Sanctuaire du Docteur Strange pour y dérober l'acte de vente originel de l'île de Manhattan ? Aucun souci, même s'il faudra composer avec les humeurs d'un sorcier lunatique engagé à la va-vite pour permettre au gang de se frayer un passage à travers les défenses magiques de la bâtisse.

S'inviter dans la nouvelle résidence familiale des Quatre Fantastiques pour y chaparder le journal intime d'un scientifique de génie dont même Reed Richards admire les travaux ? Grâce à la complicité involontaire de Johnny Storm, ce sera presque une partie de plaisir, surtout parce que sa redoutable sœur ne se trouve pas dans les environs à cet instant. Et s'il faut lutter contre une invasion en provenance de la Zone Négative au passage, pourquoi quoi ? Ça rajoute toujours un peu de sel aux rendez-vous galants.

Entrer par effraction dans le building de l'une des compagnies possédées par Iron Fist le maître du kung-fu, pour s'emparer des plans d'une machine à créer des portails à travers les dimensions ? D'accord, pas aussi facile que ça en a l'air, mais c'est faisable, surtout avec la chance légendaire de Félicia derrière elle et une associée de confiance encore plus près.

Se rendre à Madripoor afin d'en extirper un tableau contenant de précieuses informations qui seront indispensables à la réussite du plan d'ensemble ? Là encore pas franchement une partie de plaisir, surtout quand le tableau en question fait partie des possessions intimes d'un certain Wolverine qui vient juste de se les faire dérober par un rival local. Après quelques échauffourées et une bonne leçon au sale petit garnement qui pensait pouvoir berner Logan, le mutant griffu laisse volontiers la Chatte Noire repartir avec son butin, amplement mérité.

Enfin, une petite interview arrangée avec nul autre que Tony Stark, afin d'accéder à sa nanoforge personnelle et d'y lancer la fabrication d'une clé bien particulière et unique au monde. Il y aura pas mal de casse, mais surtout des blessures d'ego à vrai dire, rien de vraiment irréparable. A part les millions de dollar de dégâts matériels, bien évidemment. Il faut ce qu'il faut, surtout face à un homme en armure de combat obsédé par le contrôle de tout ce qu'il possède.


Ensuite, survivre à l'invasion planétaire de rien moins que le dieu primordial du Néant, Knull, et son armée de dragons-symbiotes, pour ensuite mener une mission de sauvetage de la dernière chance en plein cœur de la zone noire et y subtiliser rien moins que le Docteur Strange en personne, retenu prisonnier par l'ennemi. Après, il faudra s'arranger avec l'esprit de la magie lui-même, qui cherche à convaincre Félicia de le libérer pour obtenir le pouvoir absolu. C'était presque bien joué, mais très mal connaître la Chatte Noire au final, et heureusement d'ailleurs ! Car sans le frisson de l'aventure, à quoi bon posséder tout ce que l'on désire ?


Et finalement, ça y est, le grand moment est enfin arrivé. L'heure de mettre en place toutes les pièces sur l'échiquier, tous ces éléments patiemment récoltés dans toute la ville et même au-delà, pour que le légendaire Black Fox puisse mener à bien son tout dernier coup d'éclat avant de prendre une retraite bien méritée. Quel est ce plan si audacieux ? Forcer les coffres de la Guilde des Voleurs de New York, rien moins que ça. Mais attention, les coffres en question ne se trouvent pas sur Terre, ni même sur le même plan de la réalité que nous autres pauvres mortels. Non, pour bien faire, il faudra forer un passage à travers les dimensions, sans se faire remarquer par les sorciers de la Guilde, et ensuite passer un pacte avec une entité quasi-divine au mépris du danger.


Malheureusement, Félicia découvrira bien trop tard qu'elle a elle aussi été mystifiée par son ancien mentor, et que la richesse matérielle n'était pas à l'ordre du jour. Black Fox a fait tout cela pour obtenir l'immortalité, le seul trésor totalement hors de sa portée, pour lui et pour son ancienne élève chérie. Et pour cela, il est prêt à prendre tous les risques, et même à vendre à l'entité l'ensemble de Manhattan et de ses habitants !


Cependant, Black Fox a commis une erreur impardonnable : il a sous-estimé la Chatte Noire, et surtout sous-évalué son sens de la justice et de l'équité, acquis après de nombreuses mésaventures au fil de toute une vie de débauche. Réussissant presque par miracle à contrer le pacte forgé par le vieil homme, juste sous sa moustache et sans rien laisser paraître jusqu'à la dernière seconde, Félicia dit adieu à la fois à l'immortalité mais également au seul autre homme dans sa vie qu'elle aurait pu appeler ''papa'' avec plaisir. Car après tout, le pouvoir implique des responsabilités, et il faut toujours être prêt à les assumer, même si c'est douloureux...


Il y a toutefois des choses contre lesquelles on ne peut s'empêcher de lutter, comme l'amour ou bien encore la fatalité. Quand la seule famille qui lui reste tombe gravement malade, Félicia met tous ses dons en œuvre pour trouver un remède, et quand ça ne suffit toujours pas, elle va jusqu'à réunir des individus dangereux possédant des pouvoirs cosmiques phénoménaux afin de tordre la réalité et de sauver celle qu'elle aime plus que tout au monde. Mais elle est allée bien trop loin cette fois-ci, et elle ne pourra pas échapper à un séjour en prison, séjour qu'elle accepte complètement... en sachant bien qu'il ne sera que de courte durée.


Et oui, personne ne peut résister à la Chatte Noire, et ses ennemis ou adversaires encore moins ! Quand Tony Stark se fait voler l'armure que Félicia avait conçue dans sa nanoforge, et à laquelle il n'a pu s'empêcher d'ajouter de nombreuses fonctions et armes exceptionnelles, il pense forcément que c'est un coup de la voleuse la plus douée de sa génération et vient la confronter sur le champ ! Le problème... c'est que cette fois-ci, Félicia est parfaitement innocente ! Dur à croire n'est-ce pas ? Et bien c'est après une intense partie de cache-cache et de course-poursuite haletante avec non pas une mais deux ennemies farouchement déterminées à éliminer Iron Man comme la Chatte Noire, que la vérité sera enfin dévoilée. Le monde entier sera passé tout prêt d'une catastrophe nucléaire sans précédent, mais le danger est écarté et chacun peut reprendre le cours normal de sa vie, si tant est que la normalité s'applique pour ce genre de personnages.


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Et voilà à peu près ce que l'on peut découvrir et savourer dans les pages de cet omnibus rassemblant les trois séries Black Cat de Jed MacKay chez Marvel depuis 2019. Un scénariste de talent qui monte de plus en plus haut puisque depuis ce run mémorable il a pu accéder ensuite aux séries Moon Knight, Avengers et dernièrement le plus récent relaunch des X-Men post-Krakoa ! C'est peu dire de lui que Marvel lui fait toute confiance, et cette confiance est ma foi amplement méritée !


J'ai un amour très profond pour le personnage de la Chatte Noire, et ce depuis l'enfance quand je guettais ses apparitions dans le dessin-animé Spider-Man de 1994 à la télé. Cet amour n'a fait que grandir quand j'ai plongé mon regard dans les comics, les anciens comme les récents, et j'ai vraiment beaucoup aimé le traitement de ce personnage si particulier entre les mains de scénaristes et dessinateurs de génie comme sous l'ère de David Michelinie par exemple.


Autant dire que j'avais de lourdes attentes concernant une série entièrement consacrée à la Chatte Noire, et qu'il valait mieux pour l'auteur ne pas se louper ! Et vous devinez la suite : j'ai positivement adoré cette version réactualisée de Félicia Hardy, qui a le droit enfin à un traitement à la hauteur de son personnage et de son aura, de sa réputation brillante autant que de ses défauts les moins flagrants.


Jed MacKay a une façon spéciale d'écrire, il n'y a pas beaucoup de texte sur les pages mais chaque mot est essentiel, bien pensé et travaillé de façon à apporter quelque chose de plus tant à la narration que dans la caractérisation des personnages mis en scène. En parlant de mise en scène d'ailleurs, c'est du grand spectacle à longueur de temps, y compris dans les moments plus calmes et les passages plus intimistes où pourtant tout semble se jouer.


Marvel a offert à MacKay la crème de ses dessinateurs disponibles pour ce beau projet : Michael Dowling, Travel Foreman, Pere Pérez et C.F. Villa sont au générique de ces trois séries qui se suivent sans se ressembler et qui se complètent bien davantage qu'elles se succèdent. Il y a également beaucoup, beaucoup de comique de situation ou d'humour acerbe de la part de langues bien pendues ou d'esprits vifs au casting, mais aussi des larmes déchirantes lors des grandes résolutions d'intrigues.


Lire cet omnibus en V.O., c'était tout simplement magique de bout en bout ! Comme tout bon cambrioleur est aussi un peu magicien, Jed MacKay est un véritable artiste qui sublime les personnages qui lui sont confiés pour peu qu'on lui laisse les coudées franches et une certaine liberté de choix concernant les enjeux. De tout petits détails ici et là finiront par déboucher sur une révélation inattendue ou sur une fin de partie magistrale, et ça que vous y ayez fait attention ou pas d'ailleurs. Le tour est chaque fois une réussite, et on en redemande !


Depuis tout à l'heure je parle de trois séries écrites par MacKay, et je me rends compte que je devrais vous décrire un peu plus le contenu de cet omnibus relativement peu épais : la première série Black Cat datée de 2019 en 12 chapitres, puis la seconde datant de 2020 en 10 chapitres, et enfin en guise de belle conclusion la mini-série Iron Cat en 5 numéros. Ajoutez à cela les annuals, les hors-séries et les bonus spéciaux, et vous avez de quoi lire pendant des heures et vous divertir tout autant ! Sans compter la magnifique galerie de couvertures alternatives !


A ma connaissance, jamais la Chatte Noire n'aura été si bien décrite, illustrée, mise en scène et servie par un auteur masculin auparavant. Jed MacKay réussit sans problème l'exploit de m'apprendre quelque chose sur Félicia Hardy que je ne soupçonnais même pas, et de me faire aimer ça par-dessus le marché ! J'ai hâte de vous parler des ultimes chapitres un peu plus en détail quand je traiterai les derniers tomes de la série chez Panini en Version Française, soyez au rendez-vous !

dimanche 29 septembre 2024

L'Âge des Cinq tome 3 - La Voix des Dieux (Bragelonne - Février 2011)


Désormais installée au sein du peuple Siyee, Auraya ne dispose plus de son statu de Blanche et son existence est vue d'un assez mauvais œil par plusieurs hauts dignitaires d'Ithanie du Nord. En effet, en tant que prêtresse renégate, elle ne devrait même plus disposer de ses pouvoirs faramineux que les dieux lui ont conféré, et pourtant... la puissance magique dont fait toujours preuve la jeune femme a de quoi inquiéter, même si elle l'utilise exclusivement pour soigner les maux qui affligent parfois les Siyee, qui eux l'ont adoptée sans la moindre réserve.


De son côté, Mirar tente de poursuivre sa quête d'un endroit où vivre, et décide de voyager en Ithanie du Sud pour constater de lui-même les conditions de vie des Tisse-Rêves sur place, que les rumeurs disent bien meilleures que dans le Nord. Malgré le risque d'être découvert par les Blancs et leurs dieux, Mirar entend bien révéler au final sa présence parmi les siens et peut-être redevenir le leader qu'il était censé être à l'origine pour son peuple, si celui-ci l'accueille favorablement.


Cependant, qu'il s'agisse d'Auraya comme de Mirar, ils n'auront pas longtemps l'occasion de rester isolés dans leur coin. La guerre couve en effet à nouveau entre le Nord et le Sud, les Blancs ne cessent de déjouer des complots des Pentadriens visant à convertir par la ruse la population du Nord tandis que les Pentadriens eux-mêmes sont chaque jour exposés au ressentiment généré par la dernière guerre et la défaite de leur Première Voix face à Auraya justement.


D'ailleurs, la nouvelle Première Voix, Nekaun, a des idées bien arrêtées sur la question et souhaiterait provoquer une nouvelle guerre ouverte avec les Blancs, sûr de son propre pouvoir et de celui de ses dieux. Mais il lui faut tout de même s'assurer d'avoir des alliés de confiance, et pour cela il envoie la Quatrième Voix sur les traces de Mirar pour le faire venir à la capitale et lui demander officiellement de protéger les Voix durant leur combat qui s'annonce de plus en plus inévitable. Mirar ayant fait vœu de non-violence, il n'acceptera jamais de se battre et de tuer pour eux, mais cantonné à un rôle de soutien et de défense il pourrait ainsi obtenir que les Tisse-Rêves du Sud comme ceux du Nord aient de bien meilleures conditions de vie au final, en remerciement de ses services.


Pour Auraya en revanche, la situation est un peu plus compliquée. En effet, à peine un nouvel apprentissage de ses dons terminé auprès d'une collègue de Mirar, elle découvre que les dieux du Nord ont décidé d'envoyer les Siyee dans le Sud pour une attaque furtive qui est vouée à l'échec dès le départ, et qu'elle devra les y accompagner en ayant interdiction d'intervenir ! Et tandis que les Siyee se font effectivement capturer et emprisonner dans les cachots de la capitale du Sud, sous le Sanctuaire des Voix, Nekaun profite de la présence d'Auraya pour lui proposer un marché : si elle consent à rester durant un mois en sa compagnie pour découvrir la civilisation de l'Ithanie du Sud, il fera relâcher un Siyee par jour. N'ayant pas vraiment d'autre choix, Auraya accepte et commence alors à se familiariser avec une culture qui était jusqu'à il n'y a pas si longtemps encore celle de ses ennemis jurés.


Et avec l'approche d'une guerre qui se concrétise de plus en plus entre les Blancs au Nord et les Voix au Sud, chacun essayera par tous les moyens de s'assurer la victoire ou du moins une supériorité écrasante en faisant bénéficier son camp de la présence de Mirar et d'Auraya. Vont-ils devoir s'affronter sur le champ de bataille, ou bien à eux deux défendre une nation qu'ils combattaient auparavant ? Les dieux, eux, semblent tirer parti de cette situation intenable et mobilisent tous leurs adeptes pour ce conflit imminent qui marquera sans aucun doute la fin d'une ère...


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C'était un peu compliqué pour moi de reprendre la lecture de cette trilogie, car j'avais arrêté après la parution du second tome il y a plus de quinze ans ! J'ai fini par sauter le pas et me plonger dans le tome final avec intérêt mais en me sentant un rien perdu quand même parmi les personnages secondaires et les intrigues dont je n'avais pour certaines plus aucun souvenir.


Heureusement le style de Trudi Canavan, qui n'a plus besoin d'être présentée aujourd'hui tant elle incarne le renouveau de la belle fantasy littéraire, est assez clair et permet de s'immerger rapidement dans le récit et le quotidien de ses personnages, peut-être juste un peu trop par moments alors que j'aurais préféré moins de détails justement et davantage d'informations globales.


Quant au grand final, il faudra patienter jusqu'aux deux ultimes chapitres de ce livre de 526 pages pour enfin assister à la conclusion de toutes les intrigues entremêlées jusque là. C'est parfois déroutant de se dire que cette fin, cette résolution et les révélations qui y sont associées, ont mis tant de temps à se produire et à arriver alors qu'en fait le tout était devinable pratiquement dès le départ !


Chaque auteur a bien sûr sa propre façon de raconter ses histoires, d'orchestrer le destin de ses personnages et de leurs nations et religions, mais là j'ai trouvé que c'était relativement convenu et prévisible malheureusement, ce qui me déçoit un rien. Pour le reste en revanche on retrouve bien la marque de l'autrice Australienne, les personnages sont très vivants, concrets jusque dans les petits actes du quotidien, et ce double-continent qu'est l'Ithanie semble encore plein de promesses et de mystères même après la fin de cette trilogie. Étant donné que Trudi Canavan est déjà revenue avec plaisir dans l'univers de son Magicien Noir on peut peut-être espérer qu'un beau jour elle nous racontera cette nouvelle ère post-Âge des Cinq... moi ça m'intéresserait plutôt bien je pense, à condition que soient un peu plus mis en avant des éléments qui restent ici assez superficiels au demeurant.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 27 septembre 2024

La V.O. du vendredi n°260 : Hellwitch #3 - Sacrilegious (Coffin Comics - Décembre 2021)

Couverture régulière par Sun Khamunaki

Alors qu'elle survole les ruines de la cité maudite de Dis, au cœur des Enfers, Hellwitch est soudainement attaquée par un chasseur de prime lui aussi doté d'ailes, et ce n'est pas le moindre de ses talents. Hybride d'ange et de démon, Atrocitas s'est fait un véritable plaisir de traquer la sorcière infernale pour la battre comme plâtre avant de l'emmener là où le nouveau Conseil des Anciens la veut, en prison pour ses crimes et son impiété !


Condamnée sans autre forme de procès à moisir pour l'éternité dans les entrailles du vers géant Nidhogg, endormi depuis fort longtemps, Hellwitch est torturée presque jour et nuit par la gardienne en chef de cet antre du vice où pourrissent les démons comme les Natifs de l'Enfer, surveillés en permanence par des gardes Damnés qui profitent de la moindre occasion pour assouvir leurs fantasmes de violence. Exclusivement féminine, la population de cette prison d'un genre très spécial est aussi privée de toute forme de magie grâce à des colliers reliés à l'énergie du vers, une énergie qui file tout droit entre les mains des Anciens pour de sinistres usages.


Faisant rapidement connaissance tant avec ses geôliers qu'avec sa codétenue, la sorcière est prise pour cible par une démone particulièrement puissante et retorse qui entend bien la faire ployer sous son joug de terreur durant l'éternité qu'elles auront à passer ensemble, avec la permission des gardiens semble-t-il. Toutefois, même rossée de la pire manière, Hellwitch ne perd pas de vue son objectif premier, ni sa fierté, malgré toutes les humiliations qu'elle subira. Elle obtiendra vengeance !


Parvenant finalement à distraire l'un des matons pour lui dérober son arme en métal maudit, Hellwitch fomente ensuite une véritable émeute dans toute la prison, suffisamment de bruit et de désordre pour passer inaperçue et entreprendre la prochaine étape de son plan d'évasion : réveiller le grand vers. Un plan conçu par pure folie, qui ne pourrait faire aucune survivante parmi les détenues... sauf celle qui possède des ailes pour s'échapper juste à temps, une fois ses entraves retirées à l'aide du même métal maudit. Emportant Lilim, la favorite de la gardienne en chef, avec qui elle a développé une attirance très forte, Hellwitch triomphe de son premier tourmenteur Atrocitas et l'envoie pourrir dans la gueule de Nidhogg, qui savoure son énorme repas.


Mais là encore, l'évasion en elle-même n'était que l'avant-dernière partie d'un plan conçu bien à l'avance, destiné à permettre une seule et unique chose : l'ouverture d'un portail vers le monde des mortels, la Terre, portail à travers lequel Hellwitch a bien l'intention de passer pour poursuivre sa traque de sa pire ennemie, la seule à l'avoir jamais battu réellement sur son propre terrain : Lady Death ! Et pour permettre l'activation de ce portail, il faut du sang, le sang d'un membre de la caste des Anciens... dommage pour Lilim, qui ne servira que de canal en se vidant de toute sa substance, elle qui rêvait simplement de liberté. Désormais, grâce au savoir ancestral enseigné par Séance, Hellwitch est bel et bien de retour et elle compte s'en prendre à Lady Death le plus tôt possible !


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C'est le troisième chapitre des aventures en solo du personnage de Hellwitch, grande antagoniste de Lady Death sous le giron de l'éditeur Coffin Comics créé par Brian Pulido pour reprendre le contrôle de sa principale création artistique, laissant les autres à Dynamite par exemple. Toujours dessinée par Ed Benes et Diego Bernard, sur un scénario écris à quatre mains par Brian Pulido en personne et Mike MacLean, la série Hellwitch atteint des sommets dans les domaines de la violence, de l'horreur et du sexe, même si ça reste relativement sobre comparé aux œuvres totalement pornographiques que l'on peut trouver dans certains milieux indépendants ou underground.


C'est surtout très bien dessiné ET édité, une chose rare, mais pour le prix de 7,99$ l'édition standard on ne pouvait pas s'attendre à moins, et le fait est que le public est plutôt bien servi. Même si l'histoire en elle-même ne vole pas très haut, ça reste une bonne partie de plaisir, comme regarder un film d'horreur pour adultes alors que l'on n'a pas tout à fait le droit, un plaisir coupable en somme. Du reste, et je le répète encore et encore à chaque fois que je parle d'un comic-book venant de chez Coffin, ça me paraît assez important de montrer à Brian Pulido et son équipe favorite que le public est bien au rendez-vous de ses nouvelles histoires, et surtout que cela l'encourage à en écrire d'autres plus vite si possible !


Quand Lady Death a enfin pu être éditée de nouveau par son créateur, ça devait être un grand moment de joie et de retrouvailles, même si le casting était loin d'être complet. Heureusement que l'auteur est un esprit assez fertile et qu'il a su réadapter les concepts de ses anciens personnages pour se réapproprier leurs principales caractéristiques et en donner de nouvelles versions à combattre pour son héroïne mythique.


Hellwitch est aussi, et ça on le passe un peu trop souvent sous silence, une véritable nouvelle icône de la culture LGBTQIA+, même si sous un jour assez vil cela va de soi. Comme pouvait l'être son ''ancienne version'' Purgatori à l'époque, Hellwitch sert de pendant moral à Lady Death et aussi d'incarnation d'un esprit totalement libre, libéré de tous les jougs, de tous les codes, pour ne vivre que sa propre vie envers et contre tout, quitte à y sacrifier son âme, si tant est qu'elle en possède une. Un personnage féminin fort, emblématique de toute une culture tirant sur le Métal, et qui ne demande qu'à s'épanouir davantage auprès de son public. Et visiblement, ça prend plutôt bien !