vendredi 21 avril 2023

La V.O. du vendredi n°231 : Supergirl - Candor (DC Comics - Mars 2007)


Depuis peu, Power Girl n'est plus la seule blonde incendiaire à voler dans le ciel de Metropolis. Il y a une nouvelle Supergirl sur Terre, nulle autre que la véritable cousine de Kal-El, Kara Zor-El, et le moins que l'on puisse dire c'est que l'adolescente de seize ans a encore un peu de mal à comprendre toutes les subtilités de la vie humaine. C'est pour cela, entre autres, que son célèbre cousin l'a prise sous son aile et lui apprend petit à petit à vivre comme une Terrienne, mais aussi et surtout à utiliser ses pouvoirs faramineux pour le bien de tous.


Quand Kara s'interroge sur la nécessité de ne jamais prendre une vie, de ne jamais franchir cette fameuse ligne rouge, elle sait qu'elle peut compter sur de nombreux alliés. Mais Wonder Woman vient de prendre une vie, en direct sur tous les écrans de la planète, et ça n'aide pas la jeune fille à se repérer sur sa propre boussole morale. De plus, elle commence à penser sérieusement que si son cousin avait neutralisé définitivement certains de ses pires ennemis, ils ne seraient plus capables de poser des problèmes aujourd'hui. Le fil du rasoir est très fin, et il suffirait d'un rien pour basculer...


C'est alors qu'arrive la Crise Infinie ! Un an après les événements de cet arc majeur de l'Histoire universelle, Kara et Karen œuvrent désormais pour la résistance dans une cité de Kandor sous le joug impitoyable d'un Superman totalitariste, n'hésitant plus à se salir les mains pour asseoir son autorité. Mais même en tentant de préserver la vie des inférieurs, tels que les désigne le régime de El, il est de plus en plus difficile pour Kara de faire taire cette petite voix en elle qui lui intime l'ordre de tuer son cousin, depuis un lointain passé qui n'est plus.


Les apparences sont souvent trompeuses, et l'ancienne Supergirl va découvrir de nouveaux secrets de famille enfouis dans sa mémoire, tandis qu'une vague d'exécution massive frappe les inférieurs de Kandor. Alors qu'elle s'apprête à achever le tyran après un combat spectaculaire, Kara finit contre toute attente par embrasser sa cause et va devenir son épouse, sous la bénédiction de la Sainte Mère en personne. Il semble cependant que la véritable volonté de Kara ne soit pas de se joindre à ce Kal-El alternatif mais plutôt de s'échapper coûte que coûte de cet Enfer, quitte à abandonner ses rares connaissances derrière elle.


Comme au réveil d'un mauvais rêve, toute cette histoire semble s'effacer et laisser place à une autre réalité, dans laquelle rien ne semble avoir changé... pourtant, Power Girl se souvient bien de ce qui s'est passé à Kandor, comme si elle venait tout juste d'en sortir. Se confrontant à Kara pour vérifier ses intuitions, Karen déclenche un flot de souvenirs épars dans la mémoire de Supergirl, des réminiscences d'une époque pas si lointaine où elle apprenait encore à se fier aux autres et à laisser la joie et l’insouciance la guider. Une époque malheureusement révolue, et désormais c'est en quasi-solitaire que Kara évolue dans un monde plus sombre, plus pragmatique. Le temps de la rêverie est-il vraiment fini ?


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Je ne vais pas y aller par quatre chemins, autant vous le dire tout de suite je n'ai pas apprécié le scénario plus que ça, mais pas à cause de sa qualité ! En effet, les histoires racontées dans ce tome sont plutôt bonnes, toutes orientées sur la difficulté de maintenir deux vies en parallèle l'une de l'autre, mais d'une le dessin n'est pas assez bon au début à mon goût et de deux je pense qu'il faut impérativement avoir lu Infinite Crisis et 52 en même temps que ces quelques chapitres. Ce qui n'est pas mon cas à l'heure où j'écris ces lignes, dommage ! Du coup je me retrouve le plus souvent à lire une histoire qui me dépasse un peu, que je n'arrive pas à entièrement apprécier et comprendre parce qu'il me manque tout simplement des éléments relatés dans d'autres séries. Assez frustrant donc.


Supergirl est sans aucun doute ma super-héroïne favorite chez DC, peut-être même tous éditeurs confondus, et j'ai pour la version illustrée et introduite par Michael Turner en 2004 une affection toute particulière et sincère. Ne pas pouvoir suivre pleinement ses aventures me dérange beaucoup, mais heureusement ce ne sera que partie remise puisque ce tome, datant de 2007, est maintenant assez ancien et dépassé. Il y a eu depuis une réédition de la série Supergirl démarrée en 2004 et j'en possède tous les tomes parus à ce jour, que je ne manquerai pas de vous chroniquer quand le moment sera venu. Quand, me direz-vous ? Très certainement d'ici un ou deux ans encore. En effet j'ai cru comprendre qu'à ce moment-là un film sur Kara sera au programme du nouvel univers cinématographique DC voulu par James Gunn, film que j'ai donc vraiment hâte de voir, et je pense que ce sera l'occasion parfaite pour ressortir les tomes de mon incarnation préférée pour vous en parler sur le blog dans les V.O. du vendredi. Ça me laissera aussi le temps d'oublier progressivement celui-ci et de ré-attaquer avec un regard neuf si possible.


Un mot enfin sur le dessin, comme je vous le disais plus haut il est assez inégal au début mais dès que l'on arrive aux chapitres concernant directement l'arc de Kandor c'est du haut niveau, très plaisant à l’œil et très fidèle aux designs élaborés par Turner. Kara est vraiment magnifique, tout comme le monde dans lequel elle évolue, aussi éloigné du notre puisse-t-il être, et c'est un vrai plaisir que de constater que de très bons artistes étaient affectés sur cette série et ce personnage à l'époque. Le fan que je suis adore découvrir ces petits détails et admirer les planches page après page, je pourrai même dire que c'est une sorte de ravissement pour moi, ce qui rend l'attente avant la lecture des tomes réédités en meilleur format plus difficile encore !


Comme toujours, j'espère que vous répondrez présents au moment où je traiterai à nouveau de ce personnage qui m'inspire beaucoup, et j'espère que vous apprécierez vous aussi le côté très solaire de Kara, véritable éclipse elle-même, aussi ombrageuse que lumineuse suivant les moments. Mine de rien ça change agréablement du modèle monolithique qu'est Superman, même s'il connaît bien sûr lui aussi ses propres moments de doute parfois. A bientôt !

jeudi 20 avril 2023

Saotome - Love & Boxing tome 6 (Doki Doki - Février 2022)


L'heure des révélations approche à grands pas ! Le combat entre Saotome et Satoru, avec comme enjeu le récit de leur toute première rencontre restée secrète si longtemps, se déroule comme un match de haut niveau tant les coups échangés semblent violents. Et s'il n'y a aucune véritable volonté de blesser l'autre entre les deux adversaires du jour, on sent bien qu'ils mettent tout ce qu'ils ont dans cette affaire d'honneur !


Finalement, grâce à son excellente analyse de la gestuelle de Saotome, c'est Satoru qui remporte la victoire, surprenant tout le monde autour du ring. Comme quoi, être d'un niveau inférieur à la championne n'est pas vraiment un handicap si on connaît le moindre de ses mouvements par cœur ! Chose promise chose due, Saotome révèle enfin à Satoru la façon dont ils se sont rencontrés lorsqu'ils n'étaient que deux enfants passionnés par le combat et plein de vie. Même si toute cette histoire s'est construite autour d'un malentendu assez bête, c'est finalement devenu quelque chose de magnifique qui vaut la peine que l'on se batte à chaque instant pour la préserver.


Une relation si précieuse ne doit surtout pas faner, et le moment des premiers vrais échanges en amoureux arrivera bien assez vite... mais pour l'instant, Saotome doit faire face à un véritable cauchemar : piégée dans une soirée entre filles chez Mito, avec sa rivale Milky en invitée spéciale ! De passage à Tokyo, Milky accepte contrainte et forcée de passer la soirée puis la nuit chez Mito en compagnie de Saotome, ce qui sera l'occasion d'un rapprochement entre les deux combattantes et de quelques blagues lubriques pour Mito, décidément toujours très à son aise quand il s'agit de faire perdre leurs moyens aux autres.


Mais avec tout ça, Saotome réalise surtout une chose importante : sa vie de lycéenne va bientôt se terminer, à elle aussi, et comme Milky elle devra alors démarcher des universités pour mener ses études supérieures tout en boxant de façon professionnelle pour atteindre l'objectif qu'elle s'est fixée. Peut-être qu'il est grand temps à présent de profiter de l'instant et de faire un pas décisif vers Satoru...


Et justement, lors de leur premier vrai rendez-vous rien qu'à eux, alors que Satoru les emmène assister à un match de boxe professionnel de niveau national dans un stade plein à craquer, une chose en entraînant une autre... le premier baiser arrive enfin sur le tapis ! Mais il faut que tout soit parfait, qu'il n'y ait rien à regretter, aucune angoisse ne doit venir ternir ce moment si précieux... et pourtant, si elle gâchait tout ? Si Satoru en préférait une autre pour son premier baiser à lui aussi ? Au fond, le plus important c'est surtout de ne pas se poser trop de questions, et ça les deux tourtereaux maladroits finiront bien par le comprendre assez vite. Les cœurs se rejoignent enfin dans un moment magique qui n'appartient qu'à eux... pourvu que Mito n'en entende pas parler !


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Sixième tome de la série feel good de Naoki Mizuguchi sur les premiers émois de deux adolescents passionnés par la boxe et l'un par l'autre également, mais horriblement mal dans leurs baskets quand il s'agit de partager des moments à deux. Heureusement, maintenant que le cap de la moitié de la série est enfin franchi, certaines choses vont changer et en bien en plus !


On prend toujours autant de plaisir à regarder évoluer cette belle relation et à constater la force des sentiments sincères et réciproques sur lesquels elle est bâtie, malgré leur relativement jeune âge. Les protagonistes sont touchants, attachants et pas si maladroits que ça au final, ils prennent enfin leur relation en mains et se déclarent leur flamme de façon officielle et silencieuse. Il n'en fallait pas beaucoup plus pour me faire sourire !


Le récit de la toute première rencontre est gentillet, un peu concon en revanche mais c'est à l'image de deux enfants pas encore totalement au fait de leurs émotions qui s'attachent l'un à l'autre en toute innocence. Pourquoi faudrait-il qu'il en soit autrement ? Je n'ai maintenant qu'une hâte, c'est de lire le prochain tome avec ferveur pour tenter de savoir si, à présent que les choses sérieuses commencent vraiment, Saotome et Satoru sauront atteindre leur rêve en commun ou si l'adversité va les frapper d'un bon crochet bien placé... réponse bientôt !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 19 avril 2023

Dawn of X tome 1 (Panini Comics - Octobre 2020)


Pour celles et ceux qui l'ignorent encore, les séries mutantes de chez Marvel ont connu un bond en avant très significatif avec l'arrivée de Jonathan Hickman aux commandes. La semaine dernière, j'ai pu lire et vous chroniquer le début de ce run historique dans House of X / Powers of X, un Marvel Deluxe de bonne épaisseur et qui change la donne à plus d'un titre.


Désormais, aussi longtemps que possible, je compte vous parler chaque mercredi d'un numéro des revues en kiosque/librairie consacrées aux X-Men et autres mutants, et ce dans un ordre chronologique s'il vous plaît. Si au départ vous ne devriez rien découvrir de bien nouveau, au bout d'un moment très logiquement nous devrions avoir rattrapé la parution des Deluxe et donc d'inévitables spoilers s'installeront dans ces articles, je vous laisse le soin de savoir où vous arrêter si vous n'avez pas envie d'en apprendre davantage.


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On commence donc par la revue qui a tout débuté, Dawn of X, ouvrant le bal de fort belle manière je dois dire.


X-Men : Alors que l'équipe menée par Cyclope et Tornade prennent d'assaut une nouvelle base fortifiée du groupe scientifique anti-mutants Orchis, les savants se regroupent et préfèrent encore se sacrifier en affrontant Magneto plutôt que de laisser leurs précieuses informations passer aux mains de l'ennemi. De retour sur Krakoa avec une ribambelle d'enfants mutants jusque là captifs d'Orchis, Scott prend un moment pour rejoindre sa famille et faire le point avec son père, Corsaire, sur les récents événements qui ont chamboulé durablement la planète. De leur côté, les savants d'Orchis se retranchent dans leur forteresse en orbite autour du Soleil, où l'une des leurs termine de mettre au point un procédé de résurrection qui devrait, lui aussi, changer la donne...


Marauders : Kitty Pryde est peut-être la seule mutante au monde à ne pas pouvoir emprunter les portails vers Krakoa... et tout le monde ignore pourquoi, ce qui est assez frustrant ! Pendant que les cerveaux travaillent sur cette épineuse question, Kitty n'a pas l'intention de rester à ne rien faire. Contactée par Emma Frost, elle accepte finalement d'être le capitaine d'un navire destiné à apporter des renforts aux mutants coincés dans des pays hostiles à Krakoa, leur permettant ainsi de passer sur l'île-nation sans craindre les autorités belligérantes. Accompagnée par Iceberg, Pyro et Tornade, Kate se lance dans une grande aventure sur les mers, hissant haut et fort les couleurs des nouveaux Maraudeurs !


Excalibur : Sur Krakoa existent également des forces mystiques, des nexus de magie et de pouvoir qui ne demandent qu'à être étudiés et mêlés aux portails mutants. C'est le travail que s'est confié Apocalypse, en pleine transition, et le portail qui le préoccupe actuellement vient du royaume d'Avalon, en Outremonde. Là-bas, de l'autre côté de la réalité, Morgane La Fée règne en régente sur le royaume perdu d'Arthur Pendragon. Mais l'irruption dans sa source de divination d'un portail krakoan l'irrite au plus haut point, si bien qu'elle convoque immédiatement sorciers et mages humains pour localiser la source de cette pollution et y mettre un terme. Captain Britain et sa sœur Betsy Braddock doivent répondre à l'appel, mais un seul en sortira indemne, voir renforcé. Sur Krakoa, Malicia apporte son aide à Apocalypse pour tenter d'ouvrir le portail et de ramener Betsy, mais c'est une guerre ouverte avec l'Outremonde qu'ils risquent bien de déclencher...


New Mutants : La joyeuse petite bande de la sixième génération mutante est de nouveau réunie, sur Krakoa eux aussi, et tout semble aller pour le mieux. Il y a même du café maintenant ! Oui mais à quoi bon le Paradis sur Terre si on ne peut pas le savourer avec toutes les personnes que l'on aime ? Il leur manque encore quelqu'un pour que le groupe soit complet. Et c'est donc tous ensemble que les coéquipiers partent dans l'espace à bord du Starjammer de Corsaire, pour pénétrer dans le vaste empire Shi'ar d'où ils n'ont pratiquement aucune chance de revenir. Mais que serait une bonne aventure sans le danger omniprésent ? Coincés par des troupes d'élite de l'empire, les Nouveaux Mutants vont devoir se rendre et faire appel à un avocat de l'espace pour espérer s'en sortir !


X-Force : Alors que la Pax Krakoa s'étend à travers le monde et que de plus en plus de réfugiés mutants opprimés accostent sur l'île-nation grâce notamment aux efforts héroïques des Maraudeurs de Kitty Pryde, certains pays refusent toujours de collaborer avec la nation mutante et de reconnaître son existence légale et souveraine. Il ne fallait pas longtemps avant qu'une riposte ne s'organise dans les milieux de l'ombre, une riposte martiale et sanglante. Une opération commando est lancée sur Krakoa, avec pour objectif de faire une tuerie mémorable parmi les homo-superior. Et quelle perte pourrait leur faire plus de mal que celle de leur mentor à tous, Charles Xavier ? Le Professeur X plane sur son petit monde, dans un rêve éveillé, mais il est maintenant l'heure de se réveiller et d'affronter la brutale et cruelle réalité... c'est pour cela que Krakoa a besoin de X-Force, pour le sale boulot que le plus grand nombre doit ignorer. Mais il est peut-être déjà trop tard.


Fallen Angels : Charles Xavier a été assassiné, au beau milieu de ses protégés sur son fief de Krakoa. L'île est passée en mode confinement strict, plus aucune activité avec l'extérieur n'est autorisée jusqu'à nouvel ordre. Mais que faire quand une autre menace commence à s'étendre jusqu'à faire de l'ombre à la nation mutante ? Il faut un groupe spécialement dédié à ce genre d'opérations délicates, un groupe de sacrifiables, ceux qui ne se sentent pas à leur place parmi les leurs, au Paradis, ceux qui ne peuvent trouver la paix. Ensemble, ces parias vont constituer une ultime ligne de défense face au mal qui se répand dans le monde, opérant en toute illégalité et dans le secret le plus absolu. Les Anges Déchus vont s'abattre sur ceux qui se nourrissent de la peur et du désespoir, et personne ne sera à l'abri de leur furie. Psylocke forge son équipe et se lance à la poursuite d'un désormais légendaire fabriquant de drogue technologique qui pousse ses victimes à faire un massacre autour d'elles en disparaissant. Parce que la vengeance est tout ce qu'elle est, et tout ce qui lui reste aujourd'hui, Kwannon mènera l'assaut au cœur des ténèbres, là où tout espoir semble vain. La guerre ne fait que commencer.


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J'avais vraiment hâte de démarrer ces lectures, et je pense que ce rythme permet de suivre toutes les séries en parallèle les unes des autres sans perdre en chemin de précieuses informations qui ne seraient pas publiées par la suite dans le format d'albums reliés. Le format kiosque n'existe plus vraiment en tant que tel aujourd'hui, mais les revues de librairie à 16€ (ou 20€ en version cartonnée) donnent un net élan aux séries mutantes qui peuvent s'épanouir sans risquer de perturber le reste des parutions de Panini.


A ce jour, des Deluxes ont commencé à sortir pour regrouper les premiers chapitres des principales séries, mais toutes ne connaîtront pas cette chance, et je pense donc qu'à terme il est bien plus rentable et efficace de suivre l'ensemble numéro par numéro dans le format des revues. Comme une sorte de poche au sein de l'univers Marvel, un moyen de continuer de faire vivre les mutants dans un monde en constante évolution lui aussi. Ce n'est que de la prépublication, au final, rien de nouveau là-dedans ça existe partout et depuis longtemps, mais la formule n'en reste pas moins gagnante et porteuse d'avenir. Rendez-vous un autre mercredi pour la suite !


Ah oui, dernière précision : je ne compte pas forcément faire de ces articles du milieu de semaine des reviews de fond avec un avis détaillé à chaque fois, je vous propose plutôt de vous résumer l'essentiel des récits développés dans les revues mutantes et de vous laisser faire votre sélection, suivre ce qui vous plaît, etc. N'hésitez pas mais prenez garde les spoilers seront bien présents à un moment !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 18 avril 2023

Clark Kent : Superman tome 5 - Apocalypse à Metropolis ! (Urban Comics - Février 2021)


La Légion Fatale de Lex Luthor est parvenue à entrer en contact avec le mystérieux réseau dirigé par Léviathan, un homme des plus dangereux qui a réussi le tour de force de subtiliser tous les réseaux d'espionnage et de renseignements du monde sous le nez de ses plus grands héros, sans qu'ils puissent y faire quoi que ce soit ! Un coup de génie, qui n'a pas laissé Luthor indifférent. Que pourraient-ils accomplir ensemble désormais ?


Trouvant un terrain d'entente autour de la perspective de la mort de Superman, seul véritable obstacle à leurs plans, les vilains s'unissent et s'attachent également les services de Brume Pourpre, la seule à leur connaissance qui ait été capable de mettre Superman à genoux et de presque le tuer. Cette fois-ci, ils lui demandent d'aller jusqu'au bout, après qu'eux-mêmes se soient chargés d'attendrir la viande avec un défouloir gigantesque en plein cœur de Metropolis.


Les héros s'unissent donc à leur tour, tous groupes confondus, pour répondre à cette menace d'ampleur inédite. Des vilains devenus égaux des dieux grâce à de sombres pouvoirs, et bien déterminés à prendre le contrôle total de la Terre en terrassant son plus grand défenseur... un plan assez simple au final mais brillamment conçu par Luthor et Léviathan... mais qui sera voué à l'échec, comme de nombreux autres.


En effet, Léviathan poursuit son propre objectif derrière le dos de Luthor et de sa Légion, et au dernier moment il les trahit tous pour s'emparer du Hall de la Fatalité et de tout ce qu'il renferme. Quant à Brume Pourpre, elle change d'avis et accepte d'aider Superman et les autres à sauver le plus de civils innocents possible dans les décombres de Metropolis, ce qui lui permettra peut-être de trouver une façon d'obtenir sa rédemption tardive. Cependant, la Mafia Invisible semble toujours active quelque part, et ce problème devra être réglé lui aussi avant d'empirer considérablement la situation.


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Je ne suis pas très satisfait de cette lecture, de ce cinquième tome qui est pour moi le pire jusque là dans la pourtant si brillante prestation de Brian M. Bendis sur les titres Superman chez DC. J'ai surtout l'impression, en sortant de ces pages, que l'histoire est avant tout destinée à du remplissage pour l'éditeur, afin d'occuper les ventes et les héros tandis que toute l'énergie véritablement créatrice de contenu intéressant est dirigée vers Scott Snyder et son Death Metal à la même époque il me semble.


C'est frustrant parce que tout ce que Bendis tente d'introduire dans la vie de l'Homme d'Acier se retrouve comme saboté, perdant de l'intensité et même de son éclat, les dialogues (pourtant une grande force de Bendis à l'écriture depuis toujours) relèvent de la facilité pure et simple et les retournements de situation sont prévisibles à l'envie. C'est vraiment ennuyeux, heureusement ce n'est pas le dernier tome ni la conclusion de ce run, j'ai encore un maigre espoir de retrouver toute la superbe qu'avait par exemple réussi à instaurer le troisième tome, La Maison El.


Un tome 5 en nette recul donc par rapport aux précédents, qui est censé s'inclure dans les prémices de Death Metal mais qui demeure profondément illogique et incohérent avec le reste de l'univers DC à ce moment précis. Du gâchis pur et simple quand on considère le potentiel qui était à la portée de Bendis et de John Romita Jr. avec ce titre. Mais allez, ce n'était pas non plus une immense déception du début à la fin, il y a quelques épingles à retirer du jeu malgré tout et de -trop rares- bons moments qui renforcent le tome précédent et la révélation mondiale de l'identité secrète de Superman par nul autre que lui-même.


Tout ça pour dire que j'attends avec une certaine réserve le tome 6, dernier du run de Bendis, qui je l'espère de tout cœur saura enfin s'affranchir du grand plan d'ensemble de Snyder et amener ses super-séries à un tout autre niveau en donnant à Superman un rôle à sa juste mesure. Que demander de plus le concernant ?


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 17 avril 2023

Daredevil tome 1 - Connaître la peur (Panini Comics - Juin 2020)


Matt Murdock a bien failli mourir. Renversé par un camion. C'est de la pure ironie, venant de la Vie, comme une sorte de message grotesque pour un homme vêtu comme le Diable et qui pensait pouvoir se tirer de n'importe quelle situation. Un avertissement.


Soigné et rétabli, en grande partie du moins, Matt replonge aussi vite que possible dans la vie active de super-héros, protégeant toujours les braves gens du quartier explosif qu'est Hell's Kitchen à New York, à grand renfort d'anti-douleurs et d'auto-persuasion. Mais cette fois, Daredevil va commettre une erreur, cette fois il ne va pas s'en tirer aussi facilement...


Un braquage ordinaire, trois voyous qui en veulent à de l'argent facile. Une intervention banale pour le Diable de Hell's Kitchen... qui tourne au cauchemar quand, parcouru par la douleur et incapable de se maîtriser pleinement, il frappe l'un de ses agresseurs qui finit par décéder, plus tard, sur un lit d'hôpital. Il n'en fallait pas davantage pour que le mot soit passé d'urgence à toutes les forces de police de la ville : Daredevil est un meurtrier, un assassin sauvage en liberté, qui doit être appréhendé le plus vite possible et enfermé.


Commence alors un véritable calvaire pour Matt, qui ne peut même plus compter sur ses réflexes et sur lui-même. Tout son instinct hurle au complot, un plan tordu du Caïd, un de plus, pour le briser et traîner son nom dans la boue, en faire un vulgaire criminel comme les autres. Matt va se démener pour prouver ce qu'il avance, ce qu'il pense... mais au final, la vérité s'imposera d'elle-même. Daredevil vient de tuer, pour de vrai, et pour une fois Wilson Fisk n'y est pour rien, ni aucun autre vilain. Une simple maladresse, une erreur... c'est tout ce qu'il aura fallu pour abattre le Diable.


Alors qu'il est finalement arrêté en pleine rue par un inspecteur chevronné venu de Chicago exprès pour coffrer les justiciers masqués qui pullulent en ville, Daredevil est sauvé in-extremis par la pire personne qui soit à ses yeux. Frank Castle, le Punisher, reconnaît en lui une sorte d'égal dont la vraie nature se révèle enfin, et il compte lui permettre de développer tout son potentiel. Comment s'en sortir cette fois, quand la seule option est de raisonner un homme comme le Punisher ?


Parvenant à s'en tirer à nouveau, de justesse, c'est un Matt Murdock complètement rincé qui reçoit la visite de plusieurs autres héros venus le mettre en garde contre sa propre faiblesse et contre lui-même. Le message est on ne peut plus clair cette fois : Daredevil, c'est fini. Mais comment l'accepter ?


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C'est le désormais inévitable Chip Zdarsky qui scénarise cette descente aux Enfers de Daredevil, provoquée par nul autre que lui-même, sur des dessins poignants et pleins d'énergie de Marco Checchetto. Le lecteur incrédule assistera aussi impuissant que le héros aveugle à cette suite d'imprévus et d'erreurs tragiques, basculant rapidement dans le chaos le plus total. L'ultime question qui se pose alors est la suivante : comment être un héros quand on a du sang sur les mains ?


Matt Murdock va devoir repenser toute sa façon d'être, toute sa double identité, afin de se relever de cette nouvelle épreuve, s'il en est capable. Un camion n'a pas eu raison de lui, deux fois dans sa vie, et toute la haine que lui portent les parrains du crime de New York à San Francisco n'a pas suffi à le mettre à terre. C'est sa propre faiblesse et son orgueil qui ont causé sa perte, et maintenant qu'il est grillé auprès de tous ses alliés il va lui falloir accepter cette retraite forcée, dont la seule alternative serait la prison. Daredevil peut-il tout bonnement cesser d'exister ?


On sait bien que non, et nul doute que l'auteur de ce run déjà qualifié d'exceptionnel sur un personnage qui ne l'est pas moins saura nous surprendre avec de nombreux retournements de situation et peut-être même des changements importants de statu-quo pour la Tête-à-cornes et son entourage. Pour la première fois je dois bien avouer que je suis très enthousiaste à l'idée de suivre un run récent sur Daredevil, quand d'autres auteurs légendaires n'ont pas su me convaincre entièrement. C'est un grand oui pour Chip Zdarsky, et je vous invite à ne pas me spoiler sur la suite le temps que je rattrape mon retard car je sais que beaucoup d'autres chapitres sont déjà parus à l'heure actuelle. Soyez sympas !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 16 avril 2023

Heroes Reborn - Le Retour omnibus (Panini Comics - Février 2023)


Lors de l'ultime assaut contre le terrifiant Onslaught, au cœur d'une New York dévastée, les plus grands héros de la Terre se sont sacrifiés pour emporter la créature dans le néant. Pendant près d'un an, tout le monde a cru que les Avengers et les Quatre Fantastiques étaient morts... mais c'était mal connaître la malléabilité de l'univers, surtout entre les mains d'un enfant aussi imaginatif que Franklin Richards, le fils de Sue Storm et Reed Richards eux-mêmes !


Inconsciemment, Franklin a usé de ses immenses pouvoirs sur la réalité pour modifier la fin de ses héros. Non pas décédés après un dernier combat, mais simplement transportés sur une copie conforme de la Terre, dans une dimension de poche, où ils ont mené une vie similaire mais différente toute à la fois. Menacée par Galactus, cette dimension a failli disparaître, n'eût été l'intervention salvatrice et plutôt étonnante du Docteur Fatalis, lui aussi embarqué dans cette étrange aventure.


Aujourd'hui, c'est aux Célestes que revient le dernier mot. Ces entités divines qui régissent l'équilibre de l'univers prennent contact avec Franklin à travers l'une des leurs, Ashema, qui prend alors forme humaine pour ne pas brusquer le petit. Ashema lui fait une proposition assez simple : des deux mondes jumeaux, l'un doit disparaître. Et c'est à Franklin, du haut de son jeune âge, de prendre cette lourde décision. Refusant évidemment de perdre tout ce qu'il a construit et toutes les personnes qui comptent pour lui, l'enfant parvient avec l'aide de ses parents à trouver une autre solution : transporter toutes les personnes issues de la Terre primordiale jusque sur leur monde d'origine, rééquilibrant ainsi les forces cosmiques. Ashema et les Célestes n'y voient pas d'objection, et c'est une fois encore grâce à Fatalis que le voyage sera rendu possible.


Cependant, Fatalis est jaloux du pouvoir de Franklin et tente de s'en emparer de force, ce qui déclenche immédiatement l'ire de Thor qui s'interpose et emporte le vilain avec lui dans les confins de l'espace, tandis que tous les autres regagnent la Terre sains et saufs. Thor et Fatalis régleront à leur façon leur petit différend, et le tyran regagnera finalement la Terre à son tour... mais pas la bonne version ! En effet, il est réapparu sur le monde créé par Franklin, désormais privé de ses plus grands héros et conscient en partie de n'être qu'une pâle copie de l'original. Un monde désespéré où les catastrophes naturelles et humaines s'enchaînent à un rythme affolant, un monde en perdition... un monde où régner, décide Fatalis.


Bien vite, le bon docteur met fin à la plupart des conflits qui gangrènent ce qu'il convient désormais d'appeler la Contre-Terre, et il réussit même l'exploit de réunir plusieurs nations belligérantes sous sa coupe, instaurant au final et après bien des difficultés un âge de paix et de raison, où la parole de Fatalis est force de loi et où tout à chacun lui est soumis. Une paix sévère, mais juste. Malheureusement il y a encore quelques oppositions, et assez rapidement le rêve d'unité mondiale de Fatalis se retournera contre lui, le forçant une fois de plus à abandonner ses plans et à reparaître sur son monde natal, où il affrontera ses propres démons.


Le départ de Fatalis, dernier grand héros de la Contre-Terre, aurait pu signer la fin de tout pour ses habitants. Mais là encore, le Destin fait bien les choses et assez nombreux seront les personnages hauts en couleurs à venir visiter, au fil des ans, cette autre planète si semblable à la Terre. Certains n'y feront qu'une courte apparition, quand d'autres auront une influence majeure sur les peuples qu'ils croiseront. Tous cependant finiront par rentrer sur leur monde d'origine, et la Contre-Terre sera à chaque fois livrée à elle-même et à ses pires instincts. Onslaught en personne y fera son grand retour tant redouté, contraignant Franklin à se replonger à nouveau sur sa création involontaire et à faire un choix décisif. A plusieurs reprises il sera question de la suppression pure et simple de la Contre-Terre pour régler tous les problèmes que son existence engendre, mais jamais cette extrémité ne sera atteinte. Voici l'histoire d'un monde créé par un enfant, pâle reflet de son foyer brisé, condamné à exister et à perdurer contre toute logique cosmique.


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Nous voici en présence d'un omnibus assez particulier, puisqu'il contient pratiquement tout ce que Marvel a pu publier sur la Contre-Terre depuis la révélation de sa création par Franklin Richards en 1997. La parenthèse Heroes Reborn étant achevée, il était grand temps que les plus célèbres héros retrouvent leur monde natal, mais que faire alors de tout ce qui avait été développé durant toute une année éditoriale ? Les auteurs et éditeurs ont décidé, assez sagement, de ne pas tout jeter à la poubelle et de conserver cet autre univers, qui deviendra assez vite une Terre-bis orbitant à l'inverse de la nôtre, car au fond c'était une sorte de réservoir presque inépuisable de récits et de réécritures potentielles. Quelque chose ne prend pas sur Terre ? Voyons ce qu'il en est sur la Contre-Terre !


Avec cette logique assez simple, des dizaines d'histoires et de personnages ont vu leur destin être chamboulé par l'existence de cet autre monde, à commencer par le Docteur Fatalis, véritable éminence grise de ce massif album qui aurait largement mérité selon moi de figurer sur le dessin du dos de la jaquette, à la place du Captain America choisi par Panini. En V.O. d'ailleurs, c'est la famille Richards qui orne le dos de l'omnibus, Fatalis aurait donc pu être un choix très logique de la part de Panini pour l'adaptation française, surtout vu sa quasi-omniprésence dans toutes les histoires recueillies ici. Mais les gens reconnaîtront plus facilement Captain America, l'icône, le symbole vivant, c'est plus vendeur et tant pis si le personnage n'intervient vraiment que dans les deux derniers arcs de l'album.


C'était mon petit coup de gueule personnel, du à la déception davantage qu'au manque de qualités. On en trouve d'ailleurs tout au long de cette lecture, des idées novatrices et d'autres sentant le réchauffé mais toujours avec un angle différent de ce dont on a l'habitude. Je passe rapidement sur les chapitres de la série des Thunderbolts car je les ai déjà chroniqué pour la majorité dans mon article V.O. sur le second omnibus qui leur est consacré, et au fond les actions du Baron Helmut Zemo et de son équipe ne sont que l'écho que de ce que le Docteur Fatalis a tenté de faire juste avant.


De façon assez surprenante, on trouvera aussi des one-shot un peu barrés dans le style des Épaves par exemple, une anti-équipe de héros absolument délirante qui ne va pas chercher bien loin et qui n'a pratiquement aucune réelle importance, sinon celle de vivre sur la Contre-Terre, ou du moins dans l'imaginaire malade de ce monde. Les deux dernières sagas, Onslaught Reborn et Onslaught Unleashed, sont une sorte de retour en arrière qui nous raconte ce qu'est devenu cet archi-vilain emblématique des années '90, sans qui au fond rien de tout ceci n'aurait été possible. C'est aussi l'occasion de déguster à nouveau les somptueux dessins de Rob Liefeld, sur un scénario de Jeph Loeb rendant hommage à son fils trop tôt disparu. Je trouve que ça valait le coup d'être cité.


Enfin, j'aimerai me permettre une petite réflexion personnelle et légèrement philosophique sur cet omnibus et ce qu'il contient. Au fond, tout au fond... cette Contre-Terre, elle ressemble quand même pas mal à notre monde bien réel vous ne trouvez pas ? Aucun super-héros, des conflits incessants, des ressources qui s'épuisent, des catastrophes naturelles qui se multiplient et empirent de plus en plus... tout cela n'étant que le fruit d'un sinistre hasard universel. Alors s'il m'était permis d'imaginer une issue de sortie, peut-être que je penserais à notre Terre comme étant le rêve d'un être un rien dérangé et instable... ça serait plus rassurant que la certitude d'être uniques dans le cosmos et de gâcher notre existence en brouilles inutiles et trop souvent inhumaines. Si c'était nous le rêve, et non ce que nous lisons ? Ne valons-nous pas mieux que cela ? Ne pouvons-nous faire mieux, à nous tous ? Qu'un enfant nous montre la voie, ce serait déjà un bon début. Le reste n'est qu'imaginaire...


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 14 avril 2023

La V.O. du vendredi n°230 : Fathom tome 4 - The Rig (Aspen Comics - Avril 2017)


Cela fait maintenant quelques années que les trois peuples majeurs de la Terre, les humains, les Bleus et les Sombres, ont débuté une ère de coopération et d'entente après les tragiques événements d’Istanbul lors du sommet mondial pour la paix. Aujourd'hui, Aspen Matthews s'est lancée dans une nouvelle aventure : jouer les super-héroïnes, ça va pendant un temps, mais ce qui est réellement important à ses yeux c'est de maintenir ce niveau d'entente entre les peuples de la surface et ceux des profondeurs. Ambassadrice de bonne volonté auprès des trois espèces, le Dr. Matthews est désormais intégrée en haute sphère au sein d'un projet scientifique à quelques soixante miles de la Floride, la Vague, destiné à accueillir les plus grands esprits de chaque peuple pour qu'ils puissent ensemble tâcher de mieux comprendre la planète et ses besoins.


Malheureusement tout le monde n'est pas aussi bien intentionné qu'Aspen et son équipe, et il y a des brebis galeuses même dans un endroit aussi sanctuarisé. A la suite d'une expérimentation génétique frauduleuse avec une bactérie sous-marine, toute la base est en grand danger quand un savant solitaire devient une aberration de la nature et tente de massacrer tous les êtres vivants sur place ou, pire encore, de les posséder à leur tour. Grâce à Aspen toutefois la menace est rapidement écartée, mais ce n'est que partie remise car il semble bien que d'autres cobayes humains aient été dispersés à la surface, précisément dans l'entourage du Vice-Président des États-Unis ! Ce-dernier s'apprête d'ailleurs à prononcer un discours devant les Nations Unies, à New York, ce qui pourrait conduire à une véritable invasion des parasites auprès des plus puissants politiques de la planète. Une fois de plus, c'est à Aspen de sauver la situation et de combattre ces horreurs, qui finissent par se disperser non sans laisser planer la menace d'un éventuel retour en force, plus tard...


Pour l'heure, Aspen et son équipe sont invités cordialement par le Cheikh de Rytal, en Arabie Saoudite, pour assister à une démonstration magistrale de ce que la technologie humaine est capable d'accomplir dans les meilleures conditions. En forant pour trouver du pétrole dans le désert, les hommes de Rytal sont parvenus à percer la croûte terrestre en profondeur et ont carrément mis à jour un véritable petit océan souterrain, enfoui sous de la lave en fusion, et doté de son propre microcosme. Un véritable bijou pour tout biologiste marin qui se respecte, ce qu'Aspen a tôt fait de remarquer. Mais plus encore que l'incroyable existence d'une vie aquatique sous terre, c'est la présence d'autres êtres humains dans cette mer qui sort nettement du lot.


Attaqués dès leur arrivée par des forces militaires, les membres de l'équipe d'Aspen sont divisés après l'explosion de leur moyen de transport sous-marin, et ne doivent leur survie qu'au hasard et au bon vouloir du maître des lieux, un certain Nakamura, qui est une vieille connaissance de notre héroïne... et pour cause, puisqu'il travaillait dans la partie Japonaise du DMD, il y a de cela bien longtemps déjà, et qu'il a survécu lui aussi à la torpille qui a tout fait basculer à jamais ! Ayant perdu l'amour de sa vie dans la tragédie, Nakamura a tout de même réussi à emporter des échantillons significatifs de la technologie des Bleus, et après des études rigoureuses en laboratoire il est même parvenu à en synthétiser une fusion avec des matériaux de la surface. Le gouvernement Japonais lui a aussitôt accordé des crédits illimités pour créer une base d'opération dont la fonction serait de développer cette nouvelle forme de technologie et d'en trouver les débouchés potentiels, à commencer par le forage du pétrole dans de titanesques proportions pour financer le reste des expériences.


Cependant, une partie de ses hommes a fait sécession et est partie fonder une église des saintes profondeurs, emportant quelques secrets scientifiques au passage. Nakamura se dévoile donc à Aspen une fois celle-ci récupérée par ses agents, et lui propose un marché de dupe : il lui accordera la liberté, à elle et à son équipe, si elle accepte de détruire l'église qui entache son projet. Aspen, loin d'être idiote, sait reconnaître une tentative de manipulation quand elle y est confrontée, même sous les meilleurs atours, et elle fait mine de coopérer simplement pour pouvoir pénétrer dans l'église et récupérer certains de ses amis avant de trouver un moyen de tous s'échapper de cet Enfer.


Faisant face à une résistance acharnée de la part des deux camps qui se livrent une véritable guerre civile, Aspen parviendra à sauver toute son équipe et leur permettra de regagner la surface, non sans avoir au préalable affronté une terrible créature issue de la manipulation des gênes humains et Bleus sans la moindre sécurité efficiente. Tout ça pour qu'à son retour sur la plate-forme de la Vague, on ne lui apprenne que tout est bouclé et que les recherches sont terminées sur ordre des États-Unis. Aspen n'a pas vraiment eu le temps de récupérer que déjà ce qu'elle considérait comme son nouveau foyer disparaît sous ses yeux. Mais peut-être est-ce simplement là une nouvelle occasion de recommencer de zéro ailleurs, de façon moins tape-à-l’œil, qui sait...


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Quatrième série portant fièrement le titre de Fathom, héritage de Michael Turner, The Rig est écrite par un vétéran des années '90, Scott Lobdell, ainsi que par l'émérite ancien David Wohl qui a travaillé sur Witchblade avec Turner lui-même à la belle époque. Dessinée cette fois-ci par Alex Konat principalement, dans un style assez fidèle à celui du créateur tout en ayant ses propres marques distinctives, cette quatrième grande partie nous permet de replonger dans les origines de la série, du temps du DMD notamment, et d'explorer désormais le côté Japonais de l'histoire, ce qui manquait cruellement il faut bien le dire à la première série.


Dans The Rig, que je traduirai par « plate-forme pétrolière » au mieux, nous découvrons donc ce qu'il résulte des expériences nippones pour tenter de dupliquer et de maîtriser les étranges matériaux découverts dans les fonds sous-marins et utilisés quotidiennement par les Bleus. Comme toujours il s'agira aussi d'un vif plaidoyer contre la sur-exploitation de l'industrie pétrolifère sur les océans, où qu'ils se trouvent sur et sous la terre, et pour la préservation et la compréhension de ces mondes lointains qui nous échappent encore. En ce sens on peut dire que la thématique principale de l’œuvre de Michael Turner est bien comprise et bien reprise par ses pairs, même si on peut tout de même noter une nette abondance de scènes d'action qui laissent un peu moins qu'avant la place à la contemplation des détails.


Personnellement j'ai quand même beaucoup aimé cette lecture, un très bon hommage à la première série et à son univers si riche, et j'espère de tout cœur que les chapitres suivants seront au moins aussi bons à tous les niveaux, tant dans l'écriture que dans le graphisme. J'espère aussi que vous resterez avec moi pour ces prochaines lectures en V.O., car là pour le coup c'est du matériel totalement inédit en version française ! Fathom est définitivement une œuvre majeure de son temps, qui traverse sans problème les décennies et reste toujours très actuelle malgré le temps qui passe et l'évolution des mentalités. Croisons les doigts pour qu'un beau jour tout cela serve de leçon à des esprits éclairés et tolérants, car nous n'avons pas le luxe d'une Aspen Matthews bienveillante pour arranger les choses à notre place...

jeudi 13 avril 2023

BX (Delcourt - Octobre 2004)


Lycéenne à fleur de peau et plutôt enjouée, Nenohi dissimule en réalité sa tristesse sous un verni de beuveries et de coucheries faciles propres à son âge. Mais quand, après s'être évanouie dans les hautes herbes, elle fait la rencontre d'un garçon pas comme les autres, sa vie bascule.


Usagi n'est pas franchement loquace, il n'a d'intérêt que pour son sport, la boxe, qu'il pratique à s'en briser le corps. La seule chose qui compte pour lui c'est de gagner, encore et toujours, un match après l'autre, de se hisser vers les sommets... mais pas pour la gloire ou la fortune, non, Usagi veut simplement continuer d'avancer, de foncer tête baissée pour ne pas regarder l'abîme qu'est sa vie. Se tuant à la tâche, s'entraînant sans relâche ni repos, s'imposant une doctrine très stricte, à-priori ce garçon entêté n'a rien de bien séduisant pour une fille aux apparences légères. Et pourtant...


Quand Nenohi le voit boxer, son cœur chavire. Toute la beauté d'un sport qu'elle ne comprend pas lui apparaît dans le mouvement de cette musculature, dans la dévotion aveugle d'Usagi pour son art, et elle ne l'en aime que davantage. Comment faire pour rivaliser avec la boxe, comment faire pour briller encore plus qu'elle à ses yeux ? Nenohi va se découvrir autant qu'elle découvre Usagi, à travers sa détermination et son engagement, mais également au travers du regard des rares proches qui veillent sur lui comme une famille très resserrée et soudée par l'adversité et, parfois, le simple fruit du hasard.


Chaque nouveau combat est une occasion d'en apprendre un peu plus sur Usagi, chaque nouvelle session d'entraînement intensive une opportunité de le détailler et de l'encourager dans sa folle course vers les sommets. Nenohi est amoureuse, c'est une évidence pour tout le monde, mais cette relation à sens unique ne semble pas prête à déboucher sur autre chose. Pourra-t-elle attendre dans les gradins que son étoile finisse de briller ? Et elle, Nenohi, saura-t-elle envisager la vie comme le fait Usagi ?


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Je me rends compte que je vais devoir dissiper un malentendu et vous confesser une erreur : j'ai écris n'importe quoi la dernière fois que je vous ai parlé d'un manga de Mari Okazaki ! Quand j'ai écris ma review du one-shot Déclic amoureux, j'ai bien indiqué que c'était le tout premier manga de cette autrice que je découvrais... alors qu'en réalité, j'étais déjà en contact avec son style si particulier depuis un bon moment déjà, tout simplement grâce à sa série & - And que je vous ai déjà longuement chroniquée sur ce blog l'année passée !


En prenant les choses à rebours et en lisant seulement maintenant ses premières œuvres, je comprends à quel point Mari Okazaki est une écorchée vive qui a un vibrant besoin de faire passer ses doutes et ses émotions à travers ses personnages et leurs pensées éparses. Je comprends mieux le style de & - And qui me posait tant de problèmes au début pour suivre la série, tout paraît moins confus à présent que je saisis mieux les thématiques chères à la mangaka.


Thématiques qui n'ont fait qu'évoluer avec le temps et avec l'âge, se déplaçant des tourments de l'adolescence aux choix importants que l'on doit faire dans sa vie d'adulte responsable. BX est un récit qui ne comporte pas réellement de fin, ni de début à vrai dire, on suit simplement des instants volés d'une vie de Lycéenne s'amourachant passionnément d'un jeune boxeur qui se tue à la tâche chaque jour davantage. La romance n'a rien d'exceptionnelle, je ne vais pas crier au ''déjà-vu'' non plus mais ce n'est pas foncièrement original ou même particulièrement bien raconté. Alors pourquoi est-ce que ça marche autant ?


Tout bonnement parce que cette sensibilité de Nenohi et cette folle fuite en avant d'Usagi, on la ressent jusque dans les tripes avec une justesse admirable pour une œuvre de jeunesse, il y a de la vie dans ces cases et dans ces quelques dialogues entremêlés, une vie sincère et ayant besoin de s'affranchir, d'être lue, d'être vécue aussi et surtout. En ce sens je comprends bien mieux pourquoi Mari Okazaki parvient à nous toucher à ce point avec des situations somme toute assez banales ou relativement peu intéressantes au départ. Quant au comment, ce sera à vous de le découvrir en lisant ses premiers récits. Peut-être aurais-je eu moins de mal à lire et à apprécier & - And si j'avais commencé dès le départ avec les premières parutions offertes par Delcourt, mais tant pis au fond je crois que mon parcours en vaut bien un autre tant que l'émotion reste vive. On se retrouve dans quelques temps pour parler d'un troisième et dernier one-shot d'une autrice que j'aurais décidément découvert sur le tard mais dont je resterai maintenant curieux des éventuelles nouveautés !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 12 avril 2023

X-Men - House of X / Powers of X (Panini Comics - Octobre 2021)


Depuis leur première apparition sur Terre, les mutants se sont toujours sentis inférieurs au reste de l'humanité. Considérés comme des aberrations, des erreurs ou des menaces, trop souvent hais, craints et pourchassés par ceux qui refusaient de les comprendre et de leur accorder une place à leurs côtés. Pendant longtemps, Charles Xavier a rêvé d'une coexistence pacifique entre les humains et les mutants, rêvé d'un monde meilleur, idéal. Mais il n'est plus temps de rêver désormais, il faut accepter le monde tel qu'il est, avec toute son imperfection. Pour que les mutants aient un avenir durable, il est grand temps de brusquer les choses et de bouleverser l'équilibre des forces en présence. Le rêve doit maintenant devenir réalité, quoi qu'il en coûte.


Dans le plus grand secret, Charles Xavier, Magneto et Moira MacTaggert opèrent depuis des décennies et dans le cas de Moira depuis bien des vies passées, dans le but de forger une grande alliance mutante qui permettrait de créer une nation souveraine réservée à l'homo superior, où la paix serait de mise et où même la mort ne serait plus une fatalité. Après bien des années de préparation et de réflexion, Xavier envoie enfin le signal tant attendu. Un message télépathique à portée mondiale informe chaque esprit de la naissance de l'île-nation de Krakoa, un havre pour tout mutant quel qu'il soit. Xavier ne ménage plus l'humanité, il ne prend plus de gants, maintenant il pose des conditions et s'attend à ce qu'elles soient respectées. Primo, les autres pays doivent reconnaître la légitimité et la souveraineté de Krakoa, et secundo accepter de partager le monde avec les mutants, sans quoi le conflit serait alors inévitable une fois de plus.


Voici le bâton, et maintenant la carotte : en échange de ces reconnaissances, Krakoa fournira aux humains des médicaments miraculeux capables de vaincre les pires maladies connues, de repousser le trépas et plus encore. Comment et par quels moyens, tout cela reste encore à définir, mais l'offre est faite et les Nations Unies doivent maintenant y réfléchir activement. Un nouvel équilibre mondial va bientôt voir le jour, d'anciennes rivalités deviendront obsolètes et les plus puissants et fervents des mutants sont appelés à former un premier gouvernement pour établir les lois de Krakoa que tout à chacun devra respecter. Une nouvelle ère voit le jour !


Bien sûr, nombreux seront celles et ceux qui tenteront de s'y opposer, par crainte ou par conviction. L'Homme n'a-t-il pas toujours cherché à dominer tout ce qui l'entoure ? Mais cette fois-ci, les plans les plus retors et les plus dangereux ne fonctionneront pas, face à un adversaire qui joue selon ses propres règles et pour qui la temporalité et la mort ne signifient plus rien. Pendant trop longtemps, le mutant a redouté le courroux de l'humain et s'est caché de lui. Pendant trop longtemps, des conflits répétés et meurtriers ont décimé ceux qui devaient incarner l'avenir de cette planète. Plus jamais, affirme Charles Xavier. Voici venue l'aube d'un monde nouveau, et l'humain devra y faire de la place pour le mutant de gré ou de force. Il n'est plus questions de cohabitation pacifique, plus question de compromis : les mutants sont une réalité, ils affirment enfin leurs droits, et ils les défendront en front uni s'il le faut. Que leurs ennemis se tiennent prêts !


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Je dois bien vous l'avouer, j'ai repoussé le moment de lire ce pesant album de la collection ''Marvel Deluxe'' pendant un bon bout de temps, à tort une fois de plus car c'était proprement merveilleux. Quelque peu indigeste en revanche pour le profane, car Jonathan Hickman nous écrase littéralement sous les détails et fiches annexes qui étoffent sa grande intrigue et cette nouvelle ère mutante chez Marvel. Chacun de ces douze chapitres est accompagné de frises, de définitions et d'approfondissements schématiques de la situation afin que tous les détails soient engrangés le plus vite et le plus simplement possible, mais ça reste quand même une sacrée dose d'informations à assimiler et ça ne se fait pas tout naturellement, il faut prendre son temps et surtout son mal en patience et accepter de tout lire jusqu'à la dernière goutte.


Scénariste de génie à qui l'on doit notamment un run historique sur les séries Avengers et New Avengers ainsi que l'événement qui voulait tout changer à jamais, Secret Wars, Jonathan Hickman nous étale à nouveau toute son érudition et sa curiosité sans limites pour les domaines scientifiques et philosophiques les plus obscurs, au service d'une noble cause puisqu'il s'agit de rendre leur superbe aux mutants de chez Marvel après de trop longues années d'errances. Longtemps restés dans leur coin, ces personnages iconiques sont à nouveau propulsés sur le devant de la scène et font l'actualité de leur monde, comme du temps des années '90, avec un auteur qui sait exactement où il veut les emmener et comment organiser son histoire.


A ses côtés deux dessinateurs assez récents et aux parcours similaires, Pepe Larraz et R. B. Silva, qui servent avec brio ce scénario qui sans leurs talents combinés serait je pense bien trop alambiqué et complexe à se représenter pour qui ne serait pas directement initié. Chaque planche fourmille de détails et de soins tout particuliers apportés au déroulé de la narration, le graphisme est dans la haute moyenne de ce que Marvel produit ces dernières années, clairement les X-Men ont enfin les moyens de leurs ambitions et ça fait vraiment plaisir au fan que je suis et qui n'en espérait plus tant !


Est-ce que je vous conseillerais cette lecture pour autant si vous devez débuter les X-Men ? Loin de là en fait, c'est même carrément réservé aux connaisseurs qui ont accumulé des années et des années de lectures et d'histoires pour comprendre chaque petite référence et le moindre des enjeux exposés et développés ici. Hickman n'est pas fait pour les novices, qu'on se le dise, il s'adresse aux affranchis et aux tempéraments d'archivistes, et même si c'est ici le début d'une nouvelle époque elle est tout sauf accessible au premier venu. Privilégiez les runs de Joss Whedon ou Grant Morrison dans les années 2000, Bendis aussi si vous souhaitez approfondir avec les grandes lignes des années 2010, mais clairement ne débutez surtout pas par House of X / Powers of X, vous risquez de vous y perdre et ça vous gâcherait le plaisir de raccorder les continuités entre elles par la suite.


Je vais essayer de vous proposer chaque mercredi un article sur les revues en semi-kiosque contenant les diverses séries estampillées X-Men et faisant directement suite à cet album. J'opte pour ce format plutôt que de poursuivre en Deluxe tout simplement pour une question de capacité de stockage des informations et de digestion des trop nombreux éléments à traiter, en plus de l'économie financière que cela représente au bout du compte. Je risque donc à un moment de dépasser le présent de la parution en Deluxe des séries principales, ce qui déclenchera de nombreux spoilers j'en ai peur, vous voilà prévenus désormais, qui m'aime me suive !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 7 avril 2023

La V.O. du vendredi n°229 : Fine Print tome 1 (Top Cow/Image - Novembre 2021)


Tout commence par une histoire, à New York City. Lauren Thomas est une top-modèle de renom, mannequin émérite dont la carrière est aussi brillante que triste. Si elle connaît le succès et qu'elle attire pratiquement tous les regards, ça n'a malheureusement pas toujours été le cas. Il fut un temps où Lauren était la laissée-pour-compte du Lycée, cette fille dont personne ne se soucie vraiment, mal dans sa peau et totalement incapable de discerner ses propres qualités. Puis il y eut LA rencontre, le craquant photographe qui a su lui montrer la voie et lui faire accepter sa vraie nature, tout au fond d'elle, bien cachée au reste du monde.


Mais les sirènes chantèrent, et Lauren finît par choisir le succès et la célébrité plutôt que l'amour sincère. Les chemins se sont séparés, Lauren est devenue mannequin vedette et a connu autant de bons moments que de vraiment mauvais, entre les mains expertes de redoutables requins et autres égocentriques. Aujourd'hui, elle regrette profondément son choix d'alors, et elle souhaite plus que tout revenir en arrière et tout reprendre avec Matt, s'il veut toujours d'elle. Quittant Paris pour retourner à New York, Lauren découvre que Matt est toujours aussi gentil, toujours aussi canon... et toujours aussi engagé en amour. Mais avec une autre.


Commence alors à germer dans l'esprit de la pauvre jeune femme esseulée un plan digne d'une méchante de Disney. Puisqu'une autre princesse lui a ravi le prince, Lauren fera en sorte de le récupérer en se faisant insistante et aguichante au possible, quitte à redevenir cette personne qu'elle déteste. Seulement, malgré tous ses efforts, elle se heurte toujours aux sentiments honnêtes et puissants que Matt entretient avec sa future moitié, sentiments qui empêchent tout retour de flamme entre les anciens amants, à la grande déception de Lauren.


Complètement au bord du gouffre, elle sombre rapidement dans l'alcool et les fêtes, les soirs de beuverie dans des clubs privés, les coucheries faciles, les lendemains difficiles à assumer... jusqu'à trouver la perle rare, une fois de plus. Cette perle, c'est Merryl Alaris, barmaid dans un club sado-maso la nuit et vendeuse dans un sex-shop le jour. Merryl est surtout un succube, une de ces créatures semi-démoniaques qui hantent les rêves les plus enfiévrés des humains depuis la nuit des temps, et elle a une mission bien précise sur Terre : faire signer le deal de sa vie à un pauvre mortel qui connaîtra alors des jouissances sans commune mesure pour un prix modique !


Lauren est capable de distinguer la vraie nature de Merryl, ce qui laisse à penser au succube que cette mortelle pourrait bien être la bonne personne, enfin, après des années d'errance et d'erreurs malencontreuses. Le Désir est fort chez Lauren, ce qui lui permet de prétendre à la signature du fameux contrat en or, celui qui ouvre la porte à tous les fantasmes les plus inavoués. Mais Lauren n'est pas totalement dupe non plus, elle connaît bien ces histoires qui ressemblent à des contes de fées modernes et qui se transforment rapidement en cauchemars dont on ne parvient jamais à se débarrasser. Quel sera le prix à payer ? Et bien, pas grand chose en réalité, pas d'âme à vendre pour l'éternité ou de crime à endosser, non... simplement cultiver pendant quelques temps une graine d'Ambroisie, le mythique nectar des dieux, avec toute l'énergie de sa passion. Cette graine, une fois à maturité, pourra ainsi être dégustée par les êtres d'essence divine pour prolonger leur immortalité. Rien de bien méchant, vraiment.


Et tandis que Lauren signe de son sang le miraculeux contrat et qu'elle attend ardemment l'arrivée du succube ultime qui saura l'emmener sur des chemins interdits, voici qu'apparaissent en réalité deux succubes rivaux, Leliah Ashel et Thadeus Brimstone, qui vont devoir concourir pour le titre suprême et être arbitrés par Lauren elle-même. Et vite, si possible, car il ne faut surtout pas attirer l'attention du Grand Tentateur en personne, qui n'a pas vraiment digéré l'échec du précédent contrat confié à Merryl... Désormais, tous les moyens sont bons pour gagner !


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Nouvelle série signée par le très talentueux Stjepan Sejic chez Top Cow, qui se fait à nouveau scénariste ET dessinateur pour notre plus grand plaisir, Fine Print explore les méandres des sentiments humains et divins et mélange le tout pour un voyage au cœur des désirs inavoués et des histoires d'amour naissantes, totalement dans le même esprit que Sunstone auparavant mais avec une dimension surnaturelle très marquée cette fois-ci. Le tout avec un humour omniprésent, souvent ironique voir sarcastique mais toujours de bon goût, et bien entendu des scènes de sexe représentées de façon soft certes mais extrêmement sensuelles !


Je ne sais pas trop ce qu'il se passe chez Top Cow depuis quelques années, mais j'ai la nette impression que le label indépendant de Marc Silvestri chez Image, dirigé par Matt Hawkins il me semble, se complaît de plus en plus dans les histoires sentimentales et/ou purement sexuelles, à l'image de Sunstone ou encore Swing dont je vous ai déjà parlé. Ça ne me dérange pas, au contraire, mais c'est plutôt surprenant et il faut je pense prévenir le lectorat que les capes et les collants ne seront pas vraiment utilisés pour faire le Bien ce coup-ci, plutôt pour faire du bien si vous suivez ma pensée.


Cette histoire est racontée en cinq chapitres dans ce premier tome, chapitres assez inégaux en terme de pagination d'ailleurs, et qui vous feront parfois vous demander avec circonspection ce que vous lisez-là au juste. Mais passés les premiers moments d'étonnement, place au plaisir et au fun dans une histoire digne d'un feuilleton sentimental qui vous rappellera très certainement les vertes années '90 et leur florilège de décadence morale, avec bon goût et un certain raffinement toutefois. J'ai vraiment apprécié cette lecture pour ce qu'elle est et ce qu'elle offre, à savoir un moment agréable et l'envie d'une suite à dévorer le plus tôt possible si tout va bien !


Fine Print paraîtra en ce mois d'Avril 2023 en Version Française chez Panini ce me semble, ce qui fait que pour une fois je vous parle d'un titre Top Cow que vous aurez vraiment l'occasion de lire dans la langue de Molière, en croisant les doigts pour avoir une bonne traduction sans censure malvenue ! Si je dois me fier à l'adaptation de Sunstone je dirais que les astres sont bien placés pour cette magnifique série chez nous, et je lui souhaite un succès d'estime sinon de ventes parce que c'est amplement mérité.


Dernière petite info, pour celles et ceux qui hésiteraient encore, Fine Print se déroule exactement dans le même univers que Punderworld, série entièrement créée par la femme de Stjepan Sejic, Linda, et vous ne manquerez pas de retrouver certains personnages emblématiques qui seront de passage pour un rapide petit coucou afin d'étayer et d'égayer le récit ! Rendez-vous pour le second tome quand il sortira, je tâcherai de ne pas le laisser attendre aussi longtemps que celui-ci sur ma pile de lectures ! Ah et, méfiez-vous des contrats qui paraissent trop beaux pour être vrais, car parfois...

mardi 4 avril 2023

Batman Arkham - Le Pingouin (Urban Comics - Juin 2021)


D'aussi loin que remonte ma mémoire, je n'ai jamais vraiment apprécié le Pingouin. Je veux dire, dans la galerie haute en couleurs des ennemis de Batman, il n'est pas vraiment le plus exceptionnel, ni celui qui attire le plus l'attention. Peut-on imaginer un instant un vilain avec un nom plus ridicule que celui du Pingouin ? Et pourtant, j'avais tort.


Le film Batman – Le Défi de Tim Burton, sorti en 1992, était consacré au Pingouin et à toute l'horreur que représente ce personnage torturé et affable. Plus jeune, il me faisait surtout rire, pas avec lui mais plutôt de lui, car il faut bien l'avouer il est assez grotesque. Trapu, obèse, le visage défiguré par un nez digne de Cyrano, ne se baladant jamais sans son monocle ni surtout son fameux parapluie piégé. Un vrai méchant de cartoon... que Burton a réussi à transformer en icône du cinéma d'horreur, à sa façon très bizarre dont nous avons désormais toutes et tous l'habitude.


Grâce à cette anthologie qui lui est dédiée, troisième tome dans la collection des Batman Arkham, j'ai appris à mieux connaître le Pingouin, et à me méfier de lui. Je savais qu'il s'agissait d'un génie criminel, une sorte de cerveau ou de caïd de Gotham, adorant mettre Batman dans des situations incongrues et échapper de justesse aux autorités et à la Loi via des ruses assez malvenues ou convenues suivant le cas. Mais maintenant, je sais que ça n'a pas toujours été le cas.


Oswald Chesterfield Cobblepot est en réalité un redoutable adversaire pour Batman, autant sur le plan physique qu'intellectuel. En effet, comme on le découvre dans ces pages qui retracent l'essentiel de son histoire, le Pingouin sait se battre avec panache, et dispose de tout un arsenal de parapluies truqués et d'oiseaux dressés à faire de sérieux dégâts. Ça ne suffit pas à vos yeux pour le prendre au sérieux ? Que diriez-vous si je vous dévoilais qu'en plus il est remarquablement intelligent, des plus ingénieux malgré son langage et ses attitudes parfois à la limite du vulgaire mondain, et surtout qu'il est atteint d'un sévère trouble monomaniaque qui le pousse à se focaliser sur une cible jusqu'à la détruire complètement, corps et âme ?


Il n'y a qu'à se documenter sur le sort qu'il réserve à ses anciens bourreaux de classe, par exemple. Le soin tout particulier qu'il met à les torturer, à les préparer pour une mise à mort humiliante et brillamment exécutée, c'est vraiment diabolique. Quant à Batman... c'est une obsession pour Oswald. Pas comme le Joker ou le Sphinx, non, le Pingouin ne veut pas vraiment la mort du Chevalier Noir, ou alors après un ultime affrontement au sommet, mais avant tout le réduire à l'impuissance et lui prouver qu'il est plus intelligent que lui. Un peu comme le Professeur Moriarty pour Sherlock Holmes, vous suivez ?


Baron du crime organisé, cambrioleur débrouillard à défaut d'être vraiment gentleman, amateur éclairé de théâtre et de poésie, et notable haut placé de la bonne ville de Gotham, tels sont les titres et qualités dont peut se parer le Pingouin. Et finalement, qui fait le plus de mal dans cette ville sinistre : les vilains bariolés qui ont un coup de folie, ou le froid calculateur qui sait piquer de son bec là où ça fait vraiment mal ?


Définitivement une excellente collection que nous offre Urban avec ces anthologies de super-criminels, et je regrette d'avoir mis si longtemps à poursuivre ces lectures à cause d'un mauvais à-priori sur le Pingouin. Rien ne m'aurait préparé à le découvrir de cette façon, aussi complètement et terriblement au travers de ses nombreuses tentatives pour humilier la Chauve-souris et se faire enfin une place dans ce nid si serré qu'est Gotham City. Et le pire, c'est qu'il y est parvenu, plusieurs fois même ! Finalement, le pire ennemi du Pingouin est peut-être davantage son ego que Batman, car c'est ce qui le poussera toujours à en vouloir plus et à faire le pas de trop qui le perdra. Fort heureusement pour lui, il sait rebondir ! En tous les cas j'y réfléchirai désormais à deux fois avant de me moquer d'Oswald Cobblepot, ça peut finir par coûter très cher, plus que ce qu'une vie ne suffirait à rembourser.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !